Les Forces d’Occupation Israélienne en Cisjordanie ont augmenté de 3%

le nombre des barrages routiers ces six derniers mois, dit l'ONU

Par Marian Houk

La semaine prochaine, le 26 Septembre, le Quartet se réunira à l'ONU à New York. Vont-ils discuter de ce dernier rapport publié par OCHA (le Bureau pour la Coordination aux Affaires Humanitaires de l’ONU)?
Même le Jerusalem Post écrit : "L'armée israélienne a augmenté le nombre de barrages routiers en Cisjordanie de 3% au cours des six derniers mois, selon un rapport de l'ONU cité par Radio Israël dimanche.

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Photo : Checkpoint de Dahiet Al Bariid - On peut lire sur la pancarte : "Zone militaire : Toute personne entrant ou endommageant la clôture met sa vie en danger".


Le rapport indique qu'il y a actuellement 630 barrages routiers en Cisjordanie, dont environ un tiers sont surveillés par des soldats. Il indique aussi que trois cinquième de la Barrière de Sécurité en Cisjordanie sont achevés et que 80% de celle-ci est construite à l’Est de la Ligne Verte (ndt : sur le territoire de la Cisjordanie Occupée).

( Le rapport complet d’OCHA peu être consulté en bas de l'article )


Le rapport indique: "Dans l'ensemble, la liberté de circulation des Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est est restée très limitée et ni la contiguïté territoriale, ni le statuquo d’avant 2000 n’ont été rétablis" [NB : Ce sont des exigences de la Feuille de Route] ...

OCHA indique également que:

«Lors de sa dernière enquête en Cisjordanie et à Jérusalem-Est en Septembre 2008, OCHA a observé 630 obstacles qui empêchent les déplacements des Palestiniens, dont 93 sont gérés par du personnel (NB : Il s’agit d’une description sèche et bureaucratique – ce "personnel" tient des armes à la main, et parfois, même lorsque les choses sont calmes et qu’ils s'ennuient, ils les pointent sur les gens) et 537 sont des obstacles sans personnel (des monticules de terre, des barrages routiers, des obstacles, etc.)
Ce chiffre représente une augmentation de 3,3%, soit de 20 obstacles, par rapport au chiffre annoncé à la fin du précédent rapport en date du 29 avril 2008" (NB : depuis le début du processus d'Annapolis).

Ce chiffre ne comprend pas les 69 obstacles installés dans le secteur H2 d’Hébron sous contrôle israélien, ni les 8 checkpoints situés sur la Ligne Verte (NB : Et pourquoi ?).
En outre, la moyenne hebdomadaire de checkpoints aléatoires («volants») a augmenté d'environ 10% par rapport aux quatre premiers mois de 2008 (85 contre 77)".


Le rapport poursuit:

«Le nombre d'obstacles à un moment donné indique la situation de l’accès, mais ne donne pas une image complète du système d'obstacles et de restrictions. Il y a toute une série de mesures dont la Barrière (NB : Bien que j’apprécie ici le B majuscule, pourquoi OCHA ne l’appelle t’il pas le Mur, pour suivre l'exemple fixé par la plus haute instance de l'ONU, la Cour Internationale de Justice?], les routes à l’accès limité, le système de laissez-passer, les restrictions en fonction de l'âge et du sexe et les zones fermées, qui ajoutés les uns aux autres, forment un système global fragmentant la Cisjordanie et Jérusalem-Est».


OCHA continue, très sèchement :
"La barrière joue un rôle très important dans ce système ... séparant les Palestiniens de leurs terres et créant des enclaves isolées, dans une certaine mesure, du reste de la Cisjordanie ...

Au cours de la période du rapport, le gouvernement israélien a continué à investir dans l'infrastructure des routes dans l’ensemble de la Cisjordanie (NB : Territoire que le gouvernement israélien occupe, et sur lequel il n’a aucun droit)

Un expert militaire israélien a estimé le coût des «routes de tissu de vie» construites et prévues et des portes dans la Barrière à 2 milliards de NIS. De grands travaux ont également été effectués pour développer et rénover les principaux checkpoints... "


Dans le dernier paragraphe de ce rapport, OCHA indique :

"En réfléchissant sur plus de sept années de restrictions, ce qui était, à l’époque, une réponse militaire à court-terme aux affrontements violents et aux attaques contre des civils israéliens s’est développé en un système d’obstacles et de restrictions multicouches, une fragmentation du territoire de la Cisjordanie qui affecte la libre circulation de l'ensemble de la population palestinienne et de son économie. Ce système est en train de transformer la réalité géographique de la Cisjordanie et de Jérusalem en une fragmentation territoriale plus permanente ".


Donc, Où est Condoleezza Rice? Où est Ban Ki-Moon, le Secrétaire Général de l’ONU? Où est Tony Blair?

Zone militaire : Toute personne entrant ou endommageant la clôture met sa vie en danger.

Et, puis-je vous rappeler que mon quartier résidentiel, plein de belles maisons et jardins et où la Banque mondiale a ses bureaux et où il y a deux prestigieuses écoles privées, et qui est maintenant officiellement ou officieusement annexé à Jérusalem par le Mur [ou par ce que l'OCHA appelle une barrière], est toujours une "ZONE MILITAIRE" [PAS fermée, ou opérationnelle, ou quelque chose comme ça - simplement une zone militaire] où "QUICONQUE ENTRE – ou endommage la clôture [sic!] - MET SA VIE EN DANGER».

Et, par conséquent, vous ne serez pas surpris d'apprendre que le CHECKPOINT est toujours là - et pas seulement cela, mais il a changé d'une voie à trois voies, et les files d’atennte sont plus longues que jamais, et il faut habituellement 25 minutes pour passer – sous la menace des armes, bien sûr.


COMPLEMENT D’INFORMATIONS :

A tout moment, il y a moins de dix à vingt voitures qui attendent de franchir ce checkpoint, que ce soit le jour ou la nuit. Aujourd'hui, il y avait d'énormes camions qui attendaient - et les camions qui vont en direction de la Vieille Ville de Jérusalem ne sont jamais autorisés à passer par le checkpoint.

Trois mauvais conducteurs très malpolis ont coupé la file d’attente et se sont placés devant moi, et j’ai du attendre près de 35 minutes pour passer cet après-midi.
J'ai appelé Smolik, un agent de liaison avec la police des frontières du checkpoint qui parfois m’avait aidé.
Au moins, il existe quelqu'un auprès de qui on peut déposer une plainte - la pire chose, c’est de se sentir tellement à la merci de cette terrible situation, sans que les procédures soient claires (sauf une soumission totale et inconditionnelle), et sans recours.

Alors, se plaindre à Smolik donne l’impression de regagner un peu de dignité dans la vie, même si cela aboutit rarement à une amélioration. Cependant, il a dit aujourd'hui qu'il n’ »tait pas au courant que tous les types de véhicules étaient maintenant autorisés à passer par ce checkpoint - il pensait qu'il était encore limité aux habitants du secteur !

Source : http://un-truth.com

Traduction : MG pour ISM

Rapport sur les fermetures du 30 avril au 11 septembre 2008 :

Principaux résultats et Analyse
Par OCHA

En réfléchissant aux plus de sept années de restrictions, ce qui était présenté à l’époque comme une réponse militaire à court-terme aux affrontements violents et aux attaques contre des civils israéliens s’est développé en un système d’obstacles et de restrictions multicouches, et en une fragmentation du territoire de la Cisjordanie qui affecte la libre circulation de l'ensemble de la population palestinienne et son économie

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Photo ci-dessus : Checkpoint du Container, à l'est de Jérusalem


1 - Pendant la période du rapport, le gouvernement israélien a pris plus de mesures pour faciliter le déplacement des Palestiniens à l’intérieur de la Cisjordanie qu’au cours de la période du précédent rapport. Ces mesures comprennent le retrait d’un checkpoint géré par du personnel et l’amélioration du trafic sur 4 routes dans le nord de la Cisjordanie et à Hébron.

Il a également annoncé le retrait de 100 autres obstacles dont seulement 25 étaient significatifs et comptabilisés par OCHA.(1) Ces actions sont positives et appréciées bien que l’impact soit limité géographiquement.
Dans l'ensemble, la liberté de circulation des Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est est restée très limitée et ni la contiguïté territoriale, ni le statuquo d’avant 2000 n’ont été rétablis.


2 - Lors de sa dernière enquête en Cisjordanie et à Jérusalem-Est en Septembre 2008, OCHA a observé 630 obstacles qui empêchent les déplacements des Palestiniens, dont 93 sont gérés par du personnel et 537 sont des obstacles sans personnel (des monticules de terre, des barrages routiers, des obstacles, etc.)
Ce chiffre représente une augmentation de 3,3%, soit de 20 obstacles, par rapport au chiffre annoncé à la fin du précédent rapport en date du 29 avril 2008.(2)
Ce chiffre ne comprend pas les 69 obstacles installés dans le secteur H2 d’Hébron sous contrôle israélien, ni les 8 checkpoints situés sur la Ligne Verte. (3)
L’augmentation provient de l’installation de 115 nouveaux obstacles contre le retrait de 95 obstacles.
En outre, la moyenne hebdomadaire de checkpoints aléatoires («volants») a augmenté d'environ 10% par rapport aux quatre premiers mois de 2008 (85 contre 77)


3 - Cette enquête a également constaté qu’environ 65% des principales routes menant aux 18 centres de population palestinienne les plus peuplés en Cisjordanie étaient bloquées ou contrôlées par un checkpoint des FOI (47 routes sur 70). Si l’on enlève Hébron où la majeure partie des routes sont ouvertes, ce chiffre passe à 75%.

D’autre part, plus de la moitié des routes secondaires dans ces régions, utilisées parfois comme routes alternatives aux principales routes bloquées, sont également fermées (24 routes sur 42).

Certaines routes alternatives ouvertes ont été construites par Israël comme routes «de tissu de vie », c’est-à-dire, comme nouvelles routes permanentes (voir paragraphe 6 ci-dessous)


4 - Le nombre d'obstacles pris à un moment donné indique la situation de l’accès, mais ne donne pas une image complète du système d'obstacles et de restrictions.
Il y a toute une série de mesures y compris la Barrière, les routes à l’accès limité, le système de laissez-passer, les restrictions en fonction de l'âge et du sexe et les zones fermées, qui ajoutée les unes aux autres, forme un système global qui fragmente la Cisjordanie et Jérusalem-Est


5 - La barrière joue un rôle très important dans ce système. 57% (415 km) du tracé définitif de la Barrière ont été achevés, dont 79% (329 km) sont construits à l’intérieur de la Cisjordanie, séparant les Palestiniens de leurs terres et créant des enclaves isolées dans une certaine mesure, du reste de la Cisjordanie.
9% de la Barrière sont en cours de construction, presque entièrement à l’intérieur de la Cisjordanie.

Il y a 56 portes qui contrôlent le déplacement des Palestiniens vers des secteurs de la Cisjordanie des deux côtés de la Barrière.

Selon une enquête des Nations-Unies effectuée en 2007, dans le nord de la Cisjordanie, moins de 20% de ceux qui utilisaient leurs terres pour l’agriculture dans ces régions avant l’achèvement de la barrière ont obtenu maintenant des laissez-passer de «visiteurs» pour franchir ces portes dans la Barrière afin d’accéder à leurs terres et à leurs puits. (4)



6 - Au cours de la période du rapport, le gouvernement israélien a continué à investir dans l'infrastructure des routes dans l’ensemble de la Cisjordanie.
A ce jour, environ 50 km de routes «de tissu de vie», y compris 42 tunnels et souterrains ont été construits dans ce contexte au cours des dernières années et plus de 40 km supplémentaires et 18 tunnels sont prévus.

Un expert militaire israélien a estimé le coût des «routes de tissu de vie» construites et prévues et des portes dans la Barrière à 2 milliards de NIS.(5)
De grands travaux ont également été effectués pour développer et rénover les principaux checkpoints.

Alors qu’on s’attendait à ce qu’une partie de cette infrastructure facilite le déplacement des Palestiniens, cela devrait entrainer un renforcement des restrictions et une fragmentation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.


7 – Des incidents concernant le blocage de l’accès de l’aide humanitaire ont encore eu lieu, en particulier au checkpoint des « Tunnels », sur la principale route entre le sud de la Cisjordanie et Jérusalem-Est.

La plupart des incidents impliquaient des demandes du personnel de sécurité israélien à fouiller les véhicules des nations-Unies (en particulier les bus), forçant les équipes des Nations-Unies à prendre une autre route et entrainant des centaines d’heures perdues aux équipes et des coûts supplémentaires.


8 - En réfléchissant aux plus de sept années de restrictions, ce qui était présenté à l’époque comme une réponse militaire à court-terme aux affrontements violents et aux attaques contre des civils israéliens s’est développé en un système d’obstacles et de restrictions multicouches, et en une fragmentation du territoire de la Cisjordanie qui affecte la libre circulation de l'ensemble de la population palestinienne et son économie.
Ce système est en train de transformer la réalité géographique de la Cisjordanie et de Jérusalem en une fragmentation territoriale plus permanente



NOTES :

1) Le retrait de 60 checkpoints sur 100 avait été annoncé en avril 2008, lors du précédent rapport. Voir OCHA, Informations sur les fermetures, Mai 2008

2) Alors que le nombre de fermetures indiqué dans le précédent rapport sur les fermetures de Mai 2008 était de 607, une révision ultérieure a révélé que 3 checkpoints avaient été classés par erreur comme des portes de Barrière et n’avaient pas été comptés. Donc le véritable chiffre du précédent rapport était de 610 et non de 607.

3) Le chiffre sur les « retraits » inclut des obstacles enlevés par les FOI et par des Palestiniens, ainsi que des obstacles qui ont été enlevés de la carte d’OCHA après avoir été classés comme insignifiants

4) Impact humanitaire de la Barrière, Juillet 2008, Mise à jour n° 8

5) Interview de Shaul Arieli, Haaretz, 25 mai 2008

Source : http://www.ochaopt.org/

Traduction : MG pour ISM