FREE PALESTINE

Le Mouvement Citoyen Palestine est une association de fait, constituée de citoyens d’horizons divers et qui a pour objectif la promotion et la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer de son territoire et d’un Etat.

16 janvier 2008

Répression à Gaza : feu vert de Bush ?

Répression à Gaza : feu vert de Bush ?

Renée-Anne Gutter

Mis en ligne le 16/01/2008

http://www.lalibre.be/actu/monde/article/395811/repression-a-gaza-feu-vert-de-bush.html

Une opération israélienne y fait plus de vingt morts. Pour le Hamas, c'est l'illustration d'une collusion entre Olmert et Abbas avec l'aval donné par Bush.

Correspondante à Jérusalem

Le gouvernement du Hamas à Gaza a décrété trois jours de deuil et crie vengeance. Pour lui, pas de doute : le "massacre" de ce mardi émane du "blanc-seing anti-islamiste" que le président Bush a donné lors de sa récente visite aux "sionistes" et à leurs "acolytes traîtres" du régime Abbas. Des affrontements entre l'armée israélienne et des Palestiniens armés à Gaza ont fait plus de vingt morts et soixante blessés parmi les Palestiniens, pour la plupart des combattants.

Un des combattants tués est Houssam A-Zahar, fils de Mahmoud A-Zahar, le ministre des Affaires étrangères de l'ancien gouvernement Hamas-Fatah qui est le dernier fondateur du Hamas encore en vie. Il avait déjà perdu son aîné en 2003, lors d'une frappe de l'aviation israélienne sur sa maison. C'est depuis lors qu'il était devenu parmi les porte-parole anti-israéliens les plus durs.

Un "massacre" pour Abbas

Se défendant de toute "collaboration indigne", le président Abbas a dénoncé "ce massacre que notre peuple ne pourra passer sous silence". Son négociateur en chef, Ahmed Koreyié, qui venait d'entamer lundi les tractations de paix concrètes avec les Israéliens, a mis en garde que "de telles tueries videront les négociations de sens".

Israël ne voit cependant pas dans ce mardi le prélude à une offensive d'envergure. Le Premier ministre Olmert a déclaré lundi à la Knesseth qu'il "n'embourbera pas" le pays dans une opération dont le prix en vies israéliennes sera trop élevé. Cela, en contradiction avec son ministre de la Défense, Ehoud Barak, qui ne cesse d'annoncer une offensive "imminente". Depuis qu'il a pris les rênes de la Défense, il faut dire, M. Barak a intensifié les incursions dans Gaza, faisant plus de cent morts parmi les Palestiniens rien que ces dernières semaines.

Bien que massive, alliant blindés, bulldozers et hélicoptères d'assaut, l'opération de mardi était une de ces incursions "de routine", visant à déjouer les tirs quotidiens de roquettes et obus sur les localités du sud d'Israël, et à endiguer les assauts armés contre des militaires et civils isolés le long de la ligne frontière d'Israël.

Ce même mardi, précisément, un franc-tireur du Hamas a tué un volontaire juif d'Equateur qui travaillait dans un champ du kibboutz (village communautaire) frontalier, Ein Hachlocha. Et en fin de journée, alors que l'armée israélienne avait déjà retiré ses troupes de Gaza, les tirs palestiniens ont repris sur le sud d'Israël, dont des roquettes Kassam sur la ville de Sdéroth qui ont fait plus de blessés que d'habitude, et un missile Grad qui a atteint les abords de la ville d'Ashkelon

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Avigdor Lieberman quitte le gouvernement israélien

Avigdor Lieberman quitte le gouvernement israélien

NOUVELOBS.COM | 16.01.2008 | 10:58
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/proche_moyenorient/20080116.OBS5492/avigdor_lieberman_quitte_le_gouvernement_israelien.html

L'ultranationaliste proteste contre les négociations de paix avec les Palestiniens. La majorité du Premier ministre est fragilisée.

L'ultranationaliste israélien Avigdor Lieberman,ministre des Affaires stratégiques, a annoncé, mercredi 16 janvier, qu'il quittait le gouvernement du Premier ministre Ehoud Olmert. Il proteste contre les négociations de paix en cours avec les Palestiniens. Cette démission, qui ne menace pas pour le moment le maintien au pouvoir de la coalition dirigée par Ehoud Olmert, la fragilise tout de même encore un peu plus. Privée du soutien du Israël Beiténou, la majorité du Premier ministre disposerait encore de 67 élus au Parlement sur un total de 120.
"J'ai informé Olmert que nous quittions la coalition et le gouvernement", a affirmé au cours d'une conférence de presse le chef du parti Israël Beiténou, qui dispose de onze députés au parlement sur un total de 120.

Questions clés

"J'ai dit que s'il y avait des négociations sur les questions clés (du conflit avec les Palestiniens) nous ne ferions pas partie" du gouvernement, a ajouté Avigdor Lieberman.
"Tout le monde sait que ce processus ne mènera nulle part. Le principe de la terre contre la paix est une erreur fatale qui est difficile à comprendre", a-t-il encore dit.

Avigdor Lieberman, 49 ans, avait rejoint le gouvernement Olmert en octobre 2006 et avait été chargé notamment du dossier du nucléaire iranien.
Selon Avigdor Lieberman, le président palestinien Mahmoud Abbas ne peut pas être considéré comme un partenaire crédible dans le processus de paix car il contrôle uniquement la Cisjordanie depuis que la bande de Gaza est passée sous la coupe du Hamas islamiste en juin 2007.

Transfert

Israéliens et Palestiniens ont entamé lundi des négociations intensives sur les questions clés du conflit, dans la foulée de la visite en Israël et en Cisjordanie du président américain George W. Bush, pour qui un traité de paix est possible cette année.
Membre du cabinet de sécurité, Avigdor Lieberman prône un transfert partiel des Arabes israéliens, une communauté de 1,3 million de personnes, vers les territoires palestiniens, ce qui lui a valu d'être traité de "fasciste" et "raciste" par des députés arabes.
Lors de sa conférence de presse mercredi, il a cité deux députés arabes israéliens, Ahmad Tibi et Mohammad Barakeh, affirmant qu'ils étaient à ses yeux "plus dangereux que Khaled Mechaal (le numéro un du Hamas) et Hassan Nasrallah (le chef du Hezbollah Libanais)".

Ha'aretz, 16 janvier 2008

Lieberman démissionne
http://www.haaretz.com/hasen/spages/945299.html
Traduction : Gérard pour La Paix Maintenant
http://www.lapaixmaintenant.org/

Avigdor Lieberman, président d'Israel Beitenou, a annoncé aujourd'hui mercredi que son parti quittait la coalition. Il a affirmé qu'il ne tolérait pas les négociations avec les Palestiniens sur les questions clés du conflit : « Nous avions clairement annoncé que si des négociations s'engageaient sur ces questions clés, nous ne resterions pas au gouvernement, » a déclaré Lieberman mercredi matin, lors d'une conférence de presse à Jérusalem.

Lieberman, qui était « ministre chargé des Affaires stratégiques » (c'est-à-dire chargé de rien, ndt) dans le gouvernement d'Olmert, a dit que s'il devait y avoir des négociations de paix, elles doivent traiter de la question du transfert de la population arabe israélienne pour la mettre sous contrôle palestinien : « De notre point de vue, l'idée d'échanger la terre contre la paix est hors de question. Le principe doit être un échange de territoires et de populations. »

Le ministre démissionnaire a dit qu'un retrait sur les frontières d'avant 1967 n'apporterait ni la paix, ni la fin du terrorisme : « Vous savez ce qui va se passer ? Les Arabes israéliens vont demander la nationalité palestinienne, mais continueront à toucher les prestations sociales de l'Etat d'Israël. Ils ne s'en cachent pas, ils affirment très clairement qu'ils demanderont l'autonomie dans le Néguev et en Galilée, et ils ne reconnaîtront jamais Israël en tant qu'Etat juif.»

« Ce n'est pas que nous soyons opposés à la solution de deux Etats pour deux peuples », a précisé Lieberman. « Au contraire, nous la soutenons : deux Etats pour deux peuples, et non un Etat et demi pour l'un et un demi Etat pour l'autre. Nous ne pouvons pas accepter cette asymétrie où il y aurait un Etat palestinien sans un seul Juif, et où Israël deviendrait un Etat binational avec plus de 20% de minorités. Notre problème n'est pas avec les Palestiniens, il est avec les Arabes israéliens. Ahmed Tibi et Mohammed Barakeh (députés israéliens) sont plus dangereux que Khaled Mesh'al (dirigeant du Hamas à Damas) et Hassan Nasrallah, parce qu'ils opèrent de l'intérieur. »

En réaction, Tibi a accusé Lieberman d'être « pire que Jorg Haider. » Il a ajouté : « Un gouvernement sans Lieberman sera un gouvernement moins mauvais. »

Mohammed Barakeh a, pour sa part, demandé au procureur général de l'Etat, Menahem Mazouz, d'interdire le parti Israel Beitenou : « Lieberman n'est pas seulement une menace pour la paix, mais aussi pour la démocratie. Il est infecté d'un virus grave de SIDA raciste. »
Mardi, des proches d'Olmert soulignaient que, même sans Lieberman, la coalition disposerait encore d'une majorité confortable de 67 députés (sur 120). De plus, disaient-ils, il devrait être possible de faire venir au gouvernement de nouveaux partis, comme le Judaïsme de la Torah unie et même le Meretz.

« Dieu merci, nous voilà débarrassés du politicien le plus raciste du paysage politique, » a déclaré Ran Cohen, député du Meretz. « Ce gouvernement doit maintenant en profiter pour faire avancer le processus de paix et démanteler les colonies illégales. »

Réagissant à la démission de Lieberman, le cabinet du Premier ministre a indiqué qu'Olmert avait remercié Lieberman pour sa coopération pendant qu'il était au gouvernement, mais qu'il n'y avait aucune alternative sérieuse à des négociations de paix : « Au vu des récents développements diplomatiques, des divergences de vue avec Lieberman et son parti ont provoqué sa démission. »

Au cours de sa conférence de presse, Lieberman a également rejeté l'éventualité d'une fusion entre Israel Beitenou et le Likoud avant les prochaines élections.

Israel Beitenou s'étant retiré de la coalition, l'attention va maintenant se reporter sur l'autre parti de droite, le Shas, qui a dit qu'il pouvait tolérer des négociations sur les frontières et les réfugiés, mais qu'il démissionnerait immédiatement au cas où le problème de Jérusalem serait abordé, sur ordre de son chef spirituel, le rabbin Ovadia Yossef.

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Daniel BARENBOÏM devient PALESTINIEN.

ISRAEL VALLEY
Site Officiel de la Chambre de Commerce France Israël
Daniel BARENBOÏM devient PALESTINIEN.
jan14 Par IsraelValley Desk
http://www.israelvalley.com/news/2008/01/14/15205


Le très célèbre pianiste international Daniel Barenboïm qui possède déjà la nationalité israélienne, a reçu publiquement hier à Ramallah un passeport palestinien.

Selon
www.tdg.ch : “Il a affirmé vouloir servir de modèle pour la paix dans la région. «C’est pour moi un grand honneur de me voir offrir un passeport palestinien», a déclaré samedi soir le pianiste à l’issue d’un récital d’oeuvres de Beethoven donné à Ramallah, la ville de Cisjordanie où il se bat depuis des années pour favoriser les échanges entre jeunes musiciens arabes et israéliens.

«J’ai aussi accepté l’offre parce que je crois que les destinées (...) du peuple israélien et du peuple palestinien sont inextricablement liées», a-t-il expliqué. «Nous avons le bonheur – ou le malheur – de vivre ensemble. Je préfère croire le premier au second».

Barenboïm, qui est âgé de 65 ans et qui est né en Argentine, s’est félicité, en maniant l’ironie, de la condamnation ouverte par George W. Bush, lors de sa récente tournée au Proche-Orient, de l’”occupation” israélienne. “Aujourd’hui, il se trouve même des personnes pas très fûtes-fûtes pour dire qu’il faut faire cesser l’occupation», a-t-il dit
en lançant une pique au président américain”.

Arouts7 est proche des colons israéliens
lundi 14 janvier 2008 Arouts7
Double allégeance douteuse pour Daniel Barenboïm
par Claire Dana Picard
lundi 14 janvier 2008 - 10:20
http://a7fr.net/Article/46469.htm


A l'issue d'un récital de piano de morceaux choisis de Beethoven, donné samedi soir à Ramallah, le pianiste et chef d'orchestre Daniel Barenboïm a annoncé qu'il avait reçu la nationalité palestinienne, ajoutant qu'il était honoré d'obtenir un "passeport palestinien. Il a encore prétendu que son statut lui permettrait de servir de "modèle pour l'instauration d'une paix entre les deux peuples".

Daniel Barenboïm, qui est âgé de 65 ans, est né en Argentine. Il est monté en Israël avec ses parents lorsqu'il était enfant et est donc titulaire de la nationalité israélienne. Mais il vit à l'étranger depuis de nombreuses années et ne cache pas ses sentiments pro-palestiniens, professant des idées d'extrême gauche.

Il avait suscité la controverse en Israël en juillet 2001 lorsqu'il avait joué une œuvre de Wagner, compositeur antisémite et musicien favori d'Hitler, brisant ainsi le consensus. Il avait alors été déclaré "persona non grata" par la commission culturelle de la Knesset et avait dû par la suite présenter ses excuses pour ce "faux pas". En 2005, il avait causé un nouveau scandale lorsqu'il avait refusé un entretien à une reporter de Galei Tsahal, la radio de l'armée, sous prétexte qu'elle était en uniforme.

A l'étranger, le chef d'orchestre est comblé d'honneur : l'ancien président français Jacques Chirac lui a remis, en mars 2007, la Légion d'honneur "pour son engagement pour la paix au Proche-Orient". Et en septembre dernier, l'Onu lui a décerné le titre d'émissaire de la Paix des Nations unies.

L'ancien responsable palestinien de l'information Mustafa Barghouti, qui a participé à l'organisation du concert de samedi soir, a déclaré que la remise du passeport de Barenboïm avait été approuvée par l'ancien cabinet de l'AP dont il faisait partie. Il a précisé que le document avait été délivré il y a six semaines.

Le député Yaakov Mergui, leader du groupe parlementaire du parti Shass, a réagi en déclarant que c'était une honte pour l'Etat d'Israël qu'un homme comme Barenboïm soit encore titulaire de la nationalité israélienne. Il a appelé tous les centres culturels du pays à boycotter le musicien. Il a précisé : "Alors que des roquettes tombent sur les enfants de Sdérot et que des Israéliens sont assassinés en Judée-Samarie, un citoyen israélien reçoit la nationalité d'une entité qualifiée d'hostile par les autorités israéliennes. Pour moi, il collabore avec l'ennemi".

Le ministre de l'Intérieur Meir Chetrit a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de retirer au chef d'orchestre sa nationalité israélienne et que la question n'était même pas envisagée. D'après la loi, il est en droit de le faire uniquement si la personne concernée se rend coupable de fraude ou d'abus de confiance en émigrant et en devenant citoyenne d'un Etat ennemi.

L'Autorité palestinienne, qui n'est pas un Etat, n'entre pas dans cette catégorie. Il ne faut pas oublier, dans ce contexte, que des milliers d'Arabes israéliens ont également la nationalité palestinienne. La plupart d'entre eux ont des proches parents en Judée-Samarie et certains sont des Palestiniens qui ont quitté leur lieu de résidence pour vivre à l'intérieur de la Ligne verte, grâce aux membres de leur famille titulaires de la citoyenneté israélienne.

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L’affaire de l’oiseau blanc

L’affaire de l’oiseau blanc


Mondialisation.ca, Le 14 janvier 2008

Gush Shalom

TZIPI LIVNI, comme son nom l’indique est l’oiseau blanc de la politique israélienne (Tzipi est l’abréviation de Tzipora, “oiseau”, et Livni vient de Lavan, “blanc”). Face au faucon Benyamin Netanyahu, au vautour Ehoud Barak et au corbeau Ehoud Olmert, on la considérait comme l’amie au plumage immaculé.

Dans les sondages d’opinion, elle a bénéficié d’une popularité remarquable. Elle l’emporte sur tous les autres personnages politiques de la coalition gouvernementale. Tandis que la courbe de popularité des deux Ehoud – Olmert et Barak – descendait, la sienne était ascendante.

Pourquoi ? Peut-être s’agissait-il là de prendre ses désirs pour la réalité. On admet généralement  que dans la Knesset actuelle aucune coalition ne peut se constituer sans Kadima. Par conséquent, si l’on veut éliminer Olmert tout en évitant de nouvelles élections, le remplaçant d’Olmert doit appartenir lui aussi à Kadima. Livni est la seule candidate crédible.

Il y a cependant quelque chose d’étrange dans la popularité de Livni. Jusqu’à présent, elle n’a pas affronté d’épreuve sérieuse. Elle n’a jamais assumé de véritable responsabilité de direction. Elle n’a été qu’une médiocre ministre de la Justice.

Son image dans le public est vraiment impressionnante. Elle paraît honnête, qualité rare pour une personnalité politique. Elle paraît prudente. Elle paraît courageuse.

Mais lorsque l’on examine son dossier, on doit à regret aboutir à une conclusion opposée. Tzipi Livni est loin d’être courageuse et loin d’être prudente.

CELA EST DEVENU ÉVIDENT il y a un an, après la seconde guerre du Liban.

Il semblait que la colère de l’opinion causée par l’échec de la guerre allait entraîner la chute d’Olmert. Livni sauta sur l’occasion. Dans un geste théâtral, elle demanda la démission du Premier ministre et posa sa candidature à sa succession. On fit répandre l’information que, très tôt après le déclenchement de la guerre, elle avait déjà demandé d’y mettre fin (ce qui ne l’a pas empêchée de voter en faveur de toutes les initiatives d’Olmert.)

C’était un acte courageux, bien que pas très prudent. Parce qu’il est très vite apparu que la colère de la population se calmait rapidement. Le mouvement de protestation s’est épuisé. Olmert, avec le cuir d’un éléphant et la ruse d’un renard, s’est contenté de rentrer la tête dans les épaules et il a survécu. Il s’est débarrassé du rapport provisoire de la commission d’enquête (Le rapport Winograd) comme un chien secoue sa peau pour se sécher. Le lendemain de sa tentative de putch, Livni s’est trouvée isolée en plein vide politique.

Que fait une personnalité politique courageuse dans une telle situation ? Elle démissionne, naturellement. Elle rejoint l’opposition, exhorte, met en garde, prêche aux portes comme les prophètes d’autrefois.

Mais Livni n’en a rien fait. Elle s’est contentée de murmurer quelques propos évasifs, elle a croisé les bras et est restée au gouvernement. Comme la plupart de nos hommes politiques, elle paraphrase Descartes : « Je suis ministre – donc j’existe. »

En tant que ministre, elle continue d’assumer la “responsabilité collective” de toutes les actions et de toutes les carences d’un gouvernement dirigé par cette personne même qu’elle a qualifiée d’incompétente.

Voilà pour le courage. Quant à la prudence : si elle n’était pas assurée de sa capacité à renverser Olmert, pourquoi s’est-elle lancée dans cette aventure? Et si elle n’avait pas envisagé de démissionner, pourquoi s’est-elle amusée à se révolter ?

Olmert aurait pu la congédier. Mais il est bien trop habile. Il vaut mieux l’avoir dans sa tente à cracher au dehors que de l’avoir dehors à vous cracher dedans. Depuis lors il l’a couverte d’éloges et n’a manqué aucune occasion de lui adresser des félicitations. Quel ministre des Affaires étrangères efficace ! Quel diplomate avisé !

LES QUELQUES DERNIERS jours écoulés ont montré justement quel ministre des Affaires étrangères efficace et quel diplomate avisé était en réalité Tzipi Livni.

Cela a commencé par sa prestation au Comité des Affaires Étrangères et de la Sécurité de la Knesset. Dans un passé lointain, c’était une assemblée très fermée. Mais de nos jours, elle ressemble à une passoire avec vraiment de grands trous. Toute parole qui y est prononcée est répandue avant même que l’orateur ait fermé la bouche – la plupart du temps par les collaborateurs des orateurs eux-mêmes.            

Dans cette enceinte, Livni déclara que les Égyptiens ne respectaient pas leur engagement à interrompre la contrebande d’armes vers la bande de Gaza. Elle exigeait qu’ils changent de comportement pour mettre fin à ce trafic.

Il ne s’agissait pas d’une simple protestation verbale. Cela avait des implications pratiques : au congrès des États Unis, il y a une campagne en cours pour sanctionner l’Égypte par la suppression de l’aide financière considérable que lui fournissent les États Unis. Á vrai dire, le ministère des Affaires étrangères israélien ne s’associe pas ouvertement à cette exigence, mais chacun sait à Washington que, dans des questions comme celle-là, le Congrès des États-Unis n’est guère plus qu’un instrument de la politique israélienne. Des membres de la Knesset traînent dans les couloirs du Capitole et font du lobbying pour cette suppression. Il est possible qu’ils appartiennent à l’opposition de droite, mais ils agissent très clairement comme émissaires du ministère des Affaires étrangères.

Pour conforter cette activité, le gouvernement israélien a diffusé à Washington une cassette vidéo montrant des policiers égyptiens passifs pendant que la contrebande s’effectue sous leur nez.

Il ne faut pas s’étonner que Le Caire considère les propos de Livni comme une nouvelle entreprise de chantage contre l’Égypte : si vous ne vous pliez pas à nos exigences, nous allons vous frapper à votre endroit le plus sensible – le porte-monnaie.

IL EST DIFFICILE d’imaginer une politique plus idiote. Quiconque connaît un peu l’Égypte – et il y a des gens compétents à cet égard, même au ministère des Affaires étrangères – aurait conscience qu’il ne s’agit pas là seulement d'une question de porte-monnaie, mais aussi de cœur. Ce n’est pas seulement une affaire d’argent mais aussi de fierté.

Chaque année l’Égypte reçoit plus d’argent américain que quelqu’autre pays de la planète – sauf Israël, bien entendu. Et ce n’est pas pour rien : cela a commencé lorsque l’Égypte a signé l’accord de paix avec Israël. Les ennemis du régime égyptien lui reprochent de s’être ainsi laissé soudoyer au profit des intérêts israéliens.

Aucun pays n’est plus susceptible que l’Égypte quand il y va de son honneur. Ses dirigeants rappellent régulièrement à tous – et, en effet, son ministre des Affaires étrangères l’a rappelé à Tzipi Livni cette semaine – que l’Ėtat égyptien existe depuis 7000 ans, et qu’il n’est pas disposé à recevoir des leçons d’Israël (qui n’existait même pas il y a 60 ans).

L’Égypte vit dans une contradiction douloureuse : elle se considère comme le berceau de la civilisation humaine et le centre du monde arabe, mais c’est un pays très pauvre qui a besoin de chaque dollar qu’il peut obtenir. Le régime d’Hosni Moubarak dépend entièrement des États-Unis, mais cherche désespérément à obtenir le respect de 70 millions d’Ėgyptiens et de centaines de millions d’autres Arabes.

Cela demande de la subtilité et même de la finesse. L’expérience accumulée sur des milliers d’années a préparé les diplomates égyptiens à une telle tâche. Ils ne disent jamais “non” mais “oui, tout à fait, cependant le moment n’est pas favorable” ou “c’est une bonne idée, nous allons l’examiner avec la plus grande attention”. Ceux qui peuvent comprendre comprennent. Il ne fait pas de doute que les diplomates égyptiens considèrent leurs partenaires comme un peu simples, avec un mépris à peine voilé.

Tzipi Livni est entrée dans ce magasin de porcelaine à la façon d’un éléphant.

POURQUOI l’a-t-elle fait ? Les correspondants politiques, qui sont pour la plupart les rapporteurs de bavardages politiques, prétendent qu’elle avait une motivation personnelle : elle s’exprimait à la veille de la rencontre d’Ehoud Barak avec Moubarak. Son objectif réel était de créer des difficultés à Barak.

Peut-être y a-t-elle vu une occasion d’améliorer son image. Depuis maintenant des semaines, les services de sécurité mènent une campagne de relations publiques sur les armes dans la bande de Gaza. Leurs agents dans les médias nous parlent tous les jours des quantités d’armes et d’explosifs qui y sont introduits en permanence depuis l’Égypte par des tunnels sous la frontière. Les Ėgyptiens sont accusés de fermer les yeux. Livni voulait enfourcher ce cheval.

Le problème de Livni est partagé par tous en Israël : c’est l’incapacité ou le refus de voir le point de vue de l’autre partie, en particulier si l’autre partie est arabe. (L’autre partie a, naturellement, un problème similaire.)

Les Egyptiens se considèrent comme les leaders naturels du monde arabe. Le président Moubarak et ses partisans sont très sensibles aux accusations de leurs ennemis – en particulier les Frères musulmans – selon lesquelles ils soutiennent l’occupation israélienne à un moment où Israël est en train d’affamer la population de Gaza et de tuer ses leaders. Moubarak n’a aucune envie de faire quoi que ce soit contre le Hamas qui semblerait justifier ces accusations.

Il est tout à fait possible que les autorités égyptiennes soient totalement incapables d’empêcher le trafic même si elles le voulaient. La plupart des matières de contrebande font défaut dans la bande de Gaza assiégée, depuis le lait en poudre jusqu’aux cigarettes. Les contrebandiers peuvent trafiquer avec les bédouins du Sinaï ou soudoyer les policiers égyptiens – qui n’ont certainement aucune envie de poignarder dans le dos leurs frères arabes en lutte contre l’occupation israélienne.

Le public israélien vit dans une bulle. Il ne peut pas imaginer que ces mêmes gens qu’ils connaissent comme “terroristes” sont les héros du monde arabe, que les “assassins”sont les saints martyrs des Arabes, que le “terrorisme”est considéré par les Arabes (et pas seulement par eux) comme une résistance héroïque à une occupation monstrueuse, que les “contrebandiers” sont considérés par les Arabes comme nous considérions “nos braves garçons” du Palmach qui transportaient des armes sous le nez des Anglais en risquant leurs vies pour briser le blocus.

Aux yeux des Egyptiens – et aussi de tous les Arabes – le peuple palestinien se défend contre un oppresseur brutal. Les martyrs palestiniens restaurent l’honneur de toute la nation arabe. Même les Ėgyptiens qui soutiennent Moubarak et qui pensent qu’il n’y a pas d’autre choix que de coopérer avec les Américains et de maintenir la paix avec Israël sont tiraillés entre des sentiments contradictoires.

Si l’on ne comprend pas le dilemme politique et psychologique de la population égyptienne, on court le risque de commettre des actes insensés. Et rien ne pourrait être plus insensé que les actions engagées par Israël contre les pèlerins au retour du pèlerinage à La Mecque la semaine dernière.

LE PÈLERINAGE à La Mecque est, comme chacun sait, l’un des cinq piliers de l’islam. Une personne qui entreprend ce voyage, avec toutes ses épreuves, est très respectée par tous les musulmans.    

Le million et demi d’habitants de la bande de Gaza est empêché de remplir ce devoir, sauf à subir un “contrôle de sécurité” de l’armée israélienne, souvent accompagné de harcèlement et d’humiliation. Sur exigence d’Israël, les Egyptiens ont fermé le seul poste frontière qui relie la bande de Gaza au monde extérieur : le passage de Rafah. Deux mille pèlerins de Gaza ont brisé ce blocus et traversé la frontière à Rafah. Il semble que les Egyptiens se soient montrés coopératifs, soit de façon ouverte, soit en fermant les yeux. En effet, comment un dirigeant égyptien peut-il empêcher le passage de musulmans pieux en route pour remplir un des devoirs les plus sacrés ? Mais les chefs des services de sécurité israéliens étaient furieux.

Le problème s’est aggravé lors du retour des pèlerins de La Mecque. Lorsque leur ferry a atteint le rivage du Sinaï, Israël a exigé que les Egyptiens ferment le passage de Rafah et obligent les pèlerins à rentrer par le territoire israélien. Cela aurait livré des membres du Hamas  et d’autres personnes “recherchées” entre les mains des services de sécurité israéliens.

Pour les Ėgyptiens c’était une exigence totalement intolérable. S’ils y avaient cédé, ils seraient apparus aux yeux de l’ensemble du monde musulman comme des collaborateurs qui auraient livré aux juifs des musulmans pieux au retour du pèlerinage sacré.

La fin était prévisible : les Egyptiens ont permis à la totalité des pèlerins de rentrer par Rafah. Le gouvernement israélien avait marqué un but contre son camp.

Tout cela ne serait pas arrivé si la ministre des Affaires étrangères avait persuadé ses collègues de fermer les yeux et de la fermer. Elle ne l’a pas fait. Ils ne l’auraient de toutes façons pas écoutée. Quelque chose me dit que cet oiseau blanc ne volera pas bien loin.

Traduit pour l’AFPS de l'anglais: FL.


Article en anglais sur le site de Gush Shalom`,  "The Case of the White Bird", 5 janvier 2008.

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Massacre à Gaza par l'armée d'occupation

Massacre à Gaza par l'armée d'occupation

( Mardi, 15 janvier 2008 )

C'est la journée la plus sanglante dans la Bande de Gaza depuis juin 2007. Les bulldozers et hélicoptères de l'armée d'occupation sont intervenus mardi 15 janvier dans le territoire, traquant les résistants, et ont tué au moins 18 dont le fils de Mahmoud Zahar, un des dirigeants du Hamas.

Le Mouvement a appelé à la grève générale à Gaza et en Cisjordanie pour protester contre ce raid particulièrement meurtrier et décrété trois jours de deuil, mettant les drapeaux en berne.

Mahmoud Zahar a quant à lui annoncé la mort de son fils Hussam Zahar, 24 ans, tué en combattant par les forces d'occupation dans le nord de Gaza.

Après la mort d'Hussam Zahar, le Hamas a affirmé avoir tiré 17 obus de mortier contre deux points de passage avec Israël. De son côté, l'armée d'occupation a annoncé que depuis lundi, 14 obus de mortier ont été tirés, dont cinq dans la zone des combats.

La police de l'autorité d'occupation rapporte également qu'une roquette est tombée sur la ville d'Ashkelon, située à 15 kilomètres de la bande de Gaza, sans toutefois faire de victime ou de dégâts. Des roquettes ont aussi pris Sdérot pour cible, faisant quatre blessés légers.

A la morgue de l'hôpital Shifa de Gaza, Mahmoud Zahar, priant sur la dépouille de son fils, a accusé le président Mahmoud Abbas et le Fatah d'être complices de la mort du jeune homme. "C'est là l'espoir d'Abou Mazen et de ses collègues, les collaborateurs d'Israël, les espions de l'Amérique", a-t-il lancé. Le Hamas ripostera au raid de mardi "de manière appropriée. Nous nous défendrons par tous les moyens".

Matan Vilnai, ministre adjoint de la Défense de l'autorité d'occupation, a précisé sur les ondes de la radio de l'armée que le jeune homme n'était pas une cible spécifique. Khaled, fils aîné de Zahar, avait été tué il y a trois ans lors d'une tentative d'assassinat contre son père par les forces d'occupation.

Seize résistants et trois civils, dont un homme de 65 ans, ont été tués en tout au cours de cette opération, qui a duré jusqu'au début de l'après-midi.

Quelque 40 personnes ont été blessées, dont un petit garçon de huit ans grièvement touché, précisait-on de sources médicales palestiniennes. Et des responsables hospitaliers mettaient en cause l'armée d'occupation, qui selon eux aurait utilisé des armes anti-personnelles particulièrement meurtrières, qui tirent des dizaines de fléchettes de métal.

L'opération a commencé quand dans un premier temps, un commando de l'armée d'occupation est entrée dans le secteur de Zeitoun à l'est de la ville de Gaza, avec pour objectif une maison utilisée par les résistants pour tirer sur le territoire israélien, ont précisé des responsables de la sécurité du Hamas.

Les chars et les bulldozers des forces d'occupation appuyés par des hélicoptères sont ensuite entrés dans la Bande de Gaza pour tirer sur des résistants qui commençaient à riposter à l'attaque du commando de l'armée d'occupation.

L'armée d'occupation a confirmé une opération dans le secteur, expliquant que ses soldats ont ouvert le feu sur des résistants qui s'approchaient de la barrière de séparation entre l'étroite bande côtière palestinien et Israel. Après un échange de tirs, l'aviation est également intervenue, a précisé l'armée d'occupation.

Mardi, 15 janvier 2008 - Avec les agences de presse

Posté par MCPalestine à 15:44 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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