21 avril 2008
La police israélienne interdit une réunion de soutien à Barghouthi à Jérusalem-Est

Le quotidien libanais d'expression française
Lundi 21 avril 2008 L’Orient-Le Jour
La police israélienne interdit une réunion de soutien à Barghouthi à Jérusalem-Est
http://www.lorient-lejour.com
La police israélienne a interdit samedi soir une réunion à Jérusalem-Est en soutien au chef du Fateh emprisonné en Israël, Marwan Barghouthi, a rapporté la télévision publique. La police a interdit la tenue de la réunion au théâtre al-Kawati dans la partie orientale de Jérusalem, annexée après sa conquête en 1967, et a fait évacuer la salle. Le public s’est dispersé sans incident, mais le directeur a été retenu pour subir un interrogatoire, selon cette source. Marwan Barghouthi a assuré le 8 avril que les Palestiniens étaient prêts à une « réconciliation historique », dans une lettre adressée à l’organisation pacifiste israélienne La Paix maintenant, qui fête ses 30 ans. Marwan Barghouthi a été arrêté par l’armée israélienne en 2002 et condamné en juin 2004 à cinq peines de prison à vie après avoir été reconnu coupable par la justice israélienne d’implication dans quatre attentats meurtriers.
TOUT LE MONDE VOUS PARLE DU TIBET… ET PENDANT CE TEMPS LA, A GAZA
TOUT LE MONDE VOUS PARLE DU TIBET… ET PENDANT CE TEMPS LA, A GAZA
[Centre Palestinien des Droits de l'Homme - 12/04/2008 - Trad. Hichem Benabli]
Rapport hebdomadaire sur les violations des droits de l’homme par Israël dans les territoires occupés - semaine du 3 au 9 avril 2008 :
- 8 Palestiniens, dont un enfant et un agriculteur dans son champ, ont été abattus par Tsahal dans la bande de Gaza.
- 5 de ces victimes, dont un enfant et son oncle, ont été abattues lors d’un raid de cinq heures mené par Tsahal dans l’Est de Gaza.
- Un enfant Palestinien a été écrasé par une voiture conduite par un colon israélien.
- 25 Palestiniens, dont 5 enfants, ont été grièvement blessés par les raids de Tsahal en Cisjordanie et à Gaza.
- Tsahal a mené 30 attaques militaires contre des villes en Cisjordanie et 7 raids contre Gazas.
- En Cisjordanie, Tsahal a arrêté 65 civils Palestiniens, dont 7 enfants et une jeune fille, tandis que, à Gaza, l’armée israëlienne a arrêté 10 autres civils, dont 3 enfants
- Tsahal a arraché des oliviers et saccagé au moins 125 donums [31 hectares] de terres agricoles.
- Tsahal a endommagé plusieurs batiments et centres vitaux civils dans le nord de la ville de Gaza.
- Tsahal a mené des attaques contre les locaux d’ONG et d’organisations caritatives à Ramallah et à al-Bireh.
- Tsahal a fouillé et saccagé des locaux d’ONG, des mosquées et des magasins à Qalqilya, et fermé les locaux et entrepôts de 4 organisations caritatives.
- La crise énergétique à Gaza s’aggrave.
- 6 civils palestiniens ont été arrêtés par des soldats israéliens sur des check-point en Cisjordanie.
- 2 colons israéliens ont attaqué et menacé de mort une famille palestinienne à Nablus.
Résumé : Les violations des droits de l’homme et du droit humanitaire par Israël ont connu une importante escalade durant cette période, surtout dans les territoires occupés, notamment Gaza. (3 – 9 April 2008):
http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/ASAZ-7DKHQM?OpenDocument
Salah Hammouri est-il un citoyen français de seconde zone ?
Communiqué de l'UJFP
Salah Hammouri est-il un citoyen français de seconde zone ?
Alors que le gouvernement français cherche à démontrer qu’il défend ses citoyens où qu’ils se trouvent dans le monde, il abandonne Salah Hammouri à l’arbitraire de la justice coloniale des tribunaux militaires d’exception, dans les Territoires Occupés Palestiniens.
Salah Hammouri a en effet le tort d’être à la fois citoyen français et palestinien. Or la politique de soutien inconditionnel à Israël adoptée par le gouvernement français fait qu’il refuse d’agir pour la défense de Salah, jouant justement sur cette double nationalité. De la même manière il refuse d’intervenir et de condamner les innombrables violations des droits humains commises par Israël.
Salah Hammouri a déjà effectué 3 ans de prison pour un seul délit d’intention ! Il aurait fait partie d’un groupe cherchant à attaquer une personnalité religieuse israélienne. Aucune preuve n’a été apportée sur cette intention ni pendant ses trois ans de détention administrative ni lors de son procès le 10 avril. Le délit d’intention n’existe dans aucun pays démocratique. Salah a du accepter le « plea-bargain»* lui proposant 7 ans de prison, pour éviter le verdict plus dur encore qui lui était promis. Il vient d’être condamné à 7 ans de prison ferme plus deux ans de mise à l’épreuve. Il lui reste donc 4 années de prison à effectuer, pour quel délit? Ce type de procès est un déni de droit.
Le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner que l’UJFP a plusieurs fois saisi, s’est jusqu’ici contenté de regretter que son procès soit toujours remis, et de promettre d’agir pour qu’il ait lieu. Il n'a jamais exigé auprès de ses interlocuteurs israéliens la libération de Salah. Le résultat, c'est une condamnation très lourde et totalement injustifiée. Le sous-entendu de cette position étant que s’il y avait procès ce procès serait juste, Israël étant un Etat de droit.
Tel n’est pas le cas : Aujourd’hui des milliers de Palestiniens, hommes femmes et enfants sont aujourd’hui retenus dans les prisons israéliennes, le plus souvent sans preuve, sans acte d’accusation, donc sans procès parfois pendant des années. Beaucoup parmi eux sont ou ont été soumis à la torture… Leur seul tort, comme Salah, est d’être Palestiniens.
A une justice israélienne à deux vitesses, correspondrait-il ainsi une politique française à deux vitesses: intervenir pour des soldats de l’armée israélienne d’occupation faits prisonniers lors d’opérations militaires, parce qu’ils sont franco israéliens, et abandonner le civil Salah Hamouri parce qu’il est franco –palestinien ?
Tous les hommes et les femmes engagés dans le combat pour le respect des droits doivent exiger -au nom des principes du droit- égalité de traitement et protection de tous les citoyens français par leur gouvernement. Ensemble, nous devons agir pour que le gouvernement français défende Salah Hammouri contre l'arbitraire comme il défend d'autres citoyens français pris en otage dans le reste du monde.
Jamais le gouvernement français n'a rendu public le fait qu'un citoyen français croupisse dans les geôles israéliennes. La conspiration du silence dont se rendent complices les media français doit cesser. Le cas de Salah Hammouri doit être évoqué au même titre que ceux de tous les otages français. Nous voulons voir le portrait de Salah Hammouri devant les mairies de France et l’hôtel de ville de Paris à côté des autres otages français à l’étranger. Il doit être clair pour le gouvernement français qu'être franco- palestinien n'est pas un crime passible de 7 ans de prison.
L'UJFP demande immédiatement à rencontrer le ministre des Affaires étrangères pour exiger une intervention urgente du gouvernement afin que cesse cette mascarade de justice et que notre concitoyen Salah Hammouri soit libéré.
*plea bargain : procédure de compromis proposé avant le verdict, héritée du droit anglo-saxon
Pas de paix sans le Hamas

Pas de paix sans le Hamas
samedi 19 avril 2008 - Mahmoud al-Zahar - The Electronic Intifada
Le projet plein de bon sens du président US Jimmy Carter pour une rencontre avec la direction du Hamas, cette semaine, apporte honnêteté et pragmatisme au Moyen-Orient, tout en faisant ressortir l’impasse où a conduit la politique américaine. La secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, agit comme si quelques petites touches ici ou là pourraient rendre plus convenable le carcan hideux de l’apartheid. Bien que Rice ait convaincu les forces d’occupation israéliennes de démolir quelques petites dizaines de barrages routiers sans grande importance, parmi les 500 points de contrôle et plus qui existent en Cisjordanie, ces mêmes forces, dans le même temps, coupent les ravitaillements en carburant pour Gaza, imposent un blocus à un million et demi de personnes, approuvent des projets pour de nouvelles constructions illégales sur le territoire de Cisjordanie, agressent la ville de Gaza avec des F-16, tuent des hommes, des femmes et des enfants. Malheureusement, c’est « comme à l’habitude » pour les Palestiniens.
Le coup de la semaine dernière contre le dépôt de carburant de Nahal Oz [par les résistants palestiniens - ndt] n’aurait pas dû surprendre les critiques en Occident. Les Palestiniens se battent actuellement dans une guerre totale qui nous a été déclarée par une nation qui mobilise contre notre peuple tous les moyens dont elle dispose - de la haute technologie militaire à l’étranglement économique, de la falsification de l’histoire à un système judiciaire qui « légalise » l’infrastructure de l’apartheid. La résistance reste notre seule option. Il y a 60 ans, des Juifs courageux au Ghetto de Varsovie se sont levés pour défendre leur peuple. Nous, Palestiniens de Gaza, vivant dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde, ne pouvons faire moins.
La collaboration américano-israélienne a tenté de faire invalider les résultats des élections de janvier 2006 par lesquels notre parti a reçu mandat du peuple palestinien pour diriger. Des centaines d’observateurs indépendants, et parmi eux Carter, ont affirmé que ces élections avaient été les plus régulières jamais organisées dans le Moyen-Orient arabe. Pourtant, bien des efforts ont été entrepris pour faire échouer notre expérience démocratique, notamment le coup d’Etat* américain qui a généré, avec le Fatah, un nouveau paradigme sectaire, une guerre continue contre les Gazaouis et leur isolement forcé.
Maintenant, enfin, nous avons le dynamisme bienvenu de Carter qui déclare que tout penseur indépendant, intègre, ne peut arriver qu’à cette conclusion que nul « plan de paix », nulle « feuille de route » ou nulle « contribution » ne peuvent réussir si nous ne sommes pas, sans conditions préalables, assis à la table de négociations.
L’escalade de la violence par Israël depuis la « conférence pour la paix » d’Annapolis, organisée en novembre, est cohérente avec sa politique de punition collective illégale, souvent meurtrière, en violation des conventions internationales. Les frappes militaires israéliennes sur Gaza ont assassiné des centaines de Palestiniens depuis lors, avec l’approbation imperturbable de la Maison-Blanche ; en 2007, le ratio de Palestiniens et d’Israéliens tués a été de 40 pour 1, alors qu’il était de 4 pour 1 pour la période de 2000 à 2005.
Il y a seulement trois mois, j’enterrais mon fils Hussam, il étudiait les finances à l’université et voulait devenir comptable ; il a été tué par une frappe aérienne israélienne. En 2003, j’enterrais Khaled, mon fils aîné, tué par un F-16 israélien qui m’avait pris pour cible et qui blessait en même temps ma fille et mon épouse, rasait l’immeuble où nous habitions, blessant et tuant beaucoup de nos voisins. L’an dernier, c’est mon gendre qui a été tué.
Hussan n’avait que 21 ans, mais comme beaucoup de jeunes hommes de Gaza, il avait grandi très vite par nécessité. Quand j’avais son âge, je voulais être chirurgien ; dans les années 60, nous étions encore des réfugiés mais il n’y avait alors aucun blocus humiliant. Mais aujourd’hui, après des décennies d’emprisonnements, de meurtres, de conditions d’apatride et d’appauvrissement, nous demandons : quelle paix peut-il y avoir s’il n’y a pas, d’abord, la dignité ? Et d’où vient la dignité si ce n’est de la justice ?
Notre mouvement se bat parce que nous ne pouvons laisser le crime - l’expulsion violente de nos terres et de nos villages qui a fait de nous des réfugiés - sur lequel s’est construit l’Etat juif et qui est en son coeur sortir de la conscience mondiale, oublié ou traité loin d’ici. Le judaïsme - qui a tant donné à la culture humaine par les contributions de ses législateurs antiques et de ses partisans modernes du tikkun olam [pour l’amélioration du monde - ndt] - s’est corrompu lui-même en dérivant dans le sionisme, le nationalisme et l’apartheid.
Un « processus de paix » avec les Palestiniens ne peut faire aucun premier pas, même le plus infime, tant qu’Israël, définitivement, ne se sera pas retiré au-delà des frontières de 1967, n’aura pas démantelé toutes ses colonies, enlevé tous ses soldats de Gaza et de Cisjordanie, renoncé à son annexion illégale de Jérusalem, libéré tous les prisonniers et cessé son blocus sur nos frontières internationales, nos côtes et notre espace aérien. Cela fournirait le point de départ pour de réelles négociations et préparerait le terrain pour le retour des millions de réfugiés. Etant donné ce que nous avons perdu, c’est à partir de cette seule base que nous pourrons commencer à être, à nouveau, ensemble.
Je serai éternellement fier de mes fils et ils me manquent, chaque jour. Je pense à eux comme peuvent penser tous les pères, partout, même en Israël, à leurs fils - comme à des garçons innocents, des étudiants curieux, des jeunes hommes avec un potentiel illimité - pas comme à des « tueurs » ou à des « militants ». Mais ils défendaient mieux leur peuple que les complices de leur ultime expropriation, ils étaient plus actifs dans le combat palestinien pour notre survie que ceux qui assistent, passifs, à notre assujettissement.
L’histoire nous enseigne que tout est en perpétuelle évolution. Notre combat pour la réparation matérielle des crimes de 1948 commence à peine, et l’adversité nous a appris la patience. Quant à l’Etat israélien et à sa culture spartiate de guerre sans fin, ils sont tout aussi vulnérables au temps, à l’épuisement et à la démographie : en fin de compte, il s’agit toujours de nos enfants et de ceux qui viendront après nous.
* en français dans le texte et voir l’article « Washington cherche à approfondir les divisions palestiniennes » de K. Al-Batch - Jihad Islamique.
Mahmoud al-Zahar, chirurgien, est fondateur du Hamas. Il fut ministre dans le gouvernement du Premier ministre Ismail Haniyeh, élu en janvier 2006.
Dans le camp de réfugiés de Nuseirat, bande de Gaza, un enfant est adossé à un mur décoré par des graffs du Hamas pour les funérailles de Munzir Abu Howeshl, tué la veille dans une frappe aérienne israélienne, le 12 avril (W. Nassar/MaanImages)
17 avril 2008 - The Electronic Intifada - traduction : JPP - article paru dans The Washington Post.


