30 janvier 2008
Nouvel accord boursier franco-israélien
Publié sur www.a7fr.net et www.israelvalley.
Nouvel accord boursier franco-israélien
par Raphael Aouate
lundi 28 janvier 2008 - 14:45
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Des soldats agressent et arrêtent un employé de B’Tselem à Hébron

Des soldats agressent et arrêtent un employé de B’Tselem à Hébron
B’Tselem, communiqué de presse, 20 janvier 2008
www.btselem.
Un enquêteur de terrain de B’Tselem, Issa Amro, a été agressé et arrêté hier par des soldats, dans la ville d’Hébron. Amro a été arrêté alors qu’il filmait les violences de colons dans le quartier palestinien de Wadi Hsein, à l’est d’Hébron.
Hier (samedi 19 janvier), dans la soirée, un groupe de colons a commencé à lancer des pierres en direction d’une maison palestinienne d’Hébron, et à tenter d’y pénétrer. Des forces de la police et de l’armée israéliennes étaient présentes en grand nombre sur place, mais les soldats ne sont pas intervenus pour protéger les habitants palestiniens et éloigner les colons. Deux enquêteurs de B’Tselem se tenaient de l’autre côté de la rue, avec un certain nombre d’habitants palestiniens et de militants internationaux, et filmaient la scène. Le commandant du bataillon Samson, en place à Hébron, un officier ayant le grade de lieutenant colonel, a exigé d’Amro qu’il arrête de filmer. Un groupe de femmes colons s’est alors assemblé autour des enquêteurs de B’Tselem et deux d’entre ces femmes ont tenté de prendre la caméra des mains d’Amro. Un certain nombre de soldats se sont joint à cet assaut, ont frappé Amro et l’ont arrêté. Ils l’ont ensuite mené à une jeep et l’ont une nouvelle fois frappé. Plus tard, B’Tselem a appris qu’Amro avait été arrêté, soupçonné d’avoir agressé les soldats.
B’Tselem déclare posséder plusieurs cassettes montrant le cours des événements et prouvant que c’est Amro qui a été assailli par les soldats. Une fois achevée l’audition du témoignage d’Amro par sa chargée de pouvoir, B’Tselem portera plainte à la police pour agression et arrestation arbitraire d’un employé de l’organisation.
B’Tselem note que, ces derniers temps, les cas se multiplient où des soldats agressent des travailleurs de l’organisation occupés à filmer les violences des colons à Hébron, au prétexte que le fait même de filmer constitue une provocation. Les représentants de l’Etat d’Israël ne cessent, il est vrai, d’insister, en toutes occasions, sur l’importance de l’activité des organisations des droits de l’homme. Cependant, pour tout ce qui touche à l’attitude des membres des forces de sécurité présents à Hébron, il semble bien que ces paroles ne soient que de pure forme et ne servent qu’à masquer une politique de harcèlement systématique à l’égard des militants des droits de l’homme.
(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)
L’armée israélienne est comme Dieu

L’armée israélienne est comme Dieu
et les opérations secrètes une expérience religieuse
Yossi Los
Haokets, 10 septembre 2007
www.haokets.
L’armée israélienne opère en tout lieu et à toute heure. Elle sait tout et est capable de tout. Elle peut se rendre n’importe où pour y faire ce qu’elle voudra. Tout cela pour veiller sur le peuple d’Israël. Aucun doute. C’est bien le Dieu d’Israël. Ce n’est qu’après coup qu’il sera possible de comprendre ce qui se sera passé, mais pas exactement comment. C’est seulement une fois l’action réalisée que l’on pourra voir qu’elle était bonne. Cette action est forcément bonne et appropriée. La logique de ses actes est cachée à nos yeux car notre logique à nous, les petites gens dévotes, est limitée. Ce n’est pas à nous de savoir. Si nous mangions du fruit de la connaissance, nous serions naturellement punis. Il ne s’agit pas de politique mais de la seule réalité véritable et objective, bien supérieure à la profusion de réalités subjectives saisies par nos sens de parti pris et notre langage borné.
Il est impossible de mettre les opérations en mots. Elles dépassent toute imagination. Et néanmoins, on ne peut que les imaginer pour les vivre au fond de notre cœur, de notre corps, de l’âme ou de l’esprit. Comme la plupart d’entre nous ne comptent pas parmi les dieux humains qui entreprennent ces opérations, il nous reste l’admiration, la foi, l’imagination et l’aveuglement. En dehors des soldats-anges qui partent en opérations comme des dieux sur terre, en accord avec des lois suprêmes dissimulées à la vue de l’homme ordinaire, il ne reste plus aux hommes ordinaires qu’à les vivre comme appartenant à leur monde intérieur, lui-même caché de tous. Ainsi, au moyen de la merveilleuse et mystérieuse imagination personnelle, nous pouvons tous nous associer aux anges fils des Dieux, qui vont, en uniformes, accomplir des opérations dangereuses et reviennent tranquillement à la maison après avoir défait les ennemis des élus de Dieu.
Quand sort le film qui changera l’imagination en réalité ?
(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)
La connivence de l’Europe avec le lent génocide israélien

La connivence de l’Europe avec le lent génocide israélien
mercredi 23 janvier 2008 par Omar Barghouti
L’Union Européenne, le plus gros partenaire commercial d’Israël dans le monde, regarde ailleurs pendant qu’Israël resserre son siège barbare autour de Gaza, punissant collectivement 1,5 millions de civils palestiniens, les condamnant à la dévastation et infligeant une mort imminente aux centaines de dialysés et de malades cardiaques, aux bébés prématurés et à tous ceux qui dépendent de l’électricité pour leur survie-même.
En gelant les approvisionnements de carburant et d’électricité, Israël, la puissance occupante, s’assure essentiellement que de l’eau "propre" - en fait, l’eau de Gaza est probablement la plus polluée de toute la région, après des décennies de vol et d’abus israélien - ne soit pas pompée et distribuée de façon appropriée aux foyers et aux institutions. Les hôpitaux ne pourront pas fonctionner de façon adéquate, finissant par conduire à la mort beaucoup de personnes, et surtout les plus vulnérables. Les quelques usines qui tournent toujours malgré le siège vont maintenant être obligées de fermer, poussant vers des sommets un taux de chômage déjà très élevé. Le système d’assainissement va s’arrêter, polluant un peu plus le faible approvisionnement d’eau de Gaza si précieux. Les institutions universitaires et les écoles ne pourront pas exercer correctement et les vies de tous les civils seront sévèrement bouleversées, voire irréversiblement traumatisées. Et l’Europe regarde avec indifférence.
L’universitaire de Princeton, Richard Falk, a considéré que le siège de Gaza par Israël est un "prélude à un génocide", même avant ce tout dernier crime consistant à couper tous les approvisionnements en énergie. A présent, les crimes d’Israël à Gaza peuvent être classés avec exactitude actes de génocide - un lent génocide. Selon l’Article II de la Convention de l’ONU de 1948 sur la Prévention et la Répression du Crime de Génocide, ce terme est ainsi défini :
"Tous les actes qui suivent, commis dans l’intention de détruire, en tout ou partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, tels que : (a) Tuer les membres de ce groupe ; (b) Causer des dommages sérieux, physiques ou mentaux, aux membres de ce groupe ; (c) Infliger délibérément sur ce groupe des conditions de vie calculées pour conduire à sa destruction physique en tout ou partie."
Il est clair que le siège hermétique de Gaza par Israël, destiné à tuer, cause des dommages sérieux, physiques et mentaux, et inflige délibérément des conditions de vie calculées pour conduire à la destruction physique, partielle et progressive, est qualifié d’acte de génocide, voire déjà de génocide total. Et l’Europe est étrangement silencieuse.
Mais pourquoi accuser l’Europe, en particulier, de connivence avec ce crime, lorsque presque toute la communauté internationale ne lève pas le petit doigt et que le Secrétaire Général obséquieux de l’ONU, qui a surpassé ses prédécesseurs dans l’obéissance au gouvernement américain, se contente de faire mine de le suivre ? De plus, que dire du gouvernement étasunien lui-même, le plus généreux sponsor d’Israël, qui est directement impliqué dans le siège actuel, surtout depuis que le président George Bush, lors de sa récente visite, a donné un feu-vert à peine voilé au Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, pour ravager Gaza ? Pourquoi ne pas condamner les frères arabes silencieux des Palestiniens, en particulier l’Egypte - le seul pays qui peut casser immédiatement le siège en réouvrant le poste-frontière de Rafah et en fournissant par ce passage le carburant nécessaire, l’énergie électrique et les fournitures d’urgence ? Et enfin, pourquoi ne pas accuser l’Autorité Palestinienne (AP) basée à Ramallah, dont le dirigeant corrompu et sans vision a vanté ouvertement dans une conférence de presse son "accord total" avec Bush sur tous les sujets d’importance ?
Après Israël, les Etats-Unis sont sans aucun doute la partie la plus coupable de ce présent crime. Sous l’influence d’une idéologie fondamentaliste, militariste et néoconservatrice, qui a pris le commandement du pouvoir, et avec un lobby sioniste omnipotent dont l’influence est sans égale, les Etats-Unis sont à eux seuls à classer dans une catégorie. Il va sans dire que l’AP, l’ONU, ainsi que les gouvernements arabes et internationaux qui maintiennent leurs affaires avec Israël comme si rien ne se passait devraient tous rendre des comptes pour leur acquiescement, que ce soit directement ou indirectement, des crimes contre l’humanité commis par Israël à Gaza. Il est aussi vrai que tous ceux qui ont été cités plus haut portent la responsabilité légale et morale d’intervenir et d’appliquer toute la pression nécessaire pour stopper ce crime avant que des milliers de personnes ne périssent. Mais l’UE dispose d’une position unique dans tout cela. Elle n’est pas seulement silencieuse et indifférente ; dans la plupart des pays européens, Israël et les institutions israéliennes sont actuellement accueillis et courtisés avec une chaleur, une générosité et une déférence sans précédent dans tous les domaines - économique, culturel, universitaire, athlétique, etc. Par exemple, Israël a été convié comme invité d’honneur à un salon du livre majeur à Turin, en Italie. Les films financés par le gouvernement israélien sont présentés dans les festivals de cinéma sur tout le continent. Les produits israéliens, des avocats et des oranges aux systèmes de sécurité high-tech, inondent les marchés européens comme jamais auparavant. Les institutions universitaires israéliennes bénéficient d’un accord de partenariat spécial et très lucratif avec les organes correspondants de l’UE. Les groupes de danse israéliens, les formations musicales et les orchestres sont invités à des tournées européennes et à des festivals comme si Israël n’était pas seulement normal, mais en fait le membre le plus prisé du soi-disant monde "civilisé". Le soutien autrefois terne de l’Europe officielle à Israël est devenu une histoire d’amour intense, ouverte et énigmatique.
Si l’Europe pense qu’elle peut ainsi se repentir de l’holocauste qu’elle a mené contre sa propre population juive, elle facilite en fait honteusement et consciemment la perpétration d’actes tout frais de génocide contre le peuple de Palestine. Mais les Palestiniens, semble-t-il, ne comptent pas pour beaucoup, puisque nous sommes perçus, pas seulement par Israël, mais aussi par ses bons vieux sponsors et alliés "blancs", comme des êtres humains relatifs ou inférieurs. Le continent qui a inventé le génocide moderne et qui a été responsable, au cours des deux derniers siècles, du massacre de plus d’êtres humains, essentiellement des "êtres humains relatifs", que tous les autres continents réunis couvre des crimes qui font penser à ses propres crimes haineux contre l’humanité, de par leur qualité, mais toutefois pas en quantité.
Dans aucune autre affaire internationale, l’establishment européen peut être accusé d’être aussi détaché et indifférent vis-à-vis de son opinion publique. Tandis que des appels à boycotter Israël en tant qu’Etat apartheid se répandent lentement mais constamment dans les organisations de la société civile européenne et de ses syndicats, tirant des parallèles dérangeants avec le boycott de l’apartheid sud-africain, les gouvernements européens découvrent qu’il leur est difficile de se distinguer de la position ouvertement complice des Etats-Unis vis-à-vis d’Israël. Même le cliché européen de la condamnation et de "l’expression d’une profonde inquiétude" sont devenus plus rares que jamais ces derniers temps. De plus, la violation sans relâche et provocante par Israël des propres lois européennes sur les droits de l’homme et de leurs conditions est ignorée à chaque fois que quelqu’un questionne le fait qu’Israël doive continuer à bénéficier de l’accord magnanime de partenariat avec l’UE, malgré son occupation militaire, sa colonisation et son record horrible de violation des droits de l’homme contre ses victimes palestiniennes. Si ce n’est pas de la complicité, alors, qu’est-ce que c’est ?
La moralité mise à part, plonger Gaza dans un océan d’obscurité, de pauvreté, de mort et de désespoir ne peut pas être de bon augure pour l’Europe. En soutenant activement un environnement favorable à la montée du fanatisme et à la violence désespérée près de ses frontières, l’Europe invite stupidement la dévastation à son seuil. Plutôt que de tenir compte - ou au moins de considérer sérieusement - des appels au boycott, au dessaisissement et aux sanctions contre Israël-apartheid, adoptés par quasiment tout le spectre de la société civile palestinienne, elle pourrait bientôt compter avec des forces incontrôlables de violence irrationnelle et sans discernement et avec le chaos qui en résulterait.
Il semble que les élites européennes sont actuellement déterminées à ne jamais s’opposer à Israël, peu importe les crimes qu’il commet. C’est comme si le slogan braillé - et de plus en plus hypocrite - soutenu par les survivants juifs du génocide européen, "Never Again !" [Plus jamais ça !], est à présent épousé par les élites européennes avec une différence : les deux lettres ’s’ et ’t’ ajoutées à la fin. [Never Against ! = Jamais contre (Israël) !]
Omar Barghouti est un analyste politique indépendant palestinien et membre fondateur de Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel [Campagne Palestinienne pour le Boycott Universitaire et Culturel d’Israël].
Traduit de l’anglais par [JFG-QuestionsCritiques]
29 janvier 2008
Lettre de Palestine
Lettre de Palestine

Gaza, le blocus au quotidien
par Heba Zayyan
Depuis que le Hamas l’a emporté sur le Fatah dans la bande de Gaza, les habitants de celle-ci subissent un blocus sévère et inhumain, qui a affecté tous les aspects de leur vie quotidienne. Suite à la fermeture des frontières avec Israël et l’Egypte, les entrées et sorties du territoire sont devenues impossibles : un million et demi de Gazaouis s’en retrouvent prisonniers.
De surcroît, de très nombreux produits ne sont plus disponibles sur le marché, et d’autres ont subi une hausse des prix considérable. Certains articles, tels le fer ou divers matériaux de construction, ne peuvent plus être livrés dans la bande de Gaza, affectant des secteurs entiers de l’économie, en particulier l’activité des ingénieurs, entrepreneurs et ouvriers du bâtiment. Certains types de médicaments ne sont plus fournis ou sont rationnés, ce qui pose de graves problèmes de fonctionnement à la plupart des hôpitaux.
Du coup, le chômage et la pauvreté atteignent des chiffres record et plongent la population dans un dénuement extrême. Et, pour couronner le tout, on assiste à une sévère dégradation de l’état psychologique et social de la population, en proie à des sentiments d’emprisonnement, de réclusion et d’impuissance totale.
La semaine dernière, plusieurs événements ont durement frappé la bande de Gaza. Vingt jeunes membres du Hamas ont été tués lors d’une incursion de l’armée israélienne dans la zone très peuplée d’El-Zaytoun. En représailles, le Hamas a lancé des roquettes sur Israël, qui a répondu par un renforcement sans précédent du blocus. Gaza est totalement privé de carburant, de gaz naturel et de nourriture, provoquant de graves pénuries dans cette ville déjà surpeuplée.
Pendant trois jours, très peu de véhicules ont circulé dans les rues et l’électricité a été coupée dans la quasi-totalité des foyers. Alors que Gaza connaît une grande vague de froid et que les étudiants passent leurs examens dans les universités, les radiateurs électriques ne fonctionnent plus. Quant à ceux alimentés au gaz, on les utilise parcimonieusement, de peur que la crise ne se prolonge. Cette situation constitue surtout un risque pour la vie de certains patients dans les hôpitaux, à commencer par les prématurés dans les couveuses. Inutile de dire que tout cela a aggravé notre sentiment d’impuissance, vu notre incapacité à agir pour changer le cours des choses.
Suite à certaines campagnes de presse, des quantités limitées de carburant ont pu être livrées dans le territoire. Cela pourrait donner le sentiment au monde extérieur que la crise du carburant et du gaz est terminée. Ce n’est hélas qu’une apparence, car l’électricité reste toujours aussi rare, et il n’y a toujours pas de carburant pour les voitures. Il semblerait que ces restrictions doivent se prolonger, et nous redoutons plus que tout un rationnement de l’électricité.
Mercredi dernier, des brèches ont été percées par des groupes armés dans le mur qui sépare la bande de Gaza de l’Egypte. Heureusement, l’Egypte nous a permis d’entrer provisoirement sur son territoire, provoquant un sentiment de relatif soulagement dans la population. Il se trouve que, ce jour-là, j’avais à faire à Rafah : j’ai eu la chance d’observer de mes propres yeux tous ces Gazaouis traversant la frontière à pied ou dans des voitures bondées. Comment ne pas les comprendre, après avoir subi un blocus aussi long et eu accès à aussi peu de denrées et de services ? Beaucoup de ces gens n’ont pas d’emploi : ils essayaient de gagner quelques sous en important d’Egypte des produits qu’ils pourraient revendre dans la bande de Gaza. D’ailleurs, les prix très élevés des produits devenus rares, comme les cigarettes, ont chuté en quelques heures seulement. Nombre de ceux qui se sont rués vers El-Arich, en Egypte, attendaient depuis plus de huit mois de quitter Gaza pour aller travailler ou étudier de l’autre côté de la frontière.
Je me demande quel regard le monde extérieur jette sur ces populations, sur leurs tentatives d’accéder à une ville relativement proche avec des ressources presque aussi limitées qu’à Gaza, avec tant de joie, de persévérance et d’enthousiasme ! A mes yeux, il n’y a pas de spectacle plus aigre-doux que ces gens marchant en longues files sur de grandes distances, avec leur mouton ou un bidon d’essence, heureux d’avoir arraché cette minuscule victoire, de si courte durée.
Les autorités égyptiennes ont annoncé que le passage entre la bande de Gaza et El-Arich (uniquement El-Arich, et non le reste de l’Egypte) resterait ouvert jusqu’à nouvel ordre, tant que les Gazaouis auraient besoin de se ravitailler en produits de première nécessité. Cependant, cela n’annonce toujours pas la fin du blocus. Le Hamas et l’Autorité palestinienne à Ramallah devraient, selon moi, parvenir très vite à un accord, en dépassant leurs divergences et en s’entendant pour soutenir ensemble le peuple palestinien.
La bande de Gaza ne devrait plus être isolée de la Cisjordanie. Sa population ne devrait plus continuer à vivre en marge, exposée aux privations et aux violations des droits de l’homme. Quand donc va prendre fin son attente désespérée d’un changement miraculeux qui lui permettrait d’être considérée par le reste des nations comme formée d’êtres humains à part entière, qui aspirent à une vie « normale » ? Les Gazaouis n’ont pas à subir de punitions collectives en raison de la vision qu’a le monde de l’action de leurs dirigeants.
Heba Zayyan vit à Gaza et tient un blog, Contemplating from Gaza.
interview laila shaid
„Il y a une force qui empêche la guerre civile“
Die Generaldelegierte Palästinas in Europa erläutert im TageblattInterview die Situation im Nahen Osten und die Stationen ihres persönlichen Engagements im Kampf für Gerechtigkeit.
Sascha Bremer
Tageblatt: Leila Shahid, vous représentez la Palestine auprès de l’Union européenne et vous êtes une Palestinienne de l’extérieur. Est-ce que vous êtes un ambassadeur comme les autres?
Leila Shahid: „Comme les autres ambassadeurs sûrement pas, puisque je suis l’ambassadeur d’une nation qui existe, mais d’un Etat qui n’existe pas. Déjà, en commençant par le titre, je ne m’appelle pas ambassadeur de Palestine, mais déléguée générale de Palestine. Pourquoi ce titre? Eh bien, il y a bien fallu trouver un titre qui corresponde à un ambassadeur d’une nation. Rien que ce titre nous a couté quand même pratiquement 45 années de lutte et d’engagement.”
„T”: Comment est né votre engagement pour la cause palestinienne?
L.S.: „Voyez-vous, c’est très difficile lorsque vous appartenez à un peuple qui a été dépossédé de sa terre, absolument expulsé de chez lui, sans droit de retour. Aussi loin que je me remonte dans mon enfance, je revois ma mère qui a une douleur profonde: celle d’avoir perdu sa maison natale à Jérusalem-Ouest. Et moi, découvrant le monde à trois, quatre ans, je ne comprenais pas cette tristesse profonde. Comme chaque enfant palestinien de ma génération, j’étais donc très vite confrontée à la douleur, puis petit à petit la prise de conscience de la raison de cette douleur, du sentiment d’injustice.“
„T”: A quel moment est né votre conscience politique?
L.S.: „Le moment clé à été le choc de la guerre de 1967. Le 5 juin 1967 c’était le jour des épreuves du bac (Leila Shahid rit) et toutes les radios du Liban annonçaient l’attaque israélienne sur les aéroports égyptiens. Le couvre-feu a été instauré à Beyrouth et les épreuves annulées. Et moi, comme tous les étudiants imbéciles et naïfs de cette époque, j’ai sauté de joie en pensant qu’il n’ y aurait plus d’épreuves et quelques jours en plus afin de réviser. Nous étions d’ailleurs à mille lieues de penser qu’on allait perdre cette guerre.
Après six jours le constat de la défaite des armées égyptienne et syrienne était amère. Nous avions à nouveau perdu des territoires. J’étais comme tous les Palestiniens effondrée par les dimensions du désastre. A ce moment-là est né en moi le devoir de devenir une militante politique. J’avais besoin d’analyser avec d’autres les causes militaires et politiques de cette défaite.“
„T”: Et pourtant vous avez plutôt choisi la voie du verbe et non pas celle des armes?
L.S.: „Oui, je ne me sentais pas particulièrement attirée par le travail militaire. J’ai commencé à aller militer dans les camps de réfugiés, c’était un peu comme si je retrouvais la Palestine. Parce qu’il faut s’imaginer que dans les 15 camps du Liban, vivaient à l’époque environ 300.000 personnes. Ces années de 1968 à 1974, étaient peut-être les plus belles années de ma vie, parce que par mon travail politique avec ces femmes et ces jeunes j’étais totalement en osmose avec mon identité.“
„T”: Venons-en à l’époque contemporaine. Comment voyez-vous l’après Annapolis?
L.S.: „Est-ce qu’on peut vraiment parler d’après Annapolis, est-ce que c’est vraiment une date charnière? Je ne pense pas. C’est plutôt une date médiatique qu’une date historique. Il aurait fallu qu’il y ait une volonté réelle d’en faire un événement historique.“
„T”: Vous pensez donc que dès le départ personne n’avait la volonté pour négocier sérieusement?
L.S.: „Ecoutez, le président George Bush avait et a envie de quitter son mandat, avec une image qui dit qu’il a au moins essayé de faire la paix entre Israéliens et Palestiniens. Malheureusement il a attendu sa dernière année au pouvoir, pour le faire. Or, le premier ministre israélien Ehud Olmert, de son côté, est sur un siège éjectable. Il est sous pression de tous les côtés et il n’a pas de mandat pour négocier. Du côté palestinien il y a une volonté de négocier. Mais peut-on vraiment négocier au nom de tous les Palestiniens, étant donné que tous les habitants de Gaza sont sous la responsabilité du Hamas?“
„T”: Comment cette conférence s’est-elle déroulée?
L.S.: „Déjà la préparation d’Annapolis s’est faite d’une manière, je dirai peu sérieuse. Il n’y avait pas de base claire aux négociations. Nous sommes allés à Annapolis sans document, sans dire pourquoi on y va. A Annapolis même, aucune des séances n’a permis d’aboutir sur un programme.
Et puis Annapolis était, selon les américains, une date de lancement pour les négociations. Deux mois plus tard, on voit bien, avec ce qui se passe dans la Bande de Gaza, que les négociations ne fonctionnent pas.“
„T”: Justement, la prise du pouvoir de Gaza par le Hamas en juin dernier, a-t-elle atteint l’unité du peuple palestinien?
L.S.: „Je dirais que la prise de pouvoir du Hamas à Gaza, par la force militaire, est un séisme. Surtout sur ce que cela a produit sur le plan des esprits. Les Palestiniens représentent une population physiquement éclatée depuis 1948. Nous avons eu de nombreux moments difficiles – l’expulsion de l’OLP de la Jordanie, l’expulsion du Liban et la guerre civile dans ce pays, à laquelle nous avons contribué malgré nous – mais pendant toute cette période et malgré toutes les difficultés nous ne nous sommes jamais entre-tués.
L’affrontement de juin dernier à Gaza, c’est la première fois dans notre histoire que des frères s’entre-tuent. Les fautes de ce conflit sont évidemment avant toute chose de la responsabilité du Hamas et du Fatah eux-mêmes. Les deux sont responsables, même si c’est le Hamas qui déclenche l’attaque.
Mais il y a aussi une responsabilité internationale. La communauté internationale a demandé d’organiser des élections, après le décès du président Arafat en 2004. L’UE et d’autres organismes surveillent et financent ces élections et reconnaissent officiellement les candidats et les partis, dont ceux du Hamas. Et lorsque les résultats sortent, étant donné que c’est le Hamas qui a la majorité, la communauté internationale ne les reconnait pas. Donc ceux qui ont perdu, en l’occurence le Fatah, ont l’impression qu’il peuvent faire comme s’ils n’ont pas perdu. Ceci est très grave, parce que cela pousse le Hamas vers la faute ultime.
Le plus grave pour moi dans cette affaire, c’est comment cela affecte le ciment social palestinien du mouvement de libération national. Le talon d’achille de tout mouvement national, c’est sa fragmentation, l’effritement de l’intérieur. La seule chose qui a permis aux Palestiniens de survivre ces 60 dernières années, c’est leur unité. Ce danger qui vient de l’intérieur, arrange évidemment Israël qui fait tout pour l’alimenter et l’encourager.“
„T”: Vous exprimiez depuis l’été dernier vos craintes devant le risque de guerre civile. Qu’en est-il maintenant?
L.S.: „Avec un peu de soulagement je constate qu’il y a une force qui empêche la guerre civile d’aller plus loin. Cela fait sept mois depuis que le Hamas a pris le contrôle de Gaza. On aurait pu penser, vu les horreurs qui se sont produites au début, que tout cela ferait effet de boule de neige. Il y a eu malheureusement des vendettas contre le Hamas en Cisjordanie, mais les affrontements n’ont pas pris les dimensions qu’on aurait pu craindre.
La société peut contenir la guerre civile, mais elle n’a pas les moyens de remettre les choses sur les rails, comme il le faudrait.“
„T”: Voyez-vous des signes d’une amélioration de la situation? Avec Israël, mais aussi sur le plan intérieur entre le Fatah et le Hamas?
L.S.: „Ce qui s’est déroulé entre les Palestiniens et les Israéliens depuis Annapolis, n’est qu’un dialogue de sourds. Puisque les Israéliens avant chaque rencontre, ou bien déclarent de nouvelles unités de logement dans les colonies, ou bien bombardent et tuent des dizaines de Palestiniens, comment voulez-vous dialoguer? Sur le plan intérieur, le Fatah et le Hamas sentent que la population est devenue très critique à l’égard de leur attitude. Et il y a une énorme pression de la part de la société civile, afin que les contacts se rétablissent.
Le Hamas a fait une énorme erreur, quand il a renversé le gouvernement de coalition. Surtout, depuis qu’il a pris le pouvoir à Gaza, l’attitude du Hamas envers la population a été terrible et leur a couté beaucoup de popularité.
De son côté, le Fatah n’a pas montré qu’il a appris les leçons de sa défaite électorale, il n’a pas fait son autocritique. Sa politique, ses objectifs et son appareil politique n’ont pas été renouvelés. La population veut que la première tâche de sa direction soit celle de refaire cette union nationale, sur des bases claires. Il faut trouver un dénominateur commun entre les deux partis. Je pense que des deux côtés, il y a des discours qui vont dans cette direction, mais il y aussi des dissensions au sein du Hamas“.
„T”: Quelle est la condition féminine à Gaza, surtout après la prise de contrôle par le Hamas?
L.S.: „Très grave. Il est évident que l’idéologie politique et sociale du Hamas pose un énorme problème à la société palestinienne. Mais le statut des femmes a en fait déjà régressé avant la prise de pouvoir du Hamas, au moment de l’échec du processus de paix d’Oslo. Les accords d’Oslo en 1993 avaient permis une sorte d’explosion de soulagement au sein de la population. Puisque le Fatah, donc les laïques, était le moteur de cette démarche, il s’ensuivait une libération immédiate des moeurs dans la société. Le sape du processus par l’ancien premier ministre israélien Ariel Sharon, constitue un énorme retour en arrière. Au nom de la sacro-sainte sécurité d’Israël, Israël fragmente le territoire palestinien et boucle chaque ville, chaque village et chaque camp de réfugiés. Cela dure depuis sept ans. Israël a réduit depuis le mouvement de libération nationale au niveau du village et du clan.
A la minute où vous réduisez le sentiment d’appartenance à la cellule clanique, vous refaites sortir toutes les moeurs archaïques. Cela veut dire: la vendetta, le crime d’honneur, le statut de la femme enfermée, l’inceste, la prostitution. Lorsqu’une société régresse sur le plan culturel, social et politique, les premiers à être touchés sont les éléments les plus fragiles d’une société – les enfants et les femmes. Le traumatisme que vivent aujourd’hui les enfants, en particulier au Gaza, est très profond. Les régressions au niveau du comportement psychologique de certains enfants est terrible. Il nous faudra des années afin de les soigner. La même chose vaut pour les femmes.”
http://www.tageblatt.lu/edition/article.asp?ArticleId=12000
28 janvier 2008
Un génocide n’a pas besoin de chambres à gaz !

Un génocide n’a pas besoin de chambres à gaz !

http://www.photo-mege.com/palestine.html
Journal "Ha’Aretz", Tel-Aviv
Cri de colère contre la politique d’Ariel Sharon dans les Territoires palestiniens, par Shulamit Aloni, ex-ministre de la Culture du gouvernement Rabin et leader de la gauche israélienne.
Nous n’avons pas de chambres à gaz ni de fours crématoires, mais il n’existe pas qu’une seule méthode pour commettre un génocide. Le Dr Ya’akov Lazovik écrit dans le journal "Ha’Aretz" que le gouvernement de l’Etat d’Israël et la nation ne sauraient projeter de commettre un génocide. Est-ce là de la naïveté ou de l’hypocrisie ? C’est difficile à dire. On sait bien qu’il n’y a pas qu’une façon de commettre un meurtre, et cela vaut également pour le génocide. L’écrivain Y. L. Peretz parlait de ce “chat vertueux” qui ne fait pas couler le sang, mais étouffe ses victimes.
Le gouvernement israélien, avec son armée et ses instruments de destruction, non seulement fait couler le sang, mais étouffe aussi ses victimes. Comment qualifier autrement le largage d’une bombe de 1 tonne sur une zone urbaine densément peuplée [le 22 juillet dernier, à Gaza], officiellement pour tuer un dangereux terroriste et sa femme ? Bien sûr, les autres personnes - dont des femmes et des enfants - qui ont été tuées ou blessées ne comptent pas. Comment peut-on expliquer qu’on expulse des citoyens de chez eux à 3 heures du matin sous la pluie, puis qu’on place des bombes dans leurs maisons et qu’on s’en aille sans rien leur dire ?
Et comment justifier ce qui s’est passé à Jénine ? Nous n’avons pas détruit tout le quartier, mais seulement 85 maisons ; ce n’était pas un massacre, nous n’avons tué qu’une cinquantaine de personnes. Combien de gens faut-il tuer, combien de maisons faut-il détruire pour que ce soit un crime ? Un crime contre l’humanité tel qu’il est défini par les lois de l’Etat d’Israël et pas seulement par les lois belges.
Mieux encore : un couvre-feu et le bouclage d’une ville entière pour permettre à quelques adeptes d’une bande raciste [les ultras des colonies juives] d’entrer dans le caveau des Patriarches à Hébron, des chars qui détruisent des étals de fruits et légumes, des bulldozers abattant des maisons et des généraux qui, dans leur immense orgueil, sont prêts à détruire tout un quartier pour un groupe de voyous de colons. Couvre-feu, bouclages, brutalités, meurtres, destruction des maisons des suspects... on a fait tout cela.
L’ordre qu’a donné Ariel Sharon aux soldats qui sont allés se venger à Qibiah [en Jordanie, en 1956] - “Maximisez les pertes en vies et en biens” - n’a pas été oublié. Aujourd’hui, le Premier ministre Sharon, [le ministre israélien de la Défense] Shaül Mofaz et [le chef de l’état-major] Moshe Yaalon, les trois généraux qui dirigent la politique de ce gouvernement, se comportent comme le chat hypocrite : ils s’emploient à étouffer leurs victimes. Benny Alon, ministre du gouvernement actuel, l’a bien dit : “Rendez-leur [aux Palestiniens] la vie tellement impossible qu’ils partiront d’eux-mêmes.”
C’est ce qui se fait tous les jours. Le chef d’état-major a annoncé qu’il détruisait “pour reconstruire”. Ses actions laissent supposer que, par “construire”, il entend : construire de nouvelles colonies. Pour ne pas être obligée de veiller au bien-être des habitants, l’armée pénètre dans un village, tue, détruit, arrête et se replie. Ceux qui restent au milieu des cendres et des ruines n’ont plus qu’à se débrouiller tous seuls.
Israël ne veut tout simplement pas savoir...
Nombre de nos enfants sont endoctrinés, on leur dit dans les écoles religieuses que les Arabes sont des Amalécites [tribu ennemie des Hébreux] et la Bible nous enseigne qu’il faut anéantir les Amalécites. Un rabbin (Israël Hess) a écrit une fois dans le journal de l’université Bar-Ilan que nous devions commettre un génocide car ses recherches avaient montré que les Palestiniens étaient des Amalécites.
La nation israélienne ne projette pas un génocide ; elle ne veut tout simplement pas savoir ce qui se passe dans les Territoires. La nation obéit aux ordres donnés par ses représentants légitimes. Depuis l’assassinat du Premier ministre légitime [Yitzhak Rabin, en 1995], qui voulait apporter la paix, le doigt est sans cesse sur la détente, la cupidité passe avant tout et il existe toujours une raison pour brutaliser l’ensemble des habitants d’une ville qui en compte des dizaines, voire des centaines de milliers - parce qu’il y a toujours des gens qui sont recherchés. Il suffit qu’une personne soit recherchée pour bombarder et tuer, par erreur bien entendu, des femmes, des enfants, des ouvriers et d’autres êtres humains - en admettant qu’on les considère encore comme des êtres humains.
Bien entendu, avec notre hypocrisie, avec l’adoration que nous vouons à notre “morale juive”, nous faisons en sorte que tout le monde sache que les victimes palestiniennes sont merveilleusement soignées dans nos hôpitaux. Mais nous nous gardons bien de faire savoir combien de Palestiniens sont exécutés de sang-froid dans leur propre maison.
Le génocide dont il s’agit aujourd’hui n’est pas le même que celui dont nous avons été victimes dans le passé. Comme me l’a dit l’un de ces généraux malins, nous n’avons pas de chambres à gaz ni de fours crématoires.
Shulamit Aloni
Un et deux Etats - Le mythe du consensus international
Un et deux Etats - Le mythe du consensus international
dimanche 27 janvier 2008 - Kathleen Christison
Palestiniens et Juifs pourraient vivre ensemble, en tant que citoyens d’un seul Etat véritablement démocratique.
Dans toute la panoplie de raisons qu’on oppose aux partisans d’une solution pour un Etat unique pour la Palestine/Israël, peut-être que la plus mal fondée - et reprise par des commentateurs bien intentionnés croyant défendre au mieux les intérêts palestiniens - est cette affirmation catégorique : les Palestiniens, en appuyant une telle position, irritent la communauté internationale du fait qu’un prétendu consensus international soutient et se fonde sur une solution à deux Etats. A un moment où le « consensus international » ne peut être moins motivé pour faire respecter les droits des Palestiniens - surtout pour obliger Israël à se retirer d’assez de territoires pour permettre une vraie patrie palestinienne et sa totale libération de sa domination -, cet appel à se conformer aux désirs d’une communauté internationale indifférente est, au mieux, un argument creux, et au pire, une façon bien hypocrite de s’esquiver, qui affaiblissent le droit des Palestiniens de se battre pour l’égalité et l’autodétermination. Arguer que les Palestiniens ne peuvent se prononcer pour un seul Etat car cela déclanche l’hostilité d’un certain consensus mythique dans le monde, vise simplement à leur ôter le droit de réfléchir à toute solution alternative.
La solution pour un seul Etat s’envisage dans le cadre d’un accord qui conduirait Palestiniens et Juifs à vivre ensemble, en tant citoyens d’un seul Etat véritablement démocratique, garantissant le droit à l’égalité comme l’égalité d’accès aux instruments de gouvernance. Une telle issue signifierait la fin du sionisme tel qu’il est conçu actuellement et la fin d’Israël en tant qu’Etat exclusivement juif, mais elle garantirait l’égalité des droits civiques et politiques pour les Juifs israéliens et encouragerait la poursuite de l’immigration juive, tout comme elle garantirait - pour la première fois - l’égalité des droits civiques et politiques pour les Palestiniens et le droit des réfugiés palestiniens exilés au cours de ces 60 dernières années à revenir dans leur patrie.
Le concept de créer un seul Etat pour les Palestiniens et pour les Juifs - bien qu’historiquement ce ne soit pas une idée nouvelle - a regagné une crédibilité ces dernières années. Et ce alors qu’il devient de plus en plus évident qu’Israël s’accapare toujours plus de terres palestiniennes dans les territoires occupés : des terres volées aux Palestiniens pour étendre toujours plus de colonies, pour un vaste réseau de routes à usage exclusif pour les Israéliens, pour un mur de séparation monstrueusement destructeur, pour des bases militaires israéliennes et des zones fermées pour sécurité. Cela fait de la vision de « deux Etats vivant en paix côte à côte » une cruelle plaisanterie.
L’instauration d’un Etat unique est énergiquement défendue par un petit nombre, mais grandissant, d’analystes et de militants. Virginia Tilley a soulevé l’idée dans son livre « La Solution à un Etat » (2005). Ali Abunimah, l’année suivante, a poursuivi la réflexion avec « Un Pays » et Joel Kovel y a contribué avec « Vaincre le Sionisme » en 2007. Au cours de ces dernières années, de nombreux articles, conférences internationales et débats entre partisans et opposants à un Etat en ont abordé, surtout en Europe et en Israël, les potentialités. Un mouvement populaire émergeant en Palestine mobilise son énergie pour promouvoir un Etat, en collaboration avec des universitaires et des militants du mouvement de solidarité à travers le monde.
Mais beaucoup considèrent l’idée avec dédain, de façon désinvolte, la rejetant au prétexte qu’elle serait « naïvement visionnaire », une « illusion », ou simplement « vouée à l’échec ». D’autres opposants réfléchissent à la question et avancent des objections argumentées, et souvent assez bien motivées. Le présent article portera sur une seule de ces objections, parmi les plus répandues : un Etat unique irait à l’encontre d’un « consensus international » qui, lui, soutient la solution à deux Etats.
Cet argument découle de ce que des organismes internationaux - tels que les Nations unies et ses organismes, des organisations pour les droits de l’homme et les directions de la plupart des nations dans le monde, dont, et pas des moindres, l’OLP et l’Autorité palestinienne elles-mêmes - veulent la fin de l’occupation et qu’Israël continue d’exister à l’intérieur des frontières de 1967, avec l’établissement d’un Etat palestinien sur le quart de la Palestine qui resterait de fait pour les Palestiniens. On considère automatiquement que le consensus international est sacro-saint, cela uniquement parce qu’il est international (et sans doute aussi parce qu’il n’expose pas l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif).
La meilleure objection à cet honorariat du consensus international, c’est qu’en fait la communauté internationale ne s’intéresse aucunement à ce que deviendraient les Palestiniens (pas plus qu’aujourd’hui ou dans le passé), et qu’elle n’est pas prête à examiner une solution particulière. Bien qu’effectif, le « consensus international » ne s’est jamais intéressé à des solutions spécifiques. Il cherche essentiellement à s’accommoder des Etats-Unis et de leur politique - c’est-à-dire préserver l’existence d’Israël avant tout, soutenir une solution à deux Etats (position à laquelle les USA et Israël sont prêts) -, mais ne se soucie en quoi que ce soit des droits palestiniens. La communauté internationale n’initie aucune politique ; elle se contente simplement de répéter comme un perroquet et d’approuver les positions avancées dans les centres de pouvoir internationaux, en l’occurrence les USA et Israël.
La résolution 242, base des initiatives de paix
En réalité, il n’y a aucun consensus international pour deux Etats pour la Palestine et Israël. Ceux qui invoquent la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies comme base pour les deux Etats ne veulent pas voir qu’en réalité la résolution n’a jamais imaginé deux Etats. A son adoption à la suite de la guerre de 1967, où Israël s’est emparé de territoires jordanien, égyptien et syrien, elle demandait le retrait d’Israël « des territoires occupés » lors de la guerre et affirmait le droit de tous les Etats de la région « à vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues ». (Une formulation qui fut par la suite transformée en une exigence à l’égard des Palestiniens et des autres Arabes pour qu’ils reconnaissent le « droit d’exister » d’Israël). Alors qu’elle est devenue la base des initiatives de paix ultérieures, la résolution 242 ne fait même pas références aux Palestiniens, sauf en évoquant le « problème des réfugiés », et elle n’avance aucune proposition pour deux Etats en Palestine/Israël. Le consensus international, à cet endroit, s’est comporté comme s’il n’avait jamais entendu parler des Palestiniens. A l’époque, quand on prenait en compte le sort de la Cisjordanie et Gaza occupées, c’était seulement pour mettre fin à leur contrôle par Israël et que celui-ci restitue ces territoires respectivement à la Jordanie et à l’Egypte, leurs occupants initiaux.
S’il y eut un jour consensus international pour deux Etats en Palestine, ce fut en 1947, ou dans la période où fut votée la résolution des Nations unies pour le plan de partage qui a divisé la Palestine en un Etat juif et en un Etat arabe. Cette période de soutien à deux Etats va du milieu de 1947, quand une commission des Nations unies a recommandé la partition, jusqu’au début de 1948, date à laquelle Israël et Jordanie commencèrent à voler le territoire destiné à être l’Etat arabe palestinien, chacun se saisissant d’environ la moitié (sauf pour Gaza contrôlée par l’Egypte, mais non annexée, jusqu’à ce qu’Israël ne s’empare de cette minuscule bande de terre en 1967). La communauté internationale n’a jamais exprimé la moindre inquiétude à propos du démantèlement de ce second Etat qui devait s’établir en Palestine, ni de la purification ethnique par Israël contre la population palestinienne, ni du sort des 750 000 Palestiniens contraints de s’exiler et expédiés dans des camps de réfugiés dans les pays arabes voisins, et pas davantage du contrôle continu d’Israël et de la Jordanie sur les territoires qu’ils avaient volés aux Palestiniens. Tel est le consensus international.
Aujourd’hui, même si un consensus international existe en faveur de deux Etats, il est motivé non par l’intérêt national à voir un Etat palestinien formé à côté de celui d’Israël mais par la décision solennelle des Palestiniens eux-mêmes, de novembre 1988, d’accepter la formule à deux Etats. Décision qui tombait en pleine Première Intifada. Aussitôt, la Jordanie a renoncé à toute prétention sur la Cisjordanie. Même alors, les USA, Israël et la communauté internationale n’ont accepté l’idée d’autoriser les Palestiniens à avoir un Etat que plusieurs années plus tard, quand la notion de deux Etats, progressivement, à été acceptée implicitement comme résultat logique des négociations de paix qui se sont déroulées au cours des années 1990. Tout au long du processus de paix d’Oslo, l’Etat palestinien a rarement, voire jamais, été explicitement évoqué comme un issue probable.
Il a fallu attendre les derniers jours du mandat du président Clinton, en janvier 2001 - plus de 30 ans après le début de l’occupation, 50 après le démantèlement de la Palestine - pour qu’un président américain recommande, publiquement et explicitement, un Etat palestinien. (George Bush prétend être le premier à appeler à un Etat palestinien mais Clinton l’a devancé de plus d’un an. Clinton ne s’en vante pas, probablement parce qu’aux Etats-Unis, nul n’y gagne sur le plan politique à préconiser le moindre avantage pour les Palestiniens ou à demander la moindre concession à Israël. Clinton et Bush ont, tous les deux et explicitement, exclu la possibilité que l’Etat palestinien couvre l’ensemble des territoires palestiniens pris en 1967, les deux affirmant qu’Israël devait garder le contrôle sur les principaux blocs de colonies, à l’est de Jérusalem et en Cisjordanie.)
Un consensus international bien silencieux sur l’expropriation des Palestiens et la colonisation
Le « consensus international » a eu peu à dire, toutes ces dizaines d’années, sur le sort des Palestiniens pris entre l’acceptation de l’OLP pour deux Etats, en 1988, et l’anéantissement, en 2000, du seul processus de paix sérieux qui aurait pu conduire à un véritable Etat palestinien. La communauté internationale ne fait rien pour un Etat palestinien : elle n’a fait aucune objection sur le fait qu’Israël exproprie toujours les Palestiniens du territoire sur lequel leur Etat était prévu ; elle n’a fait aucune objection en voyant le nombre de colons israéliens sur ce territoire doubler au cours des années d’un processus de paix qui devait solutionner les problèmes de terres et de colonies.
Le soi-disant consensus international ne peut guère prétendre avoir défendu un Etat palestinien de façon significative. Il est engagé aujourd’hui, en réalité, dans un travail visant à saper toute perspective d’une véritable patrie palestinienne. En continuant de soutenir Israël quand celui-ci rend impossible toute solution à deux Etats, en refusant de voir qu’Israël perpétue ce qu’en tout autre contexte on considérerait comme des crimes de guerre contre une population civile impuissante, le consensus international tant vanté contribue en réalité à perpétuer son soutien à l’anéantissement de tout un peuple et de ses aspirations nationales. La catastrophe humanitaire de Gaza découle entièrement du veule refus de la communauté internationale de s’opposer à Israël, et de son soutien actif à l’embargo sur Gaza qui emprisonne et affame un million cinq cent mille habitants et anéantit l’économie gazaouie.
Lors d’une interview, au début de l’année, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, s’est vanté de tout ce soutien international dont profite Israël dans son programme d’oppression. La constellation internationale des dirigeants du monde qui appuie Israël, dit-il, est quasiment ce qu’on appelle une intervention divine. « C’est un concours de circonstances qui relève presque de « la main de Dieu » : Bush est président des Etats-Unis, Nicolas Sarkozy président de la France, Angela Merkel chancelière de l’Allemagne, Gordon Brown Premier ministre d’Angleterre et l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient est Tony Blair. « Israël peut-il espérer mieux, se demande Olmert, que cette « confortable » association ? Le fait que le président palestinien, Mahmoud Abbas, et l’appareil de l’Autorité palestinienne à Ramallah soutiennent et rassurent cette sphère d’un réconfort agréable dans laquelle Israël se repaît et œuvre à la catastrophe humanitaire imposée à leurs compatriotes de Gaza ne diminue en rien la responsabilité du « consensus international » pour sa contribution à toutes ces horreurs.
Ceux qui présentent le consensus international comme un élément devant être pris en compte mettent en avant que les sondages d’opinion en Israël, aux Etats-Unis et en Europe montrent un fort soutien populaire à la fin de l’occupation israélienne et approuvent systématiquement, et à une large majorité, la formule à deux Etats. C’est exact, mais ces sondages sont, pour l’essentiel, dépourvus de signification. Sur les questions palestino-israéliennes - comme lorsque à l’époque où on se dirigeait vers la guerre en Iraq -, l’opinion publique internationale n’a pratiquement aucun impact sur les politiques suivies par les gouvernements et, de toute façon, l’opinion publique sur cette question est purement réactive.
Dans la plupart des esprits, dans les sociétés libérales occidentales, la patrie palestinienne est une belle idée un peu floue, rares sont ceux qui comprennent ce qui se passe sur le terrain en Palestine et plus rares encore ceux qui sont prêts à descendre dans la rue pour confirmer leur « oui » occasionnel aux organismes de sondages, et à protester contre l’occupation. De plus, les soutiens à un Etat régressent dès qu’on indique clairement la nature précise des concessions que cela requiert d’Israël. Il convient également de noter, pour mesurer l’importance de ces sondages, qu’en Israël ils donnent une même majorité importante en faveur de la purification ethnique qui jette les Palestiniens hors d’Israël et de Cisjordanie qu’en faveur de leur Etat.
Invoquer le consensus international pour inciter les Palestiniens à cesser de proposer une égalité véritable dans un Etat unique sur toute la Palestine relève d’une sorte de déni, du refus de reconnaître que le consensus international est tellement inconscient de l’injustice commise à l’égard des Palestiniens qu’il n’a même pas remarqué, et ne s’en est pas soucié, que la possibilité d’instaurer deux Etats était complètement morte depuis plusieurs années. Une véritable solution à deux Etats - avec un Etat palestinien sur toute la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est, doté d’une totale souveraineté et indépendance sur un territoire contigu, non fragmenté et non encerclé par Israël - est devenue un rêve insensé dont le consensus international doit encore se sortir.
* Kathleen Christison a été analyste politique à la CIA, elle a travaillé sur les questions du Moyen-Orient pendant 30 ans. Elle est l’auteur de Perceptions of Palestine et The Wound of Dispossession. On peut la contacter à l’adresse : kathy.bill.christison@comcast.net.
24 janvier 2008 - Counterpunch - Traduction : JPP
On en rirait, si ce n’était si tragique

On en rirait, si ce n’était si tragique
lundi 28 janvier 2008 - The Jordan Times - Editorial
Les Etats-Unis se sont opposés à un projet de résolution non contraignante des Nations unies, proposé par les pays arabes ; il faisait part de la « préoccupation » de ces pays à propos de la situation humanitaire à Gaza, « condamnait » les tirs de roquettes sur Israël et appelait le gouvernement israélien à cesser son blocus contre la bande de terre appauvrie.
Pourquoi cette opposition ? Parce que, selon les officiels US, les Nations unies n’abordaient pas ce qu’ils appellent « le coup illégal » du Hamas contre l’autorité « légitime » dans Gaza et que, par conséquent, les Nations unies ne prenaient pas en compte la « cause initiale » de la situation de Gaza.
Ce raisonnement est ridicule et pourrait avoir été tiré des pages d’un manuel israélien d’instruction de relations publiques.
Si la prise du pouvoir, par la force, du Hamas à Gaza pose assurément problème, on ne doit jamais oublier que c’est le Hamas, et non le Fatah, qui a gagné les élections parlementaires de 2006 et qui, par conséquent, constitue l’autorité légitime.
Plus important encore, prétendre que cet évènement serait la cause première de la situation difficile de Gaza est ridicule. Au cœur des griefs des Gazaouis (comme d’ailleurs de tous les Palestiniens), il y a leur dépossession massive de 60 années et leur occupation de 40 années. Pour les deux, la responsabilité est à imputer entièrement à Israël.
Israël n’a jamais rien fait pour réparer l’injustice de 1948 ni pour atténuer son occupation de 1967. Tel est, tel a toujours été, et tel sera probablement toujours, le cœur du problème.
Mais, et les tirs de roquette qui « terrorisent » les bébés et les enfants israéliens ? Eh bien, le fait qu’ils soient largement inoffensifs ne doit pas minimiser l’inquiétude réelle qu’Israël doit ressentir face à ces attaques. Mais si Israël a un droit légitime à se protéger contre ces tirs, les Palestiniens ont un droit légitime à se protéger contre une occupation agressive et illégale qui nie leurs droits, non seulement à leur sécurité personnelle, mais encore à la liberté et à l’autodétermination.
Et non seulement cela, mais le fait de tirer ces roquettes ne peut, en aucune façon, être comparé à celui de faire mourir de faim délibérément un million cinq cent mille personnes. Le premier est un acte ultime, de désespoir, tirant sans distinction ni efficacité sur quelques rares cibles. L’autre est un crime de guerre, ciblant sans distinction et avec une grande efficacité chacune et chacun des Gazaouis, à sa propre table de salle à manger, et dans sa propre maison.
Ainsi, si les officiels américains ont raison quand ils disent que les « causes centrales » doivent être abordées, ils sont extrêmement mal avisés dans leur appréciation sur la nature de ces causes.
Les Etats-Unis, pour être à la hauteur de leurs principes humains qu’ils mettent tellement en avant, doivent condamner de la façon la plus solennelle possible, les actes d’Israël dans la bande de Gaza et persuader ce pays de cesser cet abus de pouvoir lamentable et écrasant.
On peut espérer que le Hamas, une fois encore, décide d’une trêve unilatérale.
26 janvier 2008 - The Jordan Times - publié également sur Annie’s letters - Traduction : JPP
27 janvier 2008
On ne peut pas ignorer l'Holocaute à Gaza
On ne peut pas ignorer l'Holocaute à Gaza
C'est très hypocrite de construire des musées et enseigner l'Holocauste qui s'est déroulé autrefois et nous ne pourrons pas l'effacer en restant silencieux alors qu'un autre holocauste évitable se déroule à Gaza. L'étranglement de 1,5 millions de Palestiniens par Israël à Gaza n'est pas une catastrophe naturelle inévitable mais une politique préméditée de longue date par les Israéliens afin d'infliger un maximum de souffrances.
Par Hassan Fouda
Fouda, est un habitant de Kensington.
Si Israël a retiré ses colons de la bande de Gaza en décembre 2005, il l'a fait pour boucler les frontières de Gaza et détruire systématiquement l'économie de Gaza en commençant par détruire sa seule centrale électrique.
Il a également intensifié ses incursions militaires pour tuer ou kidnapper des Palestiniens quand il le désirait.
Dov Weissglas, le conseiller du Premier ministre israélien a expliqué en 2006 que la politique israélienne était «comme un rendez-vous chez le diététicien. Les Palestiniens deviendront beaucoup plus minces, mais ils ne mourront pas."
Comme si cela n'était pas suffisamment cruel, Haïm Ramon, l'ancien ministre de la Justice, a demandé à Israël en septembre "de frapper un grand coup contre l'oxygène infrastructurel de Gaza."
L'holocauste qui se déroule actuellement à Gaza est une tâche sur notre mémoire collective.
Nous devons réclamer la fin du siège de Gaza et de l'occupation de la Palestine, avant qu'il ne soit trop tard.
Source : http://www.contracostatimes.com
Traduction : MG pour ISM
Dimanche 27 Janvier 2008
Hassan Fouda
http://www.alterinfo.net

La France et Israël ont signé un accord de reconnaissance mutuelle qui permettra aux sociétés israéliennes d’intégrer la Bourse française sans avoir à être soumises aux vérifications des régulateurs de ce pays.



