FREE PALESTINE

Le Mouvement Citoyen Palestine est une association de fait, constituée de citoyens d’horizons divers et qui a pour objectif la promotion et la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer de son territoire et d’un Etat.

31 mai 2008

quand les sionistes usent et abusent de l'accusation d'antisémitisme...

Pressions sur les hommes politiques, les journalistes, les artistes, les universitaires, quand les sionistes usent et abusent de l'accusation d'antisémitisme...

Depuis une semaine, Monsieur Flahaut est la cible d’attaques diverses sous l’accusation d’antisémitisme, la triste réalité c’est qu’aujourd’hui quiconque se permet ou ose critiquer les exactions commises par l’armée israélienne, se voit taxer d’antisémitisme !

Monsieur Flahaut n’est pas le premier, ni le dernier (malheureusement)  à faire face à cette attaque ignoble d’antisémitisme.

Rappelons-nous que l’antisémitisme est une insulte faite au juif en tant que juif, c’est un délit et non une opinion. Rien ne peut l’excuser ou le comprendre et il doit être combattu de pair avec tous les racismes, par tous les citoyens démocrates. L’antisémitisme n’a rien à voir avec des prises de position critiques à l’égard du gouvernement israélien.

Le conflit israélo-palestinien est un conflit politique entre un mouvement colonial et un mouvement de libération nationale. Le sionisme est une idéologie politique, et non religieuse, qui vise à résoudre la question juive en Europe par l'immigration en Palestine, sa colonisation et la création d'un état juif.

L'antisionisme, est la critique politique d'une idéologie et d'un mouvement politiques; il ne s'attaque pas à une communauté, mais remet en question une vue politique.

Comment peut-on alors assimiler une idéologie politique - l'antisionisme avec une idéologie raciste- l'antisémitisme ? Ce sont pourtant ces confusions qui ont permis que soit porté atteinte à l’honneur d’un homme. 

Monsieur Flahaut a prouvé, par ses engagements privés et publics, combien sa position est aux antipodes de toute forme d'antisémitisme.

Les pressions que le CCOJB (comité de coordination des organisations juives de Belgique), en la personne de son président, Monsieur Rubinsfeld, a exercées sur  Monsieur André Flahaut sont indignes d’une démocratie.

Le CCOJB ne représente pas tous LES juifs, Il y a au sein de la communauté juive de nombreux Juifs antisionistes. Il faut dénoncer l’intolérable chantage qui consiste, à associer systématiquement l’antisionisme à l’antisémitisme. Le CCOJB contribue à l'amalgame " Juif = Israël " ou " Juif =sioniste comme si TOUS les juifs étaient des sionistes ou soutenaient les exactions de l'Etat d'Israël ".  

En réalité, le prétexte de « l’antisémitisme », le chantage à « l’antisémitisme », ne visent qu’à faire taire toute vérité dérangeante sur le gouvernement israélien.

Ce chantage est évidemment inadmissible ; il est insultant pour ceux qui se mobilisent contre la politique d’Israël, il est insultant pour tous les pacifistes israéliens qui, dans des conditions très difficiles, mènent un combat pour la reconnaissance des droits des Palestiniens. Cet amalgame vise à interdire tout débat, à exercer un inacceptable chantage sur les journalistes et sur les médias. 

La politique israélienne est largement critiquée à travers le monde, et plus l’Etat Juif agira hors du droit, plus il sera considéré comme hors-la-loi.

Dans un état démocratique, nous sommes en droit de dénoncer les crimes de guerre d’Israël et sa politique de colonisation ainsi que de défendre les droits légitimes du peuple palestinien, sans pour autant être taxé d’antisémitisme. Cette attitude adoptée par certains est une forme de terrorisme intellectuel. Se "servir" ainsi de l’antisémitisme ne peut que contribuer à le banaliser et à le nourrir.

Saïdi Nordine

Mouvement Citoyen Palestine

Assez de l’intimidation à l’antisémitisme !

Communiqué de presse des groupes citoyens Paix Juste au Proche Orient de Ittre et Nivelles à Belga

Les groupes Paix Juste au Proche Orient (PJPO) de Ittre et Nivelles organisateurs du jeu de rôles « Nakba » (la catastrophe en 1948 pour les Palestiniens) sur le marché de Nivelles le samedi 24 mai s’indignent des accusations d’antisémitisme prodiguées à leur égard ainsi qu’à la personne de Monsieur André Flahaut par le président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) Monsieur Joël Rubinfeld.

Deux jours avant l’événement  le bourgmestre de Nivelles Monsieur Huart et l’échevine Madame Van Pée ont subi de la part de Monsieur Joël Rubinfeld des pressions sous forme d’intimidation. Il leur a été demandé d’abord d’interdire tout bonnement notre événement ; suite au refus du bourgmestre, il a été demandé d’enlever dans notre information la critique contre les 60 ans de dépossession de la Palestine par Israël, demande qui nous a été faite mais que nous avons refusée. Ensuite, le parcours prévu des « déportés palestiniens » sur une remorque a été supprimé pour cause de difficultés à la circulation.

Le samedi, après un petit tour du marché par des participants habillés en Palestiniens, les mains levées, escortés par des « soldats israéliens » et une distribution de tracts (voir ci-joint), nous sommes revenus à notre tente de départ (place Emile Lalieux) représentant un camp de réfugiés. Nous avions projeté un second tour du marché un peu plus tard, tour qui nous a été interdit dans un premier temps et accordé ensuite.

C’est alors que les représentants des partis politiques qui avaient été invités à parler se sont exprimés sur notre action : ont pris la parole Madame Thérèse Snoy (députée fédérale Ecolo), Monsieur André Flahaut (PS) et Madame Van Pée (CDH) échevine aux relations Nord-Sud, au nom du Collège. Nous regrettons l’absence du représentant du MR qui avait pourtant été prévu.

Tous les participants au jeu de rôles (une cinquantaine) ainsi que de nombreux passants peuvent témoigner qu’à aucun moment des propos antisémites ou comparant les agissements israéliens à la politique nazie envers les juifs n’ont été proférés. Les trois orateurs s’ils ont dit leur souhait d’une paix au Proche Orient basée sur le respect mutuel, ont dénoncé les manœuvres d’intimidation du président du CCOJB. Celui-ci sur place depuis le début de l’événement n’a pas cessé d’interrompre les participants, les orateurs de façon hostile et provocatrice, de nous filmer et de nous photographier. Ses interpellations incessantes semblaient viser à nous énerver, à nous faire perdre le contrôle dans l’espoir de pouvoir relever des propos qui lui permettraient d’avancer l’argument d’antisémitisme.

Nous estimons que ce chantage à l’antisémitisme vis-à-vis des citoyens et des responsables politiques du monde occidental est un moyen malhonnête trop souvent utilisé par les partisans de la politique israélienne de dépossession et de répression de toute velléité de résistance du peuple palestinien. Comment expliquer, que depuis six ans que nos groupes militent pour une paix juste au Proche Orient, nous n’avons été ouvertement attaqués que cette fois-ci ?

Alors que l’expulsion de plus de 700 000 Palestiniens en 47-48 est reconnue et dénoncée par de nombreux historiens israéliens, le CCOJB lui, comme l'historiographie classique de l'état d'Israël, continue à soutenir un des plus grands mensonges du 20ème siècle.

Marc Abramowicz                                                   Anne Mottart

pour PJPO Ittre                                                      pour PJPO Nivelles

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Action citoyenne des groupes "Paix Juste au Proche Orient" de Nivelles et Ittre.

Nakba à Nivelles
Vidéo envoyée par chrisdenhond 

La Nakba (la catastrophe) Jeu de rôles sur le marché de Nivelles le 24 mai 2008 Action citoyenne des groupes "Paix Juste au Proche Orient" de Nivelles et Ittre.

Une fausse « Nakba »

VINCENT VANHAM

lundi 26 mai 2008, 10:40

Nivelles. Exode de Palestiniens… pour du beurre et pour sensibiliserManifestation pour une paix juste au Proche-Orient samedi matin à Nivelles. Sa mise en scène a créé quelques tensions…

Nivelles a pu vivre un petit bout de conflit israélo-palestinien samedi matin durant le marché hebdomadaire. Une quarantaine de membres et sympathisants des sections d'Ittre et de Nivelles de l'ASBL « Paix juste au Proche-Orient » ont en effet joué, en rue, une saynète reproduisant l'expulsion des Palestiniens lors de la création d'Israël en 1948. Des « militaires israéliens » en armes ont ainsi baladé un convoi de « réfugiés palestiniens », mains sur la tête, à travers les allées du marché. Des tracts étaient distribués aux passants pour leur expliquer ce que les Palestiniens appellent la « Nakba », la catastrophe.

Lors de la création d'Israël, « 750.000 Palestiniens ont été expulsés de leurs terres, 415 villages ont été détruits. Aujourd'hui, on compte encore 4,5 millions de réfugiés parqués dans des camps » rappelle Marc Abramowicz, l'un des promoteurs de cette manifestation symbolique. « Nous voulons attirer l'attention de l'opinion publique, qui connaît finalement peu ce fait historique, qui continue encore de nos jours avec la construction du mur, les expropriations ou les check-points. Nivelles sera attentive à notre message, car elle aussi a vécu l'exode en 1940, quand les Allemands ont bombardé la ville. »

Un Palestinien de Haïfa témoigne, anonymement : « A l'époque, avec ma famille, nous avons été pris dans des rafles. Les Palestiniens ont été repoussés vers le port où nous attendaient des bateaux pour nous emmener loin, sur des terres moins fertiles. Ils n'ont pas hésité à vider les villes. C'est une situation intolérable. »

Dans les rues de Nivelles, samedi matin, les badauds étaient étonnés par les appels à l'aide lancés par les réfugiés. D'autres étaient effrayés par les rugissements des faux soldats israéliens.

Dans l'ensemble, même si les tracts furent bien accueillis par la population, la tension était palpable : ainsi une petite délégation d'une association juive était-elle présente, qui filmait les moindres faits et gestes des manifestants, et à plusieurs reprises, le ton est monté entre les deux parties. Le député socialiste André Flahaut, venu soutenir l'action, a lui aussi eu une altercation verbale avec les représentants de cette association juive.

Pressions sur le maïeur ?

Dans les jours qui ont précédé, ces derniers avaient déjà exhorté les autorités communales à annuler la manifestation. Les organisateurs parlent d'ailleurs de pressions subies par le bourgmestre, Pierre Huart (MR).

Ce que ce dernier réfute : « J'ai limité l'action à la demande initiale et je n'ai pu répondre à la demande de faire circuler un tracteur un jour de marché. J'ai bien rencontré des représentants d'une association juive, mais ils voulaient annuler purement et simplement la manifestation, ce que je n'ai pas fait. Il est donc faux de dire que j'ai cédé à des pressions. »

Flahaut se défend d'avoir tenu des propos anti-juifs

(27/05/2008)

© BELGA

André Flahaut est accusé d'avoir assimilé le sort des Palestiniens à celui des Juifs durant la guerre

NIVELLES

Un communiqué émanant de L'"Union des déportés juifs en Belgique-Filles et fils de la déportation" demande à l'ancien ministre de la Défense, André Flahaut, de retirer publiquement les propos qu'il aurait tenu lors d'une manifestation organisée le samedi 24 mai à Nivelles.

Un discours assimilant le sort des Palestiniens à celui des Juifs pendant la seconde guerre mondiale, et Israël à un Etat nazi, selon l'organisation. André Flahaut dément formellement avoir tenu de tels propos, soulignant qu'il a toujours prôné le dialogue pour lutter contre l'extrémisme et qu'il n'a jamais mis un Etat en cause dans son discours.

L'ancien ministre de la défense précise que la manifestation organisée samedi matin à Nivelles était mise sur pied par une organisation prônant le dialogue entre Israël et la Palestine. Et que dès son arrivée sur place, il a été pris à partie par un représentant d'une organisation juive qui trouvait sa présence intolérable, promettant que la Communauté juive s'en souviendrait s'il prenait la parole.

"J'ai répondu que durant 12 ans au ministère de la Défense, avec la compétence des victimes de guerre, j'ai toujours fait en sorte qu'on se souvienne de ceux qui ont été victimes de l'intolérance et des extrémismes. Je suis pour le dialogue, partout dans le monde, et j'ai toujours été déterminé à lutter contre toutes les formes de violences, de racismes et d'extrémismes. C'est dans ce cadre que je portais samedi le triangle rouge de la lutte contre l'extrémisme. Mon discours est resté général et équilibré. Et à un aucun moment je n'ai mis un Etat en cause", répond mardi André Flahaut.

Pour l'ancien ministre de la défense, laisser penser qu'il assimile le sort des Palestiniens à celui des Juifs pendant la seconde guerre mondiale et l'Etat d'Israël à un Etat nazi ou fasciste relève de l'interprétation fallacieuse, dans le but de nuire.

© La Dernière Heure 2008

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30 mai 2008

Hubert Védrine : "Il est indispensable qu'il y ait une discussion avec le Hamas"

Hubert Védrine : "Il est indispensable qu'il y ait une discussion avec le Hamas"

LEMONDE.FR | 20.05.08 | 17h35  •  Mis à jour le 23.05.08 | 14h25

L'intégralité du débat avec Hubert Védrine, ancien ministre socialiste des affaires étrangères, vendredi 23 mai, à 11 h .

achid :  La France considère-t-elle le Hamas comme un mouvement terroriste ? 

Hubert Védrine : Je ne sais plus quelle est la position officielle et exacte de la France. Mais je considère, de toute façon, que ces classifications n'ont pas grand sens, parce qu'elles sont imposées par les Etats-Unis, qui veulent empêcher le dialogue politique avec les organisations concernées. 

Je ne dis pas qu'il faut parler à n'importe qui n'importe comment, mais ce type d'établissement de listes a priori est typiquement la mauvaise méthode. 

Clément :  Le Hamas accepte-t-il les trois conditions posées par la communauté internationale à une reprise du dialogue : reconnaître Israël et ne plus appeler à sa destruction, renoncer à la violence et entériner les accords israélo-palestiniens déjà signés. Renouer le dialogue avec le Hamas sous prétexte d'infléchir leur position ne revient-il pas à vider ces conditions de leur force ?   

Hubert Védrine :  D'abord, ce que l'on appelle "communauté internationale", ce sont en général les Occidentaux et les Israéliens. 

Autant dire les choses par leur nom, d'autant qu'il y a dans le monde environ cinq milliards de gens qui ne sont pas occidentaux et qui contestent de plus en plus, on le voit avec les pays émergents, le droit aux Occidentaux de parler au nom du monde entier. 

Ensuite, en ce qui concerne les fameuses conditions, elles ont également été inventées pour qu'aucun dialogue ne puisse se nouer. 

Il y a eu une époque en Israël où des lois étaient votées pour interdire le contact entre tout citoyen israélien et tout membre de l'OLP, à partir du même raisonnement. Il faut donc toujours essayer de comprendre qui fixe ce genre de conditions préalables, et pourquoi. 

L'ancien président Carter a par ailleurs eu des contacts récents avec le Hamas, et il a obtenu des réponses ambiguës, ce qui ne peut pas surprendre. 

Il faut noter qu'on sondage récent a montré que 63 % des Israéliens acceptaient l'idée d'un dialogue direct ou indirect avec le Hamas, et que beaucoup d'anciens responsables militaires ou des services secrets, le dernier en date étant Ephraïm Halévy, ont déclaré qu'aucun problème ne pouvait être maintenant résolu sans un dialogue, d'une façon ou d'une autre, avec le Hamas. 

Mais encore une fois, il ne s'agit pas de parler n'importe comment. 

Nabil84 :  Etant élu démocratiquement, le Hamas n'est-il pas le représentant légitime des Palestiniens ? 

Hubert Védrine :  On ne peut pas dire qu'il soit le seul représentant légitime, puisqu'il y a aujourd'hui deux mouvements politiques qui sont légitimes : l'OLP devenue Autorité palestinienne et le président Mahmoud Abbas, et d'autre part, le Hamas. 

Mais vous avez raison, c'est tout à fait incohérent de la part des Occidentaux d'exiger des Palestiniens des élections libres et incontestables, ce qu'ils ont fait, et de décréter ensuite un blocus, un peu comme au Moyen Age, sous prétexte que les Palestiniens n'ont pas voté comme il faut. 

On voudrait détruire l'idée de démocratie dans l'opinion arabe et discréditer les interventions des Occidentaux qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Tout cela est le résultat d'une politique incohérente. 

Mais cela ne règle pas tout, parce que le Hamas est aussi un mouvement avec des positions extrémistes, même s'il y a des divisions en son sein. 

L'Autorité palestinienne est dans une sorte de piège et est obligée de demander aux Occidentaux de ne pas parler avec le Hamas. 

Et les gouvernements arabes de la région, qui sont inquiets des menées iraniennes via le Hezbollah, le Hamas ou autre, n'y sont pas favorables non plus. 

Mais en fait, tout le monde sait très bien qu'à un moment ou un autre, il faudra remettre le Hamas dans un processus, que c'est cela qui le fera évoluer. Tout dépend de quand et comment. 

mehdi34 :  Les contacts entrepris avec le Hamas vont-ils délégitimer M. Abbas devant son peuple ? 

Hubert Védrine : Il faut surmonter ces contradictions. Il est indispensable à un moment ou à un autre qu'il y ait une discussion avec le Hamas de la part des Occidentaux, mais aussi de la part d'Israël. Et il faut le faire sans affaiblir encore plus M. Abbas. 

Mais pour le moment, ce qui affaiblit le plus M. Abbas, ce ne sont pas les contacts marginaux pris avec le Hamas, c'est l'absence totale de processus de paix sérieux. 

Et le fait que M. Abbas ne puisse pas présenter de résultat concret à son peuple pourrait être le résultat heureux de sa propre modération. 

Ce sont donc les Occidentaux et les Israéliens qui, en ne relançant pas un processus de paix sérieux, sont le facteur numéro un de l'affaiblissement d'Abbas. 

La question du Hamas vient ensuite. L'Autorité palestinienne elle-même aurait intérêt à ce que le Hamas soit remis dans le jeu, à condition qu'elle n'en soit pas exclue. Et pour faire tout cela, il faut qu'il y ait un processus et une dynamique. 

Je le répète, tout cet imbroglio est le résultat direct de la politique occidentale récente, et plus exactement de l'alliance politique nouée depuis le début des années 1990 entre les néoconservateurs américains, les évangéliques du sud des Etats-Unis et le Likoud israélien, ainsi que l'avait très bien expliqué Richard Perle, néoconservateur très influent au début de l'administration Bush, qui était l'inspirateur de cette ligne. 

Selon lui, il fallait convaincre le monde que la question palestinienne était marginale, qu'il ne devait pas y avoir de conversations avec les Palestiniens quels qu'ils soient, et que l'urgence était plutôt de changer les pays arabes de gré ou de force. 

On a vu avec l'administration Bush à quoi conduisait cette politique, qui a été, peut-on dire, la plus mauvaise politique étrangère américaine depuis 1945. En tout cas au Proche et au Moyen-Orient. 

paris_75 :  Quel est l'intérêt de la France à établir des contacts avec le Hamas ? 

Hubert Védrine : A mon avis, l'intérêt de la France serait de ne rien s'interdire a priori en termes de contacts. 

Il faut rappeler que la diplomatie a été inventée à l'aube de l'histoire pour traiter les problèmes autrement que par la guerre. 

La diplomatie ne consiste pas à se réunir avec des amis dont on partage les valeurs et à se congratuler, la diplomatie peut consister à parler avec des dirigeants ou des régimes qu'on estime horribles et dont on rejette catégoriquement toutes les valeurs, et il en a toujours été ainsi. 

Après la révolution bolchévique de 1917, les Occidentaux prétendaient refuser tout contact avec l'Union soviétique et l'a boycottée de toutes les façons. Naturellement, cela n'a pas tenu. 

Après la révolution communiste en Chine, les Occidentaux ont boycotté la Chine communiste jusqu'en 1964 pour la France, jusqu'en 1972 pour les Etats-Unis, ensuite ils ont parlé avec elle. 

A l'époque de la décolonisation, les Américains ont fini par parler avec les Nord-Vietnamiens. Les Français ont fini par parler avec le FLN. Les Anglais avaient fini par parler avec les nationalistes indiens. 

Itzhak Rabbin avait parlé avec Arafat à une époque où les positions de l'OLP n'étaient pas tellement différentes des positions du Hamas aujourd'hui. Il avait même fait d'Arafat un partenaire et contribué fortement à l'évolution de l'OLP. 

Bref, les exemples abondent. 

Donc aujourd'hui, il faut se libérer de cette vision régressive que nous a imposée l'administration Bush, selon laquelle on ne parle pas à ses ennemis. 

Parler, ce n'est pas approuver, ce n'est pas abdiquer ses convictions, c'est au contraire une façon de défendre ses intérêts vitaux. 

Donc dans le cas de la France, à mon avis, il ne devrait y avoir aucun interdit dogmatique a priori. Ni en ce qui concerne l'Iran, ni en ce qui concerne le Hezbollah, ni en ce qui concerne le Hamas. 

Je rappelle qu'il y a périodiquement dans la presse israélienne des Israéliens importants qui défendent ce point de vue, parce qu'ils ont une autre conception de la défense des intérêts vitaux d'Israël. 

Mais il y a quand même, après, une question de mise en œuvre diplomatique : à quel moment est-il opportun de parler ? à quel niveau ? pour obtenir quoi ? etc. C'est un problème de mise en œuvre, ce n'est pas un problème de principe. 

Trotoman :  A quelques mois de la présidence française de l'Union européenne, entamer un dialogue avec le Hamas alors que le mouvement est toujours considéré par le Conseil de l'Union européenne comme organisation terroriste ne risque-t-il pas de compromettre les relations diplomatiques de la France avec ses partenaires européens ? 

Hubert Védrine :  Un Etat membre de l'Union européenne est parfaitement libre à tout moment de dire : nous avons une position commune, elle est erronée, nous voulons la faire évoluer. Cela arrive constamment. Cela n'a rien de choquant en soi. 

Maintenant, je ne sais pas si le contact qu'a eu, à titre quasiment privé, un ancien ambassadeur qui travaille maintenant à Sciences Po peut être considéré comme l'indice de ce changement. Personnellement, je m'en réjouirais, parce que je trouve la position française actuelle absurde. Mais je ne suis pas du tout sûr que cela s'inscrive dans un processus réfléchi. 

Malheureusement, je crains qu'il ne faille attendre que les Israéliens eux-mêmes aient changé de position (leurs services secrets parlent déjà sur le terrain avec le Hamas), ou que la prochaine administration américaine ait elle-même changé. 

A ce moment-là, les Européens, qui sont moutonniers et qui ont bien du mal à avoir leur propre pensée sur tous ces sujets, suivront. 

lacam :  Si la France entre en contact avec le Hamas, peut-elle craindre de refroidir ses liens avec Israël ? 

Hubert Védrine : Je crois qu'on accorde une importance exagérée à ce contact récent d'un ancien ambassadeur, que je connais bien et qui est par ailleurs excellent. A ma connaissance, l'Elysée a déjà dit que rien n'était changé dans la politique actuelle de la France. 

D'une certaine façon, je le regrette, parce que cela veut dire que la France s'interdit de tenter de faire évoluer une politique occidentale que je trouve tout à fait mauvaise et dans ce cas-là, tant pis, ce seront d'autres qui le feront. 

Quant aux relations avec Israël, elles sont très bonnes parce qu'Israël apprécie énormément les positions du président Sarkozy. Celui-ci doit faire prochainement un voyage dans la région, et les propos qu'il tiendra là-bas sont évidemment très attendus. 

Car tout le monde se souvient du premier voyage d'un président français en Israël, c'était François Mitterrand en 1982, tout le monde se souvient de son amitié pour Israël, de son soutien à la sécurité d'Israël, et en même temps, de sa déclaration en faveur d'un Etat palestinien. 

M. Begin, alors premier ministre, avait aussitôt répliqué : "La seule chose qui s'oppose à une entente parfaite entre la France et Israël, c'est votre soutien au principe d'un Etat palestinien." Cela a été la source presque unique des disputes franco-israéliennes ces vingt-cinq dernières années, quand il y en a eu. 

Mais en principe, le monde entier est maintenant, en principe, en faveur d'un Etat palestinien, à commencer par les Israéliens eux-mêmes, à hauteur de 60 % environ. Mais aussi le président Bush lui-même, bien qu'il ait fait tout le contraire. 

voltaire :  L'administration Sarkozy a-t-elle intérêt à parler avec le Hamas sous peine de se mettre à dos l'administration Bush ? 

Hubert Védrine :  Tout en trouvant absurde que l'on s'interdise de parler à qui que ce soit, y compris au diable s'il existait et si cela servait nos intérêts, je pense qu'un changement de cette nature doit s'inscrire dans une stratégie. 

Donc cela aurait un sens si cela préparait une évolution politique des Européens, qui en auraient informé évidemment Israël, et si cela préparait à un changement de la politique étrangère américaine. 

Mais je crains que ce ne soit pas le cas, qu'il ne s'agisse que d'un contact isolé sans grande signification politique, que la diplomatie française, terrorisée, va aussitôt faire oublier. 

artbooksdz&yahoo.fr :  Quel rôle pourriez-vous jouer dans de futures éventuelles négociations ????? 

Hubert Védrine : Je n'occupe à l'heure actuelle aucune fonction ni gouvernementale ni politique, donc a priori, sauf changement que je ne prévois pas pour le moment, je n'ai pas de rôle particulier à jouer. Sauf par l'expression de mes idées. 

voltaire :  Deux États, est-ce la meilleure solution aujourd'hui ? 

Hubert Védrine :  S'il n'y a pas finalement deux Etats, cela veut dire qu'Israël continuera à occuper les territoires occupés, avec tout ce que cela entraîne, qu'Israël ne sera jamais véritablement accepté dans la région et que cette plaie envenimera sans fin les rapports Europe-monde arabe, Occident-islam, etc. 

Ce n'est pas une perspective très excitante. C'est pour cela qu'il y a tellement de responsables et une majorité de l'opinion en Israël qui se sont résignés à la formule des deux Etats. 

Mais ceux qui sont contre l'évacuation des territoires occupés emploieront jusqu'au bout tous les moyens pour torpiller cette perspective. 

L'autre hypothèse serait de revenir au mythe d'un grand Etat binational, où les Israéliens et les Palestiniens coexisteraient dans un même Etat, avec des droits garantis par la Constitution. 

Par désespoir, certains intellectuels palestiniens commencent à revenir à cette idée, parce qu'ils voient bien que la pseudo-communauté internationale est totalement incapable de tenir ses engagements à leur égard, que la majorité des Israéliens, qui acceptent l'Etat palestinien, n'arrivent pas à faire plier la minorité qui s'y oppose absolument. Donc ils se mettent à rêver d'un grand Etat où ils auraient des droits normaux. 

Mais ces deux peuples se sont infligé tellement de souffrances mutuelles maintenant que je ne crois pas du tout à cette solution, qui ne serait imaginable qu'après une très longue période de séparation, où chacun aurait été dans son propre Etat, avant que l'opération devienne possible. 

Je rappelle aussi que si beaucoup d'Israéliens en étaient venus à la solution de l'Etat palestinien, à commencer par Itzhak Rabin, qui a été à mon avis le grand homme d'Israël des trente dernières années, c'était, entre autres, pour éviter la perspective d'un Etat d'Israël au sein duquel, pour des raisons démographiques, les Palestiniens auraient un jour la majorité. 

Je crois donc que la solution d'un Etat palestinien reste la seule possible. 

lina :  La question de Jérusalem ne fait-elle pas définitivement obstacle à l'existence de deux Etats ? 

Hubert Védrine : C'est une question difficile, mais je ne pense pas qu'elle soit insoluble. Lors des conversations dites de Taba en janvier 2001, la solution était à portée de main, y compris là-dessus. Les Israéliens et les Palestiniens ne peuvent pas décider seuls, il faudra le moment venu une caution des Saoudiens, "gardiens des lieux saints", celle précisément qui avait fait défaut à Arafat pendant les conversations de l'année 2000. Mais ce n'est pas insoluble. 

resiste :  Que faut-il faire exactement pour que le processus de paix voit le jour ? 

Hubert Védrine :  Etant donné que personne ne peut évacuer les territoires occupés à la place des Israéliens, un nouveau processus ne peut démarrer que si un premier ministre israélien a autant de courage que Rabin et, d'une certaine façon, que Sharon à la fin, et s'il décide d'avancer non pas par générosité, mais parce que c'est l'intérêt vital d'Israël de régler cette question. 

Cela suppose qu'il surmonte l'opposition d'une partie de la classe politique israélienne, de certains partis religieux, de certains partis d'extrême droite, d'une petite partie de l'armée (qui au total sera loyale), et enfin du lobby des colons. A ce stade, les Palestiniens ne veulent rien donner. L'évacuation ne dépend pas d'eux. 

Quant aux garanties de sécurité qu'on leur demande cyniquement au préalable, alors que tout a été fait depuis des années pour qu'ils soient complètement incapables d'avoir la moindre autorité et qu'ils ne puissent plus garantir la sécurité de qui que ce soit, même pas la leur, on ne les obtiendra que dans un processus conduisant à un Etat palestinien qui, au bout d'un certain temps, deux ou trois ans, sera en effet capable d'exercer son autorité. 

Donc il ne faut pas les demander aux Palestiniens à l'avance, c'est inutile. Ce dont on a besoin du côté palestinien, c'est d'un leader suffisamment courageux pour signer un accord de paix qui sera considéré par une partie non négligeable de l'opinion palestinienne comme un compromis honteux. 

En effet, même si les Israéliens récusent totalement ce chiffre, aux yeux des Palestiniens, le petit Etat palestinien viable ne couvrirait au mieux que 22 % de la Palestine historique. 

Tout cela veut dire que les garanties de sécurité auxquelles ont droit Israël et le futur Etat palestinien doivent être fournies par d'autres. 

Israël a une formidable capacité militaire, mais cela ne suffit pas. On peut imaginer un engagement américain supplémentaire du côté israélien, y compris au sol, et un engagement européen ou international mandaté par l'ONU du côté palestinien.  On trouvera des solutions s'il y a la volonté d'aboutir. 

Mais le point essentiel à comprendre, c'est que tout cela ne peut pas découler de négociations entre un gouvernement israélien qui n'a plus de crédibilité et qui n'a pas de volonté politique et des Palestiniens détruits. 

Il faut donc un engagement international avec un accord israélo-américain pour commencer, et une sorte de prise en charge internationale de la fabrication de l'Etat palestinien viable sur quelques années, et pas comme un préalable. 

lina :  Pensez-vous que l'élection d'Obama, si elle devait se produire, puisse impulser un changement réel dans la gestion internationale de ce conflit ? 

Hubert Védrine :  De toute façon, le départ de Bush était un élément important. Cela va produire un soulagement mondial, sauf dans deux ou trois pays. Et il y aura une grande attente de changement, même dans le cas de l'élection de McCain. 

Si c'est Obama, cela ira beaucoup plus loin. Ce sera un électrochoc dans le monde, car pour beaucoup de gens dans le monde, Obama serait peut-être le premier président des Etats-Unis capable de comprendre aussi le reste du monde. 

Donc il y aurait un moment tout à fait étonnant, dont il faut espérer qu'il sera saisi, à la fois pour nouer des relations nouvelles entre les Européens et les Américains et, d'autre part, pour repenser complètement les relations entre l'Amérique et le reste du monde, à commencer par le Proche et le Moyen-Orient. 

Donc oui, à cet égard, c'est l'élection américaine la plus importante depuis vingt ou trente ans. 

darwin :  Vous avez refusé le poste de ministre des affaires étrangères que vous proposait Nicolas Sarkozy. Est-ce que, en cas de remaniement, vous pourriez revoir votre position et accepter un poste dans un nouveau gouvernement (Fillon 2 ou Bertrand) ? 

Hubert Védrine : Les éléments de fond n'ont pas changé. 

Chat modéré par Constance Baudry
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3218,50-1047501,0.html

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J’ai vingt ans mais je vis à Gaza...

J’ai vingt ans mais je vis à Gaza... (de notre correspondante à Gaza)

publié le jeudi 29 mai 2008.

Les examens vont bientôt prendre fin. Etudiants, écoliers de la bande de Gaza vont être diplômés d’ici quinze jours. Mabrouk et après ? La jeunesse palestinienne de Gaza se trouve incontestablement dans une impasse : embargo, chômage, enfermement, bombardements…. La déprime envahie les pensées, les jeunes n’ont pas de perspectives, pas d’avenir.

Les discussions se ressemblent, les questions se répètent : « Qu’allons nous faire, ce n’est pas parce que j’ai obtenu une licence que je vais pouvoir trouver du travail. Chez moi, plus personne n’a de travail. Tous mes frères et sœurs ont fait des études, et aucun d’entre eux n’a trouvé de travail. Vous pensez que, moi, j’en trouverai ? » me confie Muhammed, vingt trois ans.

L’ennui.

Les jeunes tournent en rond. Tout est routine, les jours passent et rien ne change. On répète les mêmes gestes, on discute des mêmes sujets… La déprime touche tout le monde, sans distinction. La sensation d’étouffement est grande. La jeunesse est emprisonnée, mise au pied du mur. Les jeunes n’osent même plus parler des projets d’avenir. Auparavant, cela remontait le moral, ils pouvaient au moins rêver. Mais même le rêve les a quitté… le rêve n’est plus à leur portée. Il n’y pas de travail, tout le monde reste chez soi. Il n’y a plus d’essence, plus de gaz, on ne bouge plus de son quartier.

Alors, partir ?

Alors pourquoi rester se demandent certains ? Pourquoi ne pas partir vers des horizons meilleurs ? Shaima, étudiante, répond : « Tant que les frontières seront fermées, je ne préfère pas y penser, je ne veux pas rêver pour rien », et elle ajoute : « Partir mais pour aller où ? les pays arabes, et l’occident nous veulent pas de nous ». Certains refusent de partir de la bande de Gaza. C’est l’avis de Hosni, vingt quatre ans, pour qui partir est un signe de lâcheté. « Il faut que les jeunes restent ici, pour construire le pays, si nous partons qui restera ? Qui oeuvrera pour la libération de la Palestine, ma place est ici et pas ailleurs. » Asma’a, étudiante dans le même département que Hosni lui rétorque que ceux qui partent ne sont pas nécessairement des traîtres, que partir d’ici, c’est pour elle la volonté de vivre : « Ici, je suis enfermée, je le vis très mal, je n’arrive pas à me concentrer sur mes études, à la maison on ne parle que des problèmes, de la bouteille de gaz qui vient de finir, de l’argent qui ne rentre pas, des coupures d’électricité….Je n’en peux plus, je veux partir ».

Sans papiers dans son pays….

Mais Asma’a sait que même si les frontières viennent à ouvrir elle ne pourra pas sortir, car elle est sans papiers. Asma, comme Islam, Hadil, Hosni, et bien d’autres encore n’ont pas de carte d’identité palestinienne, qui n’est délivrée uniquement que par les autorités israéliennes. Asma’a est arrivée d’Algérie il y a deux ans et demi. Tous ses papiers ont été confisqués par les militaires égyptiens postés au passage de Rafah. Depuis ce jour elle ne possède aucun documents lui permettant de voyager à l’extérieur de Gaza.

Islam attend depuis quatorze ans sa carte d’identité, en vain, il ne l’a toujours pas obtenu. Islam est convaincu qu’il ne pourra jamais sortir et qu’il ne pourra jamais poursuivre ses études en France. Zoheir, trente ans et père d’un petit garçon, a reçu sa carte d’identité après avoir déposé sa demande auprès des israéliens il y a vingt ans. « Alors, tu es heureux ? lui demande un de ses amis. « Oui, un peu, j’ai ressenti une certaine joie sur le moment, mais elle s’est vite dissipée quand j’ai commencé à penser aux frontières. »

Creuser pour lutter contre la fatalité et l’ennui.

Mutaz, diplômé en sciences politiques, n’a pas les moyens financiers de poursuivre ses études en master. Les frais d’inscription sont trop élevés. Mutaz, était au chômage il y a encore un mois. Depuis, il a trouvé un travail, un drôle de travail….il creuse des tunnels : « C’est mieux que rien », nous dit-il. Mutaz est posté à Rafah et creuse nuit et jour : « Il y a deux ans, si on m’avait dit que j’en serais arrivé là, je ne l’aurais pas cru un seul instant ». Il est arrivé au fond du trou, et n’a pas encore vu le bout du tunnel.

Eman Alhaj

http://www.protection-palestine.org/spip.php?article6256

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D'anciens soldats israéliens racontent les dérives de l'occupation à Hébron

Un visiteur à Tel-Aviv, en 2004, devant des photos de Palestiniens prises par des soldats israéliens à Hébron. Cette exposition avait été organisée par Breaking the Silence, qui a publié en 2008 les témoignages d'anciens militaires. | AFP/MENAHEM KAHANA AFP/MENAHEM KAHANAD'anciens soldats israéliens racontent les dérives de l'occupation à Hébron

Un visiteur à Tel-Aviv, en 2004, devant des photos de Palestiniens prises par des soldats israéliens à Hébron. Cette exposition avait été organisée par Breaking the Silence, qui a publié en 2008 les témoignages d'anciens militaires.

LE MONDE | 30.05.08 | 14h23  •  Mis à jour le 30.05.08 | 14h23

TEL-AVIV ENVOYÉ SPÉCIAL

Alangui à la terrasse d'un café branché de Tel-Aviv, vêtu d'un tee-shirt à fleurs, d'un pantalon de toile et d'une paire de sandales, Doron Efrati, 23 ans, n'a pas véritablement l'allure du bidasse sans scrupule capable de tirer du lit une famille entière de Palestiniens à la pointe de son fusil. C'est pourtant ce qu'il a fait à l'occasion de son service militaire effectué entre 2003 et 2006 en Cisjordanie. "On débarque en douce dans un quartier, on jette des pierres ou une grenade assourdissante contre la porte d'une maison et on hurle : "C'est l'armée, ouvrez !". Ensuite, on fait sortir tout le monde dehors et on fouille de fond en comble l'intérieur. Une fois qu'on a fini, on passe à une autre maison et ainsi de suite pendant une bonne partie de la nuit. L'idée, c'est de saisir des armes ou du matériel de propagande, mais surtout de maintenir la population palestinienne dans un état de peur permanente. Comme disent les chefs, "il s'agit de manifester notre présence"."

Dégoûté par ce qu'il a vu et vécu, Doron a décidé de parler, à l'inverse de la plupart des conscrits israéliens, qui s'empressent de partir sous les tropiques pour mieux oublier. Son témoignage figure avec une centaine d'autres dans un livret publié il y a quelques semaines par l'organisation Breaking the Silence (Rompre le silence). Depuis sa création en 2004, cette association, financée par l'Union européenne, a récolté les témoignages d'environ cinq cents anciens soldats, témoins des abus, petits ou grands, vicieux ou criminels, perpétrés par les troupes d'occupation israéliennes dans la région d'Hébron. Des exactions encouragées par le statut très particulier de cette cité qui abrite le tombeau d'Abraham et dont le centre est noyauté par 800 colons juifs, barricadés derrière un dédale de barrages militaires qui pourrit la vie des 160 000 autres habitants de la ville, tous Palestiniens.

"Ça m'est souvent arrivé de prendre la relève de collègues affectés à un barrage et de découvrir que des Palestiniens y sont bloqués et menottés depuis des heures, parce qu'ils ont soi-disant manqué de respect aux soldats", dit Iftakh Arbel, 23 ans, une autre recrue de Breaking the Silence. Des humiliations, qui à la lecture du fascicule de l'association, apparaissent comme routinières. Il y a, par exemple, ce marchand d'accessoires automobiles chez lequel des soldats viennent se servir sans payer et dont ils menacent de fermer le magasin s'il ose déposer plainte. Il y a aussi cette unité qui, un jour de désoeuvrement, décide de casser les vitres d'une mosquée pour déclencher une émeute et s'offrir une tranche d'"action". Et puis ce "jeu" que décrit l'un des témoins, consistant à arrêter quelques passants dans la rue et à les étrangler à tour de rôle tout en surveillant sa montre. "Le gagnant est celui qui met le plus de temps à s'évanouir."

Mais il y a plus grave. Le témoignage numéro 49, donné par un soldat qui entend conserver l'anonymat, décrit en détail le passage à tabac d'un jeune lanceur de pierres par un officier israélien. "Il l'a démonté, il l'a mis en pièces, raconte le témoin. Le gamin ne pouvait plus tenir sur ses jambes. Nous, on regardait, indifférents. C'est le genre de truc que l'on faisait tous les jours (...). A la fin, le commandant a mis le canon de son arme dans la bouche du gosse, juste devant sa mère, et a déclaré que la prochaine fois qu'il l'attrapait avec une pierre à la main, il le tuerait."

Iftakh Arbel a touché de près ce processus d'aliénation qui transforme un bon gars en butor. "Tu alternes huit heures de garde et huit heures de repos pendant dix-huit jours. Ça t'épuise, tu t'ennuies à mourir. Tu te mets à haïr les colons à cause de toutes les horreurs qu'ils commettent et les Palestiniens aussi, parce que leur existence est la raison même de ta présence à Hébron. Alors tu essaies de t'occuper. Tu contrôles un Palestinien sans raison. Et s'il ose protester, tu te retrouves à le frapper, juste parce que tu as le pouvoir."

Parfois le défouloir se solde par la mort d'un Palestinien. "C'était dans le camp de réfugiés d'Al-Fawwar, au début de l'année 2004, raconte Doron Efrati. Un gamin avait balancé un cocktail Molotov sur nos Jeep. Dans une situation pareille, la consigne c'est de viser le haut du corps, c'est-à-dire de tirer pour tuer, même si ce n'est pas dit explicitement. Le temps que l'on sorte de nos Jeep, le gamin avait disparu. Sur ordre de notre chef, une embuscade a été tendue. Le gamin a finalement été abattu par un sniper, plus de quarante minutes après avoir lancé son cocktail Molotov. Le commandant de la brigade a voulu ouvrir une enquête, mais l'un de ses supérieurs l'en a dissuadé."

En réaction à la sortie du livret de Breaking the Silence, l'armée israélienne a parlé de "brebis galeuses", "de témoignages anonymes invérifiables" et insiste sur son souci de juger tous les forfaits dont elle a connaissance. Fin avril, deux gardes frontières qui avaient tué un Palestinien en 2002, en le projetant hors de leur Jeep qui roulait à 80 km/h dans les rues de Hébron, ont été condamnés à six et quatre ans de prison ferme. Une sanction tardive, excessivement légère et surtout trop rare, selon Iftakh. "Il faut que les Israéliens comprennent que leur tranquillité a un coût moral exorbitant, dit-il. Actuellement, ce sont les jeunes appelés qui le paient. Mais bientôt, c'est toute la société qui sera corrompue."

Benjamin Barthe

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/05/30/d-anciens-soldats-israeliens-racontent-les-derives-de-l-occupation-a-hebron_1051796_3218.html

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29 mai 2008

Amnesty International accuse Israël

mercredi 28 mai 2008 Arouts7 est proche des colons israéliens
Amnesty International accuse Israël
par Claire Dana Picard
mercredi 28 mai 2008 - 10:55

http://a7fr.net/Article/52465.htm

L'organisation Amnesty International, qui n'a jamais fait preuve d'une grande objectivité lorsqu'il s'agit d'Israël, vient de publier son rapport annuel sur le respect des droits de l'homme dans le monde.
Critiqué comme les Etats-Unis, la Chine et la Russie, Israël est accusé "d'attenter massivement à la vie de civils palestiniens innocents". Aux Etats-Unis, Amnesty demande notamment de fermer le camp d'emprisonnement de Guantanamo et à la Russie, de faire preuve d'une plus grande tolérance vis-à-vis des opposants au régime.

A titre d'introduction, les rédacteurs du document annoncent "60 ans d'échec dans le respect des droits de l'homme".

Selon le rapport, le siège imposé par Israël à Gaza a conduit à un "châtiment collectif" de plus d'un million et demi de résidents, "laissés sans carburant, nourriture ou boisson" (où sont donc les centaines de camions qui franchissent régulièrement les points de passage pour ravitailler la population palestinienne !). En outre, il est précisé qu'une "quarantaine de Palestiniens sont morts à l'hôpital parce qu'ils n'ont pas pu sortir de Gaza pour bénéficier d'un traitement adéquat en raison des mesures prises par Tsahal qui a limité les déplacements". Là aussi, il convient de préciser que si Tsahal a imposé ces mesures, c'est uniquement pour des motifs sécuritaires et pour éviter de nouveaux attentats.

Amnesty dénonce aussi le fait qu'il y ait "9000 détenus palestiniens, dont de nombreux mineurs, qui n'ont toujours pas été jugés". Mais elle adresse aussi des reproches à 'Autorité palestinienne, en rappelant que  "la lutte entre le Hamas, au pouvoir à Gaza, et le Fatah, s'est renforcée au cours de l'année et a causé la mort de 300 Palestiniens, pour la plupart des civils non armés".

Tsahal a démenti avec vigueur les accusations de l'organisation en soulignant que ces dernières années, les forces de sécurité avaient justement réussi à réduire sérieusement le nombre des pertes civiles au sein de la population palestinienne. Il ne faut pas oublier, dans ce contexte, que l'armée israélienne est obligée de combattre sans relâche les organisations terroristes et que ces opérations font parfois, inévitablement, des victimes. Et de préciser :"Les organisations terroristes, et plus particulièrement le Hamas, opèrent systématiquement à partir de la population palestinienne et sont donc directement responsables de la mort de Palestiniens et de la dégradation de la situation".

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La marine israélienne devrait recevoir en 2010 deux sous-marins U-212 commandés à l’Allemagne.

ISRAEL VALLEY Site Officiel de la Chambre de Commerce France Israël
Mai 28 Par Sébastien Fortin
La marine israélienne devrait recevoir en 2010 deux sous-marins U-212 commandés à l’Allemagne.

http://www.israelvalley.com/news/2008/05/28/17591

Malgré une activité opérationnelle intensive au cours de l’année, dernière, la flottille sous-marine de la marine israélienne a continué d’investir fortement dans les officiers qui ont obtenu ce dimanche leur diplôme de formation sous-marine et sont devenus officiellement membres d’équipage.

Le cours, d’une durée d’un an, allie entraînement physique intensif et études sous-marines. Les futurs officiers sont soigneusement sélectionnés, constamment observés et finalement répartis en plusieurs équipes. La formation commence par un entraînement épuisant en mer comprenant un cours de plongée. Les marins sont ensuite répartis en équipes où ils sont formés dans une spécialisation : opérateur radar, expert des armes, officier des technologies…

Le Colonel A., commandant de la 7ème flottille de sous-marins, a indiqué dimanche au Jerusalem Post qu’en dépit de l’activité ininterrompue des sous-marins israéliens, la marine a réussi à affecter aux stagiaires un instructeur à temps plein pour les accompagner tout au long de leur formation.

La Colonel A. a déclaré : “Selon notre méthode de formation, nous les répartissons en équipes et nous leur apprenons ensuite comment travailler ensemble. Ils commencent alors à travailler à bord et nous leur affectons un instructeur qui les suit pas à pas et approuve leur qualification à la fin de la formation.”

Les trois sous-marins Dolphin de la marine israélienne sont les plateformes les plus chères de l’arsenal de l’IDF. Les deux premiers Dolphin ont été fournis par l’Allemagne à Israël à la fin de la première Guerre du Golfe et le troisième un peu après à un prix cassé.

Le système de propulsion diesel-électrique des sous-marins Dolphin les oblige à faire surface après de courtes périodes en plongée pour recharger les batteries qu’ils utilisent en plongée.

La marine israélienne devrait recevoir en 2010 deux sous-marins U-212 commandés à l’Allemagne. Ils seront pourvus d’une nouvelle technologie allemande fonctionnant avec un système de propulsion qui combine un système classique (moteur diesel et batterie acide-plomb) et un système de propulsion anaérobie, utilisé pour une navigation lente et silencieuse, avec des piles à combustible utilisant de l’oxygène et de l’hydrogène.

Le colonel A. a déclaré que sa flottille avait joué un rôle actif lors de la Seconde Guerre du Liban en 2006. Il s’est cependant abstenu de dévoiler les enseignements tirés de ces opérations et comment ils ont été intégrés.

Selon le Colonel A., la cérémonie de remise des diplômes qui s’est tenue ce dimanche était unique parce qu’il y avait un pourcentage très élevé de marins venant des villes, notamment de Tel-Aviv. Il est vrai que les jeunes Israéliens des grandes villes se passionnent de moins en moins pour le métier d’officier. Dernièrement, les responsables de l’école militaire des forces terrestres ont déploré la chute du nombre de soldats venant des grandes villes qui se portent volontaires pour devenir officiers.—

SF

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Une vidéo montre une attaque d’Israéliens contre deux Palestiniens en avril

mercredi 28 mai 2008 L’Orient-Le Jour Le quotidien libanais d'expression
française
Une vidéo montre une attaque d’Israéliens contre deux Palestiniens en avril

http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=372960

Les médias israéliens ont diffusé hier une vidéo montrant des dizaines de jeunes Israéliens attaquant deux Palestiniens âgés de 16 et 18 ans devant un centre commercial d’un quartier de colonisation à Jérusalem le 30 avril dernier. Lors de cette attaque filmée par une caméra de surveillance du centre commercial de Pisgat Zeev, l’un des deux Palestiniens a été poignardé, mais a réussi à s’enfuir. Le second a été passé à tabac. Après enquête, onze personnes ont été arrêtées, selon la police israélienne. Selon le site Internet du quotidien Haaretz, citant l’acte d’accusation présenté contre les onze Israéliens, dont huit sont mineurs, les assaillants ont répondu à un SMS appelant les « juifs » à « en finir avec les Arabes à Pisgat Zeev ».

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Plus de 3 000 maisons palestiniennes menacées de destruction par Israël en Cisjordanie

mercredi 28 mai 2008 L’Orient-Le Jour Le quotidien libanais d'expression française
Plus de 3 000 maisons palestiniennes menacées de destruction par Israël en Cisjordanie

http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=372962

Plus de 3 000 bâtiments et maisons palestiniens sont menacés de destruction par Israël en Cisjordanie, selon un rapport de l’ONU obtenu hier par l’AFP. « Plus de 3 000 structures appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie sont sous le coup d’un ordre de démolition, qui peut être exécuté immédiatement sans avertissement préalable », indique le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies dans les territoires palestiniens (OCHA). « Au moins dix petites communautés à travers la Cisjordanie sont menacées d’être entièrement déplacées en raison du nombre élevé d’ordres de démolition », poursuit OCHA.

Selon le rapport, la plupart de ces ordres de démolition visent des bâtiments ou des maisons dont les propriétaires n’ont pas réussi à obtenir de permis de construire auprès des autorités israéliennes, qui les délivrent au compte-gouttes.

Ces maisons sont situées en zone dite « C » de la Cisjordanie, entièrement contrôlée par Israël, qui y a détruit plus de 1 600 bâtiments entre janvier 2000 et septembre 2007. Plus de 94 % des demandes de permis faites par des Palestiniens dans cette zone, qui représente 60 % de la Cisjordanie, ont été rejetées par les autorités israéliennes entre janvier 2000 et septembre 2007, souligne OCHA en citant des statistiques officielles. Au cours du premier trimestre 2008, 124 structures ont été démolies contre 107 au cours de l’ensemble de l’année 2007, et conduit au déplacement de 435 personnes, dont 137 enfants, précise OCHA.

« Ces refus de permis à une aussi large échelle fait craindre l’existence d’une politique spécifique des autorités d’encourager un “transfert silencieux” des populations palestiniennes de zone C », a indiqué de son côté l’ONG israélienne La Paix maintenant dans un récent rapport. À titre de comparaison, La Paix maintenant indique qu’entre 2000 et 2007, 2 900 ordres de démolition ont été délivrés dans des colonies israéliennes, mais que seulement 7 % d’entre eux ont été appliqués.

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28 mai 2008

SANS RELÂCHE, ENSEMBLE POUR LA PALESTINE

SANS  RELÂCHE, ENSEMBLE POUR LA PALESTINE

Le samedi 31 mai 2008, de 10h à 21h
Journée conviviale, en famille.
Brocante, barbecue, thé à la menthe&
Animations pour enfants,
Soirée (5¬) : Conférence
Anachid :
Amdah nabaouiyya par les  frères RAHALI 

Lieu: 26-28 rue Ulens, 1080 Bruxelles
(proximité métro Yser ou Ribaucourt)   
Tél:02 219 81 84  Gsm: 0484
417 400

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