Dans Gaza : "Il n'y a plus un seul centimètre carré où l'on se sent en sécurité"

Benjamin Barthe, Le Monde, 30.12.08

(...) "Selon Khalil Shahin, la majorité des victimes de l'opération "Plomb durci" sont des civils. Parmi eux, des dizaines de simples policiers, fauchés dans le bombardement de leur cérémonie de remise des diplômes, samedi. "En droit international, un policier est un civil", souligne M. Shahin.

"Pour les gens de Gaza, l'enjeu consiste désormais à tenir. A supporter les nuits glacées, le bruit de fond des drones et le fracas aliénant des explosions, qui s'ajoutent aux coupures de courant, à la pénurie de gaz et au rationnement en pain, liés au blocus israélien. "Il n'y a plus un seul centimètre carré où l'on se sent en sécurité, dit Samir Skaik, le gérant d'un hôtel. C'est pire que les bombardements de Beyrouth à l'été 2006, et de Bagdad en 2003, car notre territoire en comparaison est minuscule.

"Une chose intrigue les Palestiniens, quand elle ne les ravit pas : la faiblesse des pertes d'Ezzedine Al-Kassam, la branche armée du Hamas. "L'armée israélienne a anéanti la totalité des édifices du Hamas, mais elle n'a pas véritablement entamé ses forces vives, dit Bilal Jadallah, un journaliste. On ne voit pas les combattants d'Al-Kassam dans les rues. Ils se sont évanouis dans la nature. C'est ça le problème d'Israël." Pour tenter de le résoudre, les stratèges de Tsahal pourraient choisir de déclencher une opération terrestre."


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