10 avril 2008
Une patrie, pas un Etat insignifiant !
Une patrie, pas un Etat insignifiant !
mercredi 9 avril 2008 - Samah Jabr - Palestine Times
Une patrie, c’est quelque chose qu’on ressent dans le cœur,
une idée dans la tête, qui vit avec les Palestiniens.
Quand le président américain George Bush est venu à Ramallah, avec dans sa poche un petit Etat pour nous, Palestiniens, les autorités ont alors imposé un couvre-feu pour obliger les Palestiniens à rester chez eux et à écouter les déclarations - d’un optimisme injustifié - de leurs dirigeants sur un « Etat » pour fin 2008, alors qu’ils auraient pu participer aux manifestations de masse contre la politique meurtrière des USA à travers le monde. L’escorte de sécurité de Bush avait demandé qu’il n’y ait aucune manifestation visible et non violente ; ceux qui n’en ont pas tenu compte ont eu, en conséquence, les mains et les jambes brisées.
Les exhortations de Bush, celles d’aujourd’hui comme les précédentes, à propos d’un Etat palestinien ne sont que des déclarations toutes faites visant à tromper l’opinion publique internationale. Bush les a répétées à maintes reprises mais il n’a jamais rien fait pour pousser les Israéliens, ne serait-ce qu’un peu, pour faire la place à un quelconque Etat ; au lieu de cela, il essaie d’abolir les droits des Palestiniens à revenir dans leur patrie et parle d’une démarcation de frontières d’une patrie palestinienne qui va dans le sens des intérêts du régime israélien. La tromperie ne concerne pas seulement les frontières mais aussi l’essence même de cet Etat. Dans l’Etat qui est proposé, les forces nationales palestiniennes sont sapées et le gouvernement autocratique, non représentatif et les ONG internationales dirigent. De telles conditions ne feraient que semer les graines de la discorde chez les Palestiniens, abolir nos droits nationaux et civils et opprimer le peuple.
Indépendamment de la visite de Bush et de toute cette propagande sur l’ « Etat », la direction de l’Autorité palestinienne, assurée par Mahmoud Abbas à Ramallah, est, au mieux, discutable. Alors que les Israéliens envisagent de pénétrer massivement dans Gaza et de diriger des raids aériens contre des militants palestiniens, le président palestinien ouvre la bouche, non pour nous déclarer qu’il arrêtera les négociations si jamais Israël attaque Gaza mais pour affirmer qu’il détient des informations selon lesquelles le Hamas laisserait al-Qaïda opérer dans la bande de Gaza !
Dans la semaine de trêve tacite qui a suivi les agressions, Abbas a dit que le Hamas était en train de négocier un cessez-le-feu pour protéger ses dirigeants. Il a ensuite déclaré que les roquettes du Hamas étaient responsables des massacres qui ont eu lieu à Gaza, mais dans sa logique, il ne répond à aucune de ces questions : pourquoi Israël poursuit-il ses incursions régulières et ses meurtres en Cisjordanie ; pourquoi des hommes qui ont signé le traité d’Amnistie (accord tacite conclu entre certains combattants et l’Autorité palestinienne et Israël, par lequel les premiers évitent de s’en prendre à des cibles israéliennes afin d’être « amnistiés ») pourquoi ces hommes donc ont été assassinés à Naplouse, et pourquoi quatre ancien combattants, en retraite, ont été abattus à Bethléhem.
Récemment et à deux reprises, il a été demandé aux agents du secteur public de quitter leur travail et de participer aux manifestations de Ramallah ; une fois pour la commémoration de la mort d’Arafat et une autre pour l’anniversaire de la création du parti d’Arafat. Mais le jour où les forces nationales ont appelé à manifester en masse pour protester contre l’holocauste de Gaza, ces mêmes agents du service public n’ont pas été autorisés à y participer.
Les mutations politiques et économiques, combinées à cet Etat promis aux Palestiniens, sont en train de changer les valeurs sociétales et les moeurs de la communauté et de provoquer un phénomène rampant d’isolement. L’ambivalence officielle, l’hypocrisie, les changements rapides des normes nationales, le manque de crédibilité et de sens de la responsabilité, ne sont que quelques agents provocateurs de cet isolement. Le conflit interne, la perte d’un dirigeant charismatique et les insuffisances d’un prétendu modèle accentuent ce sentiment de solitude. Les institutions du gouvernement, de l’emploi ou de l’enseignement sont perçues comme distantes, négligentes et peu à l’écoute de ceux qui ont besoin de leurs services.
Ce puissant sentiment d’isolement et de solitude se manifeste par une désorientation et une psychologie de suivisme chez une majorité qui se réfugie dans une vie passive, marginale, léthargique - contrecoup fréquent quand les gens sont confrontés à une discrimination et aux brutalités, du fait d’une polarisation politique et d’une tendance fractionnelle, d’un pouvoir institutionnel absolu et de la corruption, de la violence dans les médias, ou du manque de valeurs collectives. Durant cette période difficile, les personnes qui sont sincères dans leurs intentions, dans leurs actes et qui se battent avec passion, patiemment, pour la liberté et une véritable patrie, trouvent rarement de compagnie et de compréhension pour leurs inquiétudes et leurs chagrins, sans parler de remerciements pour leurs efforts.
Une patrie, cela représente un attachement émotionnel à un lieu,
un lien intime avec la communauté et un dévouement à son égard.
Le 14 février 2008, un prédicateur du village de Kobar en Cisjordanie, à la périphérie de Ramallah, Majd Abdul-Aziz al-Barghouthi, a été arrêté par les renseignements généraux palestiniens ; il est mort pendant son incarcération le 22 février, à l’intérieur du centre de détention de l’Autorité palestinienne. Alors que ceux qui l’ont arrêté prétendent qu’il est mort suite à une défaillance cardiaque, les médias ont montré ses marques de tortures sérieuses, ses poignets écorchés, ses mains enflées et ses cuisses meurtries. Il faut se demander si l’administration américaine n’est pas en train de faire venir Abu Ghreib à Ramallah.
A chaque fois qu’un crime semblable a lieu, on nous dit que les autorités vont ouvrir, dans la transparence, une enquête sur les faits ; je n’ai eu aucune information sur les résultats de la moindre enquête ; pas une fois, ceux qui ont enfreint la loi n’ont été déférés devant les tribunaux. La justice a besoin de transparence, de cohérence et de la volonté de juger, ce qui manque en Palestine.
Pendant l’ « holocauste » perpétré par les forces d’occupation israéliennes dans la bande de Gaza, l’imam de la mosquée Aqsa s’est retenu d’évoquer les évènements qui se déroulaient dans Gaza ; il a passé son temps à parler des caricatures du prophète Mahomet !
Cet solitude est portée à l’extrême quand on voit des ouvriers palestiniens travailler sur les chantiers dans les colonies ; quand on entend qu’un haut fonctionnaire, un assistant proche du président qui intervenait autrefois au Conseil législatif palestinien, Rawhi Fatouh, a voulu passer clandestinement, dans sa voiture, 3 000 téléphones portables de contrebande à la frontière jordanienne pour faire marcher ses affaires privées ; quand on entend parler d’un commerce de médicaments et de farine périmés pour la Palestine ; quand on voit nos confrères et d’autres employés harcelés, ne percevoir aucun salaire à cause de leurs engagements ; et quand on fait du chantage sur les journalistes parce qu’ils ont dit la vérité. Que dire de l’autodestruction de la résistance nationale et des mouvements populaires de la société civile ? Que dire de l’avortement récurrent de la réconciliation palestinienne, dont l’initiative du Yémen ?
Les gens sont incapables de surmonter ces évènements et se sentiront complètement à la dérive et isolés s’il n’y a pas le contrepoids de l’enseignement pour renforcer l’unité, les droits civils et les libertés, et le respect de l’autre. Sans un signe de rapprochement entre les factions politiques palestiniennes, les scènes déplorables de violence entre Palestiniens sont susceptibles de se répéter, dans l’Etat palestinien qui nous est proposé.
Une patrie, cela représente un attachement émotionnel à un lieu, un lien intime avec la communauté et un dévouement à son égard ; une patrie crée essentiellement des métaphores spatiales, significatives et évocatrices, et reconstitue le conceptuel, l’affectif, et les limites symboliques entre soi et un lieu réel ; ces choses mêmes qui sont complètement anéanties dans la vision de Bush pour l’Etat.
Nous voulons une patrie où la culture de la compassion, la réciprocité du pouvoir factionnel, l’honnêteté et la vérité sont la norme ; nous voulons une direction nationale qui fait le choix des solutions collectives plutôt que des solutions individuelles, de l’obstruction sociale et de l’interdiction officielle de toute opposition.
Pendant qu’on s’efforce de suivre la « feuille de route », on est en train de sortir de la route qui conduit à une patrie ; on perd les gens, un par un, et la terre, morceau par morceau. Une patrie, c’est quelque chose qu’on ressent dans le cœur, une idée dans la tête, qui vit avec les Palestiniens dans leurs camps de réfugiés, qui les accompagne dans leur diaspora et les guide dans leur solitude et leur isolement, et cette idée est menacée par l’Etat de Bush.
Peu importe combien c’est difficile, un isolement sociétal vaut mieux que de se sentir en conflit et en désaccord avec soi-même : avec ses vrais principes, ses sentiments ou son désir d’assumer un certain rôle dans la vie. Cette aliénation de soi-même est une réelle démission et un désespoir accepté, et les pots-de-vin politiques, les menaces, les pertes d’espoirs et d’ambitions pour une patrie au profit d’un Etat insignifiant poussent malheureusement très fort dans ce sens.
C’est une réalité de la vie que ceux qui ont vraiment la foi - ceux qui peuvent supporter l’isolement et la discorde tout en restant fidèles à leurs principes et qui ne négligent pas leur sens du devoir - sont une petite minorité, vivant comme des étrangers dans une société de contemporains imprudents, incapables, qui succombent devant le mensonge et se laissent abuser par les débordements qu’il entraîne, les opportunités et avantages d’une intégration hors de portée de ces exclus.
Une patrie palestinienne ne sera jamais anéantie, même assaillie par les limites réservées de Bush et les frontières d’un Etat au niveau de l’ambition des gens qui sont à l’Autorité. Une minorité, quelle que soit la façon dont elle paraît isolée actuellement, n’y consentira pas.
Samah Jabr est médecin psychiatre palestinienne, elle vit dans Jérusalem occupée et y travaille au sein d’une clinique psychiatrique qu’elle a créée.
Texte reçu de l’auteur par les Amis de Jayyous - 7 avril 2008 - A paraître dans le Palestine Times - source de l’illustration non connue - traduction : JPP
Un soldat sioniste tué dans la bande de Gaza

Arouts7 est proche des colons israéliens
mercredi 9 avril 2008 Arouts7
Un soldat tué dans la bande de Gaza
par Claire Dana Picard
mercredi 9 avril 2008 - 09:02
http://a7fr.net/Article/50449
Un soldat a été tué et deux autres ont été blessés ce mercredi matin lors d'affrontements avec des terroristes palestiniens, au sud de la bande de Gaza, à proximité du passage de Kissoufim. Le nom de la victime a été publié : il s'agit du sergent-chef Sayef Bisan z"l, 21 ans, du village druze de Jat, en Galilée occidentale. Sa famille a été avertie.
Les militaires, qui faisaient partie de l'unité d'élite Egoz, ont pénétré dans une zone contrôlée par les Palestiniens, à l'ouest de Kissoufim, en vue d'atteindre des terroristes et de trouver des armes.
C'est au cours de cette action que leur force a essuyé des tirs.
Les blessés ont été transportés à l'hôpital Soroka de Beershéva. Des hélicoptères de l'armée de l'Air, qui ont participé à l'opération, ont effectué un raid sur la région et ont abattu deux terroristes. Les forces de sécurité ont ensuite quitté le secteur avec dix suspects palestiniens qui ont été arrêtés pour interrogatoire. Les terroristes, de leur côté, ont poursuivi leurs attaques, tirant notamment des obus de mortier et des missiles RPJ en direction des soldats.
L'opération, lancée au cours de la nuit, s'est achevée à l'aube et les militaires ont regagné leur base. Ces derniers temps, Tsahal multiplie ses interventions dans le secteur, en vue de trouver et saisir des armes et des munitions et de détruire les infrastructures terroristes.
Il s'agit d'une zone extrêmement problématique, à partir de laquelle de nombreux tirs sont effectués, en particulier en direction d'agriculteurs travaillant dans les champs des kibboutzim avoisinants, tels qu'Ein Hashlosha.
En outre, Tsahal poursuit ses opérations quotidiennement, le long de la clôture. Mais pour le moment, les services de sécurité n'envisagent pas une offensive de grande envergure à Gaza, qui pourrait mettre un terme aux attaques de roquettes sur les agglomérations israéliennes du sud du pays.
Le chef d'état-major Gaby Ashkenazy a souligné, la semaine dernière, que "Tsahal agissait dans la bande de Gaza à tout instant, de jour comme de nuit". Il a ajouté: "Si l'échelon politique décide qu'il faut lancer une vaste opération, Tsahal l'exécutera".
Arouts7 est proche des colons israéliens
mercredi 9 avril 2008 Arouts7
Sayef : soldat druze sioniste, tombé pour son pays
par Raphael Aouate
mercredi 9 avril 2008 - 18:3
http://a7fr.net/Article/50483
Des centaines de personnes sont venues consoler la famille de Sayef , ce matin (mercredi), au village druze de Jat, en Galilée occidentale. Aux premières heures du jour en effet, la triste nouvelle leur avait été annoncée : leur fils combattant âgé de 21 ans, Sayef, était tombé pour Tsahal. Bysan s’était engagé dans l’unité Egoz, celle qui a été attaquée par des terroristes palestiniens, ce matin, près du passage de Kissoufim.
De nombreux proches de cette famille n’ont pas manqué d’évoquer la motivation et l’importance que Sayef accordait à Tsahal, et à son avenir en son sein. Selon eux, Sayef aimait son pays et Tsahal, peut-être "plus que la maison de ses parents", celle qui lui a transmis de telles valeurs.
"Il savait qu’il s’engageait dans une des meilleures unités combattantes, et s’était personnellement préparé, tant physiquement que psychologiquement,.pour intégrer Egoz. Ses parents se faisaient beaucoup de souci pour lui", raconte son oncle.
"J’avais un mauvais pressentiment, depuis qu’il s’était enrôlé, je savais qu’il se trouvait à Gaza, dans des zones les plus dangereuses.
Quand l’armée m’a appelé ce matin et a simplement prononcé son nom Sayef, ils n’avaient pas besoin de continuer, j’avais compris qu’il était mort".
Son oncle Karim a ajouté que toute sa famille était fière de savoir que Sayef s’était sacrifié pour son pays : "C’est comme ça qu’on éduque nos enfants, à servir et se dévouer pour le pays dont nous faisons partie".
Sayef envisageait d’ailleurs d’intégrer une formation d’officier, à la fin de son service en novembre prochain, meilleur moyen pour lui de réaliser ses rêves de carrière militaire.
L’un de ses meilleurs amis, Wafi, a révélé que leurs deux familles s’étaient retrouvées la semaine dernière et avaient préparé ensemble un barbecue (Al Aèch). "Depuis jeudi déjà, il nous disait qu’il n’avait plus la patience d’attendre et qu’il voulait retourner avec ses amis de l’unité. Il était comme ça. Il aimait servir l’armée, et avait aussi l’habitude d’inciter les autres à en faire de même. Il voulait également faire une pause et partir en Amérique du Sud".
Sayef laisse derrière lui ses parents Ramzi et Nahil, deux frères dont l’un est déjà officier dans l’armée et deux sœurs. Il est le troisième soldat druze tombé au combat lors des trois dernières années.
L’inhumation de Sayef a eu lieu aujourd’hui à 18h, au cimetière de Jat.
ISRAËL JUIFS & ARABES SONDAGE – L'intégration des Arabes israéliens reste lente.
ISRAEL VALLEY
Site Officiel de la Chambre de Commerce France Israël
Avr 09 Par Jacques Bendelac, à Jérusalem
ISRAËL JUIFS & ARABES SONDAGE – L'intégration des Arabes israéliens reste lente.
http://www.israelvalley.com
La majorité des Juifs et des Arabes d’Israël estime que les relations entres les deux communautés ne sont pas bonnes. C’est le thème qui occupe les participants au deuxième Congrès sur la “Responsabilité sociale” qui se tient ces jours-ci à l’université de Haïfa. Au menu des deux journées de débat: les rapports conflictuels que les Juifs et les Arabes d’Israël entretiennent depuis longtemps.
Le Professeur Sammy Smooha de l’Université de Haïfa y présentera “l’indice des relations judéo-arabes” qu’il calcule chaque année depuis 2004.
Les résultats de la dernière enquête d’opinion, menée en 2007 par l’équipe du Pr. Smooha, ne semblent pas très encourageants. Plus de la moitié des sondés des deux communautés estiment que les relations entres Juifs et Arabes ne sont pas bonnes et qu’elles pourraient même se détériorer dans le futur.
64,6% des Juifs disent éviter d’entrer dans une localité arabe; près de 62% d’entre eux craignent un soulèvement populaire des Arabes israéliens.
Chez les Arabes aussi, le sentiment de suspicion vis-à-vis de l’Etat juif est profond: 62% d’entre eux redoutent un “transfert” vers les territoires palestiniens et 76% craignent d’être victimes de “violences” de la part des pouvoirs publics.
Une lueur d’espoir: 86% des Juifs et 75% des Arabes pensent qu’Israël est un pays où il fait bon de vivre.
Le Pr. Smooha indique que “cet indice révèle le degré de la division sociale sur une base communautaire. Pour favoriser un rapprochement entre les deux communautés, il faudrait résoudre la question palestinienne et trouver un équilibre entre le caractère juif et le caractère démocratique d’Israël”.
Si le sentiment d’appartenance de la communauté arabe à l’Etat d’Israël reste hésitant, le sociologue ne constate pas de radicalisation des opinions des Arabes israéliens depuis ces vingt dernières années.—



