09 mai 2008
palestine info
Palestine: Al-Barghouthi appelle l'autorité palestinienne à arrêter les négociations avec l'occupation
Le sécuritaire général de l'initiative nationale palestinienne, le député, Dr. Moustafa Al-Barghouthi, a affirmé l'existence d'une occasion d'obliger l'occupation israélienne de cesser ses activités coloniales dans les territoires palestiniens sur la base que l'accord national et international que la colonisation sioniste détruit l'horizon de la paix.
Dans une déclaration écrite, Al-Barghoutni a dit que l'autorité palestinienne doit annoncer l'arrêt des négociations avec l'occupation immédiatement pour obliger les sionistes de cesser la colonisation par des garantis et d'une surveillance internationale.
Il a ajouté que les négociateurs vont perdre cette occasion au cas de la continuation des négociations alors que l'occupation va poursuivre la colonisation.
Al-Barghouthi a appelé les négociateurs palestiniens à engager au principe qui interdit le retour aux négociations avant l'arrêt de la colonisation et la construction du mur d'apartheid en vue de la levée du blocus imposé contre Gaza.
Al Agha condamne l'abandon des institutions internationales de leur rôle humain
Le ministre de l'agriculture, au gouvernement de l'entente nationale dirigé par le premier ministre Ismail Haniyeh, le Dr. Mohamed Al Agha a appelé l'organisation de l'OPEC et du "FAO" à déployer immédiatement leurs efforts pour sauver la bande de Gaza extrêmement frappée par un blocus sévère, sans précédent, en violant tous les domaines de vie des citoyens innocents.
Il a condamné le silence fermé de la communauté internationale, l'ONU, les pays arabes et musulmans, notamment les organisations d'OPEC et de" FAO", tout en les accusant avoir violer leur rôle humain envers la crime humanitaire qui a paralysé la vie des citoyens de Gaza, au moment ou les autorités sioniste renforcent leurs pratiques oppressives dans la bande.
Lors de sa lettre envoyé au chef de l'OPEC, Ahmed Al Fahd et au chef de l'organisation des nations unies pour l'alimentation et de l'agriculture"FAO"(A'lam Madiouf), Al Agha les a informé de la pire situation lors du vaste ampleur des destructions dans tous les secteurs de la bande de Gaza, en insistant que le manque du carburant qui imposé une situation très désastreuse, notamment au domaine sanitaire.
Al Agha a qualifié les pratiques oppressives de l'occupation contre les citoyens d'une forte barbarie, sans précédent, dans l'histoire humanitaire, tout alarmant d'une situation plus dégradée à la bande de Gaza, en appelant les institutions, organisations juridiques et internationales qui s'occupent des droits de l'homme à sauver immédiatement les habitant étouffés par un blocus criminel, arbitraire, injuste et inhumain.
L'Entité Sioniste dans son soixantième anniversaire, une corrosion intérieure
Wathiq Maali
L'Entité sioniste connaîtra de nouveaux agissements, durant la fête de son soixante anniversaire, dit le journal hébreu Yadiot Aharonot dans son numéro du 30 avril 2008. En effet, un groupe sioniste extrémiste avait dessiné un nouveau drapeau pour "Israël". Ce groupe qui se nomme "Le groupe international pour sauver le peuple et la terre" rassemble autour de ses idées des Sionistes des plus extrémistes. Sur ce nouveau drapeau, l'étoile de David serait remplacée par une image des ruines du siège du comité religieux de la colonie de Nfih Dkalim de Gaza, avant la retraite sioniste. Le groupe a promis qu'il distribuera ce nouveau drapeau partout dans l'Entité Sioniste, à l'occasion de la Nakba.
Le chef du groupe a dit : "Nous osons fêter le soixantième anniversaire de la création de l'Etat d'"Israël", au moment où notre peuple vit un état d'effondrement, au moment où on traite avec les mouvements du Hamas, du Hezbollah et d'Al-Qaïda". Il a appelé ceux qui ne veulent que le mal revienne encore une fois frapper le peuple juif à crier : Non, assez !
Cette réaction émanant de l'extrémisme sioniste reflète clairement combien l'Entité Sioniste vit une crise psychologique. Cette crise est le résultat de la défaite qu'elle avait subit au Sud du Liban. Elle est aussi le résultat de la retraite de la bande de Gaza et de la résistance de ses habitants devant ce blocus suffoquant. Les missiles qui tombent quotidiennement sur la colonie de Sdérot n'arrangent pas les choses. La déprime est à son maximum lorsque l'homme possède l'arme, sans pouvoir l'utiliser.
Aujourd'hui, l'Entité Sioniste ne vit pas ses meilleurs jours, psychologiquement parlant. Sa constitution est sur le point de s'effondrer. Les gens n'ont plus aucune confiance en leurs dirigeants. Ils se sentent moins vaccinés qu'auparavant. Les dirigeants se sont rendus compte de cette âme en corrosion. Ils ont organisé des exercices civils de grande envergure de plusieurs jours. Ces exercices allaient réussir à sauver la mise, s'il n'y avait pas eu ces soldats qui tombaient sur les frontières avec Gaza.
Revenons au fameux drapeau. Le temple en ruine qui remplace l'étoile de David veut dire que la résistance (palestinienne) avait déjà pu démonter la première pierre de cette Entité.
Par ailleurs, ce ne sont pas uniquement les extrémistes qui commencent à s'affaiblir. Dans la société israélienne, tout le monde s'y met. Laïcs, gauchistes, extrémistes. Tout le monde parle de la déprime, de la peur, de la méfiance en l'avenir. Le nombre croissant d'émigrés qui quittent l'Entité sioniste est la preuve évidente de cette déprime.
Ce sentiment défaitiste pourrit même la tête de l'Entité sioniste. Par exemple, Barak, ministre de la guerre, dit aux Européens et aux Américains que l'espoir de liquider le Hamas est aussi faible que la défaite des Américains en Iraq est évidente.
Et au niveau démographique, il y a une baisse considérable de la fécondité, surtout parmi les jeunes. Moti Rabid écrit dans le journal hébreu Yadiot, le 10 avril 2008, un article sous le titre : "L'Etat d'Israël vieillit de jour en jour". Et en faisant ses comptes, il voit cette Entité entièrement vieillie en un rien de temps.
Trop nombreux sont les indications de dislocation de cette Entité. Les deux points précédents ne sont rien devant beaucoup d'autres. En fait, la drogue, le suicide, le viol, le vol, l'agression sont en augmentation de plus en plus remarquable. Tous ont peur de cet avenir, de plus en plus incertain.
Déserter le service militaire est un autre phénomène qui va trop loin. C'est un coup dur qui pourra démolir l'Entité de l'intérieur, trop vite, avant qu'un coup extérieur ne le fasse tomber. Le fait que l'armée soit désavouée par les jeunes est un coup trop dur pour l'armée se voulant invincible.
En résumé, la montée en puissance de la résistance et l'endurance face à l'arrogance sioniste ont volé l'initiative de la main de cette Entité. Elle perd toute capacité à empoisonner l'esprit des Palestiniens pour les pousser à baisser les bras. L'Entité sioniste n'a actuellement d'autre choix que de négocier avec une équipe palestinienne. Mais malgré toute la collaboration de cette équipe et son travail contre la résistance, l'Entité ne lui fait pas confiance et ne lui donne rien. En fait, la volonté de résistance du peuple palestinien a mis les affaires de l'occupant et de ceux qui collaborent avec lui sens dessus dessous.
Un congrès national à l'occasion de la 60ème commémorations de la Nakba palestinienne
L'association des "professeurs des universités" a annoncé la poursuite de ses préparatifs pour tenir le congrès de l'entente nationale, le 15 mai prochain, à Gaza pour commémorer la 60ème occasion de la (Nakba) du peuple palestinien, sous le slogan " transformez la commémoration de la Nakba à une journée de l'unité nationale".
Il est prévu que le mouvement du Hamas, du Fatah et du Djihad islamique vont participer à un congrès national, pour la première fois depuis, depuis les événements de Gaza, le 14 juin 2007.
L'association a envoyé une invitation au secrétaire général du front démocratique, Nayef Hawatma, pour participer au congrès, tout en disant que tous les palestiniens à Amman, Beyrouth, Damas, Ramallah, Al-Nassera et à Gaza vont participer à ce congrès et que les secrétaires généraux des factions palestiniennes vont donner des discours des lieux de leurs séjours.
Les organisateurs du congrès ont déclaré que le mouvement du Hamas, la direction du front démocratique, le front populaire et le mouvement du Djihad islamique ont affirmé et annoncé leur participation, tout en indiquant qu'ils coordonnent avec la direction du mouvement Fatah en Cisjordanie et la bande de Gaza, ainsi que le bureau du président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour participer à ce congrès.
Le président de l'organisation, Houssam Adwan, a exprimé son espoir que ce congrès va conduire à un dialogue palestinien général pour finir les désaccords palestiniens internes.
Hamas : Nous affirmons à l'Égypte l'importance d'ouvrir le passage de Rafah
Le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum a dit que le mouvement du Hamas a affirmé aux Egyptiens l'importance d'ouvrir le passage frontalier de Rafah en cas de refus de l'occupation sioniste de l'accalmie.
Il a déclaré que la proposition de trêve est une initiative égyptienne après des discussions avec toutes les parties palestiniennes, dont les factions de la résistance et l'autorité palestinienne, et avec l'occupation, et il a dit que la position de son mouvement n'a pas changé pas, qu'il vise à briser le blocus, à stopper les agressions sionistes et à ouvrir les passages.
Dans un communiqué de presse dont le Centre Palestinien d'Information a reçu une copie, Barhoum a dit que l'Égypte doit poursuivre ses contacts avec les Sionistes pour lever le blocus et arrêter les agressions sionistes.
Le porte-parole du Hamas a insisté à dire que la situation insupportable dans la bande de Gaza est devenue très catastrophique.
Al-Khalil : L'occupation a jeté les propriétés de l'organisation islamique aux ordures
La campagne populaire pour le soutien des orphelins a annoncé que les forces occupantes ont jeté les contenus de l'atelier de couture qui appartient à l'organisation islamique de bienfaisance, ainsi que les équipements de la boulangerie d'Al-Rahma dans un endroit d'ordures, situé au sud de la ville d'Al-Khalil.
Dans un communiqué dont le Centre Palestinien d'Information a reçu une copie, la campagne a dit que les forces occupantes avaient envahi, la semaine dernière, l'atelier de couture de l'organisation et avaient confisqué une partie de son contenu, et l'avait emporté à l'aide de véhicules vers une destination inconnue.
Elle a rapporté de témoins oculaires que les forces occupantes ont jeté le contenu de cet atelier et de la boulangerie dans des ordures du village de Yatta, au sud de la ville d'Al-Khalil, après avoir été cassé par les soldats sionistes.
La campagne a considéré que ces pratiques sionistes représentent un pas inutile et que l'occupation veut augmenter la souffrance des orphelins palestiniens et des fonctionnaires qui travaillent dans cette organisation.
Elle a appelé toutes les organisations juridiques et humaines ainsi que tous les hommes libres dans le monde à intervenir immédiatement pour stopper ces pratiques sionistes contre les propriétés et les biens des orphelins.
Jeudi 08 Mai 2008
Israël : quelques années de plus, quelques juifs de moins
Israël : quelques années de plus, quelques juifs de moins
par Michelangelo Cocco | |
Mondialisation.ca, Le 8 mai 2008 | |
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Tasja Villegas n’a pas encore décidé où elle cherchera un logement, mais dans quelques semaines elle devra abandonner les allées arborées et le calme de Ra’anana et trouver où s’installer définitivement dans l’Etat qui l’a accueillie à bras ouverts, Israël. Tasja a 28 ans, les cheveux pris dans un foulard sombre et la jupe longue typique des femmes orthodoxes ; elle a accompli l’aliyah (montée), le retour à l’Eretz Israël biblique, la veille du 60ème anniversaire de la fondation de l’Etat d’Israël. La jeune femme a quitté la petite communauté juive de Copenhague (2.000 membres environ) « où il n’y avait même pas un restaurant ni un seul magasin de produits de notre tradition », et elle est arrivée dans le centre d’intégration de la petite ville côtière d’Israël où, avec les 360 autres hôtes, elle dispose de six mois pour s’adapter à la nouvelle réalité. « Au Danemark, l’antisémitisme, de la part des arabes, est en train d’augmenter », déclare-t-elle en poussant le berceau de son sabra (juif né en Israël, NdT) vers l’entrée d’une des deux ailes des appartements immergés dans la verdure.
Comme pour des milliers d’autres citoyens, le voyage de Tasja a commencé grâce à un shaliach, un émissaire de l’Agence juive (Jafi) qui l’a aidée à expédier toutes les formalités d’immigration. La Jafi a payé le billet d’avion pour elle et pour son mari, et lui a fourni un appartement à prix politique, avec cours d’hébreu intensif (cinq heures quotidiennes, six jours par semaine) et crèche gratuite, plus le « panier d’intégration », une sorte d’allocation chômage en attendant qu’elle trouve un travail –avec l’aide de volontaires qui lui expliqueront comment monter un CV. « Le centre d’intégration leur garantit un atterrissage souple en Israël, parce que chacun a sa personnalité, et des exigences différentes », explique Ruth Berkovitch, directrice de la structure de Ra’anana, un des 35 centres, dans le pays, gérés par la Jafi. « En ce moment nous avons des gens de 26 pays et 11 langues : l’apprentissage de l’hébreu est le premier obstacle à franchir ». En 1950, le parlement israélien vota la loi du retour (pour les juifs, NdT) : « Tout juif a le droit de venir dans ce pays comme un Oleh » (celui qui a fait l’aliyah, NDR), proclame le premier article de la loi qui a donné la citoyenneté israélienne à des millions d’immigrés, parmi lesquels des survivants des camps d’extermination nazis. L’Agence juive revendique avoir amené en Israël plus de trois millions de personnes. « Pour qu’Israël survive et s’épanouisse en une société juive et démocratique (italiques de la traductrice), l’aliyah reste un impératif. Israël doit devenir un foyer pour un plus grand nombre de juifs », affirme la Jafi sur son site Internet. Depuis la fin de ce qu’Israël appelle Guerre d’indépendance et les Palestiniens Naqba –la destruction de 400 villages environ et l’exode de plus de 750.000 personnes qui devinrent des réfugiés (l’auteur n’a pas mentionné le nombre d’habitants palestiniens assassinés, comme dans les massacres de Deir Yassine et Kafr Kassem ; voir Mémoire d’un enfant palestinien de la Naqba de 1948, http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6114 NdT) , l’Etat juif a systématiquement refusé aux Palestiniens le droit au retour qui, selon tous les gouvernements successifs de Tel Aviv, entraînerait la fin de l’Etat juif. La résolution 194 des Nations Unies, votée le 11 décembre 1948, alors que le conflit entre les armées arabes et celles d’Israël était encore en cours « stipule que les réfugiés qui veulent revenir dans leurs maisons et vivre en paix avec leurs voisins devraient pouvoir le faire le plus tôt possible et qu’une compensation pour leurs propriétés devrait être payée à ceux qui choisissent de ne pas revenir ». Les politiques démographiques – principal sujet d’affrontement avec les Palestiniens, avec la possession de la terre- sont depuis toujours une obsession de l’Etat juif. Quelque chose s’est cependant enrayé dans cette organisation que Théodor Herzl, l’idéologue du sionisme moderne, avait ébauchée, dès son ouvrage « L’Etat juif », comme « Society of jews », et qui a été le moteur de l’immigration juive en Palestine. L’Agence juive, qui opère depuis le mandat britannique sur la Palestine (1920-1948) en tant que gouvernement, de fait, du mouvement sioniste, et outil de la colonisation de la Palestine, a annoncé à la fin de ce mois de mars la fermeture prochaine de son Département (historique) pour l’immigration et l’intégration, mesure qui ferait partie d’un plan de restructuration radical. Quand ceci adviendra, la Jafi, de fait, baissera ce qui pendant des dizaines d’années a été son pavillon. En 2007, moins de 20 mille personnes (6% de moins que l’année précédente) ont immigré en Israël, chiffre le plus bas depuis 1989. Les estimations pour cette année 2008 parlent d’une chute ultérieure, avec 15.000 arrivées prévues. Le ministre de l’intégration, Jacob Edery, a déclaré que « la diminution de l’aliyah devrait être une sonnette d’alarme pour nous tous. Nous devons faire tout notre possible pour l’accroître, de façon à insuffler de la vie dans l’entreprise sioniste qui est si importante pour l’histoire de l’Etat ». « Les problèmes pour les juifs dans le monde sont en train de diminuer –commente Berkovich tandis qu’elle nous montre comme il est facile, par un seul escalier, d’accéder aux salles de classe depuis les chambres du centre d’intégration- mais l’immigration a toujours eu ses cycles : en ce moment, par exemple, ils arrivent de France, où il y a une recrudescence d’antisémitisme ( ?, NdT) ». Analyse sans concessions de l’Agence globale de nouvelles du peuple juif (Jta) : « Le cœur du problème est que l’immigration par nécessité s’est en grande partie épuisée, écrit Dina Kraft. Les juifs du monde arabe ont fui en Israël dans les années 50, les Russes sont arrivés dans les années 90, et les Ethiopiens pendant ces 25 dernières années ». « Il y a des juifs en Occident qui vivent à l’aise dans des pays pluralistes qui leur donnent des opportunités économiques et sociales jamais expérimentées, et qui les laissent pratiquer leurs traditions », explique, à la Jta, Uzi Rebhun, démographe à l’Institut de judaïsme contemporain de l’Université juive de Jérusalem. Mais la Jafi est aussi prise à partie par des groupes privés qui, comme l’a écrit Anshel Pfeffer dans une enquête sur Haaretz- « sont en train d’amener des milliers d’immigrés en Israël, en compromettant le monopole pluri décennal de l’Agence. Et les donateurs américains font pression pour de grosses réformes dans sa gestion ». « Les organisations privées étasuniennes ne peuvent pas être comparées à la Jafi », s’emporte Berkovich, à ma demande d’éclaircissements sur ce point- « parce qu’ils ne travaillent qu’aux Usa et pour convaincre des juifs à émigrer ils ne leur donnent qu’un paquet d’argent, et pas les informations, la connaissance que nous fournissons nous ». « Malgré la mission fondatrice du pays – a dit Rehbun- 60 ans après la fondation de l’Etat, un peu plus de la moitié des juifs vit encore hors d’Israël », où les derniers chiffres du Bureau central de statistique ont enregistré 5.349.600 citoyens juifs. Mais l’Agence juive prépare déjà les parades : éduquer les juifs de la Diaspora par des cours de formation capables de « construire » un lien avec Israël pour leur donner envie d’immigrer, mais aussi des solutions plus radicales : comme des visas d’entrée spéciaux pour ceux qui veulent « explorer » l’idée de l’aliyah en vivant en Israël pendant quelques mois. Ou bien « l’aliyah flexible », grâce à laquelle l’immigré peut partager son temps entre Israël et la Diaspora. Par exemple en travaillant à New York et en priant à Jérusalem. Edition de dimanche 4 mai 2008 de il manifesto http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/04-Maggio-2008/art49.html Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio | |
Le CADTM dénonce le double jeu de la Banque mondiale à l'égard du peuple palestinien

Le CADTM dénonce le double jeu de la Banque mondiale à l'égard du peuple palestinien
Communiqué de presse
Selon Le Monde du 27 avril 2008, la Banque mondiale semble dénoncer le fait que la politique israélienne entrave la croissance palestinienne et la situation dans les territoires palestiniens ne cesse de s'aggraver. Un tiers des Palestiniens dans la bande de Gaza (zone la plus touchée) et en Cisjordanie sont en situation d' « insécurité alimentaire », selon le rapport 2007 du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
La responsabilité d'Israël est sans nul doute écrasante, mais le CADTM dénonce l'hypocrisie de la Banque mondiale puisque la logique qu'elle défend est responsable, en Palestine comme ailleurs dans le tiers-monde, d'une grave détérioration des conditions de vie.
De plus, loin de centrer son analyse sur le fait que les droits humains fondamentaux sont bafoués dans les territoires palestiniens, la Banque mondiale se contente d'expliquer cette insécurité et cette pauvreté accrues par le blocus sur la circulation des marchandises et par les restrictions à la mobilité des personnes, notamment des travailleurs palestiniens pour, officiellement, « des raisons de sécurité ».
La responsabilité d'Israël est d'autant plus écrasante que l'aide humanitaire fait également l‘objet de fortes restrictions alors que la population en dépend fortement. En effet, 80% des habitants de la bande de Gaza reçoivent l'aide de la part du PAM ou de l'UNRWA |1|. En novembre 2007, le service des affaires humanitaires et des secours d'urgence de l'ONU annonçait une grave crise humanitaire et appelait Israël à « alléger les restrictions sur l'aide humanitaire et à lever le blocus économique sur Gaza comme la meilleure façon d'y promouvoir la paix. » Effectivement, les camions d'assistance humanitaire sont passés de 3 000 en septembre 2007 à 1 508 en octobre. Les différents bouclages des territoires palestiniens ont entraîné la fermeture d'une grande partie de l'industrie. La conséquence directe est que « près de 70 000 travailleurs palestiniens ont été licenciés des secteurs de l'industrie et des services et de l'agriculture », selon John Holmes, coordonnateur humanitaire |2|. Israël a ainsi recours à une main d'œuvre étrangère originaire de Roumanie, de Thaïlande ou des Philippines.
Mais la Banque mondiale s'applique surtout à cacher sa propre responsabilité vis-à-vis du peuple palestinien. Le texte de la Déclaration commune de la Conférence internationale des donateurs pour l'Etat palestinien de décembre 2007 prévoyait plus de 7,4 milliards de dollars de promesse de dons internationaux « pour soutenir la construction institutionnelle et la reprise économique des trois années à venir ». Cependant, ce texte en profitait pour réaffirmer le cadre macro-économique dominant et la volonté des institutions financières internationales de poursuivre sur la voie catastrophique des réformes néolibérales (réduction des dépenses publiques, diminution du nombre de fonctionnaires dans des secteurs aussi importants que l'éducation et la santé, privatisations, suppression des subsides pour les services de base tels que l'électricité |3|).
En plus de l'annulation de la dette, le CADTM exige l'abandon des politiques d'ajustement structurel, l'abolition du FMI et de la Banque mondiale et leur remplacement par des institutions réellement démocratiques, soucieuses de l'intérêt des populations du Sud et centrées sur la garantie des droits humains fondamentaux. Il s'agit là de la seule manière de permettre aux Palestiniens comme aux autres peuples du Sud de décider enfin de leur propre avenir.
notes articles:
|1| T. HOCINE « Palestine : menace d'un désastre humanitaire » bulletin trimestriel n°33 de l'Association belgo-palestinienne, mai 2007, page 14.
|2| Service d'information des Nations unies, http://www.un.org
|3| http://www.bicusa.org/en/Article.3706.aspx
infos article
URL: http://www.cadtm.org
Nul doute que l’aisance des uns se construit sur le déni des autres
Nul doute que l’aisance des uns se construit sur le déni des autres
Sans doute avez-vous entendu parler ces derniers jours de Josef Fritzl, ce septuagénaire de la ville d’Amstetten en Autriche, dont vous ignoriez probablement l’existence auparavant. Si c’est le cas, sans doute avez-vous été atterré de découvrir que cet individu avait commis sur sa famille, d’épouvantables méfaits que personne dans son entourage n’a semblé avoir remarqués… Aujourd’hui, tant les autorités que les médias se demandent, incrédules, comment de tels événements ont pu se produire sans éveiller la curiosité de certains voisins, quand la maison des Fritzl est située dans une rue animée de la localité. Comment penser qu’une ville moderne, dotée d’infrastructures récentes, parcourue par des services à la population tels la poste, la voirie, la police, et différentes régies, n’ait pas été plus attentive à de tels faits !? Sans doute, vous demandez-vous comment de tels sévices ont pu s’exercer sur des personnes plus faibles et démunies pendant près de 25 ans, dans l’un de ces pays si fiers de leur appartenance à l’Europe contemporaine !?
Sans doute, notre malaise face à ce genre de drame devrait-il nous renvoyer à nous-mêmes et à notre capacité ou non d’exercer notre attention, d’observer et s’il le faut, d’alerter les autorités sur ce qui se déroule autour de nous comme tragédies quotidiennes… au lieu de n’être capables que de ré-actions, toujours à posteriori, toujours trop tard… Il paraît que 200 habitants munis de cierges se sont réunis sur la place centrale pour exprimer leur soutien à la famille, et montrer au monde que la ville est sans le moindre doute une cité où de telles abominations ne peuvent advenir sans que ses habitants ne se mobilisent… Mais hélas, après coup.
Parallèlement, nul doute que nous aurons droit pendant quelques jours encore, aux indigestes manifestations des 60 ans d’existence de l’Etat d’Israël, en mémoire au 14 mai 1948. Nul doute qu’en de multiples endroits, des minutes de silence rivaliseront avec des moments de recueillement et des discours convenus de nos représentants illustres toujours prompts à se remémorer les fautes du passé – et donc des autres – plutôt que de prendre en compte les dérives présentes – dont ils sont directement responsables… C’est tellement plus commode ! Et nul doute que dans la foulée, ceux-là s’empresseront de fêter avec d’autant plus de faste et de bruit l’anniversaire d’un Etat qui pratique pourtant l’apartheid, que le silence se fait lourd et dès lors complice sur une Palestine désormais démembrée. D’aucuns, et non des moindres, afficheront des sourires satisfaits, flûte de champagne à la main et zakouskis plein la bouche, pour fêter l’évènement.
Nul doute que dans le même temps, une population à genoux continuera à se traîner dans ce qui lui reste de lambeaux de territoire ; que des adultes continueront à se priver de tout pour éduquer leurs enfants ; que des vieillards n’auront toujours pas les soins minima qu’ils nécessitent ; que des hommes seront encore punis collectivement pour n’importe quel injuste motif ; que des femmes seront soumises à d’incessantes humiliations ; que des adolescents seront emprisonnés et torturés ; que des enfants seront déstructurés à vie ; que des nourrissons naîtront toujours dans des situations de plus en plus précaires ; que des terres violées en de multiples endroits seront encore et encore pillées et redistribuées à des voleurs sans vergogne. Et même, que des rapports très officiels, établis par de prestigieux organismes reconnus internationalement, continueront à dénoncer les multiples dérives de cet Etat israélien qui bafoue toute règle démocratique dès qu’il s’agit des populations arabes de la région… mais resteront sans lendemain… Sauf à se rappeler vaguement, que là aussi 60 ans se sont écoulés… mais d’une Naqba qui n’en finit pas ! Et qu’au lieu de champagne y coulent des larmes, et qu’à la place de buffets débordants les rations de produits élémentaires y sont désormais dramatiquement comptées…
L’énorme différence dans le cas présent, c’est qu’il n’y a nul doute que tout ce beau monde sait ce qu’il en est. Tout ce beau monde sait que cet Etat ivre de son impunité perpétue ses crimes et ses mensonges dans une conspiration du silence à laquelle chacun de nos pays si « démocratiques », participe ! Un peu comme si, après avoir découvert les atrocités perpétrées par Josef Fritzl sur sa famille, chacun détournait le regard et poursuivait sa route... Personne ne semble vouloir voir ni reconnaître la tragédie qui se poursuit. Les quelques (trop) rares tentatives de dénonciation d’une telle situation sont désormais étouffées par une mauvaise conscience du passé, singulièrement entretenue par des voix plus fortes et des médias dominants mieux orchestrés. Et donc, nul doute que la fête en question battra son plein, que la musique et les danses feront un temps perdre la tête à beaucoup… ajoutant au délit, la volonté de l’oubli et l’encouragement à continuer d’ignorer ces faits tragiques et incontestables.
Chantez, riez et buvez donc… le jour arrive où cette injustice flagrante, cette dérive mortelle, et cette accablante lâcheté reviendront tel un boomerang à la face de ceux qui auront dansé sur le cimetière palestinien qu’ils auront creusé et entretenu pour la naissance d’un Etat raciste et moribond dans sa définition, qui paiera cher ses crimes et cette forfaiture !
Daniel Vanhove –
Observateur civil
Auteur de La Démocratie Mensonge
08.05.08
Editions MARCO PIETTEUR – Collection OSER DIRE –
EAN 9782919937110 - ISBN 2-919937-11-1 – 192 pages – 17.00 €.
Pour une rencontre avec l'auteur (interview, conférence de press, rencontre débat,...) n'hésitez pas à prendre contact :
Saïdi Nordine: (0032)0476/84.19.69 ou mcpalestine@netcourrier.com
commande du livre : mcpalestine@netcourrier.com
lire aussi : Sur l’utilisation du terme « génocide » dans le conflit israélo-palestinien.
UN PEUPLE à L’AGONIE… DANS L’INDIFFéRENCE QUASI GéNéRALE !
UN BIEN SINISTRE RAPPEL D’UNE NAQBA QUI DURE DEPUIS 60 ANNEES !
A GAZA, CHAQUE MUR EST UN « MUR DE LAMENTATIONS ! »
60 ans de Naqba, 5 ans de guerre en Irak. « Barbare »… Vous avez dit : « Barbare » ?...
ENTRE TIBET ET KOSOVO… LA PALESTINE
Y aura-t-il un État palestinien ? face à face Leïla Shahid/Régis Debray.


Y aura-t-il un État palestinien ?
face à face Leïla Shahid/Régis Debray.
publié le lundi 28 avril 2008.
Y aura-t-il un État palestinien ? Notre face à face Leïla Shahid/Régis Debray. L’Humanité des débats du samedi 26 avril a offert un face-à-face de grande portée : Leïla Shahid, déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne et Régis Debray, écrivain, médiologue examinent ensemble la situation actuelle.
Soumises à la pression militaire permanente d’Israël, les bases physiques, économiques et humaines d’un État palestinien sont en voie de disparition. Y a-t-il encore une place en Palestine pour un État palestinien ? C’est sur cette question paradoxale que se penchent nos deux invités, Leïla Shahid, représentante de l’Autorité palestinienne à Bruxelles, et Régis Debray, écrivain et médiologue (1). Il n’a pas oublié qu’il fut philosophe et a intitulé son dernier livre Un candide en Terre sainte (2). Il le dédie à la fois à son vieil ami François Maspero, qui lui a donné l’idée de ce reportage « sur les pas de Jésus », et à Jacques Chirac, qui lui avait confié la mission délicate d’étudier « les coexistences ethnico-religieuses » au Proche-Orient. Régis Debray, en quête des Évangiles et de la Palestine, n’en a retrouvé que des évocations. Les uns estompés par le temps, l’autre fracassée par l’occupation et la colonisation. Il a fait le constat de l’effacement progressif, inexorable, du territoire de ce qui devrait être un jour la Palestine. Alors que cette année doit être, si l’on en croit M. Bush, celle de la création de l’État palestinien promis par l’ONU en 1947. Alors que le mouvement sioniste, lui, a concrétisé sa promesse et fêtera en mai les soixante ans d’Israël. Le printemps pour Israël, l’hiver de la « Nakba » pour les Palestiniens. Régis Debray, quand on referme Un candide en Terre sainte, on n’est pas loin du désespoir absolu en ce qui concerne l’avenir de la Palestine. De votre voyage d’étude sur les lieux - effectué en 2006 à la demande de Jacques Chirac -, vous rapportez un constat implacable : « Les bases physiques, économiques et humaines d’un État palestinien sont en voie de disparition. » Vous dites aussi que dès 1938 « l’administration britannique avait constaté l’impossibilité de créer en Palestine deux États, un juif, un arabe ». Alors, toutes ces luttes, ces plans de paix, tout ça pour rien ? Et est-ce que Leila Shahid, qui représente la Palestine à Bruxelles, est d’accord avec ce diagnostic ? - Régis Debray. Dans la Fêlure, Scott Fitzgerald dit : « On devrait pouvoir comprendre que les choses sont sans espoir et cependant être décidé à les changer. » C’est vrai, en cet endroit que je redécouvrais après quelques années avec l’analyse des cartes précises dues au travail remarquable des géographes des Nations unies, l’OCHAA, j’ai constaté l’application d’un programme qui s’exécute, sans fanfare ni journalistes, et qui consiste simplement à aller jusqu’à la frontière qui est pour le moment celle de l’État d’Israël : le Jourdain. Ainsi se développe, non de façon machiavélique, mais de façon à la fois vitale, spontanée, inexorable, une colonisation doublée de travaux d’infrastructures, de captation d’eau, d’occupation des hauteurs, de raccordements d’une colonie à l’autre, une colonie sauvage qui est très vite officialisée… bref, un processus qui est un rouleau compresseur et qui ne correspond pas du tout à l’image qu’on a à l’extérieur. Face à cette réalité, je me trouve devant cette difficulté : faut-il laisser le ronron diplomatico-médiatique nous dire que « d’ici un an nous aurons deux États », que « la Conférence d’Annapolis relance l’espoir de paix », que « nous, la France, appelons au gel des colonies »… Faut-il laisser cet écran de fumée, ou dire la réalité telle qu’elle est ? À mon sens, ce qui serait désespérant, c’est d’entériner cet écran de fumée. Ce serait entériner le double jeu d’un gouvernement qui s’efforce d’être consensuel à l’extérieur mais qui est implacable à l’intérieur. Et le double jeu de l’Occident qui consiste à laisser faire le plus fort en le protégeant par une série de déclarations lénifiantes. Faut-il déchirer cet écran au risque de décourager, de démoraliser nos amis palestiniens ? C’est un dilemme. Personnellement, j’écris pour mon opinion publique, pour les Français, pour les Européens et je ne veux pas qu’ils s’endorment sur de fausses certitudes. Deuxièmement, c’est à Jérusalem-Est que l’agrandissement de colonies a été le plus important - toutes les informations le prouvent, en particulier celles de La paix maintenant, qui a fait un remarquable travail de « monitoring » des colonies. C’est dans la tradition sioniste classique de créer des faits accomplis. Celui-là déchargera Israël de la nécessité de négocier le statut de Jérusalem. Car si cela continue, il n’y aura plus rien à négocier. La troisième chose qui m’a beaucoup choquée, c’est l’étendue des embranchements de routes pour relier ce qu’on appelle le « ring road », le périphérique de Jérusalem, qui va pratiquement annexer toute la ville sur le plan du transport public et de l’espace. Ces embranchements ne desservent que les colonies. Il n’y a pas une seule bretelle qui aille à Beit Hanina ou dans n’importe quelle banlieue de Jérusalem-Est. L’isolement de Jérusalem de la Cisjordanie et des territoires occupés est un fait accompli : on ne peut déjà plus parler de Jérusalem-Est comme capitale de l’État de Palestine. Finalement, et ceci concerne particulièrement les Français, à cause des entreprises impliquées (Veolia et Alstom), le tramway reliera les colonies à l’est de Jérusalem à Israël, en violant toutes les règles du droit international. Dans le reste de la Cisjordanie, l’extension des colonies autour d’Ariel, celle de Maale Adumin pratiquement jusqu’à la mer Morte, l’extension du bloc du Gush Etzion font qu’il ne reste plus que trois entités complètement séparées : le bantoustan du Nord, celui du centre et celui du Sud, qui ne sont pas viables comme territoire d’un État. Lorsque vous dites cela aux responsables israéliens, le plus sérieusement du monde, ils vous répondent qu’ils vont faire des tunnels sous les colonies et des ponts par-dessus, pour respecter la lettre de ce qui est inscrit dans les accords : la continuité territoriale. C’est littéralement kafkaïen, mais ils le disent sérieusement ! Les premiers à constater cet état de fait, ce sont les habitants de la Palestine, qui ne reconnaissent plus visuellement le paysage dans lequel ils habitent. Tous les jours il y a soit une nouvelle colonie, une « sauvage » qui devient officielle, une autre qui obtient le statut de ville, comme Ariel ou Modiin. Ce constat, vous le trouvez dans la bouche de la plupart des citoyens, je ne dis pas des responsables de l’Autorité palestinienne. Car si les responsables devaient admettre qu’il n’y a plus les fondements territoriaux d’un État, ils devraient arrêter de négocier. Ou alors adopter une autre stratégie. Dans votre rapport, vous prévoyez une annexion, d’ici à trente ans, de l’ensemble des territoires occupés. Sarih Nusseibeh, recteur de l’université Al Qods, rappelle dans son dernier livre (1) qu’il a un jour publié une lettre ouverte demandant à Israël d’annexer les territoires palestiniens, ce qui aboutirait à terme, disait-il, à ce que les Palestiniens aient les mêmes droits civiques que les Israéliens. Et réglerait le problème, d’autant que la croissance démographique palestinienne est élevée. Est-ce cette solution que vous envisagez ? L’autre solution, c’est d’envoyer les cartes de la région à M. Bush, à M. Sarkozy, M. Blair et de leur dire : « On cesse de jouer. On n’a pas les moyens de s’opposer à cela, mais au moins nous sommes debout et lucides. Nous n’acceptons pas votre attitude de Tartuffe. Vous parlez de perspectives qui n’ont plus de réalité. Vous exhortez les Israéliens à prendre des mesures, ils disent "oui" de la tête et font exactement le contraire. Vous n’en prenez jamais acte. Nous considérons que vous êtes coresponsables d’une violation quotidienne de la loi internationale. Nous ne vous considérons pas comme une instance de supervision neutre. Vous avez pris le parti d’un État qui, pour des raisons qui lui sont propres et peuvent d’ailleurs s’expliquer, s’estime au-dessus des lois. » Ce que je trouve embarrassant quand on est un ami de la cause nationale palestinienne - comme j’aurais été un ami de la cause israélienne en 1946 -, c’est d’avaliser non seulement un déni de justice, mais encore un mensonge perpétuel et un endormissement général de l’opinion. À trop faire comme si on ne se rendait compte de rien, comme s’il y avait des négociations entre deux parties égales et de bonne foi, on devient un organe de collaboration. Voilà les questions que beaucoup de Palestiniens, et pas seulement du côté du Hamas, et que beaucoup de gens informés, comme notre ambassadeur Stéphane Hessel, commencent à se poser. Qu’en pense Leila Shahid ? Pourquoi ne fait-il ni l’un ni l’autre ? Je ne pense pas que ce soit par manque de courage ni parce qu’il ne fait pas le même constat que nous. Il le fait. Mais le jour où il le dira publiquement, il n’y aura plus de négociations. Et il devra confier le dossier à une tierce partie. Mais qui ? Les Nations unies ont prouvé leur incapacité à assumer leur rôle et la communauté internationale est, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, totalement complice de l’occupation. Elle a été incapable de traiter Israël comme un État redevable du droit. C’est la première fois au monde qu’un État va aussi loin dans la violation des lois et qu’aucune forme de pression ni indirecte, ni directe, ni économique ni politique ne lui est appliquée. Je crois que la raison directe de ce qui apparaît presque comme de la « collaboration » - c’est Régis Debray qui emploie ce mot, pas moi - est en partie la responsabilité d’une communauté internationale qui n’a pas laissé d’autre possibilité à la direction palestinienne. Il y a chez les Palestiniens un sentiment profond d’être dans le tête-à-tête total avec Israël, livré à Israël. Une conscience aiguë que la communauté internationale ne fonctionne pas en ce qui concerne le problème palestinien. Elle ne demande pas l’application de ses propres résolutions, à commencer par la 242 qui refuse l’acquisition de territoires par la force. Elle fonctionne quand il s’agit des Balkans, du Timor Oriental, du Kosovo, de tous les autres lieux du monde, mais pas quand il s’agit d’Israël. C’est parce qu’Israël, à cause de sa relation historique avec l’Europe, peut échapper à tous les devoirs. C’est cela qui crée l’illusion - et je dis bien que c’est une illusion - qu’il n’y pas de salut hors du dialogue direct avec les Israéliens, dans un rapport de forces tellement inégal qu’il est utilisé non seulement pour changer la réalité, mais, ce qui est plus grave, pour discréditer ceux qui ont choisi, comme moi, la coexistence. Pour moi, Yasser Arafat est un homme historique pour les Palestiniens. Il l’est aussi pour les Israéliens. Pas parce qu’Oslo était bien négocié - il ne l’était pas -, mais parce qu’il a fait adopter par son peuple l’idée de coexistence. Ce qui veut dire, accepter la légitimité d’Israël et la faire accepter par tous les Arabes. Aujourd’hui, le discrédit qui touche le processus de paix discrédite aussi le concept même de coexistence. Car face à l’aveuglement total des Israéliens, les options dont dispose la direction palestinienne ne sont pas très nombreuses. L’autre option est de fermer la négociation ouverte en 1993, faute de résultat. Mahmoud Abbas dit qu’il le fera si, d’ici à la fin de l’année, il n’y a pas de changement. Y a-t-il une autre stratégie, une autre forme de lutte politique ou même militaire ? Je crois que la difficulté est le défi que représente le Hamas qui, dès le début, a refusé la voie de la négociation. Dire qu’on y renonce, c’est reconnaître leur succès. Ce n’est pas facile. Dissoudre l’Autorité serait une irresponsabilité totale - car à qui confierait-on la population palestinienne, aux israéliens ? Pour ces deux raisons, l’Autorité palestinienne continue dans un chemin qui peut être mal interprété et qui suscite dans la population, mais aussi chez les amis de la Palestine, un questionnement immense. Il y a une réflexion dans la société palestinienne sur la redéfinition d’une stratégie. Comme si nous avions achevé un cycle. Israël devra assumer sa responsabilité dans la fin de ce cycle commencé en 1993 et qui lui offrait, pour la première fois en quarante-cinq ans, une légitimité. S’il n’y a plus d’espoir d’un État palestinien, nous perdons tous ces acquis. S’ouvrira un nouveau cycle dont personne ne peut dépeindre les contours. Est-ce que l’idée de Régis Debray d’installer l’ONU à Jérusalem pourrait changer quelque chose ? - Leïla Shahid. Moi, j’ai trouvé cette idée géniale ; je n’avais jamais pensé à cela. Mais si on ne peut pas déménager l’ONU, on peut essayer de l’impliquer davantage. On n’a pas tiré le bilan de ses échecs. On a trop tendance à attribuer l’échec aux Palestiniens, surtout en ce moment. Si on n’a pas été capables de défier Israël, sous prétexte qu’on ne peut pas s’en prendre à sa souveraineté alors qu’on le fait pour d’autres, c’est là qu’est le problème de deux poids, deux mesures. L’ONU, un machin, dit-on ? Mais on n’a pas trouvé quelque chose pour la remplacer. Si Israël veut annexer tous les territoires, il va se retrouver avec cinq millions de Palestiniens et devra gérer cela sur tous les plans, y compris la sécurité. Peut-être qu’un jour il aura besoin des Nations unies pour se sortir du « merdier » dans lequel il se sera mis. L’Europe est paralysée parce qu’elle porte cette immense culpabilité. Il est significatif que ce soit les pays où il n’y a pas eu de déportation ni d’étoile jaune qui sont les plus objectifs, les plus courageux. Je suis très frappé de l’attitude de l’Église anglicane par rapport aux autres Églises chrétiennes. Les pays nordiques aussi, l’Espagne, tous les pays qui n’ont pas cette tache ignoble dans leur passé et qui nous est chaque jour rappelée - pas un jour sans que la radio, la télévision, le journal, ne nous ramène au Vel d’Hiv et à Vichy. Cela donne à Israël une immunité que personne n’ose entamer. Cela pour l’Europe. Quant à l’Amérique, c’est une colonie spirituelle du peuple hébreu. C’est écrit dans les gènes de l’Amérique, dans la genèse historique des États-Unis. Vous avez donc en Europe une impossibilité psychologique d’intervenir et en Amérique une impossibilité théologique. Les deux ensemble, ça fait la communauté internationale. Quand vous avez dit cela, vous n’avez pas grand-chose à attendre de l’extérieur. Sauf si un Palestinien se lève face à la communauté internationale et commence à lui parler vrai, à dire « oui, il y a eu la Shoah, oui c’est un crime inexpiable, mais est-ce à nous de l’expier, nous qui ne l’avons pas commis ? Et est-ce qu’un crime contre l’humanité excuse des crimes de guerre perpétuels ? Je crois qu’il faut secouer l’opinion internationale. Le travail qu’Arafat a fait vis-à-vis de son peuple et du monde arabe, il faut qu’un Palestinien le fasse vis-à-vis de la conscience internationale. Qu’il la mette face à sa rhétorique. Prenez-la au mot : « Vous êtes la loi ou non ? Si on ne respecte pas ce que vous dites, cessez de faire des résolutions. Dissolvez-vous. » Il faut être un peu radical pour être réaliste. C’est-à-dire aller à la racine des choses. Je trouve que les Palestiniens ne sont pas assez radicaux. Je ne parle pas de violence mais de radicalité théorique et pratique. Je pense que la proposition de coexistence faite par Yasser Arafat était basée sur ce constat : même si nous n’avons pas été historiquement responsables du génocide, nous assumons le fait que c’est un crime contre l’humanité, qu’il a eu lieu. Ayant assimilé cela, nous avons accepté de reconnaître Israël et son désir de fonder un État national là où il n’y a jamais eu d’État juif. C’est pourquoi nous nous sentons, sur le plan de la maturité politique, de notre position éthique, en avance sur bien des conflits nationaux : nous avons intégré celui qui a été notre ennemi historique dans la vision de notre propre avenir. On ne reconnaît pas assez ce mérite aux Palestiniens. La tragédie, c’est qu’à cause de l’entêtement israélien, à cause de la culpabilité que le monde a à l’égard d’Israël, on voit se développer, pour la première fois dans l’histoire, une montée de l’antisémitisme dans un monde arabe qui ne comprend pas que la seule réponse d’Israël soit davantage d’expulsions, de colonies, de murs. Mais il y a en Israël des justes à qui je veux rendre hommage, des militants anticolonialistes qui voient plus loin que les hommes politiques. Quand on a l’impression que tout est bouché, comme maintenant, certaines choses peuvent déclencher une situation nouvelle. Il y a dans la société israélienne, sur le plan de ce qui s’écrit, des questionnements fondamentaux. Par exemple le dernier livre d’Abraham Burg, qui ose nommer les choses par leur nom, décrire l’état de sa propre société, quitte à se faire lyncher. Par exemple Schlomo Zand, qui vient de publier en hébreu un livre où il se demande si on peut parler d’un peuple juif. Il y a dans la pensée juive sioniste une réflexion qui peut remettre en cause beaucoup de choses. Ce qui me désespère en revanche, c’est l’Europe. Je travaille depuis deux ans dans les instances européennes, l’un des groupements régionaux qui comptent le plus dans le monde. Cette Europe se montre incapable d’exister politiquement, mais elle se lance dans des projets nouveaux, comme l’Union pour la Méditerranée. Comment peut-on parler d’une telle union avec un conflit aussi important en son coeur alors qu’on n’a pas été capable de trouver une solution en treize ans de processus de Barcelone ? C’est encore faire l’autruche. Et je m’inquiète parce que je vois qu’il y a d’autres forces politiques dans cette région qui sont en train de gagner sur nos échecs, celui des laïcs, celui des partisans de la coexistence. Ceux qui ont une autre vision sont en train de gagner du terrain tous les jours. Pas seulement en Palestine. Cela va de la Mauritanie jusqu’à l’Irak. Honnêtement, je suis plus désespérée par l’attitude de l’Europe qu’en regardant nos deux sociétés, israélienne et palestinienne, qui, je le crois, trouveront les ressources pour s’en sortir, malgré les échecs dans lesquels nous sommes tous. Entretien réalisé par Françoise Germain-Robin paru dans l’Humanité des débats du 26 avril 2008.
Leïla Shahid. Je reviens d’un mois en Palestine après quatre ans d’absence, et j’ai été absolument catastrophée, effondrée, de voir combien les choses ont régressé. J’ai l’impression qu’en quatre ans, c’est devenu quasiment irréversible. À commencer par Jérusalem. Jérusalem aujourd’hui n’a plus d’existence en tant que ville arabe à l’Est, israélienne à l’Ouest. L’endroit où le mur est le plus répulsif, le plus difficile à vivre, c’est Jérusalem. Parce que, là, il est tout en béton. Ailleurs, sur ses 700 kilomètres de parcours, c’est parfois un grillage avec des barbelés. Mais à Jérusalem, la Jérusalem métropolitaine qui est soixante fois plus grande qu’en 1967, il est entièrement en béton et il fait 9 mètres de haut.
Régis Debray. Je n’envisage pas de solution car je ne suis ni un homme politique, ni un diplomate, encore moins futurologue - ils se trompent tout le temps ! Ce que je dis, c’est que nous assistons à ce qu’on appelle ailleurs un nettoyage ethnique plus ou moins soft, mais parfait, parce que c’est la chose sans le mot. Il est à la fois continu et invisible. Mon problème n’est pas de concevoir des plans sur la comète, mais de partir, comme dit Leila, de l’état des lieux. Les Nations unies l’ont à leur disposition à travers des relevés de terrain parfaitement objectifs, méticuleux, quasiment quotidiens. La question que je me pose, c’est celle de l’avenir des Palestiniens et de l’Autorité palestinienne. La proposition de Nusseibeh est au fond celle d’un État binational, dont les Israéliens ne veulent pas. On peut les comprendre. Ils ont créé cet État pour avoir un lieu où ils sont majoritaires et sortir d’une condition de minorité qui remonte à Titus. On peut comprendre qu’ils n’aient pas envie, à terme, d’être à nouveau minoritaires. La logique même du projet sioniste exclut la binationalité. Ou alors, le sionisme n’avait pas de sens. Ce qui me frappe, c’est cette espèce de silence qu’observe l’Autorité palestinienne qui, devant cet état de fait, aurait deux attitudes possibles : un, je me dissous, je vous rends les clefs et on applique la convention de Genève nº4 : celui qui occupe un pays doit le gérer, c’est-à-dire payer les fonctionnaires, les hôpitaux, les routes, les écoles. Cela aurait au moins le mérite de la clarté, en mettant toutes les parties au pied du mur.
Leïla Shahid. Je suis d’accord avec la non-crédibilité du processus de négociation aujourd’hui. Il a été crédible entre 1993 et 2000. Je précise tout de même qu’il n’y a plus eu de négociations depuis l’été 2000 jusqu’à Annapolis, soit pratiquement sept ans. Elles n’ont repris, officiellement, que depuis Annapolis. Mais sans aucune avancée. La réalité, elle, a beaucoup régressé. C’est vrai qu’il y a deux possibilités : ou bien l’Autorité en charge des négociations, c’est-à-dire Mahmoud Abbas, dit : « C’est une mascarade qui me discrédite et décrédibilise tout le processus, donc, je rentre chez moi », en confiant le dossier à une communauté internationale qui s’est montrée inexistante. Ou bien il constate : « La négociation n’a pas marché, il faut une nouvelle stratégie, militaire, politique, de soulèvement populaire, mais autre chose. » C’est-à-dire mettre le point final à la stratégie d’Oslo dont il a été, personnellement, le négociateur principal.
Régis Debray. C’est saugrenu en apparence, mais imparable au plan juridique. La Charte des Nations unies ne fixe pas d’adresse pour son siège. Si une majorité de l’Assemblée générale le décidait, le Conseil de sécurité ne pourrait pas s’y opposer. L’idée remonte à Massignon, lorsqu’il sentait, en 1937, que la SDN était comme l’ONU aujourd’hui - un machin selon de Gaulle - qui n’était pas à la hauteur de sa tâche. Il s’est dit qu’on pourrait la revigorer en l’installant à Jérusalem. Il sentait que c’était un lieu conflictuel. Mais les Américains n’y ont pas intérêt. Ils contrôlent l’ONU par divers moyens, dont le premier est l’osmose, le système d’écoute, les diverses pressions sur les États pauvres. Les Israéliens ne le souhaitent pas. C’est un pays ultrasouverainiste qui ne veut pas que la communauté internationale se mêle de ses affaires. Avoir l’ONU chez soi, c’est embêtant quand on refuse d’appliquer ses résolutions. Mais sur le long terme, il y aurait un intérêt physique pour toutes les nations du monde qu’il y ait la paix là où est le siège de l’ONU. Ce serait une garantie de sécurité à long terme pour Israël. En outre, ce serait un point d’équilibre qui assurerait la neutralité : il n’est pas sain que l’organisme chargé du droit soit au lieu de la force. La coïncidence entre la capitale d’un empire et celle du droit international est vicieuse dans son principe.
Régis Debray. Il y a en effet quelque chose de suicidaire dans l’attitude des Israéliens. Certains en sont conscients. J’ai vu Abraham Burg (2) il y a peu, il est de ceux qui voient loin. Une des raisons d’espérer est la présence d’esprits libres en Israël, de gens qui allient une grande culture à un grand courage, et qui se rendent compte que la politique de force est non seulement illégitime mais contre-productive pour elle-même et cause, à la fin, de faiblesse. Il y a un mot capital qu’on n’a pas prononcé, c’est celui de Shoah. Israël est un État auquel beaucoup de choses illégales sont permises. Pourquoi ? Parce que c’est pour tout l’Occident un remords et une faute. Nous avons le sentiment d’une dette, peut-être pas éternelle, mais qui n’a pas fini d’être payé et qui s’appelle l’Holocauste. Elle donne à Israël un statut ontologique de victime. Exercer une pression sur ce pays, c’est se montrer en quelque sorte complice a posteriori d’un crime contre l’humanité.
Leïla Shahid. C’est vrai que les Palestiniens, comme le monde entier, ont été pris au piège de la diplomatie bien-pensante. Ils ont cru à un nouvel ordre mondial où chacun aurait sa place. Je suis d’accord sur l’analyse de ce qui a paralysé la communauté internationale. C’est pourquoi je dis aux instances européennes : « Israël n’est pas seulement notre problème, c’est aussi le vôtre. Israël fait partie de votre histoire. Il fait partie de notre présent et de notre avenir, pas de notre passé. Et vous ne pourrez pas régler vos comptes avec votre passé en vous contentant de nous envoyer une aide humanitaire. »
(1) Méthode d’analyse des processus de transmission culturelle, qui étudie les relations entre les objets symboliques, les formes d’organisations collectives et les médiations techniques (NDLR).
(2) Un candide en Terre sainte, Gallimard, 2008, 450 pages, 22,50 euros.
(3) Sarih Nusseibeh vient de publier chez Lattès Il était un pays, la Palestine.
(4) Ancien président de la Knesset, Abraham Burg vient de publier Vaincre Hitler. L’Humanité
face à face Leïla Shahid/Régis Debray
Arabes d’Israël : les exclus de la croissance

jeudi 8 mai 2008 – Casablanca Aujourd’hui le Maroc
Arabes d’Israël : les exclus de la croissance
http://www.aujourdhui.ma/international-details61602.html
Les arabes d’Israël sont les laissés-pour-compte de la croissance économique. Alors qu’Israël possède le taux de chômage le plus bas depuis 10 ans (7,3%), la population arabe connaît un taux de 10,9%.
Victimes d’un taux de chômage et de pauvreté élevés, les Arabes d’Israël sont les laissés pour compte de la croissance économique la plus longue de l’histoire de l’Etat hébreu, qui célèbre jeudi son soixantième anniversaire.
Les 1,2 million d’Arabes israéliens n’ont guère profité des cinq années d’embellie économique marquée par une croissance de 23,5% et qui a permis de hisser Israël parmi les vingt pays les plus riches au monde.
Plus de la moitié des familles arabes (54,8%) vivait en 2007 sous le seuil de pauvreté (environ 1.000 euros) par mois, contre 48,4% en 2003, selon un rapport du centre israélien Adva, pour «l’Egalité et la justice sociale». En comparaison, la moyenne pour l’ensemble de la population israélienne était de 20,5% pour la même période, selon les chiffres officiels. Par ailleurs, alors qu’Israël possède le taux de chômage le plus bas depuis 10 ans (7,3%), la population arabe connaît un taux de 10,9%. «La croissance soutenue de 2003 à 2007 ne bénéficie pas de la même manière à toute la population israélienne, même parmi les juifs.
Mais pour la population arabe, on constate un recul économique», déclare à l’AFP Shlomo Svirski, le directeur du centre Adva.La pauvreté des familles arabes s’explique surtout, selon Amine Farès, économiste dans l’association Mossawa, par le «manque d’opportunités d’emploi dans les zones arabes». «Les familles arabes vivent dans des régions où les infrastructures sont moins développées. Il y a un besoin urgent d’investissements dans les écoles, les formations, les zones industrielles et les transports publics pour créer des emplois», précise-t-il. Selon un rapport de cette association, seul 5% du budget israélien annuel pour le développement et 3% du budget global de l’Etat sont affectés aux localités arabes alors que la population arabe
représente 20% de la population totale. M. Svirski accuse ouvertement le gouvernement israélien et les milieux d’affaires de «négligence économique» dans les zones arabes. «Seuls 300 à 400 Arabes sont actifs dans le secteur de la haute technologie, sur les 400.000 employés», déplore M. Farès.
Parmi les plus touchés par cette absence de développement économique, figurent les femmes, dont seules 18% travaillent alors qu’un étudiant arabe sur deux à l’université est une femme, souligne l’association Mossawa.
• Hélène Sallon (AFP)
Le 8-5-2008
Qui, en dehors des criminels, célèbrent un crime ?

Qui, en dehors des criminels, célèbrent un crime ?
60 ans de crimes permanents, ne sont pas une raison pour une célébration mais plutôt une raison d'avoir honte et de se repentir.
Il y a 60 ans,
nous étions agriculteurs, enseignants, travailleurs, commerçants, menuisiers, chauffeurs et poètes .........
maintenant, ils nous font passer pour des "terroristes".
Mais au moins, nous, les "terroristes", combattons contre le crime tandis que les Sionistes aux yeux bleus sont le crime, ces 60 ans de crime!
Les 6 guerres?
les 4 millions de réfugiés?
les 3 millions de personnes occupées?
les 1,5 millions d’otages enlevés?
les 254 km de mur d'Apartheid?
les 562 checkpoints d’humiliation?
les 20,000 prisonniers politiques?
les 468,831 nouveaux colons sur un territoire occupé?
La disparition de la Palestine?
Le refus des droits de l'homme, des droits nationaux,des droits historiques, des droits politiques des Palestiniens?
L'importation de 4 millions d'imposteurs sur une terre volée, qui n'a jamais été la leur?
60 ans de misère, de privation et ou de nettoyage ethnique?
Que célèbrent-ils ?
La publication d'une résolution des Nations Unies qui, de toute façon, n'était pas contraignante, ce qui leur a permis de rester
ou le refus d'environ 40 autres résolutions qui étaient, elles, contraignantes, mais qui leur demandaient de partir ?
Que célèbrent-ils ?
Les massacres de Deir Yasssin, Sabra et Chatilla, Jénine et Gaza?
Raja Chemayel
http://www.ism-suisse.org/
Palestine - 08-05-2008




