Quand l'histoire postillonne : L'insurrection du ghetto des gazawi

On croyait le phénomène anihilé avec la chute du nazisme et la fin de l'apartheid. Pourtant, le ghetto dans son acception originelle politique existe toujours.

Selon Wikipedia, il faut rappeler que la constitution d'un ghetto suppose quatre conditions:

-un espace imposé par le pouvoir à une catégorie de population,
-un lieu ethniquement homogène,
-la constitution d'une micro-société interne,
-une stigmatisation venant de l'extérieur.

Personne ne contestera que Gaza n'est donc qu'un gigantesque ghetto de 1,4 million d'habitants massés sur 360 km².

De 1939 à 1943, près de 400.000 juifs de Varsovie avaient été rassemblés dans un ghetto d'environ 300 km². Pendant, 3 ans, ses habitants manquérent de tout : électricité, gaz, eau, nourriture. La répression était sanglante, toute sortie était imposible. En 1943, à Varsovie, une insurrection opposa quelques milliers de juifs combattants et piêtrement armés aux soldats aguerris et suréquipés de l'armée allemande qui pénétrèrent dans le ghetto en représaille à des attaques. La résistance fut hardie et posa de graves problèmes aux troupes allemandes. Cette insurrection fut réprimée dans le sang, on considère que les insurgés du ghetto de Varsovie sont des héros authentiques.

En 1951, le gouvernement sud-africain durcit l'apartheid et créa une ville à la périphérie de Johannesbourg destinée à accueillir les noirs. La ville de Soweto passa de quelques milliers d'habitants à plusieurs millions. Toute sortie devait être visée par l'administration (permis de travail, "passeport"). Les approvisionnements en électricité, eau, gaz, nourriture n'étaient pas assurés, la situation sanitaire catastrophique. En 1976, une insurrection générale vint montrer à la face du monde le scandale de la politique des townships, ces ghettos pour noirs.

En 2008, à Gaza, face à une situation sanitaire qui se dégrade de plus en plus, face aux nombreuses coupures d'électricité, de gaz et d'eau et d'acheminement de nourriture voulues par le gouvernement israélien, des combattants palestiniens insurgés ont tiré des roquettes sur Israël qui a décidé des représailles qui viennent de faire plus de 200 morts en une seule journée.

Comment ne pas conclure que les combattants palestiniens de Gaza sont les dignes héritiers des insurgés de Soweto et des résistants de Varsovie ?

Pourtant la plupart des médias et des gouvernement occidentaux les considèrent comme des terroristes et quand ils disent qu'Israël a droit à sa sécurité, ils ne font que reprendre les arguments du gouvernement sud-africain quans il traitait les insurgés de Soweto de jeunes écervelés manipulés par des organisations terroristes. Le gouvernement sud-africain parlait aussi de menaces contre sa sécurité nationale soutenue par certains pays, pour justifier la répression dans le ghetto.

Le droit à la sécurité d'Israël passe par la souveraineté d'un état palestinien. Réclamer la sécurité d'Israël avant que celui-ci n'ait entamé une négociation véritable et équitable, est un non sens. On ne réussit une négociation que si l'on a forcé l'autre à y participer...

On dit que parfois, l'histoire bégaie. Ici, elle bégaie, bafouille et crache ses postillons d'hypocrisie...

http://miltondassier.over-blog.com/article-26209214.html