Proche-Orient
Extrême tension entre Israël et le Hamas
Renée-Anne Gutter
Mis en ligne le 29/02/2008

http://www.lalibre.be/actu/monde/article/405314/extreme-tension-entre-israel-et-le-hamas.html

Le gouvernement israélien hésite à se lancer dans une offensive terrestre à Gaza. Le cycle de violences depuis mercredi a tué une trentaine de Palestiniens et un Israélien.

Correspondante à Jérusalem Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert a mis en garde jeudi : "Nous resterons en guerre avec les terroristes palestiniens jusqu'à ce que le sud d'Israël retrouve la sécurité. Ils poussent notre patience à bout, mais le payeront cher." Cependant, "le processus sera encore long, car Israël ne possède pas de formule
magique". M. Olmert ne parlait toujours pas, jeudi, d'offensive majeure à Gaza, mais bien de frappes intensifiées contre les responsables du Hamas - "du plus bas au plus haut gradé".

Pourtant, selon le ministre de la Défense, Ehoud Barak, Israël doit bel et bien se préparer à une escalade. "La vaste incursion terrestre est réelle et tangible, a-t-il déclaré jeudi, Israël ne la désire pas, mais ne la craint pas non plus."

La guerre d'usure entre Israël et Gaza est montée d'un cran, en effet.
Cela a commencé mercredi matin avec la "liquidation" par l'aviation israélienne d'un groupe armé à Khan Younis. Un groupe qui, selon les renseignements israéliens, était précieux pour le Hamas. Car il s'agissait de militants rentrés d'entraînements terroristes à l'étranger, via la frontière palestino-égyptienne récemment forcée à Rafah. D'où la riposte nourrie du Hamas sur le sud d'Israël : une cinquantaine de roquettes Kassam en moins de 24 heures, qui ont tué un civil israélien et fait d'importants dégâts à Sdéroth, ainsi que quelques Katiouchas-Grad sur la ville d'Ashkelon, qui ont touché des câbles électriques et manqué de justesse l'hôpital central de la région.

En représailles, l'aviation israélienne a multiplié ses frappes, mercredi soir et jeudi, sur des bureaux, arsenaux et commandos du Hamas à Gaza. Y compris à proximité de la maison du Premier ministre "rebelle", Ismaïl Hanyé. Et des dizaines de roquettes palestiniennes ont recommencé à pleuvoir sur Israël.

En 48 heures, les raids israéliens ont tué au moins trente et un Palestiniens, dont quatorze civils parmi lesquels un bébé et sept enfants. Les tirs palestiniens, jeudi, ont fait des blessés légers à Sdéroth, et pour la première fois des dégâts et des personnes
commotionnées dans quelques immeubles d'appartements à Ashkelon.

L'Israélien tué mercredi à Sdéroth était le onzième mort de roquettes palestiniennes en sept ans. L'armée israélienne a tué quelque 150 Gazaouis, dont un tiers de civils, rien que depuis début 2008.

Le nouveau regain de tension se greffe sur la lenteur des négociations de paix entre Israël et l'Autorité palestinienne du président Abbas. Ce qui inquiète ce dernier. Jeudi, pour la première fois, le Raïs palestinien a déclaré qu'il n'excluait pas un futur retour à la résistance armée contre l'occupation israélienne. "Au stade actuel, je ne soutiens pas le retour à la lutte armée, car nous ne pourrions pas y réussir, a-t-il déclaré au journal jordanien "A-Doustour", mais à un stade ultérieur, les choses pourraient changer et cela pourrait bien redevenir une option pour le peuple palestinien."