FREE PALESTINE

Le Mouvement Citoyen Palestine est une association de fait, constituée de citoyens d’horizons divers et qui a pour objectif la promotion et la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer de son territoire et d’un Etat.

28 janvier 2008

Un génocide n’a pas besoin de chambres à gaz !

Un génocide n’a pas besoin de chambres à gaz !

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Journal "Ha’Aretz", Tel-Aviv

Cri de colère contre la politique d’Ariel Sharon dans les Territoires palestiniens, par Shulamit Aloni, ex-ministre de la Culture du gouvernement Rabin et leader de la gauche israélienne.

Nous n’avons pas de chambres à gaz ni de fours crématoires, mais il n’existe pas qu’une seule méthode pour commettre un génocide. Le Dr Ya’akov Lazovik écrit dans le journal "Ha’Aretz" que le gouvernement de l’Etat d’Israël et la nation ne sauraient projeter de commettre un génocide. Est-ce là de la naïveté ou de l’hypocrisie ? C’est difficile à dire. On sait bien qu’il n’y a pas qu’une façon de commettre un meurtre, et cela vaut également pour le génocide. L’écrivain Y. L. Peretz parlait de ce “chat vertueux” qui ne fait pas couler le sang, mais étouffe ses victimes.

Le gouvernement israélien, avec son armée et ses instruments de destruction, non seulement fait couler le sang, mais étouffe aussi ses victimes. Comment qualifier autrement le largage d’une bombe de 1 tonne sur une zone urbaine densément peuplée [le 22 juillet dernier, à Gaza], officiellement pour tuer un dangereux terroriste et sa femme ? Bien sûr, les autres personnes - dont des femmes et des enfants - qui ont été tuées ou blessées ne comptent pas. Comment peut-on expliquer qu’on expulse des citoyens de chez eux à 3 heures du matin sous la pluie, puis qu’on place des bombes dans leurs maisons et qu’on s’en aille sans rien leur dire ?

Et comment justifier ce qui s’est passé à Jénine ? Nous n’avons pas détruit tout le quartier, mais seulement 85 maisons ; ce n’était pas un massacre, nous n’avons tué qu’une cinquantaine de personnes. Combien de gens faut-il tuer, combien de maisons faut-il détruire pour que ce soit un crime ? Un crime contre l’humanité tel qu’il est défini par les lois de l’Etat d’Israël et pas seulement par les lois belges.

Mieux encore : un couvre-feu et le bouclage d’une ville entière pour permettre à quelques adeptes d’une bande raciste [les ultras des colonies juives] d’entrer dans le caveau des Patriarches à Hébron, des chars qui détruisent des étals de fruits et légumes, des bulldozers abattant des maisons et des généraux qui, dans leur immense orgueil, sont prêts à détruire tout un quartier pour un groupe de voyous de colons. Couvre-feu, bouclages, brutalités, meurtres, destruction des maisons des suspects... on a fait tout cela.

L’ordre qu’a donné Ariel Sharon aux soldats qui sont allés se venger à Qibiah [en Jordanie, en 1956] - “Maximisez les pertes en vies et en biens” - n’a pas été oublié. Aujourd’hui, le Premier ministre Sharon, [le ministre israélien de la Défense] Shaül Mofaz et [le chef de l’état-major] Moshe Yaalon, les trois généraux qui dirigent la politique de ce gouvernement, se comportent comme le chat hypocrite : ils s’emploient à étouffer leurs victimes. Benny Alon, ministre du gouvernement actuel, l’a bien dit : “Rendez-leur [aux Palestiniens] la vie tellement impossible qu’ils partiront d’eux-mêmes.”

C’est ce qui se fait tous les jours. Le chef d’état-major a annoncé qu’il détruisait “pour reconstruire”. Ses actions laissent supposer que, par “construire”, il entend : construire de nouvelles colonies. Pour ne pas être obligée de veiller au bien-être des habitants, l’armée pénètre dans un village, tue, détruit, arrête et se replie. Ceux qui restent au milieu des cendres et des ruines n’ont plus qu’à se débrouiller tous seuls.

Israël ne veut tout simplement pas savoir...

Nombre de nos enfants sont endoctrinés, on leur dit dans les écoles religieuses que les Arabes sont des Amalécites [tribu ennemie des Hébreux] et la Bible nous enseigne qu’il faut anéantir les Amalécites. Un rabbin (Israël Hess) a écrit une fois dans le journal de l’université Bar-Ilan que nous devions commettre un génocide car ses recherches avaient montré que les Palestiniens étaient des Amalécites.

La nation israélienne ne projette pas un génocide ; elle ne veut tout simplement pas savoir ce qui se passe dans les Territoires. La nation obéit aux ordres donnés par ses représentants légitimes. Depuis l’assassinat du Premier ministre légitime [Yitzhak Rabin, en 1995], qui voulait apporter la paix, le doigt est sans cesse sur la détente, la cupidité passe avant tout et il existe toujours une raison pour brutaliser l’ensemble des habitants d’une ville qui en compte des dizaines, voire des centaines de milliers - parce qu’il y a toujours des gens qui sont recherchés. Il suffit qu’une personne soit recherchée pour bombarder et tuer, par erreur bien entendu, des femmes, des enfants, des ouvriers et d’autres êtres humains - en admettant qu’on les considère encore comme des êtres humains.

Bien entendu, avec notre hypocrisie, avec l’adoration que nous vouons à notre “morale juive”, nous faisons en sorte que tout le monde sache que les victimes palestiniennes sont merveilleusement soignées dans nos hôpitaux. Mais nous nous gardons bien de faire savoir combien de Palestiniens sont exécutés de sang-froid dans leur propre maison.

Le génocide dont il s’agit aujourd’hui n’est pas le même que celui dont nous avons été victimes dans le passé. Comme me l’a dit l’un de ces généraux malins, nous n’avons pas de chambres à gaz ni de fours crématoires.

Shulamit Aloni

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Un et deux Etats - Le mythe du consensus international

Un et deux Etats - Le mythe du consensus international

dimanche 27 janvier 2008 - Kathleen Christison

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Palestiniens et Juifs pourraient vivre ensemble, en tant que citoyens d’un seul Etat véritablement démocratique.

Dans toute la panoplie de raisons qu’on oppose aux partisans d’une solution pour un Etat unique pour la Palestine/Israël, peut-être que la plus mal fondée - et reprise par des commentateurs bien intentionnés croyant défendre au mieux les intérêts palestiniens - est cette affirmation catégorique : les Palestiniens, en appuyant une telle position, irritent la communauté internationale du fait qu’un prétendu consensus international soutient et se fonde sur une solution à deux Etats. A un moment où le « consensus international » ne peut être moins motivé pour faire respecter les droits des Palestiniens - surtout pour obliger Israël à se retirer d’assez de territoires pour permettre une vraie patrie palestinienne et sa totale libération de sa domination -, cet appel à se conformer aux désirs d’une communauté internationale indifférente est, au mieux, un argument creux, et au pire, une façon bien hypocrite de s’esquiver, qui affaiblissent le droit des Palestiniens de se battre pour l’égalité et l’autodétermination. Arguer que les Palestiniens ne peuvent se prononcer pour un seul Etat car cela déclanche l’hostilité d’un certain consensus mythique dans le monde, vise simplement à leur ôter le droit de réfléchir à toute solution alternative.

La solution pour un seul Etat s’envisage dans le cadre d’un accord qui conduirait Palestiniens et Juifs à vivre ensemble, en tant citoyens d’un seul Etat véritablement démocratique, garantissant le droit à l’égalité comme l’égalité d’accès aux instruments de gouvernance. Une telle issue signifierait la fin du sionisme tel qu’il est conçu actuellement et la fin d’Israël en tant qu’Etat exclusivement juif, mais elle garantirait l’égalité des droits civiques et politiques pour les Juifs israéliens et encouragerait la poursuite de l’immigration juive, tout comme elle garantirait - pour la première fois - l’égalité des droits civiques et politiques pour les Palestiniens et le droit des réfugiés palestiniens exilés au cours de ces 60 dernières années à revenir dans leur patrie.

Le concept de créer un seul Etat pour les Palestiniens et pour les Juifs - bien qu’historiquement ce ne soit pas une idée nouvelle - a regagné une crédibilité ces dernières années. Et ce alors qu’il devient de plus en plus évident qu’Israël s’accapare toujours plus de terres palestiniennes dans les territoires occupés : des terres volées aux Palestiniens pour étendre toujours plus de colonies, pour un vaste réseau de routes à usage exclusif pour les Israéliens, pour un mur de séparation monstrueusement destructeur, pour des bases militaires israéliennes et des zones fermées pour sécurité. Cela fait de la vision de « deux Etats vivant en paix côte à côte » une cruelle plaisanterie.

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L’instauration d’un Etat unique est énergiquement défendue par un petit nombre, mais grandissant, d’analystes et de militants. Virginia Tilley a soulevé l’idée dans son livre « La Solution à un Etat » (2005). Ali Abunimah, l’année suivante, a poursuivi la réflexion avec « Un Pays » et Joel Kovel y a contribué avec « Vaincre le Sionisme » en 2007. Au cours de ces dernières années, de nombreux articles, conférences internationales et débats entre partisans et opposants à un Etat en ont abordé, surtout en Europe et en Israël, les potentialités. Un mouvement populaire émergeant en Palestine mobilise son énergie pour promouvoir un Etat, en collaboration avec des universitaires et des militants du mouvement de solidarité à travers le monde.

Mais beaucoup considèrent l’idée avec dédain, de façon désinvolte, la rejetant au prétexte qu’elle serait « naïvement visionnaire », une « illusion », ou simplement « vouée à l’échec ». D’autres opposants réfléchissent à la question et avancent des objections argumentées, et souvent assez bien motivées. Le présent article portera sur une seule de ces objections, parmi les plus répandues : un Etat unique irait à l’encontre d’un « consensus international » qui, lui, soutient la solution à deux Etats.

Cet argument découle de ce que des organismes internationaux - tels que les Nations unies et ses organismes, des organisations pour les droits de l’homme et les directions de la plupart des nations dans le monde, dont, et pas des moindres, l’OLP et l’Autorité palestinienne elles-mêmes - veulent la fin de l’occupation et qu’Israël continue d’exister à l’intérieur des frontières de 1967, avec l’établissement d’un Etat palestinien sur le quart de la Palestine qui resterait de fait pour les Palestiniens. On considère automatiquement que le consensus international est sacro-saint, cela uniquement parce qu’il est international (et sans doute aussi parce qu’il n’expose pas l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif).

La meilleure objection à cet honorariat du consensus international, c’est qu’en fait la communauté internationale ne s’intéresse aucunement à ce que deviendraient les Palestiniens (pas plus qu’aujourd’hui ou dans le passé), et qu’elle n’est pas prête à examiner une solution particulière. Bien qu’effectif, le « consensus international » ne s’est jamais intéressé à des solutions spécifiques. Il cherche essentiellement à s’accommoder des Etats-Unis et de leur politique - c’est-à-dire préserver l’existence d’Israël avant tout, soutenir une solution à deux Etats (position à laquelle les USA et Israël sont prêts) -, mais ne se soucie en quoi que ce soit des droits palestiniens. La communauté internationale n’initie aucune politique ; elle se contente simplement de répéter comme un perroquet et d’approuver les positions avancées dans les centres de pouvoir internationaux, en l’occurrence les USA et Israël.

La résolution 242, base des initiatives de paix

En réalité, il n’y a aucun consensus international pour deux Etats pour la Palestine et Israël. Ceux qui invoquent la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies comme base pour les deux Etats ne veulent pas voir qu’en réalité la résolution n’a jamais imaginé deux Etats. A son adoption à la suite de la guerre de 1967, où Israël s’est emparé de territoires jordanien, égyptien et syrien, elle demandait le retrait d’Israël « des territoires occupés » lors de la guerre et affirmait le droit de tous les Etats de la région « à vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues ». (Une formulation qui fut par la suite transformée en une exigence à l’égard des Palestiniens et des autres Arabes pour qu’ils reconnaissent le « droit d’exister » d’Israël). Alors qu’elle est devenue la base des initiatives de paix ultérieures, la résolution 242 ne fait même pas références aux Palestiniens, sauf en évoquant le « problème des réfugiés », et elle n’avance aucune proposition pour deux Etats en Palestine/Israël. Le consensus international, à cet endroit, s’est comporté comme s’il n’avait jamais entendu parler des Palestiniens. A l’époque, quand on prenait en compte le sort de la Cisjordanie et Gaza occupées, c’était seulement pour mettre fin à leur contrôle par Israël et que celui-ci restitue ces territoires respectivement à la Jordanie et à l’Egypte, leurs occupants initiaux.

S’il y eut un jour consensus international pour deux Etats en Palestine, ce fut en 1947, ou dans la période où fut votée la résolution des Nations unies pour le plan de partage qui a divisé la Palestine en un Etat juif et en un Etat arabe. Cette période de soutien à deux Etats va du milieu de 1947, quand une commission des Nations unies a recommandé la partition, jusqu’au début de 1948, date à laquelle Israël et Jordanie commencèrent à voler le territoire destiné à être l’Etat arabe palestinien, chacun se saisissant d’environ la moitié (sauf pour Gaza contrôlée par l’Egypte, mais non annexée, jusqu’à ce qu’Israël ne s’empare de cette minuscule bande de terre en 1967). La communauté internationale n’a jamais exprimé la moindre inquiétude à propos du démantèlement de ce second Etat qui devait s’établir en Palestine, ni de la purification ethnique par Israël contre la population palestinienne, ni du sort des 750 000 Palestiniens contraints de s’exiler et expédiés dans des camps de réfugiés dans les pays arabes voisins, et pas davantage du contrôle continu d’Israël et de la Jordanie sur les territoires qu’ils avaient volés aux Palestiniens. Tel est le consensus international.

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Aujourd’hui, même si un consensus international existe en faveur de deux Etats, il est motivé non par l’intérêt national à voir un Etat palestinien formé à côté de celui d’Israël mais par la décision solennelle des Palestiniens eux-mêmes, de novembre 1988, d’accepter la formule à deux Etats. Décision qui tombait en pleine Première Intifada. Aussitôt, la Jordanie a renoncé à toute prétention sur la Cisjordanie. Même alors, les USA, Israël et la communauté internationale n’ont accepté l’idée d’autoriser les Palestiniens à avoir un Etat que plusieurs années plus tard, quand la notion de deux Etats, progressivement, à été acceptée implicitement comme résultat logique des négociations de paix qui se sont déroulées au cours des années 1990. Tout au long du processus de paix d’Oslo, l’Etat palestinien a rarement, voire jamais, été explicitement évoqué comme un issue probable.

Il a fallu attendre les derniers jours du mandat du président Clinton, en janvier 2001 - plus de 30 ans après le début de l’occupation, 50 après le démantèlement de la Palestine - pour qu’un président américain recommande, publiquement et explicitement, un Etat palestinien. (George Bush prétend être le premier à appeler à un Etat palestinien mais Clinton l’a devancé de plus d’un an. Clinton ne s’en vante pas, probablement parce qu’aux Etats-Unis, nul n’y gagne sur le plan politique à préconiser le moindre avantage pour les Palestiniens ou à demander la moindre concession à Israël. Clinton et Bush ont, tous les deux et explicitement, exclu la possibilité que l’Etat palestinien couvre l’ensemble des territoires palestiniens pris en 1967, les deux affirmant qu’Israël devait garder le contrôle sur les principaux blocs de colonies, à l’est de Jérusalem et en Cisjordanie.)

Un consensus international bien silencieux sur l’expropriation des Palestiens et la colonisation

Le « consensus international » a eu peu à dire, toutes ces dizaines d’années, sur le sort des Palestiniens pris entre l’acceptation de l’OLP pour deux Etats, en 1988, et l’anéantissement, en 2000, du seul processus de paix sérieux qui aurait pu conduire à un véritable Etat palestinien. La communauté internationale ne fait rien pour un Etat palestinien : elle n’a fait aucune objection sur le fait qu’Israël exproprie toujours les Palestiniens du territoire sur lequel leur Etat était prévu ; elle n’a fait aucune objection en voyant le nombre de colons israéliens sur ce territoire doubler au cours des années d’un processus de paix qui devait solutionner les problèmes de terres et de colonies.

Le soi-disant consensus international ne peut guère prétendre avoir défendu un Etat palestinien de façon significative. Il est engagé aujourd’hui, en réalité, dans un travail visant à saper toute perspective d’une véritable patrie palestinienne. En continuant de soutenir Israël quand celui-ci rend impossible toute solution à deux Etats, en refusant de voir qu’Israël perpétue ce qu’en tout autre contexte on considérerait comme des crimes de guerre contre une population civile impuissante, le consensus international tant vanté contribue en réalité à perpétuer son soutien à l’anéantissement de tout un peuple et de ses aspirations nationales. La catastrophe humanitaire de Gaza découle entièrement du veule refus de la communauté internationale de s’opposer à Israël, et de son soutien actif à l’embargo sur Gaza qui emprisonne et affame un million cinq cent mille habitants et anéantit l’économie gazaouie.

Lors d’une interview, au début de l’année, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, s’est vanté de tout ce soutien international dont profite Israël dans son programme d’oppression. La constellation internationale des dirigeants du monde qui appuie Israël, dit-il, est quasiment ce qu’on appelle une intervention divine. « C’est un concours de circonstances qui relève presque de « la main de Dieu » : Bush est président des Etats-Unis, Nicolas Sarkozy président de la France, Angela Merkel chancelière de l’Allemagne, Gordon Brown Premier ministre d’Angleterre et l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient est Tony Blair. « Israël peut-il espérer mieux, se demande Olmert, que cette « confortable » association ? Le fait que le président palestinien, Mahmoud Abbas, et l’appareil de l’Autorité palestinienne à Ramallah soutiennent et rassurent cette sphère d’un réconfort agréable dans laquelle Israël se repaît et œuvre à la catastrophe humanitaire imposée à leurs compatriotes de Gaza ne diminue en rien la responsabilité du « consensus international » pour sa contribution à toutes ces horreurs.

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Ceux qui présentent le consensus international comme un élément devant être pris en compte mettent en avant que les sondages d’opinion en Israël, aux Etats-Unis et en Europe montrent un fort soutien populaire à la fin de l’occupation israélienne et approuvent systématiquement, et à une large majorité, la formule à deux Etats. C’est exact, mais ces sondages sont, pour l’essentiel, dépourvus de signification. Sur les questions palestino-israéliennes - comme lorsque à l’époque où on se dirigeait vers la guerre en Iraq -, l’opinion publique internationale n’a pratiquement aucun impact sur les politiques suivies par les gouvernements et, de toute façon, l’opinion publique sur cette question est purement réactive.

Dans la plupart des esprits, dans les sociétés libérales occidentales, la patrie palestinienne est une belle idée un peu floue, rares sont ceux qui comprennent ce qui se passe sur le terrain en Palestine et plus rares encore ceux qui sont prêts à descendre dans la rue pour confirmer leur « oui » occasionnel aux organismes de sondages, et à protester contre l’occupation. De plus, les soutiens à un Etat régressent dès qu’on indique clairement la nature précise des concessions que cela requiert d’Israël. Il convient également de noter, pour mesurer l’importance de ces sondages, qu’en Israël ils donnent une même majorité importante en faveur de la purification ethnique qui jette les Palestiniens hors d’Israël et de Cisjordanie qu’en faveur de leur Etat.

Invoquer le consensus international pour inciter les Palestiniens à cesser de proposer une égalité véritable dans un Etat unique sur toute la Palestine relève d’une sorte de déni, du refus de reconnaître que le consensus international est tellement inconscient de l’injustice commise à l’égard des Palestiniens qu’il n’a même pas remarqué, et ne s’en est pas soucié, que la possibilité d’instaurer deux Etats était complètement morte depuis plusieurs années. Une véritable solution à deux Etats - avec un Etat palestinien sur toute la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est, doté d’une totale souveraineté et indépendance sur un territoire contigu, non fragmenté et non encerclé par Israël - est devenue un rêve insensé dont le consensus international doit encore se sortir.

* Kathleen Christison a été analyste politique à la CIA, elle a travaillé sur les questions du Moyen-Orient pendant 30 ans. Elle est l’auteur de Perceptions of Palestine et The Wound of Dispossession. On peut la contacter à l’adresse : kathy.bill.christison@comcast.net.

24 janvier 2008 - Counterpunch - Traduction : JPP

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On en rirait, si ce n’était si tragique

On en rirait, si ce n’était si tragique

lundi 28 janvier 2008 - The Jordan Times - Editorial

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 Les Etats-Unis se sont opposés à un projet de résolution non contraignante des Nations unies, proposé par les pays arabes ; il faisait part de la « préoccupation » de ces pays à propos de la situation humanitaire à Gaza, « condamnait » les tirs de roquettes sur Israël et appelait le gouvernement israélien à cesser son blocus contre la bande de terre appauvrie.

Pourquoi cette opposition ? Parce que, selon les officiels US, les Nations unies n’abordaient pas ce qu’ils appellent « le coup illégal » du Hamas contre l’autorité « légitime » dans Gaza et que, par conséquent, les Nations unies ne prenaient pas en compte la « cause initiale » de la situation de Gaza.

Ce raisonnement est ridicule et pourrait avoir été tiré des pages d’un manuel israélien d’instruction de relations publiques.

Si la prise du pouvoir, par la force, du Hamas à Gaza pose assurément problème, on ne doit jamais oublier que c’est le Hamas, et non le Fatah, qui a gagné les élections parlementaires de 2006 et qui, par conséquent, constitue l’autorité légitime.

Plus important encore, prétendre que cet évènement serait la cause première de la situation difficile de Gaza est ridicule. Au cœur des griefs des Gazaouis (comme d’ailleurs de tous les Palestiniens), il y a leur dépossession massive de 60 années et leur occupation de 40 années. Pour les deux, la responsabilité est à imputer entièrement à Israël.

Israël n’a jamais rien fait pour réparer l’injustice de 1948 ni pour atténuer son occupation de 1967. Tel est, tel a toujours été, et tel sera probablement toujours, le cœur du problème.

Mais, et les tirs de roquette qui « terrorisent » les bébés et les enfants israéliens ? Eh bien, le fait qu’ils soient largement inoffensifs ne doit pas minimiser l’inquiétude réelle qu’Israël doit ressentir face à ces attaques. Mais si Israël a un droit légitime à se protéger contre ces tirs, les Palestiniens ont un droit légitime à se protéger contre une occupation agressive et illégale qui nie leurs droits, non seulement à leur sécurité personnelle, mais encore à la liberté et à l’autodétermination.

Et non seulement cela, mais le fait de tirer ces roquettes ne peut, en aucune façon, être comparé à celui de faire mourir de faim délibérément un million cinq cent mille personnes. Le premier est un acte ultime, de désespoir, tirant sans distinction ni efficacité sur quelques rares cibles. L’autre est un crime de guerre, ciblant sans distinction et avec une grande efficacité chacune et chacun des Gazaouis, à sa propre table de salle à manger, et dans sa propre maison.

Ainsi, si les officiels américains ont raison quand ils disent que les « causes centrales » doivent être abordées, ils sont extrêmement mal avisés dans leur appréciation sur la nature de ces causes.

Les Etats-Unis, pour être à la hauteur de leurs principes humains qu’ils mettent tellement en avant, doivent condamner de la façon la plus solennelle possible, les actes d’Israël dans la bande de Gaza et persuader ce pays de cesser cet abus de pouvoir lamentable et écrasant.

On peut espérer que le Hamas, une fois encore, décide d’une trêve unilatérale.

26 janvier 2008 - The Jordan Times - publié également sur Annie’s letters - Traduction : JPP

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