31 mars 2008
une interview de Khalid Mash’al

Sommet de Damas : une interview de Khalid Mash’al
lundi 31 mars 2008 - Ma’an News Agency
Voulant connaître l’opinion du Hamas sur la conférence de Damas, Ma’an et d’autres journalistes arabes ont discuté avec Khalid Mash’al, le responsable politique en exil du Hamas.
Après avoir atteint le bâtiment où se trouvait le dirigeant du Hamas, nous avons été chaudement accueillis par ses gardes du corps. Nous n’avons pas eu à attendre longtemps avant qu’il n’arrive avec deux autres membres du bureau politique du Hamas.
Dès le premier moment, Mash’al a été attentif au moindre détail. Il semblait interpréter toute expression sur nos visages et était très réactif à ce que nous disions.
Alors que nous chuchotions, il s’est rendu compte que nous voulions fumer, et avec le sourire il nous a dit qu’il ne nous l’avait pas interdit.
Pendant l’entrevue, Ma’an a interrogé Mash’al au sujet des entretiens pour une trêve avec Israël, sur les négociations pour la libération du soldat israélien captif Gilad Shalit, et sur d’autres questions.
« Nous ne prierons pas Israël pour une trêve. Ils doivent accepter [une trêve] et s’engager [à la respecter] en Cisjordanie et dans la bande de Gaza s’ils veulent l’obtenir » nous a-t-il dit.
« Israël a refusé de libérer des prisonniers purgeant de longues peines, et à la date d’aujourd’hui les négociations pour la libération de Shalit sont quasiment gelées. »
Mash’al explique ensuite les plans israéliens pour engager de nouvelles guerres dans la région. Quoique l’Israël ait l’appui des Etats-Unis, il ne s’attend pas à ce qu’Israël attaque la Syrie, mais se concentre plutôt sur le Hizbullah au Liban et la bande de Gaza.
Qu’attend le Hamas du sommet de Damas ?
Selon Mash’al, le Hamas veut deux choses : le soutien arabe pour la cause palestinienne, et que les pays arabes résolvent leurs conflits internes.
Ma’an : Pourquoi les Palestiniens se combattent-ils avec une telle violence ? Le Hamas ne devrait-il pas endosser une partie des critiques pour cette situation ? Ne devrait-il pas s’imposer une certaine autocritique ?
Khalid Mash’al : « Il est normal dans des circonstances si dures que des erreurs et des réactions se produisent. Nous ne prétendons pas que ces erreurs étaient obligées, ni ne pouvons prétendre que le Hamas s’est comporté de la façon la plus responsable. Mais ne blâmons pas la victime, et au contraire observons et critquons ceux qui montent des conspirations contre leur propre peuple ... Dans certaines occasions il est compréhensible que la victime puisse faire certaines erreurs, mais nous sommes prêts pour deux choses :
« En premier : comme je l’ai dit aux officiels arabes, le Hamas serait d’accord sur une enquête impartiale et honnête sur ces événements regrettables [dans Gaza]. Nous pratiquons l’auto-critique, et nous avons donné notre accord a ce qui a été suggéré par la Conférence Islamique qui a proposé qu’une commission d’enquête composée de juges arabes examine les événements qui se sont produits dans Gaza.
Deuxièmement : le Hamas a le droit d’exercer le pouvoir pendant quatre ans, et après cela vous pourrez juger ce que nous avons fait. Et s’il y a de nouvelles élections nous y participerons. »
Ma’an : Pourquoi le Hamas tient-il à l’Autorité comme le Fatah ?
Khalid Mash’al : « Nous avons eu des discussions à l’intérieur du Hamas à ce propos, en dehors comme dans les prisons israéliennes, et nous avons proposé comme décision de participer aux élections. Notre décision était en partie pour protéger la résistance palestinienne après la mort de Yasser Arafat, pour sauvegarder la résistance. Nous avons également voulu combattre la corruption de l’Autorité palestinienne qui affectait notre peuple.
Il n’y a aucune autorité à laquelle nous soyons accrochés. Mais il y a une situation de fait qui nous force à être présent, et au cas où il y aurait des garanties pour une bonne gestion à Gaza et que l’AP [de Ramallah] ne cherche pas à nous saper, alors nous abandonnerons l’Autorité le jour qui suit. »
Un journaliste égyptien a interrogé Mash’al sur la différence qui existait entre le premier ministre Isma’il Haniyeh du Hamas et le président palestinien Mahmoud Abbas, prétendant qu’ils étaient tous les deux les faces de la même pièce de monnaie.
Mash’al a répondu : « N’accablez pas le Hamas. L’Autorité est un obstacle et un fardeau, et si le Hamas voulait simplement le pouvoir, il aurait donné satisfaction au Quartet international et aux Etats-Unis afin de garantir ce pouvoir. Cependant, Haniyeh et [le responsable du Hamas Mahmoud] Az-Zahhar travaillent à partir des bunkers de la résistance et ils envoient leurs fils mourir comme martyres. »
Ma’an : Si le Hamas convient d’une trêve de dix ans, comment pourrait-il néanmoins se faire appeler un mouvement de résistance ?
Khalid Mash’al : « Le Hamas voit la trêve comme une tactique pour contrôler le niveau du conflit israélo-palestinien. »
Ma’an : Dans quelle mesure le Hamas a-t-il été préoccupé par le pouvoir, et où se situe la résistance ?
Khalid Mash’al : « Il y a deux questions sur lesquelles le Hamas ne peut pas être critiqué. La première est qu’il n’y a aucune véritable Autorité palestinienne. Deuxièmement, s’il y avait une véritable Autorité, qui est nécessaire, cette Autorité devrait être consacrée au service du peuple palestinien plutôt qu’à son exploitation. Ceux qui sont à blâmer pour la faiblesse de cette Autorité sont ceux qui ont signé les Accords d’Oslo, et pas le Hamas. »
Mash’al a également expliqué que les Etats-Unis avaient récemment envoyé des émissaires officieux pour rencontrer la direction du Hamas, et que ce dernier avait refusé de les rencontrer. Le Hamas a également refusé des contacts informels avec Israël.
Quant à savoir si le Hamas mène un conflit religieux contre Israël, Mash’al a arguumenté sur le fait que le Hamas est un mouvement de libération nationale, et non pas une organisation voué à une guerre religieuse.
Ma’an : Comment se sont passés les entretiens entre le Hamas et le Fatah à Sana’a ?
Khalid Mash’al : « Nous avons convenu de discuter la question des élections anticipées en dépit de nos craintes que ce pourrait être des élections trafiquées en fonction des souhaits d’Israël et des Etats-Unis qui veulent bien de ces élections à condition que le Hamas ne les gagnent pas une seconde fois.
Nous avons refusé de dialoguer avec la délégation de l’OLP simplement parce qu’un côté [le Fatah] ne doit pas employer l’OLP comme un écran contre l’autre côté [le Hamas]. »
Ma’an : Pourtant vous vous parlez du Fatah en tant que mouvement qui collabore avec l’occupation israélienne ; comment pouvez-vous dans ces conditions dialoguer avec lui ?
Khalid Mash’al : « Nous sommes en désaccord avec certaines tendances et certains dirigeants du Fatah, et nous voulons ce dialogue parce que nous estimons que la réconciliation dans la patrie palestinienne est impérative. »
30 mars 2008 - Ma’an News Agency - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/en/index.ph...
[Traduction : Info-Palestine.net]
Les flatteries d’Obama vis-à-vis d’Israël

Les flatteries d’Obama vis-à-vis d’Israël
dimanche 30 mars 2008 - Joe Mowrey - CounterPunch

Obama plastronnant à une réunion de l’AIPAC, influant lobby sioniste américain
Ca suffit. Je ne peux plus supporter de lire les allers-retours insipides et rigides autour du discours récent d’Obama sur le racisme.
Quelqu’un lui a écrit un morceau de rhétorique astucieux ; la Droite ne peut plus s’arrêter de le critiquer alors que la Gauche ne s’arrête plus de l’encenser. Quel gâchis fâcheux. J’attends que quelqu’un quelque part, s’il vous plait, montre du doigt l’énorme bouton sur le nez rhétorique d’Obama. Mais personne ne semble le voir. Personne ne veut dire que le vrai problème se trouve dans le « Discours ».
Je ne vais pas citer tous ses ‘merveilleux’ coups de griffes qu’il utilise. C’est dur d’argumenter contre ce genre de gribouillages. Le racisme est mal. Les Américains sont bons. Et quel être sensé critiquerait les références à Martin Luther King ? Une phrase (phrase un peu trop souvent utilisée) apporte tout le fondement dont nous avons besoin pour analyser ce moment à vous couper le souffle de la flatterie historique d’Obama.
En parlant des remarques critiques sur les Etats-Unis prononcées par son pasteur (qui, à propos, étaient des évaluations justes sur des faits historiques), Obama dit : « Ces critiques ne représentaient pas simplement les efforts d’un dirigeant religieux visant à dénoncer les injustices constatées. Mais ils exprimaient une vue très fausse de ce pays : une vision qui considère le racisme blanc comme étant endémique et qui met tout ce qui est mauvais aux Etats-Unis au-dessus de ce que nous savons être bien ; une vision qui considère les conflits au Moyen Orient comme étant enracinés principalement dans les actions d’alliés fidèles tels qu’Israël au lieu d’émaner des idéologies perverses et haïssables de l’Islam radical ».
D’accord. Tout d’abord, qui croit vraiment que le racisme blanc n’est pas endémique dans ce pays ? Et qui ne comprend pas que « ce qui est bon en Amérique » n’est en fait qu’une série de mythes fleuris qui embrouillent notre profond narcissisme et notre histoire galopante de bellicisme impérialiste ? Mais l’hypocrisie la plus ‘audacieuse’ dans tout le discours est le fait de considérer que « les conflits au Moyen Orient émanent des idéologies perverses et haïssables de l’Islam radical ».
Bien sûr, le colonialisme européen et occidental et l’impérialisme n’ont rien à voir avec la situation. L’Islam radical a simplement surgi des sables fertiles du berceau de la civilisation, sans provocation ni contexte historique logique.
Faire l’éloge d’Israël dans un discours sur le racisme c’est comme faire l’éloge de l’histoire de l’Afrique du Sud blanche dans un discours sur les droits civiques. Les partisans d’Obama ont-ils totalement perdu de vue qu’Israël est un état sioniste ?
Pour une courte mise au point : le sionisme est l’idéologie politique qui favorise uniquement les juifs en Israël, les plaçant au-dessus de tout autre groupe, racial, religieux ou ethnique. Le sionisme par définition est du racisme. Israël avec le plein soutien et financement des Etats-Unis, viole de façon flagrante la loi internationale et est investie dans un nettoyage ethnique et une oppression du peuple palestinien et dans la mise en œuvre d’un système d’apartheid, non seulement en Cisjordanie et à Gaza, mais en Israël même.
La colonisation illégale de terres palestiniennes est un crime international et le modèle même du racisme institutionnel qui n’a pas d’égal dans le monde ; de plus une grande partie des nations soi-disant civilisées ferme les yeux sur ce phénomène et même l’encourage. Et plus important encore est le fait en grande partie oublié dans la petite discussion sur les activités de colonisation illégale pratiquée par Israël, que les colonies sont elles-mêmes racialement exclusives. Seuls les juifs ont le droit de postuler. Les Palestiniens n’ont même pas le droit de rouler en voiture sur les mêmes routes que les Israéliens et ce dans des territoires leur appartenant.
Je me demande quelle serait la réponse d’Obama si le Canada décidait de construire d’immenses villes uniquement pour les blancs sur des territoires américains. Je me demande s’il serait d’accord et s’il s’abstiendrait de conduire sur une série de routes réservées aux seuls Canadiens, routes reliant entre elles ces colonies illégales. Après tout, ce ne serait qu’une précaution sécuritaire et le Canada est l’un de nos si fidèles alliés.
Les soi-disant libéraux devraient faire leur examen de conscience avant de se prosterner devant l’Obamakinisme. Il a plein de choses merveilleuses quoiqu’insipides à dire sur le sujet de la race. En effet, il a une plateforme et une perspective unique à partir de laquelle il peut discourir sur ce sujet et sur d’autres. Malheureusement il est trop occupé à se vendre au lobby israélien et à un vaste alignement d’intérêts corporatifs pour s’élever à cette occasion à un mode plus consistant.
En surface, Barak Obama pourrait constituer le moindre mal parmi les deux calamités qu’on nous a proposé depuis quelque temps. Mais il est quand même seulement le moins mauvais des deux. Il ne nous propose rien d’autre qu’une continuation du militarisme corporatif des Etats Unis et de ses politiques impérialistes ainsi que le soutien inconditionnel à un régime raciste en Israël.
Depuis ces dernières 60 années (au moins) nous nous sommes toujours mis dans une position de choisir le moindre mal ce qui nous amène à celle sur nous avons aujourd’hui sur cette planète. Si nous voulons un changement dans notre pays et dans le monde, nous devons nous diriger vers une vraie révolution sociale et ne plus accepter la même rhétorique politique de petites phrases. Peu importe la couleur du candidat, peu importe ses discours et slogans stimulants, ce qui est important c’est d’examiner honnêtement ce qu’il a dans la tête, le cœur, et aussi dans son compte en banque (et surtout qui a fourni l’argent).
Obama est pareil au vieux vin qu’on a transféré dans une toute nouvelle bouteille. Et la bouteille est trop opaque pour y voir dedans, même si les « libéraux » voulaient bien retirer leurs verres colorés suffisamment longtemps pour regarder dedans. Pour citer encore une ligne du discours d’Obama : « Mais la race est une question que j’estime cette nation ne peut pas se permettre d’ignorer en ce moment ». Je suis tout à fait d’accord. Mais dommage qu’Obama n’ait pas le courage d’inclure dans sa définition du racisme le sectarisme étatique d’Israël envers le peuple palestinien.
* Joe Mowrey milite contre la guerre et pour les droits des Palestiniens. Il vit à Santa Fe, Nouveau Mexique avec sa ‘traîtresse’ d’épouse et leurs quatre ‘conjurés’ de chiens. On peut le contacter à : jmowrey@ix.netcom.com
24 mars 2008 - CounterPunch - Vous pouvez consulter cet article à :www.counterpunch.org/mowrey03262008.html
Traduction de l’anglais : Ana Cléja
Un journaliste boycotté est un bon journaliste
Un journaliste boycotté est un bon journaliste
dimanche 30 mars 2008
Avi Weinberg, secrétaire général du Conseil israélien de la presse
La rédaction de la chaîne panarabe se trouve à Doha, au Qatar
Le gouvernement israélien s’est réveillé un beau jour et a décidé de boycotter une chaîne de télévision. Cela nous était déjà arrivé par le passé avec la BBC, dont la programmation et le ton critique à l’égard d’Israël n’étaient pas du goût de nos responsables des relations publiques. Aujourd’hui, c’est Al-Jazira qui est dans la ligne de mire du ministère des Affaires étrangères.
Cette chaîne d’information se voit critiquée pour ses comptes rendus sur le nombre élevé de morts palestiniens, notamment des enfants et des bébés, tombés sous les tirs de l’armée israélienne. Pour les responsables israéliens, la chaîne adopte un point de vue propalestinien et pro-Hamas et fait de la propagande, notamment en montrant inlassablement des corps d’enfants filmés en gros plan. Dans le même temps, la chaîne évoquerait à peine les souffrances vécues côté israélien dans les villes comme Sderot et Ashkelon.
Plusieurs journalistes israéliens ont immédiatement pris la défense de la chaîne arabophone et condamné ce boycott. A juste titre, car aucun gouvernement ne devrait pouvoir entraver le travail des journalistes, même si leurs reportages ne sont pas du goût de certains membres du cabinet ministériel. En réalité, Al-Jazira n’a même pas besoin de ce soutien. La chaîne peut parfaitement se passer de ces responsables cravatés et de leurs discours abscons pour couvrir la situation sur le terrain.
Cela vaut d’ailleurs dans tous les domaines couverts par les chaînes de télévision et la presse. En fait, il est même dommage de ne pas observer davantage de boycotts de la part d’organes officiels, car cette mise à l’index est en réalité un honneur pour tout journaliste. Cela signifie qu’il remplit effectivement sa mission de représentant de l’opinion publique et non de porte-parole du gouvernement ou des lobbies. Les journalistes sont par nature des opposants au gouvernement, c’est leur rôle dans une démocratie et ils devraient être aussi critiques qu’intransigeants envers le gouvernement, les élites économiques et le système légal.
Voilà une vérité presque universelle : un journaliste boycotté est un bon journaliste. Tous les confrères que je respecte et que j’apprécie ont déjà été boycottés au moins une fois dans leur carrière. Généralement, les journalistes ainsi stigmatisés prennent cela avec le sourire et continuent leur travail au service de la vérité, notamment pour prouver qu’ils n’ont pas besoin de la coopération de tel ou tel organe officiel pour parler de lui. Les informations fournies par les porte-paroles officiels se limitent généralement à faire les louanges de leurs supérieurs et de taire les échecs et la corruption de leur administration.
Le problème, ce n’est donc pas Al-Jazira mais les médias et les journalistes qui ne sont jamais boycottés par le gouvernement. Cela signifie peut-être qu’ils ne sont pas assez critiques et exigeants. Voici donc un dernier conseil aux consommateurs d’informations, lecteurs et téléspectateurs : méfiez-vous des journalistes bien en cour.
Yediot Aharonot
AFP
Le soldat israélien Gilad Shalit est en vie et bien traité

30.03.2008. Edicom
Le soldat israélien Gilad Shalit est en vie et bien traité
http://www.edicom.ch/fr/news
Le soldat israélien Gilad Shalit, capturé par des militants palestiniens en juin 2006, est toujours en vie et bien traité, a déclaré lundi un des chefs du Hamas, Khaled Mechaal, dans une interview à la chaîne Skynews.
Par ailleurs, le responsable a invité le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à se rendre à Gaza pour des discussions.
Le caporal Gilad Shalit, 21 ans, a été enlevé le 25 juin 2006 en territoire israélien à la lisière de la bande de Gaza par trois groupes armés palestiniens, dont le Hamas qui contrôle ce territoire depuis son coup de force contre l'Autorité palestinienne en juin 2007. Le Hamas a fait parvenir en avril à Israël une liste de 450 prisonniers dont il réclame la libération en échange de Gilad Shalit.
Mais un responsable israélien avait alors affirmé que la plupart des prisonniers palestiniens avaient "du sang sur les mains", ce qui signifie qu'ils avaient été impliqués dans des attaques qui avaient tués des Israéliens, et qu'ils ne pouvaient donc pas être libérés.
Le plus influent chef du Hamas à Gaza, Mahmoud Zahar, avait récemment affirmé que Gilad Shalit ne serait libéré que si Israël acceptait "toutes les conditions" posées par le mouvement islamiste.
Par ailleurs, Khaled Mechaal a invité le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à se rendre à Gaza pour des discussions.
"Nous invitons Mahmoud Abbas à venir à Gaza pour parler directement et sans conditions (...), pour travailler ensemble afin de trouver une solution aux problèmes à Gaza et en Cisjordanie", a déclaré M. Mechaal à la chaîne britannique.
L'objectif de ces discussions serait de "retrouver notre unité palestinienne, trouver les raisons de nos problèmes et résoudre le problème de la sécurité", a ajouté le chef du Hamas, qui vit en exil à Damas.
SDA-ATS News Service
Un stand honorable au salon du déshonneur.

Bilan d’une action : Un stand honorable au salon du déshonneur.
Le salon du livre a fermé ses portes mercredi dernier. L’UJFP a pendant ce salon été par le biais de sa revue : « de l’autre côté » partenaire des Editions La Fabrique pour y tenir un stand. Non par en chœur ou en contrepoint du stand d’honneur réservé à Israël pour l’anniversaire de ses soixante ans, mais en opposition, et pour le contrer tout simplement.
Tous les jours présents sur le site du salon nos militants d’Ile de France y ont diffusé plus de 8 000 tracts, rappelant aux visiteurs, que les soixante ans d’Israël honorés là c’était aussi les 60 ans de la Naqba palestinienne que l’on voulait ainsi effacer des mémoires. Cela nous a valu quelques coups mais aussi quelques adhésions. Voici ce qu’en rapporte Benny Ziffer responsable des pages littéraires du Haaretz dans son article «Art etc… revue parisienne » du 20 mars…. « L’évènement de 5 jours se tenait dans un vaste hangar du salon des expositions à Paris. Vendredi matin, trois personnes se tenaient sur le passage conduisant à la foire, et distribuaient des tracts de l’Union Juive Française pour la Paix. C’étaient des adultes d’âge mûr : une femme et deux hommes. Le sujet des tracts était : « Mémoire et Amnésie » cela disait : Est-il normal que la France célèbre le 60e anniversaire d’Israël alors qu’une guerre d’occupation et d’oppression sans pitié se déroule là bas ?
Une bande de jeunes juifs français surgie d’on ne sait où les entoure et entreprend une discussion passionnée avec eux. Quand je suis arrivé, le principal argumentateur du groupe de jeunes était déjà rouge de colère. J’essayai de le séparer de l’homme plus âgé qui lui faisait face, mais il lui arracha les tracts qu’il tenait et les déchira. Ses amis le rejoignirent et arrachèrent les tracts des mains des deux autres et les dispersèrent. La femme courut chercher de l’aide. Ils coururent après elle et la frappèrent sur les côtes. Elle se plia de douleur mais s’arrangea pour gifler l’un des jeunes gens. Le chef de la bande lui donna un coup sur le dos et quitta le champ de bataille triomphalement la tête haute »…
Notre stand montrait de grandes photos de check points, du mur découpant la Cisjordanie, de civils menacés par des soldats, de bâtiments bombardés en ruines à Gaza, d’immeubles troués par les tanks à Jénine, des cartes montrant les annexions successives par la colonisation, des terres palestiniennes. Un stand, le seul qui montrait la vérité de ce que ces 60 ans ont fait et continuent à faire. Beaucoup de visiteurs surpris intéressés ou agressifs … Notre revue qui sortait à cette occasion son 4e numéro « Palestine , l’An 41 » s’est fait connaître et s’est diffusée dans un milieu que nous cherchons à atteindre depuis longtemps.
Beaucoup de presse, nos auteurs invités, Amira Hass, Michel Warschawski, Eya l Weizman, Eyal Sivan, Yael Lerer, Jamal Zahalka, ont réalisé ne nombreux interview radio, télé, et presse écrite. Quand le même Benny Ziffer découvre notre stand, il félicite Eric Hazan, lui serre la main et lui dit : « Votre stand est le plus intéressant de tout ce salon. » Voici ce qu’il écrit dans le même article : … « J’ouvre le livre de Eric Hazan : « Notes sur l’occupation » à la page 46. Hazan est un éditeur et un écrivain juif français qui s’est rendu dans les Territoires en mai et juin 2006, pendant une période calme, et a écrit un livre sur cette visite, passé pratiquement inaperçu en Israël. Dans cette page il raconte comment une famille palestinienne ordinaire de la banlieue de Naplouse l’accueille un jour ordinaire dans une période ordinaire. Son jeune hôte a tout juste 15 ans, sa mère vient à peine d’être relâchée d’une prison israélienne. Son frère a été condamné à 20 ans de prison et incarcéré à Tel Mond. Son père a été tué. Un portrait de votre famille palestinienne ordinaire.
Que faisait là Hazan ? Il dirige les Editions La Fabrique qui ont publié entre autre le livre de la journaliste de Haaretz Amira Hass : « Boire la mer à Gaza » en français. Et une sélection d’essais de Yitzhak Laor. Et d’autre livres d’ « ennemis d’Israël », comme Tania Reinhart. Il tenait un petit stand à l’écart dans le salon. Les livres qu’il publie ne se trouvent nulle part dans le stand israélien officiel. Ce qui était vendu sur le stand officiel étaient des livres qui présentent un Israël merveilleux, qui peut être tourmenté par la situation, mais se pardonne à lui-même cependant. Ce pardon automatique n’est pas quelque chose que vous trouverez dans les livres que publie Hazan… »
Un meeting organisé à l’institut de Sciences politiques par UJFP Adala sciences-po et CCIPPP a réuni 250 personnes autour de la question du statut des intellectuels dans la société israélienne. Posant ainsi le cadre du débat et de l’opportunité du salon du lie et de cet invité de « déshonneur » ainsi que l’a baptisé M. Warschawski.
La rencontre qui s’est tenue à Reid Hall le lendemain avec les écrivains de la Fabrique a réunie elle aussi 250 personnes, salle comble et intensité toute autre pour un débat intitulé « de la mer au Jourdain un Etat, deux Etats ? » La qualité des interventions, les différences d’approche et les nuances entre les intervenants, les critères d’appréciation évoqués, ont fait de cette soirée, un rare moment de réflexion collective.
Enfin à l’initiative de plusieurs éditeurs dont La Fabrique, un débat s’est déroulé dans un salon loué à la foire du livre, sur les « nouveaux historiens ». Houleux en raison de la présence de plusieurs petits groupes décidés à perturber la rencontre. Il s’est aussi remarquablement tenu et à guichet fermé. Beaucoup de public a du être refusé.
Que conclure de tout ceci ? L’UJFP a réalisé un travail remarquable, et très nécessaire, grâce à la détermination et la ténacité de La Fabrique, dont elle était partenaire sur ce projet, nous pouvons nous féliciter d’avoir réussi à empêcher la parole unique et consensuelle sur ce salon, de se dérouler lénifiante et mensongère. Il était très important que des juifs marquent leur opposition catégorique à ce « déshonneur » et montrent le vrai visage d’Israël. Les faux intellectuels invités d’honneur, comme tous ceux parmi les visiteurs qui souhaitaient se bercer de l’illusion d’un Israël victime en état de légitime défense depuis sa création, n’ont pu parcourir tranquillement les allées du salon sans tomber sur le miroir que leur tendait notre stand, avec ses photos ses livres et nos revues. Quand ils l’ont évité avec ostentation, ou hargne, ils n’ont fait que souligner sa présence et son existence. Nous avons franchi la barrière des media français, modestement mais clairement, qui nous on largement interpellés sur le sens de notre présence dans le salon contre la place d’honneur réservée à Israël. Quant à la presse arabe qui soutenait le boycott du salon par de nombreux pays arabes, elle a largement expliqué et commenté notre initiative de façon très favorable.
Je crois que nous pouvons tous être fiers du travail accompli.
M. Sibony
30 mars 2008
Transformer Israël
Transformer Israël
samedi 29 mars 2008 - Miko Peled - The Electronic Intifada
La réalité de l’apartheid : un jeune Palestinien brandit le drapeau de la Palestine en haut des ruines d’un immeuble, à Gaza. (W. Nassar/MaanImages)
Maintenant que le Kosovo est un Etat indépendant, émergeant des ruines de l’ex-Yougoslavie, des parallèles sont tirés entre les Balkans et le Moyen-Orient. L’une des réactions à cet évènement émane de la ministre des Affaires étrangères d’Israël, Tzipi Livni. Cela ne la dérange pas si les Palestiniens suivent l’exemple des Kosovars et proclament un Etat ; ce qui l’inquiète, c’est que les Palestiniens réclament les mêmes droits que les Israéliens.
Ajoutant à la crainte des Israéliens de voir surgir une demande pour des droits égaux, Ahmad Khalidi écrit, dans un article récent dans The Gardian, qu’on n’a jamais proposé, comme actuellement, un Etat aussi peu attractif aux Palestiniens et que ceux-ci pourraient faire le choix qui est le « pire cauchemar d’Olmert » : appeler à un « véritable partenariat pour le partage du territoire ». Livni et Olmert ont dit que l’éventualité d’une telle égalité les empêchait de dormir, et ils ont de bonnes raisons pour cela. Une fois que le discours passe de « l’autodétermination » à « la liberté et à la démocratie », comme Ahmed Khalidi le fait remarquer, la marque sioniste de l’apartheid n’a plus qu’à s’effacer et à laisser la place à une démocratie laïque naissante.
Trois arguments vont être avancés ici en faveur de la transformation de l’Etat de ségrégation raciale qu’est Israël en un Etat de démocratie laïque sur l’ensemble de la Palestine/Israël historique :
1 - Pour parvenir à un règlement durable au conflit israélo-palestinien, il faut mettre un terme à la domination d’Israël sur la terre, les personnes et le discours, les deux côtés doivent négocier à égalité. Dans le même temps, toute recherche de solution doit prendre en compte le fait qu’Israël n’acceptera pas de bon gré une telle parité et s’emploiera de toutes ses forces à maintenir sa domination.
2 - Aussi longtemps que l’essentiel des efforts pour solutionner le conflit se concentrera sur la partition de la Palestine/Israël historique, il n’y aura aucune solution au conflit. L’idée de partition a aujourd’hui fait faillite et la défendre ne fait que permettre à Israël de dominer le discours et d’assurer son contrôle violent sur les Palestiniens et sur leur terre.
3 - La solution connue pour un seul Etat n’est plus une option avancée par quelques-uns, elle est maintenant devenue réalité ; les actes et les débats doivent maintenant se concentrer sur la transformation d’un système raciste, ségrégationniste aujourd’hui en place, en un système démocratique laïc de gouvernement. Le règlement du conflit ne consiste pas partager la terre avec toujours plus de ségrégation, mais à couper les institutions gouvernementales de leur identité unique, pour les deux côtés. L’Etat doit être au service de tous, représenter chaque Israélien et chaque Palestinien vivant entre le fleuve du Jourdain et la mer Méditerranée.
Mettre un terme à la domination d’Israël
Afin de parvenir à un règlement durable du conflit, les représentants des deux côtés doivent pouvoir négocier à égalité et décider ensemble de la meilleure solution pour servir les dix millions d’habitants de la Palestine/Israël. Mais le fait qu’Israël ait réussi à maintenir sa domination sur le discours a bloqué toute tentative sérieuse de réelles discussions. Israël s’oppose à toute parité avec les Palestiniens et il ne laissera aucun débat sérieux s’engager sur la transformation de la ségrégation raciste actuelle en une réelle démocratie.
Israël a, depuis sa création, travaillé sans relâche à minimiser tout ce qui a existé depuis la destruction du Second Temple jusqu’à la création de l’Etat. Ce travail s’est concentré particulièrement sur l’éradication de 1 400 années de présence arabe et musulmane en Palestine. Pour les Israéliens, cette présence ne fut rien d’autre qu’une infortune historique, corrigée par l’établissement de l’Etat juif en 1948 et le retour d’Eretz Israel à ses propriétaires légitimes. Ce travail a été une énorme réussite : en dépit de l’existence de monuments importants, arabes et musulmans, toujours debout, et d’une présence palestinienne significative, tant musulmane que chrétienne, peu d’Israéliens savent, ou se soucient de savoir, l’importance historique et culturelle de ces deux derniers millénaires. D’un point de vue israélien, la primauté morale, historique et religieuse des revendications juives sur la terre est absolue.
Sachant que la notion de primauté israélienne est profondément enracinée chez les Israéliens, et qu’elle est un facteur important dans la position d’Israël à l’égard des Palestiniens, nous comprenons alors pourquoi Israël n’a jamais accepté - et il est peu probable qu’un gouvernement sioniste ne l’accepte jamais - de négocier avec les Palestiniens considérés comme leurs égaux. L’exemple qui suit démontre que pour tout parti politique, et même pour le camp de la paix israélien, la parité doit être refusée. Si on prend la question centrale de l’usage de la force, Israël a toujours exigé que les Palestiniens y renoncent et qu’ils cessent d’utiliser leurs maigres moyens militaires pour se battre pour leurs droits et Israël a réussi à présenter le combat palestinien pour la liberté comme du terrorisme. (D’où cette question stupide souvent posée par les gens en Israël et en Occident : « Où est le Gandhi palestinien ? », laissant entendre que le problème serait la prédisposition des Palestiniens pour le recours à la violence). Etant donné qu’il n’y a pas égalité et qu’Israël soutient que sa position est hautement morale, alors, il considère que lui a le droit d’user de la force armée contre le « terrorisme » palestinien. Les Israéliens qui refusent d’être incorporés dans l’armée ne sont pas reconnus par l’Etat comme des objecteurs de conscience mais traités comme des délinquants de droit commun ; même le « camp de la paix » ainsi nommé ne leur reconnaît pas le droit de refuser de servir dans l’armée israélienne (puisque la cause d’Israël est hautement morale, nul besoin de Gandhis israéliens).
L’approche d’Israël à l’égard de tout règlement du conflit se base sur le postulat que c’est à Israël de déterminer la nature du règlement et que les Palestiniens doivent se résigner à l’accepter ou à supporter les conséquences de leur refus. Le niveau d’indépendance qu’Israël concèdera aux Palestiniens sera celui qu’il aura estimé à partir de sa perception de la bonne disposition des Palestiniens à l’égard des intérêts israéliens. Le mieux que les Palestiniens ont à espérer est qu’Israël permette, à un certain stade, une autonomie limitée sur des secteurs sélectionnés de la Palestine historique, sélectionnés par Israël seul. Que les deux côtés puissent parvenir à une solution en tant que partenaires égaux n’est, comme indiqué ci-dessus, pas envisageable. Les raisons pour lesquelles les Palestiniens ont accepté, jusqu’à aujourd’hui, d’être commandés par les intérêts israéliens et la politique israélienne nous échappent, mais ce qui est évident, c’est que l’intérêt supérieur des Palestiniens ne compte pour rien. Israël n’envisage aucun règlement qui siérait aux deux côtés, et il met au maximum en avant ses seuls intérêts, égoïstes et à courte vue.
Cesser de se focaliser sur la partition de la Palestine/Israël historique
La position absurde de voir la partition comme l’unique solution viable - alors qu’en réalité, elle ne l’est manifestement pas - permet à Israël de continuer à imposer sa volonté sur l’ensemble des dix millions d’habitants placés sous son pouvoir, et cette situation retire toute efficacité au combat pour la fin de la domination sioniste sur la Palestine. Quand les efforts pour la fin du conflit se focaliseront pour transformer le régime sioniste militant en place, en une démocratie libre et pluraliste, il est probable que naîtra alors une grande dynamique et que cela conduira au succès, en dépit de la résistance sioniste.
L’histoire a montré ceci : tant que les efforts pour la fin de la domination israélienne sur la Palestine resteront centrés sur la notion de partition, ou sur la solution à deux Etats, ils resteront inopérants. La solution à deux Etats est une feuille de vigne dont se sert Israël pour cacher sa politique de confiscation de la terre et son oppression brutale. La politique d’Israël de ségrégation est intimement liée à l’idée xénophobe selon laquelle Israël doit garder tout contrôle sur la terre et ses ressources. Nous ferions bien de noter que l’idée de partition ne fait que servir une politique à courte vue, une politique sioniste de puissance et de domination, mais qu’elle ne prend pas en compte les intérêts à long terme, ni des Israéliens, ni des Palestiniens.
Puisque Israël prétend que sa sécurité est la première de ses priorités, il aura toujours à alléguer que, pour des raisons de sécurité, il ne lui est pas possible d’abandonner telle colline ou telle vallée, alors qu’en fait, il s’agit de prendre toujours plus de terre pour ses colonies illégales de Jérusalem ou de Cisjordanie. Israël se garde aussi le droit exclusif de déterminer qui doit représenter les Palestiniens dans les négociations, avançant là encore des questions de « sécurité ». Israël a délégitimé (pour ne pas dire assassiné ou au moins arrêté) - et, selon toute probabilité, il continuera dans cette voie - il a délégitimé quiconque n’était pas prêt à accepter son droit à dominer totalement le territoire et le discours. Ceci explique pourquoi de véritables négociations, de bonne foi, n’ont jamais pu avoir lieu.
Transformer Israël en une démocratie laïque
Les arguments pour s’opposer à un Etat unique peuvent avoir quelque justesse mais ils n’arrivent pas à intégrer une chose : l’Etat unique n’est pas une option parmi d’autres envisageable pour l’avenir ; l’Etat unique est déjà une réalité. Même si l’Etat d’Israël le dément avec véhémence, tous les dix millions d’habitants qui vivent entre le fleuve du Jourdain et la mer Méditerranée sont des sujets de l’Etat juif. L’insistance d’Israël à déclarer que l’existence d’un Etat palestinien est dans l’intérêt même d’Israël et qu’Israël s’est engagé pour la création de cet Etat palestinien n’est qu’un pauvre écran de fumée, à la lumière des faits sur le terrain, ce pauvre argument tient à peine la mer. Les législations différentes et les restrictions de déplacements qui font la différence entre Palestiniens et Israéliens permettent à Israël de créer l’illusion qu’il existe deux entités politiques (voire trois, si on compte Gaza) qui gouvernent deux peuples. Malheureusement, la réalité c’est que le gouvernement israélien, avec ses différentes ramifications toutes bien synchronisées, régit les deux peuples. Les Palestiniens sont gouvernés par un béhémoth (mastodonte) appelé système de sécurité israélien, un système qu’Israël a créé et maintient au top niveau dans le seul but de gouverner une population contre son gré. Et les Israéliens sont gouvernés par un régime radical, xénophobe et discriminatoire, qui se prétend démocratique.
Pour ne perdre aucun pouvoir, Israël a en effet mis son veto à toute discussion sur la transformation de l’Etat juif en une démocratie laïque au service de tous ceux qui vivent en son sein. En outre, Israël n’engage aucun débat sur les atrocités qu’il a perpétrées durant la guerre de 1948, il n’engage aucun débat pour revenir sur l’exil forcé des Palestiniens en 1948. Les Israéliens ont appris que le simple fait d’évoquer les réfugiés et les évènements de 1948 constituait une trahison, et rares sont ceux qui sont prêts à en discuter, encore plus rares ceux qui en imputent la responsabilité à Israël. Pour la ligne officielle, ce sont les « Arabes » qui ont refusé la partition des Nations unies et ce sont les « Arabes » qui ont convaincu les Palestiniens de quitter leur maison et leurs terres, donc cela n’a rien à voir avec Israël.
En faisant fi de la question des réfugiés, Israël, en fait, ferme délibérément la porte à une solution pragmatique et juste. Il est pourtant difficile d’imaginer qu’un règlement concernant la Palestine puisse être obtenu et durer, sans que les réfugiés soient représentés et sans qu’ils soient intégrés dans la solution.
Les relations oppresseur/opprimés entre les deux nations ont fait beaucoup de victimes, chez les Israéliens comme chez les Palestiniens, bien que de façons différentes. Seulement, une fois que les deux côtés seront libérés de ce fardeau, seront-ils capables de trouver une solution acceptable et qui ait une chance de résister à l’épreuve du temps ? C’est là un rude défi à surmonter, cela exige des deux peuples la remise en cause de l’occupation et le démantèlement de l’appareil d’occupation, ce « système de sécurité » israélien. Telles que les choses se présentent aujourd’hui, soit les Israéliens se fichent de la souffrance palestinienne, soit ils la tolèrent. Les Palestiniens, pour leur part, sont dépassés par l’ampleur de la force brutale utilisée contre eux. La nature de la solution doit naturellement être liée aux efforts déployés pour y parvenir. Aujourd’hui, Israël veille à ce que tous les efforts pour un règlement du conflit s’orientent vers la partition de la Palestine, laquelle, très probablement, ne se fera jamais. Et même si ces efforts n’obtiennent aucun résultat, l’Occident reste derrière Israël, et parler d’une démocratie laïque est faire preuve d’antisémitisme. Bien que les positions officielles, des deux côtés, soient favorables à cette solution de partition, dans le cas d’Israël au moins elle est manifestement hypocrite. Parce que bien que la rhétorique israélienne prétende favoriser la partition du territoire, les gouvernements israéliens ont tous agi clairement pour empêcher un Etat palestinien de voir le jour et ils ont, en réalité, scellé le sort des deux nations pour qu’elles vivent en un seul Etat, dirigé par un seul gouvernement.
Israël a agi tout à fait sciemment pour arriver à cela et par deux moyens : l’éducation et l’infrastructure. Si l’on ouvre les manuels scolaires des écoles israéliennes, on aura du mal à trouver une carte d’Israël avec la démarcation d’un territoire palestinien. Les élèves israéliens apprennent, et de façon tout à fait précise, que l’Eretz Israel [le grand Israël] tout entier représente l’Etat d’Israël. Les monuments et institutions palestiniens sont rarement signalés, et les villes palestiniennes - celles que l’on y trouve - sont indiquées simplement comme « non juives ». Les Palestiniens y sont présentés soit comme des réfugiés, soit comme de pauvres gens, arriérés, d’une autre époque, ni éduqués comme les Israéliens ; la preuve qu’ils sont en retard, c’est qu’ils sont incapables de quitter leurs villages poussiéreux et surpeuplés pour un monde moderne. Les aspirations nationales palestiniennes y sont ridiculisées et leur identité en tant que nation est, comme le prétend la ligne officielle, un phénomène nouveau apparu seulement après la guerre de 1967.
Les Palestiniens citoyens de l’Etat d’Israël sont désignés comme « Arabes d’Israël », un terme qui répond à un double objectif : - les dissocier des Palestiniens vivant dans les territoires occupés en 1967 et des aspirations nationales auxquelles ils peuvent prétendre ; - montrer ces citoyens palestiniens d’Israël comme des gens qui n’ont aucune identité nationale, sinon que d’être des Arabes dont l’existence dans « notre » pays n’est qu’une coïncidence. Ceci revient à prétendre que les « Arabes » possèdent 22 Etats et les Juifs un seul, autrement dit, s’ils ne sont pas contents, il leur faut partir et aller vivre dans quelque pays « arabe ».
Quant à l’infrastructure, tout comme au lendemain de la guerre de 1948, Israël n’a construit les villes, les quartiers et les grands axes routiers que pour les seuls Juifs, en terre palestinienne. Par la poursuite de cette politique de large expansion en Cisjordanie, Israël a brouillé les lignes qui permettaient de distinguer la Cisjordanie - où un éventuel Etat palestinien aurait pu s’établir -, du reste d’Israël. Des villes avec de projets immobiliers importants, des complexes industriels, avec de nouvelles routes les reliant entre eux ainsi qu’à Israël proprement dit, se sont construits à grands frais dans un investissement conséquent. Bien que le principal courant de gauche d’Israël prétende que tout cela pourra être enlevé le jour où la paix (trompeuse) sera réalisée dans le cadre de la partition, cette infrastructure fournit un statut permanent à ces implantations juives sur la terre occupée en 1967.
Pour éviter toute séparation de ces zones avec Israël, l’Etat a investi, d’une part, dans un appareil de défense important et, d’autre part, dans des campagnes de relations publiques. Les deux agissent de concert pour protéger, légitimer - comme précisé ci-dessus -, donner à cette expansion un caractère définitif. La combinaison du système d’éducation sioniste et de ces investissements importants a été très réussie, mais maintenant, l’Etat juif doit traiter avec une « minorité » discriminée, privée de droits et qui représente la moitié de la population.
Mener un combat commun pour gagner l’égalité des droits au sein d’une Etat unique
Accepter la transformation d’Israël en un Etat démocratique comme la meilleure solution au conflit permettrait de rendre plus efficace la lutte pour la fin de l’occupation, une occupation qui est, de fait, un régime d’apartheid mis en place par Israël. Il faut sortir de cette position par défaut que prennent tant d’organisations pacifistes au prétexte que la solution à deux Etats serait l’ultime solution. Même si, à un moment donné, elle a pu représenter une réponse réaliste, ce n’est plus le cas aujourd’hui ; même si elle est, comme le soutiennent nombre de militants pacifistes sincères, la solution préférée, il n’empêche que la politique expansionniste à courte vue d’Israël est devenue caduque. Les militants pour la paix feraient bien de le reconnaître et de se réunir derrière le mouvement antiapartheid pour faire d’Israël une démocratie laïque.
On entend dire constamment qu’il faut sortir de l’impasse du processus de paix, que celui-ci est basé sur le mythe de sa réalité, qu’à son terme il existera un Etat palestinien vivant en paix côte à côte avec Israël. Mais qu’en est-il de cette solution, apparemment idéale, qui le fait si insaisissable ? Depuis la résolution des Nations unies de 1947 pour la partition de la Palestine jusqu’à la récente Feuille de route, tous les plans pour séparer le territoire en deux entités politiques ont échoué tout en alimentant de nouveaux bains de sang. En examinant les différentes propositions, nous voyons que chacune d’entre elles a permis à Israël de renforcer sa position dans son discours et sur le territoire au détriment des Palestiniens, tout en exigeant l’accord des Palestiniens. Autrement dit, ce qu’on appelle « plans de paix » ne fait que conforter la main mise sioniste sur la terre et ses ressources. Le plan de partition de 1947 fut un plan mal conçu qui n’avait aucune chance de survivre, et il contraignait à une solution qui attribuait la majorité du territoire à ce qui était alors une minorité juive. Et comme si ce n’était pas suffisant, près de 400 000 Palestiniens ont dû vivre à l’intérieur des frontières fixées pour l’Etat désigné pour la population juive. Bien entendu, la direction sioniste avait son plan et à la première occasion, la milice israélienne a commencé à utiliser la force à l’égard de ces gens - qui n’ont pas eu leur mot à dire dans la détermination de leur avenir - pour les obliger à quitter leur foyer et à partir loin de leurs terres.
Les récentes propositions ne laissent aux Palestiniens - qui, aujourd’hui, représentent environ 50% de la population - qu’entre 10 et 15% de leur patrie historique. Le dernier recensement publié dans Ha’aretz, en février 2008, fait état d’une population globale actuelle en Cisjordanie et dans la bande de Gaza de 4 millions d’habitants ; la population palestinienne à l’intérieur d’Israël proprement dit approche le million et demi. La population globale d’Israël, sans les citoyens palestiniens, est de l’ordre de 5 millions ; cinq millions de citoyens juifs qui ont reçu plus de 90% du territoire et de ses ressources. Et si les Palestiniens veulent « la paix », il faudra qu’ils se contentent du reste. En plus de tout cela, il y a les réfugiés palestiniens ; leurs voix et leurs droits on été étouffés par la violence au fil des années, pourtant sans eux, il n’y aura pas de solution.
Une lutte commune pour gagner l’égalité au sein d’un Etat unique porte la promesse du règlement du conflit israélo-palestinien. Ce conflit sanglant entre Israël et les Palestiniens, que les uns et les autres gèrent dans la violence, peut cesser si on remet en cause l’appareil de sécurité israélien chargé d’opprimer toujours davantage. Remettre en cause l’occupation dans un combat commun, orienté sur la transformation d’Israël en une démocratie laïque, est porteur d’un grand avenir pour les deux nations. L’idée d’Israéliens et de Palestiniens vivant en une seule démocratie est considérée par beaucoup comme naïve, et peut-être l’est-elle. Mais il faut s’interroger : est-ce que la marque sioniste de l’apartheid, engendrant peur et suspicion, peut offrir le moindre avenir ? La transformation d’Israël en un Etat démocratique, pluraliste, laïc, octroyant la même citoyenneté à tous ses 10 millions d’habitants vivant en Palestine historique être la bonne solution au conflit. En outre, et bien que la morale soit rarement évoquée comme objectif politique, il est moralement juste de changer Israël en un Etat qui agisse de par la volonté du peuple plutôt qu’il n’impose sa propre volonté au peuple. Il est moralement juste de rapprocher les deux nations en un lieu où règne l’égalité des chances, et de leur donner une voix égale leur permettant de décider de leur avenir commun.
Quand Israéliens et Palestiniens oeuvreront ensemble pour le bien de leur propre avenir et celui de leurs enfants, il n’y aura plus pour eux de problèmes insolubles. Ces deux peuples ont prouvé qu’ils étaient capables de grandes choses, et on peut être sûrs que la démocratie qu’ils créeront les servira tous les deux. Ensemble, ces deux nations protègeront leurs droits mutuels, elles partageront leur destinée et leur riche patrimoine.
A titre personnel, je voudrais ajouter ceci : en tant qu’Israélien qui a défendu l’idéal sioniste pour un Etat juif, je sais combien il est difficile pour beaucoup de Juifs et de Palestiniens d’abandonner le rêve d’avoir un Etat rien que « pour eux ». Mais à mon avis, il y a plus grand que ce rêve : c’est de vivre en paix et d’élever nos enfants dans une patrie partagée ; d’enseigner à nos enfants les riches traditions de cette terre et le patrimoine, laissés pour eux par leurs ancêtres. Chaque église, chaque mosquée, chaque synagogue, dans tout le pays, raconte une histoire ; les villes et citadelles antiques sont partout, chaque parcelle de terre révèle les traces de grands rois et philosophes. Tout cela compose la riche mosaïque de notre patrie, et je dis bien, de notre patrie, que nous soyons Palestiniens ou Israéliens, musulmans, juifs, ou chrétiens.
Miko Peled, Israélien, milite pour la paix ; il est écrivain et vit aux Etats-Unis. Il est co-fondateur de la Fondation Elbanna Peled à la mémoire de Smadar Elhanan et Abir Aramin. Peled est le fils du défunt général israélien Matti Peled.
25 mars 2008 - http://electronicintifada.net/v2/ar... - Traduction : JPP
Une Sécurité sociale sera créée en Cisjordanie pour remplacer les fonds de charité du Hamas.

ISRAEL VALLEY
Site Officiel de la Chambre de Commerce France Israël
mar30 Par. Jacques Bendelac, à Jérusalem
ISRAËL PALESTINE EXCLUSIF -
Une Sécurité sociale sera créée en Cisjordanie pour remplacer les fonds de charité du Hamas.
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Un nouveau domaine de coopération israélo palestinienne est en train de se mettre en place: la lutte contre la pauvreté qui sévit dans les Territoires palestiniens.
Le ministre israélien des Affaires sociales Itzhak Herzog vient de rencontrer son homologue palestinien Mahmoud Abash pour envisager les modalités de création d’une Sécurité sociale palestinienne.
Cette coopération se déroule sous l’égide du Quartet (Etats-Unis, Russie, ONU et Union européenne) et de son envoyé spécial au Proche-Orient Tony Blair.
L’objectif du gouvernement palestinien de Ramallah est de remplacer les organisations charitables du Hamas. En effet, c’est il y a près de 20 ans que le Hamas a mis en place dans les territoires de la Cisjordanie et de Gaza des réseaux de charité qui reçoivent des fonds des pays islamiques (comme l’Iran et les pays du Golfe) et qui distribuent des allocations financières aux Palestiniens les plus nécessiteux.
L’objectif immédiat de la future Sécurité sociale qui verra le jour en Cisjordanie sera de concurrencer les fonds caritatifs liés aux Hamas.
Pour ce faire, la nouvelle institution accordera des allocations mensuelles aux familles les plus démunies et notamment aux vieux, aux chômeurs et aux handicapés.
Dans une première phase, le projet s’adressera aux 60.000 Palestiniens les plus pauvres de la Cisjordanie. Son coût est évalué à 120 millions de dollars par an qui seront financés par le groupe des Pays donateurs pour les Territoires palestiniens.
Selon les chiffres récemment publiées par l’Autorité palestinienne, ce sont 160.000 familles qui reçoivent régulièrement une aide du ministère palestinien des Affaires sociales: 110.000 familles reçoivent une aide alimentaire et 50.000 autres bénéficient d’un soutien financier.
L’aide alimentaire est financée, en grande partie, par les agences des Nations Unies; le budget de l’aide sociale gérée par l’Autorité palestinienne ne s’élève aujourd’hui qu’à 2 millions de dollars par an.
Si la sécurité sociale palestinienne ne remplacera immédiatement la Charité islamique du Hamas, elle vise à affaiblir l’influence que le Mouvement islamique exerce sur les Palestiniens les plus pauvres.
Un groupe de travail commun vient d’être constitué pour fixer les règles du futur système de protection sociale palestinien. Côté israélien, le groupe est dirigé par Esther Dominicini, qui est la nouvelle directrice générale de la Sécurité sociale israélienne.
Il ne reste plus qu’à espérer que les conseils qu’Israël prodiguera à ses voisins palestiniens en matière de lutte contre la pauvreté seront plus efficaces qu’en Israël même: le dernier rapport sur la pauvreté publié par la Sécurité sociale israélienne au début de 2008 dénombrait 1,67 million d’Israéliens vivant en dessous du seuil de la pauvreté, soit 21% de la population israélienne.
29 mars 2008
Au nom de la Torah Une histoire de l'opposition juive au Sionisme

Présentation de l'ouvrage du professeur Yakov M. RABKIN:
Au nom de la Torah Une histoire de l'opposition juive au Sionisme
Parue dans le Courrier (Suisse) le 26 Février 2005 www.lecourrier.ch
PARUTION - Un livre trace l'histoire de l'opposition juive au sionisme et à l'Etat d'Isra-l... au nom de la Torah!
Yakov Rabkin reste perplexe face à la chape de plomb qui s'abat sur toute remise en cause du sionisme en Isra-l et dans la diaspora. «Le refus d'en débattre me rappelle l'Union soviétique de mon enfance», s'exclame l'historien, professeur à l'Université de Montréal au Canada. Portant la kippa, ce «juif orthodoxe moderne», comme il se qualifie, présentait jeudi au Club suisse de la presse Au nom de la Torah, une histoire de l'opposition juive au sionisme [1]. A ses dires, le titre même de l'ouvrage en a fait rager plus d'un, tant le sionisme, ce mouvement politique visant à l'établissement d'un Etat juif en Palestine, est assimilé au judaïsme. Ce qui est faux et dangereux, estime l'historien: quand Sharon dit parler au nom du peuple juif, il crée un amalgame qui favorise les actes antisémites en Europe, dénonce-t-il. En secouant le dogme du sionisme à travers le prisme de ses détracteurs juifs, le livre a un mérite certain: celui de susciter le débat. L'antisionisme juif est issu d'une farouche opposition aux théories de Théodor Herzl, dès le XIXe siècle. En Europe centrale, des cercles de juifs laïcisés, mal à l'aise dans leur société, mettent en place le projet d'une nation juive. Ils s'appuient sur la pensée messianique du retour à Sion pour légitimer la construction politico-militaire d'Israël autour de Jérusalem. «Ce mouvement, et plus tard la proclamation de l'Etat d'Isra-l, provoquent une des plus grandes déchirures de l'histoire juive», écrit Yakov Rabkin.
Les traditionalistes accueillent très mal ce qu'ils considèrent comme contraire au judaïsme, explique l'auteur. En s'accordant une terre promise par Dieu, les premiers colons sont considérés comme des transgresseurs, précise-t-il.
Les antisionistes, principalement issus des haredim, ces ultra-orthodoxes habillés de noir et blanc, s'organisent. Mais leurs adversaires, alors minoritaires, leur couperont l'herbe sous les pieds. En 1924, Jacob Israël De Haan, figure centrale de l'antisionisme, est assassiné.
Après la création d'Isra-l, l'opposition au sionisme laisse place au rejet de l'Etat lui-même. Certains vont jusqu'à refuser la citoyenneté israélienne. Avec les haredim, le premier chef d'Etat israélien David Ben Gourion fait un marché, acceptant de les exempter de l'impôt et du service militaire.
Aujourd'hui, les haredim, concentrés sur l'étude talmudique, sont pointés du doigt dans la société israélienne, observe Yakov Rabkin. David Ouellette, sur le site de Proche-Orient.info, critique violemment le travail «tendancieux» de Yakov Rabkin et un manque de distance entre lui et ces juifs: «Son discours est largement tributaire des sectes ultra-orthodoxes marginales pour lesquelles la destruction d'Isra-l est passée du dogme théologique à l'obsession idéologique.» Et d'accuser l'historien d'exagérer l'importance quantitative des juifs antisionistes.
L'ampleur numérique de cette opposition reste limitée, reconnaît Yakov Rabkin, qui qualifie son détracteur d'«enragé», dont le brûlot circulant sur Internet serait une critique marginale de son livre. Une majorité incontestable de ceux qui maintiennent et interprètent la tradition du judaïsme s'opposent dès le début au nouveau concept du juif, à l'immigration massive en Terre Sainte et au recours à la force pour y établir une hégémonie politique, écrit toutefois l'historien. Parmi eux, il y a tant des rabbins occidentaux, tels le fondateur de l'orthodoxie moderne allemand Samson Raphaël Hirsch (1808-1888), que des libéraux. Aujourd'hui, les juifs modernes qui osent braver le consensus sioniste sont rares.
[1] Presses de l’Université Laval, 2004 Montréal, Canada, 274 p. ISBN 2-7637-8024-5 Prix FNAC: € 25,77.
ISRAEL - YouTube, nouvelle "arme" de lutte contre le terrorisme ?
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ISRAEL VALLEY
Site Officiel de la Chambre de Commerce France Israël
mar29 Par Sébastien Fortin
ISRAEL - YouTube, nouvelle "arme" de lutte contre le terrorisme ?
http://www.israelvalley.com
Comment faire un passer un message dans le monde et qui montre avec précision la folie du terrorisme aveugle ? Comment toucher le maximum de personnes ? Le gouvernement israélien a récemment mis en ligne sur YouTube trois vidéos liées à l’attaque de la Yeshiva Mercaz Harav.
Alors que l’internaute qui a mis en ligne ces vidéos n’est pas clairement identifié comme ayant un lien avec le gouvernement, le journal économique TheMarker aurait appris que le bureau du Premier Ministre était en fait derrière ce chargement de vidéos sur site le plus populaire de partage de vidéos. C’est la première fois qu’un gouvernement utilise un site internet en réponse à une attaque terroriste.
Le premier film revient sur les lieux du drame avec en sous-titre l’appel aux urgences passé par un étudiant pendant l’attaque. Cette vidéo d’une minute a été visionnée plus de 5 300 en une nuit.
Par le passé, le gouvernement répondait aux attaques avec des déclarations officielles diffusées à la radio et à la télévision. Selon TheMarker, l’utilisation de YouTube devrait se généraliser en cas de futures attaques terroristes.
SF
28 mars 2008
Les pays arabes veulent pousser Israël à donner suite à leur plan de paix

Les pays arabes veulent pousser Israël à donner suite à leur plan de paix
http://www.edicom.ch/fr/news
Des responsables préparant le sommet arabe qui s'ouvre samedi en Syrie ont affiché jeudi leur exaspération face au refus d'Israël de donner suite à un plan de paix arabe lancé en 2002, le pays hôte laissant entendre que cette initiative pourrait être reconsidérée.
"Aucun délai n'a été fixé mais cette offre (de paix) ne peut tenir indéfiniment", a déclaré à la presse le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad Al-Maliki, en marge d'une réunion des chefs de diplomatie arabes à Damas.
Il a toutefois exclu un retrait du plan de paix arabe, implicitement évoqué par son homologue syrien Walid Mouallem à l'ouverture de la réunion.
"Plusieurs projets de résolution ont été discutés. Nous avons examiné non pas un gel du plan mais l'idée de lier son maintien au respect par Israël de ses engagements" dans le cadre du processus de paix, a ajouté M. Maliki.
Les ministres arabes des Affaires étrangères avaient implicitement menacé le 5 mars au Caire de retirer leur initiative de paix, en l'absence d'une réponse positive d'Israël.
M. Mouallem a dit à l'ouverture de la réunion à Damas appuyer "la volonté de reconsidérer la stratégie arabe de paix exprimée lors de la réunion des ministres arabes en mars".
Cette initiative, d'inspiration saoudienne, a été présentée lors du sommet arabe de Beyrouth (2002) puis relancée en mars 2007 lors d'un sommet à Ryad. Elle prévoit une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés depuis juin 1967, la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem-est pour capitale et un règlement "équitable et agréé" de la
question des réfugiés palestiniens.
Israël a relevé des "aspects positifs" dans cette initiative mais ne l'a pas formellement acceptée, principalement en raison de la mention faite au droit au retour des réfugiés palestiniens.
Le président palestinien Mahmoud Abbas, en visite à Amman, s'est dit contre "tout amendement ou modification" de ce plan de paix.
"Nous devons défendre ce plan précieux et l'autre partie (Israël) doit l'accepter sans amendements ou modifications", a-t-il ajouté, cité dans un communiqué du palais royal, après un entretien avec le roi Abdallah II de Jordanie.
Réagissant aux déclarations de M. Mouallem, un conseiller de M. Abbas présent à Damas, Nimr Hammad, a affirmé à l'AFP que les Palestiniens ne soutenaient" pas un retrait de l'initiative arabe car cela affaiblirait notre position et donnerait des prétextes à Israël" pour se dérober à la paix.
© 2008 AFP



