20 janvier 2008
Faites quelque chose pour nous aider, nous à Gaza !
S’il vous plait maintenant, maintenant,
Faites quelque chose pour nous aider, nous à Gaza !
Par ISM-France
Maintenant, Israël a tout fermé et tout coupé
Les gens dans Gaza vont mourir
Déjà 3 personnes sont décédées aujourd’hui dans des hôpitaux de Gaza suite aux coupures d’électricité.
98% de la Bande de Gaza est actuellement dans le noir.
S’il vous plait, aidez-nous maintenant !
Descendez dans les rues pour demander la levée du siège, Maintenant !
Montrez votre solidarité avec Gaza, organisez quotidiennement des marches aux chandelles jusqu’à la Levée du siège de Gaza !
S’il vous plait maintenant, maintenant, Faites quelque chose pour nous aider, nous à Gaza !
Maintenant, Israël a tout fermé et tout coupé
Les gens dans Gaza vont mourir
Déjà 3 personnes sont décédées aujourd’hui dans des hôpitaux de Gaza suite aux coupures d’électricité.
98% de la Bande de Gaza est actuellement dans le noir.
Comme il n’y a plus d’électricité, tous les médias à Gaza vont fermer.
Israël fait tout ce qu’il peut pour que personne ne sache et ne voit ce qu’il fait à Gaza.
S’il vous plait, aidez-nous maintenant !
Descendez dans les rues pour demander la levée du siège, Maintenant !
Nous organisons tous les jours des marches aux chandelles et nous vous demandons de faire de même.
S’il vous plait, organisez ces marches et envoyez nous les photos, cela nous aidera beaucoup ici
Abu Ayoub, un Palestinien de Gaza
Comment peut-on rester sans bouger face à un tel drame : la première crise humanitaire au monde créée par l’homme ?
Comment les dirigeants du monde entier et en particulier les Israéliens peuvent-ils dormir la nuit en sachant ce qu’ils imposent à 1 million et demi de personnes dans la Bande de Gaza.
Aujourd’hui, on vient d’apprendre que l’unique centrale électrique de Gaza a cessé de fonctionner en raison de la suspension par Israël des approvisionnements en carburant, plongeant dans le noir et le froid, tous les habitants de la Bande côtière. Depuis 3 jours, Israël a également cessé de livrer les cargaisons de nourriture et de médicaments.
On a appris ce matin que Mahmoud Hussein, âgé de 18 ans, est décédé hier d’un cancer par manque de traitement approprié et après avoir essuyé 3 refus d’Israël suite à ses demandes pour aller se faire soigner à l’étranger.
Mahmoud est la 72ème personne à mourir d’une maladie grave et à qui Israël a refusé un traitement
Cette semaine, Israël a tué 38 Palestiniens et blessé des centaines d’autres.
Samedi, le rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'Homme dans les territoires occupés, John Dugard, a dénoncé les crimes de guerre "lâches" commis par Israël dans la bande de Gaza lors des raids de la semaine écoulée
Quoi faire ?
• Répondez à l’appel des habitants de Gaza plongés dans le noir et organisez des veillées aux chandelles jusqu’à la levée du siège de Gaza
Des manifestations seront organisées dans le monde entier le 26 janvier et le 23 février prochain. C'-dessous, l'appel du CPAS :
Action mondiale pour Libérer Gaza le 23 février 2008
Dans le cadre de ses activités contre l’occupation israélienne et le siège imposé à la Bande de Gaza, le Comité Populaire Contre le Siège (PCAS) organise une action mondiale pour Libérer Gaza, le samedi 23 février 2008.
Des actions et des manifestations pacifiques auront lieu dans tous les pays arabes, européens et américains.
Dans cet objectif, le PCAS recherche des partenaires, individus, militants pacifistes et organisations, dans les pays cités ci-dessus (et tous ceux qui désirent s’impliquer) .
Le PCAS accepte et apprécie tout aide concernant ces actions et souhaiterait assurer une coordination le plus vite possible.
Le PCAS se réjouit de votre coopération et de votre inscription à cette action
Freegaza.ps@gmail.com
http://www.freegaza.ps/english/
Sénateurs actuels: http://www.senate.be/www/?MIval=/index_senate&MENUID=11200&LANG=fr
Parlement de la Région de Bruxelles Capitale: http://www.parlbruparl.irisnet.be/content/view/33/48/lang,fr/
Parlement de la Région Wallone : http://parlement.wallonie.be/content/composition_dep_plus.php
• Bureau de l'Union Européenne à Jérusalem
Email mailto@delwbg.cec.eu.int
Fax : 00.972.2.532 6249
3 - Ecrivez au Ministère des Affaires Etrangères
Par mail : kab.bz@diplobel.fed.be
ou par voie postale, à l'adresse suivante :
Monsieur Karel De Gucht
Ministre des Affaires étrangères
15, rue des Petits Carmes
1000 Bruxelles
• Bureau du Coordinateur Spécial des Nations Unies,
Gaza
Email : unsco@palnet.com
Fax: 00.972.8.282.0966
Action antisioniste paris bataclan
Action antisioniste paris bataclan
Vidéo envoyée par chrisdenhond
Des activistes essayent d'empêcher la tenue du Gala en faveur de la police des frontières israélienne, le 13 janvier 2008 au Bataclan à Paris
Gaza : John Holmes appelle à la réouverture d'urgence des points de passage
Gaza : John Holmes appelle à la réouverture d'urgence des points de passage
http://www.un.org/apps/newsFr
18 janvier 2008 – Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, John Holmes, a appelé aujourd'hui les autorités israéliennes à rouvrir au plus vite les passages qui servent à l'entrée des marchandises vers Gaza depuis Israël. Il a aussi appelé à l'arrêt
total des tirs de roquette et à la protection des populations civiles.
John Holmes, qui est aussi Coordonnateur des secours humanitaires, s'est déclaré lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU « préoccupé par la fermeture ce matin de tous les points d'entrées vers Gaza par Israël ».
Cette fermeture aura un impact direct sur les réserves en fuel, et la production d'électricité, vitale pour le pompage de l'eau et le fonctionnement des hôpitaux, déjà frappé par des rationnements en matière de médicaments.
« Il s'agit d'une nouvelle décision qui vient s'ajouter au tour de vis sur l'approvisionnement de la population de Gaza », a déclaré John Holmes.
« Je crois que si cette situation se poursuit, elle conduira à une situation non acceptable sur le plan humanitaire ». « J'espère qu'Israël relâchera rapidement ces restrictions ».
« Il n'y a pas de définition stricte d'une crise humanitaire, mais je pense qu'il s'agit d'une crise puisque virtuellement toute la population de Gaza dépend à présent de l'aide internationale ». « La situation en Cisjordanie n'est pas bonne non plus », a-t-il dit.
« Je veux aussi appeler à l'arrêt total des tirs de roquette vers Israël, ainsi qu'à la plus grande retenue de la part d'Israël dans le respect des droits des populations ».
Nous souhaiterions que les points d'entrées soient ouverts pour de plus longues durées et que le point de Karni soit rouvert, afin de faire entrer les fournitures humanitaires de base mais aussi de reprendre les échanges commerciaux normaux.
« En réponse à une question, le Secrétaire général adjoint a indiqué que la réouverture du passage de Rafah, vers l'Egypte, dépendait de ce gouvernement ».
Interrogé sur la marge de manoeuvre de l'ONU, John Holmes a affirmé : « nous espérons que nous serons entendus. Les Nations Unies ne peuvent forcer les parties ». « Nous le faisons savoir ici ; nos représentants sur le terrain parlent aux autorités israéliennes », a-t-il ajouté.
« Nous comprenons les préoccupations sécuritaires, mais nous ne pensons pas que les punitions collectives soient la façon d'y remédier », a dit le Secrétaire général adjoint, qui a déploré le tir de plus de 150 roquettes du côté palestinien, en deux jours, et la mort de 32 Palestiniens, dont de nombreux civils.
« Israël lie ses propres actions aux tirs de roquettes », a-t-il souligné, « même s'il existe un déséquilibre entre le nombre de victimes qui est beaucoup plus élevé dans les territoires palestiniens ». « Ces attaques, si elles sont causées par les attaques à la roquette, ne sont pas justifiées », a souligné le Coordonnateur humanitaire.
« Nous appelons les dirigeants de Gaza à arrêter les tirs de roquette, même si nous n'avons pas de liens politique direct avec les dirigeants du Hamas, pour des raisons que vous connaissez », a dit John Holmes.
« Mais je ne crois pas qu'il soit utile à ce stade de discuter de qui a commencé », a-t-il insisté en réponse aux remarques de la presse.
John Holmes a expliqué que le personnel des Nations Unies pouvait se déplacer relativement librement de Jérusalem, où se trouve l'essentiel de la Mission, vers Gaza.
« On ne peut pas ignorer le fait que le processus politique est totalement déconnecté de la situation sur le terrain », a-t-il ajouté.
« La mort frappe partout et n’importe quand »
Auto-defense israelienneBy Emad Hajjaj - Jordan
19 janvier 2008 El Watan
Bombardements israéliens contre Ghaza
« La mort frappe partout et n’importe quand »
http://www.elwatan.com/spip
Au moins 34 Palestiniens ont été tués, depuis mardi dernier, par l’armée d’occupation israélienne. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert, à l’image de tous ses prédécesseurs, essaie de renforcer sa position politique en tuant plus de Palestiniens.
Ghaza. De notre correspondant
Après avoir quitté la bande de Ghaza qu’elle a occupée durant plus de trente ans, se sentant libérée de toute contrainte, et avec le silence complice de la communauté internationale, l’armée israélienne a donné libre cours à une barbarie sans précédent dans la bande de Ghaza, que l’Etat hébreu a décrétée « entité hostile », depuis le coup de force armé du mouvement islamiste Hamas, au mois de juin dernier. En moins de trois jours, dans une escalade sanglante, la machine de guerre israélienne a ôté la vie à 34 Palestiniens dont des femmes, des enfants et des militants de plusieurs factions armées. Les rues de Ghaza, qui n’ont jamais été totalement sûres, sont devenues plus que dangereuses ces jours-ci. Que cela soit en voiture, en carriole, ou même à pied, la
mort frappe n’importe où et n’importe quand. Car, il suffit juste qu’un soldat israélien, assis devant son écran dans une ambiance feutrée, et croyant jouer à un jeu vidéo, décide de lancer des roquettes air-sol d’un drone téléguidé pour que le sang coule. Malheureusement, ce qui paraît n’être qu’un jeu, pour ce soldat qui joue le rôle « du bon » qui tue les méchants terroristes, se termine dans les rues palestiniennes par une véritable tragédie avec des voitures complètement calcinées, des corps déchiquetés et brûlés, sans compter les blessés qui garderont dans leurs mémoires et dans leur chair un traumatisme pour le restant de leur vie. Ce soldat peut être aussi un pilote d’hélicoptère d’assaut de type Apache ou même d’un avion de chasse de type F16 ou d’un autre type, tous plus sophistiqués les uns que les autres, comme il peut être à l’intérieur de l’un de ces redoutables chars de type Merkava difficiles à détruire avec les moyens dérisoires dont disposent les résistants palestiniens. Le plus grand nombre de tués a été décompté mardi, lors d’une opération de l’armée israélienne dans le quartier d’Ezzeïtoun, au sud-est de la ville de Ghaza, qui a fait 19 morts et plus de 50 blessés.
Parmi ces morts figurent deux agriculteurs âgés de 65 et 55 ans, tués dans leurs vergers. Le fils de Mahmoud Ezzahar, haute figure du mouvement Hamas qui a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères dans le cabinet formé par le Hamas après sa victoire aux dernières législatives, est l’un des tués de cette journée particulièrement sanglante. Hossam Ezzahar, âgé de 21 ans, appartenant aux Brigades Ezzeddine El Qassam, la branche armée du Hamas, est le second fils de Mahmoud Ezzahar à avoir été tué par l’armée israélienne au cours de l’Intifadha d’El Aqsa, déclenchée en l’an 2000. Le même jour, en soirée, deux autres Palestiniens ont été tués au nord de la bande de Ghaza. Leur véhicule a été atteint de plein fouet par une roquette air-sol tirée par un drone. La série macabre a continué mercredi quand dans une rue au centre de Ghaza, trois personnes appartenant à une même famille sont tombées lors d’un bombardement raté visant un véhicule appartenant à des membres du Djihad islamique, l’autre mouvement radical palestinien. Trois civils innocents, Amer
al-Yazji, 36 ans, son fils Amir, 13 ans et son frère Mohammed, 25 ans, circulaient dans le centre de Ghaza lorsque leur voiture a été touchée par un missile israélien. Malheureusement pour eux, ils se sont trouvés au mauvais endroit et au mauvais moment au moment de l’agression israélienne. En soirée, au niveau d’El Boureij, au sud de Ghaza, deux corps de deux militants du Djihad islamique dont la voiture a été pulvérisée par l’explosion d’un missile air-sol ont été déchiquetés et brûlés. Les services médicaux ont eu du mal à les identifier.
Malheureusement, ce feuilleton sinistre n’est pas fini. Il s’est poursuivi jeudi, quand l’aviation israélienne a mené dans la journée une série de raids, dont l’un a fait deux morts, un homme et sa femme qui se trouvaient à bord d’une voiture dans le nord du territoire. Dans un autre raid aérien, un missile a touché une voiture transportant des membres de la branche armée du Djihad islamique, tuant deux hommes. L’explosion a également touché une carriole toute proche, tuant une femme et blessant grièvement un enfant. Dans une attaque sur un quartier sud de la ville de Ghaza, un chef local de la branche armée du Hamas et un autre militant ont été tués. La Cisjordanie occupée n’a pas été épargnée. Ces actes visent certainement à porter atteinte à la notoriété de l’Autorité palestinienne et à celle de son président, Mahmoud Abbas, qualifié par Israël de partenaire pour la paix. L’armée israélienne a tué, hier matin, à Naplouse un militant des Brigades des Martyrs d’El Aqsa, la branche armée du Fatah. Il faut souligner qu’Israël a joué le même jeu à Ghaza, lorsqu’il a affaibli les services sécuritaires de l’Autorité palestinienne, par la destruction de la majorité de ses sièges avant que ceux-ci ne tombent définitivement, en juin dernier, aux mains des hommes du Hamas après le putsch armé. « Les raids et l’escalade militaire d’Israël visent à infliger un camouflet aux négociations de paix israélo-palestiniennes », a déclaré le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeïna. Il a appelé les Etats-Unis « à intervenir rapidement pour empêcher une nouvelle détérioration de la situation, qui pourrait porter un coup fatal à la chance historique de paix ». Quant au Premier ministre israélien Ehud Olmert qui, à l’image de tous ses prédécesseurs, essaie de renforcer sa position en tuant plus de Palestiniens, il a déclaré que ce qui passe à Ghaza est une guerre contre les militants palestiniens qui n’arrêtent pas les tirs de roquettes artisanales sur Israël. En fait, ce n’est ni plus ni moins qu’une guerre contre l’ensemble des Palestiniens.
Fares Chahine
19 janvier 2008 El Watan
Nouveau raid israélien
http://www.elwatan.com/spip
Cinq Palestiniens ont été blessés hier dans un nouveau raid aérien israélien contre des bureaux du Hamas à Ghaza. Le raid, mené par un chasseur F-16 de l’armée israélienne, a détruit un bâtiment relevant du ministère de l’Intérieur au gouvernement démis du Hamas. Les cinq personnes blessées, parmi lesquelles figure un enfant, se trouvaient dans des maisons jouxtant le bâtiment visé et qui ont été endommagées dans le raid.
A.F.P.
"Mais enfin, quel est l'objectif recherché à Gaza ? "
ISRAËL - "Mais enfin, quel est l'objectif recherché à Gaza ? "
Les raids israéliens dans la bande de Gaza en représailles aux tirs de roquettes palestiniens n'ont abouti qu'à une escalade de la violence. Yediot Aharonot met sévèrement en cause la ligne politique du gouvernement Olmert, ainsi que la confusion de ses décisions militaires.
Les Israéliens sont en droit d'obtenir du gouvernement une réponse précise à une question fondamentale : quel est l'objectif recherché par Israël à Gaza ? Ce n'est que lorsque nous aurons obtenu la réponse à cette question que nous pourrons élaborer une stratégie, débattre de la tactique à adopter et en discuter au Conseil des ministres. Nous avons besoin de connaître le pourquoi et le comment de nos tirs et, surtout, nous avons besoin de savoir sur qui nous tirons.
Ces derniers jours, le Premier ministre Ehoud Olmert vantait sa gestion "prudente" et "mesurée" du conflit à Gaza. Selon ses collègues, il s'agit d'une preuve incontestable que les leçons de la deuxième guerre du Liban ont été intégrées. Pourtant, à certains égards, la gestion de la guerre à l'été 2006, aussi pitoyable qu'elle fût, reste toujours meilleure que celle de la crise actuelle. Avant que le gouvernement Olmert ne s'embarque dans la guerre au Liban, il avait présenté ses cibles – peut-être étaient-elles imaginaires, injustifiées et absurdes – mais, au moins, nous avions des cibles. Aujourd'hui, quelle est notre cible ?
Tandis que les Israéliens sont pris dans un débat virtuel pour savoir s'il faut ou non lancer une vaste offensive terrestre dans la bande de Gaza, les forces armées manoeuvrent déjà sur le terrain. Tout se passe exactement comme lors des premières semaines de la guerre au Liban – les troupes ne sont engagées, nous dit-on, qu'"à quelques kilomètres à l'intérieur" ; il s'agit "d'opérations limitées" dans le but d'"empêcher les tirs de roquettes"…
Cette présence crée des tensions et ces tensions entraînent une escalade de la violence, chacun ripostant aux ripostes de l'autre. Une fois de plus, la politique étrangère et de défense d'Israël se retrouve dans les mains de quelques commandants de divisions et de brigades. Pourtant, même les chefs militaires sont priés de "s'en tenir à leur mission et à leur objectif". Mais alors, quel est leur objectif ?
Alors que le Hamas était pratiquement à genoux le mois dernier et réclamait un cessez-le-feu, les responsables de la défense nous ont convaincus qu'il fallait continuer à frapper et, comme d'habitude, ils nous ont expliqué qu'une accalmie donnerait justement au Hamas le temps nécessaire pour se préparer et s'armer en vue du conflit – on connaît cet argument imparable. Pourtant, le moment est venu de poser une question qui vient mettre à mal cet argument : quel est l'objectif de cette guerre et que faudra-t-il considérer comme une victoire ?
S'il s'agit de mettre un terme aux tirs de roquettes Qassam, alors l'actuelle escalade s'avère contre-productive puisque les tirs ont augmenté de manière exponentielle. Et une fois admis qu'Israël ne fantasme pas sur une quelconque autre étape destinée à "marquer les consciences", ce qui permettrait à Mahmoud Al-Zahar [dirigeant et membre fondateur de Hamas ; son fils a été tué le mardi 15 janvier par les raids israéliens] et à ses camarades de se convertir au judaïsme et de se mettre à mâcher des rameaux d'olivier, il est peut-être temps de mettre en route le processus de maturation collective, même s'il s'agit d'un processus douloureux.
On ne peut pas tuer impunément 18 habitants de la bande de Gaza lors de frappes aériennes et ensuite se lamenter quand le Hamas démontre une fois de plus ses impressionnantes capacités de tir. On ne peut pas déployer des soldats et se lancer dans des opérations militaires le matin et, dans la soirée, exprimer de "sérieuses inquiétudes sur les négociations concernant Gilad Shalit [soldat israélien enlevé et détenu depuis le 25 juin 2006 dans la bande de Gaza]". Un gouvernement souverain doit être capable d'identifier le lien de cause à effet, le lien entre les moyens et les objectifs.
Uri Misgav
Yediot Aharonot
© Courrier international 2008 | ISSN de la publication électronique : 1768-3076
Des citoyens au rabais

Ella Shohat, Le sionisme du point de vue de ses victimes juives. Les juifs orientaux en Israël,
La Fabrique, Paris, 2006, 124 pages, 8 euros.
Des citoyens au rabais
Juifs séfarades en Israël
( Michel Warschawski )
Qui sont les victimes du sionisme ? Les Palestiniens évidemment. Mais sont-ils les seules victimes de ce mouvement colonial ? A cette question, Ella Shohat répond clairement par la négative, en affirmant que le sionisme a aussi produit ses victimes juives (1). Universitaire d’origine israélienne, Shohat enseigne depuis de nombreuses années à New York. En Israël, à l’exception de cercles très minoritaires, elle a, depuis toujours, été complètement ostracisée par le monde universitaire et intellectuel.
Sans constituer une autobiographie, l’essai de Shohat raconte aussi son histoire à elle – femme, juive arabe, et de surcroît antisioniste –, ainsi que celle de ces nombreux Israéliens qui, nés dans la culture arabe, n’ont jamais pu, pour cette raison, être reconnus comme de véritables membres de la communauté nationale israélienne, à plus forte raison de ses élites.
Le mouvement sioniste est né, au début du XXe siècle en Europe, comme une tentative de réponse à l’antisémitisme. Ses idéologues et ses pionniers ont tous été les enfants de la culture européenne, coloniale et moderniste, y compris de son racisme envers tout ce qui n’était pas européen. Désirant faire émigrer les communautés juives du monde arabe – par besoin d’une main-d’œuvre habituée aux travaux difficiles et pas beaucoup plus chère que la main-d’œuvre arabe indigène, ou pour réaliser le rêve d’un « retour » des communautés juives vers leur patrie historique –, les dirigeants sionistes n’ont jamais su considérer ceux qu’ils nommaient leurs « frères des communautés orientales » comme de véritables égaux.
Certaines des communautés juives les plus anciennes du monde, tels les Juifs d’Irak ou du Yémen, ont été véritablement manipulées pour venir renforcer le jeune Etat, la direction sioniste n’hésitant pas à utiliser des méthodes terroristes pour faire fuir les Juifs de leurs pays, comme dans le cas de la communauté juive irakienne dont est issue Shohat.
Si certains dirigeants sionistes n’ont jamais caché leur racisme antiséfarade, la majorité d’entre eux avaient plutôt un regard paternaliste, promettant une place égale aux nouveaux immigrants juifs arabes, après une période de socialisation et d’adaptation à la modernité, ashkénaze comme il s’entend. Victimes d’un déracinement qu’ils ne désiraient pas, les Juifs arabes immigrés en Israël sont, pour l’auteur, des réfugiés. Certes privilégiés par rapport aux réfugiés palestiniens, mais réfugiés quand même, et victimes d’une discrimination structurelle et d’un racisme plus ou moins déclaré.
Cet essai a été publié, en anglais, dans la revue new-yorkaise Social Text, en 1988, au moment où, en Israël, la seconde génération de ces victimes juives du sionisme commençait à remettre en question l’hégémonie ashkénaze, d’abord dans le champ politique puis dans le champ culturel. Pourtant, ce n’est qu’en 2001 qu’il a été traduit et publié en hébreu... par le Centre d’information alternative – une organisation de la gauche radicale – et la jeune maison d’édition Kedem, spécialisée dans la publication d’auteurs juifs arabes. C’est-à-dire encore dans la périphérie de l’hégémonie culturelle israélienne.
Pourtant, au moment où ce texte fondateur est enfin publié en Israël, il n’est plus totalement isolé. Des écrivains comme Sami Shalom Chetrit, des chercheurs comme Yehuda Shenhav, des cinéastes comme David Ben Chetrit (2) sont enfin reconnus à leur juste valeur et commencent à trouver leur place. Ils portent tous un regard extrêmement critique sur les fondements racistes de la société israélienne, et, pour la plupart, remettent en question le sionisme aussi pour ce qu’il a commis à l’encontre de ses victimes palestiniennes.
Michel Warschawski
Journaliste, animateur du Centre d’information alternative (Israël).
http://www.aloufok.
Notes
(1) Ella Shohat, Le sionisme du point de vue de ses victimes juives. Les juifs orientaux en Israël, La Fabrique, Paris, 2006, 124 pages, 8 euros.
(2) Dont le dernier film, Dear Father, consacré aux officiers et soldats objecteurs de conscience, a été présenté en avant-première à Paris, début novembre 2006.
RACISME & NEO-NAZI EN ISRAEL



