11 février 2008
Les israéliens s´attaquent à Abou Trika
Les israéliens s´attaquent à Abou Trika
Les journaux israéliens ont sévèrement critiqué le joueur égyptien Abou Trika qui, après avoir marqué un but face au Soudan, il avait soulevé son maillot pour exhiber son second tricot sur lequel il avait exprimé sa sympathie avec le peuple palestinien de Gaza (opprimé par l´Etat sioniste).
La presse de l´Etat hébreu a reproché au joueur d´avoir mêlé la politique au sport, une attitude contraire aux règlements de la FIFA et de la CAF. Elle se demande si Abou Trika, en se démarquant de ces reproches, ne voulait pas plutôt éviter qu´on le sanctionne, ou n´était-il pas courageux juste à l´instant où il a fait son numéro. Les journaux relèvent qu´entre l´arbitre du match, qui avait aussitôt brandi un carton jaune au joueur, et l´attitude de la CAF, qui ne lui a adressé qu´un avertissement (oral), il y a bien discorde. Selon cette presse, il aurait été plus judicieux de suspendre définitivement le joueur sachant qu´il est interdit d´exhiber des slogans ou d´afficher des tendances politiques pendant une compétition sportive.
Le journal Maârif, le plus répandu en Israël, appelle à une sanction sévère à l´encontre de ce joueur, très populaire et aimé de tous les Egyptiens et de tous les Arabes. L´auteur de l´article en question rappelle que la FIFA avait émis des reproches au joueur ghanéen qui avait levé le drapeau israélien dans une rencontre de coupe du monde et se demande qu´elle va être sa position vis-à-vis d´Abou Trika qui a carrément affiché un avis politique devant des milliers de gens.
La presse internationale, elle, n´en fait pas une montagne mais s´est plutôt attelée à commenter le but que l´Egyptien avait inscrit.
Des messages de soutien à Abou Trika sur le site de la CAF
La Confédération africaine de football a reconnu avoir reçu sur son site des e-mails émanant de milliers de gens qui soutiennent la star de la sélection égyptienne Mohamed Abou Trika Ces messages émanent non seulement des pays arabes mais également du monde entier.
http://www.lebuteur
Dominique Vidal - 8 fevrier 2008
Dominique Vidal - 8 fevrier 2008
Vidéo envoyée par sinyweb
Nelson Mandela: 'L'Apartheid est un crime contre l'humanité.

"L'Apartheid est un crime contre l'humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété. Il perpétue un système de discrimination raciale et d'inégalité. Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants." Ces paroles sont de Nelson Mandela, ainsi que les autres remarques faites par lui, en mars 2001, et qui restent malheureusement totalement d'actualité. Merci à Mireille Rumeau pour la traduction de cette lettre de l'ancien Président d'Afrique du Sud, à Thomas L. Friedman, éditorialiste au New York Times.
Cher Thomas, Je sais que vous et moi sommes impatients de voir la paix au Moyen Orient, mais avant que vous continuiez à parler des conditions nécessaires d'un point de vue israélien, vous devez savoir ce que j'en pense. Par où commencer ? Disons 1964. Permettez-moi de citer mes propres paroles lors de mon procès. Elles sont aussi justes aujourd'hui qu'elles l'étaient à l'époque : "J'ai combattu la domination blanche et j'ai combattu la domination noire. J'ai chéri l'idéal d'une société démocratique et libre au sein de laquelle tous vivraient ensemble, en harmonie, et avec des chances égales. C'est un idéal pour lequel j'espère vivre et que j'espère atteindre. Mais s'il le faut, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir." Aujourd'hui, le monde, noir et blanc, reconnaît que l'Apartheid n'a pas d'avenir. En Afrique du Sud, il s'est terminé grâce à notre propre action de masse décisive, pour bâtir la paix et la sécurité. Cette campagne massive de défi et autres actions ne pouvait qu'aboutir à l'établissement de la Démocratie. Il est peut-être étrange pour vous d'observer la situation en Palestine ou, plus spécifiquement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d'Apartheid. Votre article récent "Bush's First Memo", dans le New York Times du 27 mars 2001, le démontre. Vous semblez surpris d'entendre qu'il y a toujours des problèmes de 1948 à résoudre, dont le plus important est le droit au retour des réfugiés palestiniens. Le conflit palestino-israélien n'est pas qu'un problème d'occupation militaire et Israël n'est pas un pays qui a été créé "normalement" et qui s'est mis à occuper un autre pays en 1967. Les Palestiniens ne luttent pas pour un "Etat" mais pour la liberté, la libération et l'égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud. Au cours de ces dernières années, et en particulier lorsque le Parti Travailliste était au gouvernement, Israël a montré qu'il n'avait même pas l'intention de rendre ce qu'il avait occupé en 1967, que les colonies resteraient, que Jérusalem serait sous souveraineté exclusivement israélienne et que les Palestiniens n'auraient pas d'Etat indépendant mais qu'ils seraient placés sous domination économique israélienne, avec un contrôle israélien des frontières, de la terre, de l'air, de l'eau et de la mer. Israël ne pensait pas à un "Etat" mais à une "séparation". La valeur de la séparation se mesure en terme de la capacité d'Israël à garder juif l'Etat juif, et pas d'avoir une minorité palestinienne qui pourrait devenir une majorité, dans l'avenir. Si cela arrivait, cela forcerait Israël à devenir soit un Etat laïque ou bi-national, soit à devenir un Etat d'Apartheid, non seulement de fait, mais aussi de droit. Thomas, si vous suivez les sondages israéliens au cours des 30-40 dernières années, vous verrez clairement un racisme grossier, avec un tiers de la population qui se déclare ouvertement raciste. Ce racisme est de la nature de "Je hais les Arabes", et "Je souhaite que les Arabes meurent". Si vous suivez également le système judiciaire en Israël, vous verrez qu'il y a discrimination contre les Palestiniens, et si vous considérez plus particulièrement les territoires occupés en 1967, vous verrez qu'il y a déjà deux systèmes judiciaires à l'œuvre, qui représentent deux approches différentes de la vie humaine : une pour la vie palestinienne et l'autre pour la vie juive. De plus, il y a deux approches différentes pour la propriété et pour la terre. La propriété palestinienne n'est pas reconnue comme propriété privée puisqu'elle peut être confisquée. Pour l'occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, il y a un facteur supplémentaire à prendre en compte. Les soi-disant "Zones autonomes palestiniennes" sont des Bantoustans. Ce sont des entités restreintes au sein de la structure de pouvoir du système israélien d'Apartheid. L'Etat palestinien ne peut pas être un sous-produit de l'Etat juif, juste pour garder la pureté juive d'Israël. La discrimination raciale d'Israël est la vie quotidienne de la plupart des Palestiniens. Parce qu'Israël est un Etat juif, les Juifs israéliens ont des droits particuliers dont les non Juifs ne bénéficient pas. Les Arabes palestiniens n'ont aucune place dans un Etat "juif". L'Apartheid est un crime contre l'humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété. Il perpétue un système de discrimination raciale et d'inégalité. Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants. Les réponses de l'Afrique du Sud en matière de violation des droits humains provenant des politiques de déportation et des politiques d'apartheid ont mis en lumière ce que la société israélienne doit nécessairement accomplir avant que l'on puisse parler d'une paix juste et durable au Moyen Orient et de la fin de la politique d'apartheid. Thomas, je n'abandonne pas la diplomatie du Moyen Orient, mais je ne serai pas complaisant avec vous comme le sont vos supporters. Si vous voulez la paix et la démocratie, je vous soutiendrai. Si vous voulez formaliser l'apartheid, nous ne vous soutiendrons pas. Si vous voulez soutenir la discrimination raciale et le nettoyage ethnique, nous nous opposerons à vous. Quand vous aurez pris votre décision, passez moi un coup de fil. Nelson Mandela, 28 mars 2001
Traduit par Mireille RUMEAU CAPJPO-EuroPalestine
url:http://www.europalestine.com/spip.php?article2982
Dimanche 10 Février 2008
http://www.alterinfo.netmettre en lumière l’impact du siège de Gaza

Afin de mettre en lumière l’impact du siège de la bande de Gaza sur la population, le P.C.H.R a décidé de publier une série de petits articles basés sur des témoignages individuels faisant état des pratiques quotidiennes de survie dans la bande de gaza. Ce faisant, le P.C.H.R espère que ces témoignages contribueront à mettre en évidence les restrictions et les violations imposées à la population.
Celui-ci est daté du 4 février 2008
« Je suis pêcheur depuis 36 ans et j’ai commencé le métier à l’âge de 15 ans. Je suis natif de Al Jura à 2 kms au sud de Ashkelon, localité réputée pour ses pêcheurs. Quand mon père a été chassé en 1948 il est venu ici avec son bateau »
Jamal Mohammed Bassalla est le porte parole du Syndicat des pêcheurs de Rafah. Ce syndicat compte environ 450 pêcheurs locaux et son siège est sur la plage juste à la sortie de Rafah. Cependant ce matin Jamal et son équipage sont assis sous une bâche en train de boire le thé autour d’un brasero. Aujourd’hui la mer est traîtresse et il est préférable d’attendre que le temps s’améliore.
« Il faut deux ou trois heures pour préparer les bateaux à prendre la mer, mais tous les jours on est en stand by, dit Jamal, On vérifie les filets, le niveau de gasoil, la charge des batteries, les vivres, le GPS.. en un mot tout ce qui est nécessaire pour aller pêcher. Et dès que le temps s’améliore on est prêt à appareiller »
En été Jamal a 18 hommes d’équipage et ils restent en pêche pendant 24 heures d’affilée. Mais en hiver ils ne sont que 6 ou 7. Ils travaillent ensemble depuis des années et se comprennent au moindre signe. Ils sont 3.500 pêcheurs professionnels répartis le long des 40 kilomètres de côte que compte la bande de gaza. A eux tous ils soutiennent économiquement quelque 40.000 personnes entre les mécaniciens, les mareyeurs et les milliers de familles vivant de la pêche locale. Mais cette activité a été décimée, en particulier depuis ces 5 dernières années, à cause des restrictions sans cesse croissantes de l’occupant imposées comme une punition collective – notamment la distance à laquelle les pêcheurs peuvent s’éloigner du rivage sans être l’objet d’arraisonnements et ou bombardements.
Les accords intérimaires pour Gaza et la Cisjordanie, signés entre Israël et l’O.L.P. et 1944-5 ne s’étaient déjà pas conformés aux standards internationaux relatifs notamment au “droit de pêche” dans ses eaux territoriales. Toutefois ces accords stipulent que les pêcheurs de la bande de Gaza peuvent s’éloigner à 20 miles nautiques du rivage ( environ 37 kilomètres). Mais aujourd’hui Jamal et ses collègues font savoir qu’ils ne peuvent plus pêcher au delà de 2.500 mètres du rivage sans risquer de prendre des projectiles : « Si nous allons plus loin en mer les Israéliens peuvent nous tirer dessus, détruire nos filets et nos bateaux ou nous obliger à regagner le rivage. Nous souffrons de ces mesures restrictives depuis 2003 et depuis peu ils utilisent des roquettes et des hélicoptères contre nous. »
Le syndicat des pêcheurs de Rafah dit que les garde-côtes israéliens équipés de lance-missiles patrouillent 24h. sur 24 7 jours sur 7 et que les pêcheurs n’ont aucune chance de s’éloigner du rivage sans être pris pour cibles.
Israël proclame que ces restrictions en matière de pêche font parties de la stratégie militaire globale pour combattre la contrebande d’armes et les attentats suicides. Mais Khalil Shahin directeur de l’Unité des Droits Sociaux et Economiques au PCHR fait ressortir Qu’Israël n’a jamais honoré les accords intérimaires. « Israël n’a jamais autorisé les pêcheurs à aller jusqu’à 20.000miles nautiques, le plus loin qu’ils aient été autorisés à été 12.000 c’était au cours des années 90 quand les pêcheurs ramenaient quelques 3.000tonnes de poisons par an . Mais la production a plongé depuis 2.002 à cause de ces restrictions toujours croissantes. Aujourd’hui les pêcheurs ne ramènent plus jamais plus de 500 tonnes par an, c’est la conséquence inévitable de la violation permanente par Israël des accords intérimaires. » ;
Non seulement bateaux, filets, et autres matériels de pêche sont endommagés ou détruits, mais encore 70 pêcheurs ont été arrêtés l’année dernière. Jamal Bassalla et ses collègues sont en colère et se considèrent frustrés de ne plus pouvoir gagner honorablement leur vie sans risquer leur vie. Un autre syndicaliste Abdoullah déclare qu’il prend à chaque fois des risques «Je mène mon bateau à 4 ou 5kms du rivage mais que puis-je dans ces hauts fonds. Quelquefois je m’en sors mais la plupart du temps alors que nous sommes en pêche ils se mettent à nous tirer dessus et nous obligent à rejoindre le rivage, du coup on est obligé d’abandonner toute la pêche. »
Les pêcheurs de Rafah insistent sur le fait que toutes ces restrictions ont affecté le type de poisson devenu habitué aux eaux peu profondes, comme la sardine. Ils ont eu recours à des filets dont les mailles étaient plus petites afin d’attraper des poissons plus jeunes et plus petits. Et Djamal s’en défend, disant qu’il n’avait pas le choix face au blocus israélien. Et pourtant les pêcheurs ont été sérieusement critiqués pour ce genre de pêche qui a épuisé les stocks marins. Ironie du sort : le nombre de pêcheurs a augmenté depuis le milieu des années 90 et cela parce que des milliers d’hommes qui travaillaient auparavant en Israël se dont reconvertis pour survivre.
Le plus grande ressource naturelle de Gaza c’est la mer et pourtant pour tous ces hommes du syndicats des pêcheurs de Rafah la solution à leurs problèmes est d’une simplicité radicale : Ils ne n’accepteront rien de moins que leurs droits tels qu’ils sont définis dans les accords intérimaires.
« Nous avons besoin de la mer, dit Djamal. Je suis un pêcheur instruit et compétent, j’ai une licence de géographie, mais si je suis revenu à la pêche, c’est parce que j’aime la mer, j’ai 2 frères et 6 fils. Ils sont tous pêcheurs, nous avons nos bateaux et nos filets, nous sommes prêts à tout instant à retourner pêcher. » /


