La situation à Gaza intenable, affirme l'Envoyé de l'ONU pour le Moyen-Orient
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=15944&Cr=pales&Cr1=moyen

26 février 2008 – Robert Serry, le nouveau Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient et John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU ont présenté aujourd'hui devant le Conseil de sécurité un bilan de la situation politique et humanitaire en Israël et dans le Territoire palestinien.

« Les enjeux sont très importants cette année », a rappelé Robert Serry devant la presse à l'issue de la séance publique du Conseil, en référence aux accords d'Annapolis qui prévoient la conclusion d'un accord global de paix d'ici à la fin de 2008.

(webcast).

Il s'agissait du premier exposé mensuel sur le Moyen-Orient pour Robert Serry, depuis sa nomination à ce poste (Voir le compte-rendu de la séance dans le communiqué de l’ONU).

« Le Secrétaire général continue de soutenir pleinement les négociations bilatérales en cours entre le président Abbas et le Premier ministre Olmert et espère vivement qu'elles conduiront à des résultats significatifs sur toutes les questions fondamentales », a expliqué Robert Serry.

En parallèle, j'ai informé le Conseil de sécurité qu'il existe un « décalage de plus en plus important entre ce qui se passe sur le terrain et ces négociations politiques ».

« Ayant participé à plusieurs reprises au processus de paix au Moyen-Orient et étant maintenant à ce nouveau poste, j'ai été frappé par ce que j'ai vu sur le terrain concernant les limitations imposées aux Palestiniens et restreignant le cours normal de la vie en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

Toutes les parties se sont engagées à mettre en oeuvre la Feuille de route, a-t-il rappelé, espérant que cela arriverait rapidement.

« Si cela ne se produit pas, de nombreux Israéliens et Palestiniens vont commencer à se demander ce que leur apporteront ces négociations de paix », a affirmé Robert Serry.

« Quant à la situation à Gaza », l'Envoyé spécial a souligné qu'elle était « intenable et inacceptable » et qu'il fallait « y répondre ».

« Il faut adopter des stratégies différentes et plus positives », a-t-il dit, évoquant les réflexions sur la question au sein du Quatuor pour le Moyen-Orient, composé des États-Unis, de la Fédération de Russie, de l'ONU et de l'Union européenne, avec l'Autorité palestinienne, Israël et l'Egypte, « pour parvenir à une situation où les frontières seront rouvertes, en sécurité, où il sera mis fin aux tirs de roquettes et bien sûr aux attaques suicide, qui doivent s'arrêter ».

« Et si le Hamas est aussi intéressé au bien-être de la population, j'espère qu'il coopérera également », a conclu Robert Serry. John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU a présenté pour sa part un exposé de la situation à Gaza, en Cisjordanie et à Sderot, dans le sud
d'Israël, suite à une récente visite sur le terrain.

« J'ai clairement indiqué au Conseil de sécurité les graves conséquences humanitaires pour la population de Gaza de la crise politique et sécuritaire », « notamment depuis la prise du pouvoir par le Hamas en mars 2007 », a dit John Holmes.

Ainsi, la quantité de biens entrés dans Gaza au mois de janvier 2008, représente 1/10ème seulement du trafic en janvier 2007, a-t-il noté.

Le Coordonnateur des Nations Unies a pressé pour la réouverture des points de passage.

« En Cisjordanie, la situation est différente. Les conditions sont meilleures, mais la combinaison de l'expansion de la barrière, des colonies et des entraves à la circulation a des effets graves en ce qu'elles isolent les populations entre elles, les populations et les services, les terres », a-t-il dit.

John Holmes a appelé aussi à l'allègement de ces restrictions, afin d'offrir un meilleur espoir de paix.

« Nous voulons tous que les négociations de paix soient un succès, parce qu'un autre cas de figure est trop affreux à envisager », a-t-il souligné.

En réponse à une question, Robert Serry a confirmé, sans « souhaiter s'étendre sur la question », la présence de « groupes étrangers entrés à Gaza » qui soulèvent une préoccupation.

Il a aussi souligné l'appui du Quatuor à la proposition de l'Autorité palestinienne de gérer la réouverture des points de passages entre Gaza et Israël, notamment celui de Karni.

« Mais sans une période de calme, et si les militants du Hamas et d'autres groupes continuent de tirer des roquettes, cela sera très difficile », a expliqué Robert Serry. « Cela doit être clair pour tous ».