FREE PALESTINE

Le Mouvement Citoyen Palestine est une association de fait, constituée de citoyens d’horizons divers et qui a pour objectif la promotion et la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer de son territoire et d’un Etat.

07 mai 2008

Israël: le piège se referme sur les Palestiniens de Jérusalem

06.05.2008  Tribune de Genève
Israël: le piège se referme sur les Palestiniens de Jérusalem
DISPARITÉ | 00h13 Dans la capitale israélienne «réunifiée», les Palestiniens se vivent comme des «sans». Sans autres passeports que des laissez-passer.

http://www.tdg.ch/pages/home/tribune_de_geneve/l_actu/monde/detail_monde/(contenu)/223495

La loi fondamentale d'Israël en fait un principe intangible: Jérusalem «entière et réunifiée» est la «capitale éternelle» de l'Etat hébreu.
Privée de toute reconnaissance internationale, l'unité proclamée par la Knesset en 1980 n'est pourtant qu'un fait accompli, une sorte de fiction juridique.

En réalité, note l'historien Dominique Bourel, les deux parties de la ville vivent dos à dos. «Très peu d'Israéliens vont en ville Est, où ils ne sont nullement les bienvenus et n'ont d'ailleurs rien à faire, et les seuls Palestiniens qui vont en ville Ouest ne s'y rendent que pour travailler.»
Jérusalem, affirme Bourel, reste la capitale des «mémoires fracturées». Outre «leur surenchère», ce qui frappe, ajoute-t-il, c'est leur «juxtaposition».

Deux univers disparates

Ce ne sont pas seulement deux sociétés qui cohabitent, mais deux univers disparates. «Voyez nos rues, comme elles sont étroites, mal entretenues, mal éclairées», lance sous le sceau de l'anonymat un médecin palestinien. «Jérusalem-Est est très sale, poursuit-il. Nous payons les mêmes impôts, mais n'avons pas droit aux mêmes avantages.»

La voirie n'est pas le seul secteur public où les investis-sements se font attendre. La ville arabe manque d'hôpitaux: «Aucun n'a été construit depuis la guerre des Six-Jours, assure le médecin. Aucun lit supplémentaire pour une population qui a triplé depuis 1967.» Il en va de même pour les écoles: aux institutions privées religieuses notamment de pallier les carences du service public. -Selon des chiffres officiels, les Palestiniens de Jérusalem-Est représentent un peu moins de 30% de la population, paient 40% des impôts, et recevraient moins de 10% des allocations municipales.

En revanche, l'administration ne manque pas de ressources lorsqu'il s'agit de détruire les habitations illégales ou d'imposer de fortes amendes à leurs propriétaires. Résolu à maintenir une forte majorité juive (72%) dans la ville, l'Etat israélien a multiplié les entraves à la construction. Les habitants qui n'attendent pas pour construire l'octroi de permis distribués au compte-gouttes le paient cher. Depuis l'an 2000, plus de 500 foyers ont été réduits en ruines: bâtir une maison à Jérusalem-Est «relève du miracle», note Karim, en montrant sur le bord de la route les décombres d'un logement qu'un bulldozer -venait de démolir.

Une petite carte bleue

Le sentiment de discrimination se double de l'expérience de la fragilité de l'existence quotidienne. Tout est suspendu à la délivrance ou au renouvellement d'un minuscule document, la petite carte d'identité bleue, qui distingue les Palestiniens de Jérusalem de ceux de Cisjordanie. «Dès que l'on quitte la maison, il faut l'avoir avec soi», explique Karim. Sans elle, pas de permis de travail, pas de prestations sociales, pas de déplacement à Bethléem ou Ramallah, et pas de voyage à l'étranger. Pas non plus de droit de vote aux élections locales la participation aux scrutins nationaux est exclue. Le moindre écart, le premier délit, et une vie risque de basculer dans une précarité sans fin.

Un silence épais

Une carte de résident permanent assure à son titulaire un minimum vital: elle ne fera pas de lui un citoyen à part entière. «Nous sommes des sans, estime le médecin. Sans nationalité, et sans autre passeport qu'un laissez-passer.» Voués à observer l'extension des limites municipales. A accepter une ceinture de colonies qui a amené autour de la ville près de 240 000 Israéliens la moitié des colons de Cisjordanie. A subir aussi la multiplication des routes israéliennes de contournement. A se heurter maintenant à un mur de béton haut de 10 mètres, hérissé de barbelés, et présenté comme «une barrière de sécurité».

Tout autour règne un silence épais. Les épiceries, les petits commerces périclitent. «La vie s'est comme arrêtée», remarque notre médecin. Ceux de ses collaborateurs qui vivent de l'autre côté de la «clôture» comptent une heure supplémentaire pour se rendre à leur travail. Et pour se déplacer, ils ont maintenant besoin d'un «permis de passage» accordé pour trois mois.

«Les Israéliens ont inventé un groupe ethnique distinct, les Arabes de Jérusalem-Est, écrivait dans le journal Haaretz le sociologue Meron Benvenisti, au lendemain de l'attentat qui a tué le 6 mars dernier huit étudiants d'une école talmudique de Jérusalem. Ancien maire adjoint de la ville, expert engagé à gauche, Benvenisti dénonçait une stratégie de division fondée sur l'idée que les 250 000 Palestiniens de la capitale avaient «quelque chose à perdre».

Stratégie illusoire, suggérait-il: le meurtrier de la yeshiva ne venait ni de Cisjordanie ni de Gaza, mais de Jabal Mukaber, un village de Jérusalem-Est. Stratégie menacée également par les réalités démographiques: selon des projections récentes, la population arabe de la ville pourrait atteindre la parité d'ici à 2035. Entre Israéliens et Palestiniens, les négociations, si elles doivent aboutir un jour, ne pourront éluder la question de Jérusalem «réunifiée».

«Je lutte contre moi-même pour ne pas perdre espoir»

Pour rencontrer Anouar Abou Eiché, il faut se rendre à Hébron, où il habite, ou à Jérusalem-Est, où il enseigne le droit à l’Université Al-Qods. Disponible, volubile, il ne manquerait pour rien au monde au devoir d’hospitalité.

Il accueille ce jour-là dans le jardin d’une vieille demeure de la rue Salah-Eddin un groupe de visiteurs français venus lui présenter un projet de coopération en Cisjordanie. Leur intention est de réhabiliter dans un village proche de Djénine un ensemble de bâtiments d’époque ottomane pour en faire un centre culturel. Leur hôte approuve:
l’occupation israélienne a entraîné un repli des Palestiniens sur de petites communautés territoriales séparées les unes des autres. A l’exception de Ramallah, mieux dotée, les villes arabes ont peu de divertissements à offrir à leurs jeunes habitants. Tout ce qui peut ranimer ces localités exsangues sera donc bienvenu. «Nous ne vivons pas à l’heure de la libération nationale, ajoute Anouar Abou Eiché. Notre devoir est d’abord de nous préserver.»

Or, les Palestiniens ne sont pas seulement coupés du monde. Privés d’espace, note Anouar Abou Eiché, enfermés dans des territoires que la colonisation cloisonne, ils deviennent également «étrangers les uns aux autres». Le moindre déplacement exige des trésors d’énergie: «Je réfléchis quatre fois avant de me rendre à Ramallah, qui n’est pourtant distante de mon domicile que de 40 kilomètres.»

Processus d’asphyxie

Anouar Abou Eiché décrit un double processus d’asphyxie et d’humiliation. Pourquoi, s’interroge-t-il, l’eau ne coule-t-elle plus depuis un mois aux robinets des maisons palestiniennes d’Hébron, alors qu’à quelques mètres de là, dans la Vieille Ville, les colons israéliens en usent sans restriction? Pourquoi Jérusalem est-elle librement accessible aux étrangers et à tous les voisins, aux Egyptiens, aux Jordaniens, aux musulmans malaisiens, et fermée aux Palestiniens de Cisjordanie, qui l’ont «dans leur sang»?

«Israël, affirme Anouar Abou Eiché, nous étrangle à petit feu.» La construction de colonies n’a jamais cessé, les institutions prévues dans les Accords d’Oslo sont dépourvues de compétences réelles, la police palestinienne n’est même pas en mesure de «contrôler la circulation». Quant à l’autonomie économique, mieux vaut n’en pas parler: «90% de nos importations proviennent d’Israël.»

Les dirigeants palestiniens n’auraient-ils aucune responsabilité dans la situation des «territoires»? En refusant à Israël le droit à l’existence, en bombardant Sderot, le Hamas ne prendrait donc pas le risque de prolonger l’état de guerre? «Vous oubliez les circonstances de son émergence: c’est Israël qui a favorisé sa création afin de neutraliser l’OLP», réplique Anouar Abou Eiché. Son influence, précise-t-il, répond simplement à la poursuite de l’occupation.

L’explication hésite entre le cynisme et la désillusion: «Les Palestiniens, comme les autres Arabes, poursuit-il, ont adhéré à toutes les idéologies. Ils ont tour à tour plébiscité le nationalisme, avec Nasser, le baasisme, le communisme: ils essaient maintenant les valeurs religieuses. Ils ne sont pas pour autant devenus radicaux: tous ceux qui font retour à l’islam ne sont pas des extrémistes.»

Un compromis lointain

L’heure n’est pas à la diplomatie. Elle viendra, sans doute, car les deux camps «n’ont d’autre choix que de vivre ensemble». En soixante ans, chacun «a appris à accepter l’autre», relève Anouar Abou Eiché. Les Palestiniens, assure-t-il, sont prêts au compromis. Les Israéliens, en revanche, ne se seraient pas affranchis de la coalition nouée entre l’industrie militaire, l’armée et les colons.

Faute d’attendre un règlement prochain, Anouar Abou Eiché limite ses ambitions à l’action «sociale et éducative». Il se défie de toute prophétie. «Je n’attends rien, dit-il. Je lutte contre moi-même pour ne pas perdre espoir.» (jfv)

Posté par MCPalestine à 13:41 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Si le Conseil fédéral n'a pas été invité au 60e anniversaire d'Israël, c'est la faute à son accord gazier avec l'Iran,

06.05.2008 Le Matin Online
JÉRUSALEM - COMMÉMORATION DES 60 ANS D'ISRAËL
Michael Bar-Zohar: «Calmy-Rey hors jeu»

Un proche du président Shimon Peres tire à boulets rouges sur la cheffe du Département des affaires étrangères. Si le Conseil fédéral n'a pas été invité au 60e anniversaire d'Israël, c'est la faute à son accord
gazier avec l'Iran, estime le politologue israélien Michael Bar-Zohar

Patrick Vallélian - le 06 mai 2008, 22h27

http://www.lematin.ch/fr/actu/monde/michael-bar-zohar-calmy-rey-hors-jeu_10-150718

Bush y sera. Tout comme l'ancien premier ministre anglais Tony Blair et Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères. Bref: tous ceux qui comptent sur la planète ont rendez-vous à Jérusalem du 13 au 15 mai pour marquer le 60e anniversaire de la création d'Israël. En fait, seule la Suisse officielle sera absente. Ce week-end, la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey l'a regretté. Trop tard, analyse Michael Bar-Zohar, politologue israélien. Pour ce proche et biographe du président Shimon Peres («Shimon Peres et l'histoire secrète d'Israël», Odile Jacob), la Suisse et sa ministre des Affaires étrangères ont perdu toute crédibilité dans la région.

Comment expliquer qu'aucun conseiller fédéral n'ait été invité pour les festivités du 60e anniversaire de la création d'Israël?
Tous les Israéliens ont vu en mars la photographie de votre ministre des Affaires étrangères en train d'acheter du gaz aux Iraniens. En posant, voilée, à côté du président Mahmoud Ahmadinejad, Micheline Calmy-Rey s'est moquée éperdument d'Israël et des sanctions internationales contre l'Iran. Des sanctions qui visent à l'empêcher de devenir une puissance nucléaire qui sera un danger contre le monde libre. Dans cette affaire, la Suisse a joué sa propre partition. Elle s'est conduite comme si les affaires du monde ne la regardaient pas. Et elle a choisi le camp des méchants.

Micheline Calmy-Rey a répondu à ces critiques en expliquant que la Suisse n'a jamais mené de politique partisane au Proche-Orient.Cet accord est au contraire une atteinte grave à la neutralité helvétique. D'ailleurs, on ne joue pas les médiateurs dans un conflit comme celui du Proche-Orient en achetant du gaz. C'est une attitude égoïste. Et puis, soyons francs, vous m'apprenez que la Suisse joue un rôle de médiateur dans la région. En réalité, son influence est quasi inexistante. Votre ministre Calmy-Rey est hors jeu au Moyen-Orient.

Et l'initiative de Genève, ce plan de paix alternatif signé en Suisse en 2003?
C'est un plan israélien. Et s'il a été lancé à Genève, il n'a jamais été pris au sérieux. De toute manière, vu la situation actuelle, cette initiative est morte.

Que doit faire la Suisse pour redorer son blason en Israël?
La Suisse va-t-elle annuler son accord gazier? Si votre pays change de politique, nous serons très heureux. Nous avons besoin d'amis dans le monde.

Nos deux pays traversent donc une profonde crise relationnelle?
Et elle va durer très longtemps même si, officiellement, les deux pays disent que tout va bien. A mon avis, elle est bien pire que l'affaire des fonds juifs en déshérence. Aujourd'hui, nous ne parlons plus d'histoire. En tant que politologue, je ne comprends pas ce que la Suisse, qui abrite tout de même l'ONU, a à gagner en fricotant avec l'Iran.

Célébrations sous haute sécurité

Feux d'artifice, spectacles son et lumière, parades aériennes et navales, expositions d'armes saisies au Hezbollah: Israël célèbre aujourd'hui et demain avec éclat son 60e anniversaire. Les festivités pour la «fête d'Indépendance» débutent ce soir par une cérémonie militaire à Jérusalem en l'honneur des soldats tombés au combat et des civils tués lors de guerres ou d'attentats.

Israël s'est débarrassé de son image de producteur d'avocats et s'est solidement arrimé au peloton de tête mondial de la haute technologie en soixante ans d'existence. Israël se rapproche maintenant des pays les plus développés en termes de niveau de vie. Avec un produit intérieur brut de 20 400 dollars par d'habitant, ce pays arrive désormais en 18e place dans le monde. Mais la situation économique de la population arabe israélienne est en constante dégradation, en dépit d'une croissance soutenue en Israël depuis 2003, selon un rapport publié lundi par une association israélienne.

Dans le domaine des relations régionales, la situation ne s'est que peu améliorée en soixante ans. Certes, des accords de paix ont été signés avec l'Egypte et la Jordanie et les monarchies du Golfe se montrent moins agressives. Elles ont même proposé une normalisation des relations en échange de la restitution des territoires pris aux Arabes lors des différentes guerres.

Concernant les Palestiniens, le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, s'est dit prêt lundi à effectuer des changements «tangibles» en Cisjordanie, disant comprendre la nécessité d'assortir les pourparlers en cours avec les Palestiniens d'actions concrètes sur le terrain. Mais, dans la réalité, les négociations semblent très loin d'aboutir pour un accord sur les sujets brûlants, tels le droit au retour des millions de Palestiniens chassés de leurs terres ou encore le partage de Jérusalem.

Le bouclage de la Cisjordanie, à compter de ce soir pour une durée de 72 heures, pour parer aux risques d'attentats pendant les célébrations, montre d'ailleurs que la méfiance est toujours de mise.

Posté par MCPalestine à 13:17 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Obligés d’être joyeux

Obligés d’être joyeux

Gideon Lévy

Haaretz, 4 mai 2008

www.haaretz.co.il/hasite/spages/980374.html

Version anglaise : You have to be sad, then happy

www.haaretz.com/hasen/spages/980264.html

Sur une très courte période de sept jours, à trois reprises, l’Etat d’Israël prescrit à ses citoyens ce qu’il y a lieu d’éprouver comme sentiments : il faut prendre le deuil par deux fois – le jour de commémoration du génocide et lors de la journée du souvenir – et se réjouir une fois – le jour de l’Indépendance. Ces trois commémorations sont marquées chez nous d’une portée quasi religieuse, sorte de sacralité missionnaire qui ne cesse de se resserrer au fil des années, avec inscription au rapport pour ceux qui violent ses lois.

Cette année, des inspecteurs de la police des sentiments ont aussi imposé des amendes de mille shekels à ceux qui ouvraient leur café ou leur restaurant la veille du jour de commémoration du génocide, y compris dans le Jaffa arabe. Il n’est de nos jours aucune démocratie qui se mobilise comme ça pour prescrire à ses citoyens ce qu’il leur faut éprouver comme sentiments ou comment ils sont tenus de se comporter lors d’une journée de commémoration et, en même temps, il n’y a pas non plus de médias qui se mobilisent pour cette mission avec un dévouement aussi absolu que les médias israéliens qui consacrent l’essentiel de leurs colonnes et de leurs heures de diffusion à ces trois commémorations.

Cet esprit missionnaire a récemment tourné à la persécution : si Avram Grant [l’entraîneur de l’équipe de Chelsea - ndt] n’avait pas porté un brassard noir cousu d’une étoile jaune pendant l’entraînement de son équipe anglaise, la veille du jour de commémoration du génocide – vision ridicule aux yeux de beaucoup et appropriée selon d’autres – et n’avait pas filé à Auschwitz le lendemain de son match de championnat, on peut supposer qu’il aurait été dénoncé et ostracisé chez nous, au moins comme un chanteur qui n’a pas fait son service dans l’armée israélienne. Ce sont des signes inquiétants, qui portent tout simplement atteinte à l’essence de nos célébrations nationales et sacrées.

Il faut se souvenir du génocide, perpétuer la mémoire des fils tombés au combat et il est bienvenu de se réjouir au jour de l’Indépendance, mais pas par la contrainte ni par la persécution. Et il est malheureusement vrai que sans intervention de l’Etat, ces commémorations ne seraient pas observées. Si on laissait aux Israéliens toute liberté d’agir, une partie des lieux de divertissement s’ouvriraient la veille du jour de commémoration du génocide et la veille de la journée du souvenir, et le caractère particulier de ces célébrations disparaîtrait rapidement. Il est bien sûr légitime de demander : et alors ? Si telle est la volonté d’une partie des Israéliens, qu’y a-t-il de mal à cela ? Mais on peut aussi comprendre la volonté de l’Etat de forger un héritage, d’établir des célébrations nationales et d’affirmer une tradition, en particulier au sein d’une société relativement jeune d’immigrés. Il y a loin de là au totalitarisme.

Le problème est que, pour une part non négligeable d’Israéliens, ces célébrations ne constituent pas leur vrai patrimoine. Le jour de commémoration du génocide est perçu par une partie des Mizrahim comme un jour de commémoration ashkénaze ; la journée du souvenir des soldats de l’armée israélienne tombés est étrangère à une partie au moins des ultra-orthodoxes ; quant aux citoyens arabes, un cinquième des citoyens de notre pays, ils ne sont pas seulement coupés d’au moins deux sur trois de ces célébrations mais y sont hostiles. Non seulement les journées de notre tragédie ne sont pas les journées de leur tragédie, mais le jour de nos réjouissances est celui de leur grande catastrophe nationale. Aucune ordonnance ni aucune loi ne pourra modifier ces faits irréfutables.

Mais l’Etat ne se contente pas d’imposer ces célébrations à une population qui s’y sent étrangère ou hostile. Il recourt à des méthodes agressives en empêchant celle-ci d’exprimer librement ses sentiments authentiques. Si on peut encore admettre l’impératif national de s’affliger durant les journées de commémoration de la majorité et de se réjouir pendant ses jours de festivités, on ne peut accepter l’interdiction qui frappe la minorité d’exprimer aussi ses propres sentiments nationaux spécifiques. Hurlement des sirènes le jour de commémoration des soldats de l’armée israélienne qui sont tombés ? Pourquoi pas semblables sirènes le jour de la Nakba, dans les villes et villages arabes, à la mémoire de leurs morts et de leurs expulsés ?

A la fin de la semaine, l’intervention du tribunal de district de Nazareth a été sollicitée pour permettre au mouvement islamique d’organiser une commémoration de la Nakba palestinienne à Kfar Kana. Le chef du comité dépêché par le Ministre de l’Intérieur pour remplir les fonctions du maire et du conseil municipal du village, Ilan Gavrieli, un Juif bien sûr, affirmait qu’il s’agissait d’un « événement politique » dont il n’y aurait pas à reconnaître la place dans les installations du Conseil. Pourquoi le fait de marquer la Nakba est-il « politique » et pas le fait de marquer le jour de l’Indépendance ?

Ce qui n’est pas moins grotesque, ce sont les hauts cris des porte-parole de la droite contre la décision du tribunal : Gideon Sa’ar décrétant que cette décision n’était pas moins qu’une « faillite morale » et Zevouloun Orlev déclarant qu’elle « tournait en dérision la déclaration d’Indépendance ». Cette même déclaration d’Indépendance qui a établi que l’Etat « instaurera une totale égalité de droit, sociale et politique, pour tous ses citoyens, sans distinction de religion, de race ni de sexe ; il garantira la liberté religieuse, de conscience, de langue et d’enseignement ». Vous vous rappelez ?

Après 60 ans, le temps de la maturité est venu. Il n’est plus besoin d’imposer ni d’empêcher par la force des sentiments nationaux. Israël est suffisamment mûr pour marquer avec la majorité ce qui touche à la majorité et pour laisser à la minorité la liberté d’exprimer ses sentiments. Le Fonds National Juif (KKL), en revenant tout récemment sur son engagement pris à l’égard de l’association « Zokhrot » d’indiquer le nom des villages palestiniens disparus sur les panneaux historiques qu’il installe, ne fait que démontrer notre faiblesse : la terre nous brûle encore sous les pieds. Le chef du conseil qui a tenté d’empêcher la tenue d’une commémoration de la Nakba, n’est pas parvenu à empêcher les citoyens arabes de ressentir que le jour de l’Indépendance était le jour de leur catastrophe – ce qu’il est vraiment. Est-on contraint de se réjouir le jour de l’Indépendance ? Seulement celui qui le ressent véritablement comme ça.

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)

Posté par MCPalestine à 11:54 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Elan colonisateur hyperactif à Jérusalem et ses environs

Elan colonisateur hyperactif à Jérusalem et ses environs

Michal Schwartz

Etgar, 13 avril 2008

www.etgar.info/he/article__216

Nous ne savons pas si des négociations secrètes ont lieu entre Olmert et Abou Mazen sur la question de Jérusalem. Mais même si c’est le cas, elles n’ont aucune valeur face à la vague colonisatrice qui submerge la ville et ses environs, avec pour visée de couper Jérusalem-Est de la Cisjordanie et de l’empêcher de devenir la capitale de la Palestine future. C’est un indice clair de ce que le gouvernement Olmert n’est pas intéressé à la paix, mais seulement à l’existence d’un processus de paix sous le couvert duquel il lui est possible de poursuivre la colonisation sans y être dérangé.

Depuis la conférence d’Annapolis, Jérusalem est soumis à une offensive de colonisation hyperactive et publique, comme s’il n’était plus nécessaire de la cacher ni de la dénier face à l’Autorité Palestinienne et à l’opinion internationale. Si, dans son échec, la conférence d’Annapolis a eu un quelconque résultat, c’est bien celui-là le plus évident.

Ce sujet a fait la une grâce à Eli Yishai [le président du parti Shas - ndt] qui avait menacé de s’abstenir en ne votant pas la confiance dans le gouvernement Olmert le 10 mars, sur fond de gel des colonies à Jérusalem, et qui n’a pas cessé de réitérer des menaces de quitter la coalition au cas où celle-ci négocierait un partage de Jérusalem. Olmert s’est empressé de « se soumettre » à Yishai pour le bien de la coalition et de Jérusalem, la capitale éternelle du peuple d’Israël, et il a annulé le gel des colonies. Olmert s’est surpassé, le 31 mars, lorsqu’il s’est engagé envers le chef spirituel du parti Shas, Ovadia Yossef, à lever le gel des colonies dans ce qu’on appelle « l’enveloppe de Jérusalem ». Le jour même, le comité local pour la planification et la construction à Jérusalem approuvait la construction de 600 unités de logement à Pisgat Ze’ev. A propos de l’argument que cela se fait à l’encontre des engagements pris par le gouvernement à l’égard des Palestiniens, le Premier ministre a répondu, feignant l’innocence, que « Betar n’est pas une nouvelle colonie » et qu’il n’est pas nécessaire de « déclarer tous les deux jours que les quartiers de Jérusalem continueront d’être bâtis et que nous n’abandonnerons pas les blocs de colonies ».

Deux semaines et demie plus tôt, des agences de presse avaient diffusé la nouvelle selon laquelle Ehoud Barak avait proposé un marché aux colons – Tzipi Livni et Ehoud Olmert étant au courant – marché selon lequel il grossirait les blocs de colonisation destinés à rester aux mains d’Israël en cas d’accord futur avec l’Autorité Palestinienne, comme Goush Etzion, Maale Adoumim et Givat Ze’ev, tous situés dans l’enveloppe de Jérusalem (outre Ariel et Elkana). En échange, les colons seraient d’accord d’évacuer 18 avant-postes illégaux. Comme on pouvait s’y attendre, alors que l’évacuation des avant-postes reste du domaine des promesses démenties, la construction dans les colonies s’emballe.

Le plus grave est peut-être que, pour la première fois depuis l’occupation de la Vieille ville en 1967, Israël a entrepris d’inscrire au tabou [registre foncier - ndt] les propriétés du quartier juif, en dépit du fait que la plupart d’entre elles ne sont absolument pas juives. Cela constitue un dangereux précédent signifiant la mainmise sur la propriété palestinienne à Jérusalem.

Les objectifs de la colonisation à Jérusalem et dans ses environs ne relèvent pas du domaine du secret : prendre le contrôle de terres et d’une concentration palestinienne ; maintenir une majorité juive de 3/2 par rapport aux Palestiniens et, dans la mesure du possible, en faire partir de Jérusalem ; empêcher la création d’une continuité géographique entre les quartiers palestiniens et entre ceux-ci et les villes de Cisjordanie, Bethléem et Ramallah ; le mur de séparation ne fait qu’accélérer et approfondir le processus de séparation. « Al Qouds » sera ainsi englouti dans « Jérusalem », coupant toute possibilité d’en faire une future capitale palestinienne.

Le dégel du gel

Puisque Yishai affirme que la construction dans les colonies et à Jérusalem-Est avait été gelée et qu’Olmert l’a dégelée suite aux pressions [du parti] Shas, mais que le Ministre au Logement Ze’ev Boim nie qu’il y ait jamais eu gel, la question se pose : oui ou non, y a-t-il eu gel ? En particulier à la lumière du fait que celui qui se balade dans Jérusalem-Est et dans les colonies qui le cernent, pourrait être impressionné par l’étendue d’une construction partout massive.

L’image est confuse, embrouillée, à cause de la grande profusion de programmes de colonisation, ou de parties de programmes, se trouvant à des étapes diverses de la planification, de l’approbation, des appels d’offres, de la réalisation. Tout cela rend plus compliqué de chercher à cerner ce qu’il y a de nouveau sur la scène de la colonisation, ce qui est la poursuite de ce qui existe déjà, et ce qui a été gelé – si tant est que quelque chose l’ait été. Il convient de souligner, dans ce contexte, que la décision prise par Olmert, fin décembre, à la veille de la visite de Bush dans la région, et selon laquelle toute construction dans les territoires conquis en 1967 et se trouvant en dehors des limites de la municipalité de Jérusalem, a besoin d’être approuvée par le Ministre de la Défense, cette décision n’est pas une décision de gel.

Cette image, Khalil Toufkaji, qui dirige l’Institut Cartographique du « Centre des Recherches Arabes » à Jérusalem, l’éclaire ainsi : « Ce qui a été gelé en 2000, ce n’est pas la construction dans les colonies qui ont été approuvées, mais la préparation de plans directeurs pour des colonies futures, comme par exemple à Givat Hamatos (près de Beit Tzfafa), dans le secteur E1 (qui réunit Ma’ale Adoumim à Jérusalem), et à Givat Ze’ev, situé en dehors du territoire municipal de Jérusalem, au nord. Mais le plan directeur de Har Homa (Jabal abou Ghneim), proche de Bethléem, bien que situé sur le territoire municipal de Jérusalem, n’a absolument pas été gelé, en dépit des protestations. »

Hagit Ofran, de l’équipe de suivi des colonies pour « la Paix Maintenant », ajoute cette éclairage : « Si quelqu'un pensait qu’il s’agissait d’un arrêt de maisons à moitié achevées dans les colonies, et du versement de dédommagements aux entrepreneurs, cela n’arrive pas. On n’a pas non plus gelé des projets qui avaient été approuvés par des comités pour la planification et la construction, même quand les travaux n’avaient pas encore commencés. Au contraire, à Har Homa par exemple, la veille de la conférence d’Annapolis, le gouvernement a décidé la construction de 307 nouvelles unités de logement et il ne l’a pas arrêtée, malgré les protestations américaines et internationales. De même, un appel d’offres a été lancé récemment pour la construction de 440 unités de logement près de Tzour Baher, au sud de Jérusalem, et un autre appel d’offres pour la construction d’un hôtel à Gilo ».

Quoi de neuf depuis Annapolis ?

Depuis Annapolis, la construction de 550 unités de logement a de nouveau été approuvée à Givat Ze’ev. En fait, le projet avait déjà été approuvé en 1999, mais l’Intifada avait alors éclaté et ce sont alors les entrepreneurs qui l’ont gelé, pas le gouvernement. En outre, le comité pour la planification et la construction à Jérusalem a, dernièrement, donné son accord pour un projet de construction de 2200 unités de construction à Givat Matos, sur les 4000 unités projetées. Ce projet avait été gelé dans le passé pour des considérations liées au plan paix, et il fait maintenant l’objet d’une procédure de soumissions des objections.

Un projet a en outre été présenté et soumis à cette même procédure pour la construction de 393 unités de logement à Neve Yaakov, situé dans les limites de Jérusalem, et qui devrait ainsi être réuni à la colonie d’Adam, en Cisjordanie. Il en est de même pour un projet de construction de 1300 unités de logement à Ramot, dont 105 se trouvant de l’autre côté de la Ligne Verte. Le Ministère des Finances a par ailleurs décidé le transfert au Ministère du Logement de 5 millions de shekels [900 000 €] pour stimuler ce projet et, d’après Hagit Ofran, on ne voit pas clairement si cet octroi est ancien ou nouveau. En outre, la construction de 600 unités de logement à Pisgat Ze’ev a reçu approbation. Khalil Toufkaji prend également en compte les nouvelles infrastructures pour les colonies qui ont été approuvées, et pointe du doigt la route de la ceinture est qui contourne Tzour Baher et Sawahara, au sud-est de Jérusalem.

Il est évident que tous les projets approuvés avant Annapolis se poursuivent à plein régime : il en est ainsi pour la construction dans le quartier « Nof Tzion » limitrophe de Jabel Moukhbar, au sud de Jérusalem. C’est le travail d’entreprises privées et pas du gouvernement, et les premiers appartements sont mis en vente ces jours-ci ; il en est de même pour les chantiers à Pisgat Ze’ev et Har Homa, dans Jérusalem, à Maale Adoumim et Beitar Ilit, dans ce qu’on appelle « l’enveloppe de Jérusalem », etc.

Un nouveau rapport publié par « la Paix Maintenant » le 31 mars, montre que depuis la conférence d’Annapolis, des appels d’offres pour la construction de 750 unités de logement ont été publiées – à comparer avec l’année passée qui avait vu la publication d’appels d’offres pour 47 unités seulement. Une enquête menée par Khalil Toufkaji aboutit à la conclusion que depuis 1968 et jusqu’à février dernier, Israël a exproprié 24000 dounams de terres à Jérusalem et dans les territoires qui lui ont été annexés, où sont établis 182000 colons. Et comme les colonies anciennes s’étendent en permanence, le nombre de colons s’élève en conséquence.

Il y a en outre, à la municipalité de Jérusalem, des projets visant à coloniser davantage encore. Rappelons simplement le projet de Boim d’établir un nouveau quartier à Abous Dis, du côté jérusalémite du Mur, sur des terres achetées par le milliardaire Erwin Moscowitz. Il a en outre déclaré son intention de bâtir 1600 unités de logement à Givat Ze’ev et Har Homa, et nous n’avons pas encore évoqué le projet d’établir un grand quartier à Atarot.

Jérusalem-Est subit des changements permanents et sa structure démographique devient méconnaissable après 40 ans de colonisation en son sein et dans ses alentours. Dans un quartier comme Cheikh Jarah, il est devenu difficile de repérer les maisons arabes d’origine, englouties dans un réseau de voies rapides, de tunnels, d’hôtels, de ministères, outre le campus universitaire sur la colline voisine, Har HaTzofim.

A l’assaut de la Vieille Ville

Un des sujets les plus sensibles à Jérusalem est peut-être le début de l’enregistrement des maisons du quartier juif de la Vieille Ville dans le tabou, une démarche chargée d’une portée politique à long terme et qui a été rendue publique pour la première fois par un article de Nadav Shragai (Haaretz, 11 mars 2008). Depuis l’occupation de la Vieille Ville en 1967, Israël s’était abstenu de régler et d’enregistrer la propriété, peut-être par crainte que cela ne soulève la question de la propriété des nombreux biens arabes situés à Jérusalem-Est depuis 1948, dans des quartiers comme Talbieh, Bakaa et Katmon, et enregistrés au tabou sous le nom de leurs propriétaires arabes, ainsi que dans l’ensemble du territoire d’Israël.

Il semble qu’aujourd’hui, Israël ait cessé de craindre de régler la propriété. L’explication de ceci se cache peut-être dans l’accord palestinien sur un partage des quartiers de la Vieille Ville selon le plan Clinton d’après lequel les quartiers juif et arménien passeraient sous contrôle israélien et le reste sous contrôle de l’Autorité Palestinienne. Et alors qu’un accord sur Jérusalem paraît plus éloigné que jamais, la prise de contrôle israélienne sur des biens arabes, via l’enregistrement au tabou, démarche totalement unilatérale, a déjà commencé.

Lors d’une conférence de presse qu’ils ont organisée à Jérusalem, le 20 mars, Khalil Toufkaji et l’avocat Asama Halabi ont clairement montré que l’enregistrement au tabou des biens dans le quartier juif était contraire au droit international. Parmi les données qu’ils ont rassemblées, il est rappelé qu’à la fin de la guerre, Israël a évacué tous les Palestiniens qui habitaient dans les immeubles du quartier juif, y compris ceux qui pouvaient produire les enregistrements au tabou prouvant qu’ils habitaient dans un bien leur appartenant. Cette opération était contraire à la quatrième Convention de Genève et aux résolutions de l’ONU.

En 1968, le Ministre des Finances de l’époque, Pinhas Sapir, avait annoncé l’expropriation, pour les « besoins de la population », de 1300 propriétés couvrant 116 dounams dans le quartier juif de la Vieille Ville, dont 790 maisons, 1048 magasins, cinq mosquées et quatre écoles. Et cela en dépit du fait que 85% environ de la propriété dans le quartier juif n’appartient pas à des Juifs. Avant cela, les Israéliens avaient fait évacuer le quartier des Maghrébins et démoli l’ensemble de ses 132 maisons, afin de construire « l’esplanade du Mur des Lamentations », et cela, alors que, parmi les maisons détruites, une seule était de propriété juive.

Israël prétend aussi que, dans la Vieille Ville, 40 dounams situés en dehors du quartier juif lui appartiennent, essentiellement dans la rue Hagaï, à proximité du Mont du Temple. En fait, explique Khalil Toufkaji, l’Etat y possède 10 biens, dont la maison de Sharon. Une partie de ces biens est de propriété juive, l’Etat a pris le contrôle d’une autre partie pour des motifs de sécurité et une autre partie est de propriétaires absents.

C’est une perte de temps

Zyad Abou Zyad, journaliste et conseiller politique jérusalémite, y insiste : « Tout le monde sait que sans accord sur Jérusalem, il n’y a pas de solution politique, tant qu’Israël n’arrête pas la colonisation à Jérusalem et alentours dans le but de le couper de la Cisjordanie et d’empêcher toute négociation à son propos. C’est un message clair, encourageant les extrémistes des deux camps, qu’Israël n’est pas intéressé par une solution politique du conflit ».

Nous ne savons pas si des négociations secrètes ont lieu entre Olmert et Abou Mazen sur la question de Jérusalem. Mais même si ces négociations existent, elles sont sans aucune valeur quand déferle sur la ville et ses alentours cette vague de colonisation qui a pour objectif de couper Jérusalem-Est de la Cisjordanie et de l’empêcher de devenir la capitale de la future Palestine. Le gouvernement Olmert n’est pas intéressé par la paix mais par l’existence d’un processus de paix sous le couvert duquel il peut poursuivre la colonisation sans y être dérangé.

Il est évident également que les protestations américaines à propos des colonies ne sont rien de plus qu’un rituel nullement annonciateur de sanctions contre Israël. La carte des colonies israéliennes en Cisjordanie, et en particulier autour de Jérusalem et dans Jérusalem, ne permet pas une solution acceptable par les deux parties et laisse pour les générations à venir un legs de violence.

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)

Posté par MCPalestine à 11:44 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Communiqué de presse de Véronique De Keyser

Communiqué de presse de  Véronique De Keyser

                                                 Députée européenne belge (PS)

Revalorisation ( upgrading) de la position d'Israël en vue au sein de l'Union européenne?

"Si cela se vérifie, je suis choquée!" déclare la députée européenne Véronique De Keyser

S'adressant cet après-midi, mardi 6 mai, à la Commissaire Ferrero Waldner, à la réunion de la Commission des Affaires Etrangères, Véronique De Keyser s'est dite choquée du processus dit de "upgrading" concernant Israël  et actuellement en cours, en toute discrétion, au sein de l'Union européenne. 

"Choquée, dit-elle, tant pour la forme que pour le fond".  La forme: l'ignorance totale du Parlement européen sur les négociations en cours au Conseil et à la Commission avec Israël.  Le fond: la situation dramatique que vivent les territoires palestiniens occupés, les violations constantes du droit humanitaire, la mort quotidienne de Palestiniens considérés comme de simples dommages collatéraux dans la lutte contre le terrorisme.

Quels sont les faits? Au mois d'octobre 2007, Israël a présenté à l'Union européenne un "non paper", c'est-à-dire un cahier de revendications relatif à son statut vis à vis de l'Union européenne. Ce qui est, bien sûr,  son droit le plus strict.  Mais, c'est son  contenu qui pourrait poser problème ou soulever des questions

Israël a en effet présenté, presqu'en catimini,  des demandes qui mériteraient pourtant un très large débat parlementaire démocratique : Israël souhaite en effet assister (comme observateur?) aux réunions du Conseil à tous les niveaux, et valoriser sa présence dans les politiques communes et toutes les Agences exécutives.

Ces demandes sont exorbitantes et n'ont pas de pareil.  Même le Parlement européen ne peut assister à toutes les  réunions du Conseil et l'Etat d'Israël (non membre de l'Union) le pourrait! De plus, certaines des revendications israéliennes sur les politiques communes demanderaient de revoir les sources mêmes du droit européen.  Et pourtant, sans aucune consultation du Parlement européen, les négociations suivent leur cours tant au Conseil qu'à la Commission sans que les Parlementaires ne soient informés de leur contenu exact.

Au Conseil, certains pays s'inquiètent pourtant de ces demandes vu le maintien d'une politique de colonisation tant en Cisjordanie et qu'à Jérusalem Est et le bouclage de Gaza. D'autres pays, portant toujours sur leurs épaules ou leur conscience le poids de l'histoire, seraient, semble-t-il,  prêts à laisser faire.

Véronique De Keyser affirme: "Il faut un débat ouvert. Démocratique! Cette question- là,  le upgrading d'Israël, - n'est pas un simple  problème technique mais il est  hautement  politique. Si nous avons certes des responsabilités historiques vis-à-vis d'Israël, nous en avons d'aussi grandes vis-à-vis des Palestiniens qui n'ont pas à pâtir de la solution que nous avons voulu donner à nos crimes!"

La Commissaire européenne Ferrero Waldner n'a pas nié l'existence de négociations  visant à renforcer les relations entre l'Union et certains pays, sans pour autant les nommer. Elle a cependant rappelé la nécessité d'aller de l'avant dans les politiques de voisinage avec ces deux pays ( Israël et la Palestine, donc) mais elle a aussi déclaré qu'il y aurait  une certaine "distance" entre les demandes d'Israël et  le contenu actuel des discussions avec l'Union et la réalité des discussions en cours.

Ferrero Waldner a également, dans sa réponse, évoqué les négociations actuelles du Quartet et ses importantes difficultés vu la situation sur le terrain et le peu de progrès y observés. Elle met quelques espoirs dans la prochaine visite du Président Bush  et dans les trois conférences qui devraient suivre: Bethléem, Berlin et Moscou.

Véronique De Keyser estime cependant que cette déclaration ne lui apporte pas toutes les garanties espérées quant  au "upgrading" et au "non paper". Il est donc important de suivre de très près ce dossier et d'obtenir de la Commission et du Conseil plus de transparence sur les discussions qui seraient en cours, ses agendas, ses ordres du jour et ses éventuelles avancées.

Véronique De Keyser


Députée européenne

Coordinatrice PSE à la Commission des Affaires étrangères


Bruxelles, le 6 mai 2008.



Pour tout renseignement complémentaire: Marcel Conradt 0475.690.461.

Posté par MCPalestine à 11:19 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1