FREE PALESTINE

Le Mouvement Citoyen Palestine est une association de fait, constituée de citoyens d’horizons divers et qui a pour objectif la promotion et la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer de son territoire et d’un Etat.

07 janvier 2008

Les pots-de-vin

Les pots-de-vin

Samah Jabr

publié le lundi 7 janvier 2008.

Les participants à la conférence des donateurs de Paris qui battait le rappel pour soutenir économiquement le gouvernement du président Mahmoud Abbas (celui-ci demandait 5,6 milliards pour financer un plan de développement sur trois ans pour les territoires) se sont engagés pour un total de 7,4 milliards de dollars d’aides !

La conférence, à laquelle participaient 68 pays et des organisations internationales de premier plan, faisait écho à celle d’Annapolis initiée par les USA le mois dernier et qui relançait les négociations pour la création d’un Etat palestinien dans les 12 mois. De telles conférences ont bien peu de chose à voir avec la promotion de la prospérité palestinienne ou l’allègement des tourments du peuple. Alors que les puissances impérialistes sont censées rechercher une sorte de solution au conflit israélo-palestinien, elles ne visent en réalité qu’à maintenir une Autorité palestinienne inconstitutionnelle contre la volonté même du peuple palestinien, ainsi que les forces de sécurité dont cette Autorité se sert pour réprimer toute opposition à Israël ; pour ce faire, ces puissances sont prêtes à payer tous les pots-de-vin.

Effectivement, cet afflux d’aides sera utilisé comme un outil politique pour s’immiscer dans notre combat national tout en prétendant que le monde, soudain, a reconnu l’urgence pour une situation humanitaire qui s’est détériorée en Palestine, d’où ces promesses de milliards pour le gouvernement de Ramallah. Le président français, Nicolas Sarkozy, a proposé le déploiement d’une force internationale dans les territoires occupés palestiniens dans le but de soutenir l’appareil de sécurité palestinien fidèle à Abbas, « quand le moment sera venu, et quand les conditions seront réunies », pressant les Palestiniens de s’unir derrière Abbas, et prévenant qu’il n’y aurait aucune paix avec un mouvement refusant de reconnaître Israël – c’est-à-dire le Hamas. La proposition de Sarkozy révèle le véritable projet qui se cache derrière cette aide internationale.

Une force internationale ne viendrait pas protéger la vie des Palestiniens, leurs terres et leurs maisons, des agressions quotidiennes israéliennes, elle viendrait aider la sécurité palestinienne à sévir contre la résistance et protéger les colonies israéliennes. Notre dernier accrochage avec des forces internationales remonte à Jéricho, quand elles se sont entendues avec les Israéliens pour l’enlèvement de nos prisonniers. Il est risible de voir Abbas approuver la proposition de Sarkosy ; est-ce parce que l’argent lui brouille la vue, ou aurait-il besoin d’être protégé de son peuple ? De telles conférences sont trompeuses sur la volonté palestinienne et accordent une reconnaissance au niveau international à des vieux, des faibles d’esprit et des retraités qui sont prêts à signer tout ce qu’on leur demande comme représentants des Palestiniens, elles écartent dans le même temps ceux qui ont été démocratiquement élus. Il manque à la délégation palestinienne qui négocie le mandat pour le faire en notre nom. Elle est composée de ceux qui ont été rejetés aux élections parlementaires de janvier 2006 ; pourtant, ils s’approprient le droit de représenter la Palestine, plus préoccupés qu’ils sont à vivre en dehors de la cause et à avoir des contrats de travail, quelques années encore, qu’à faire réellement la paix.

Les membres de la délégation ne se comportent pas comme les chefs d’un combat national ; ils sont arrogants et distants avec leur propre peuple, amicaux avec l’ennemi. Les photos de leurs rencontres cordiales avec les Israéliens, pendant que les troupes d’Israël tuent nos garçons dans la bande de Gaza, sont une honte pour notre combat. Depuis Annapolis, Israël s’est attaché à construire des colonies de peuplement et à multiplier les assassinats dans Gaza. Au lieu de discuter des questions cruciales, l’équipe de négociation palestinienne, sans aucun pouvoir, va devoir discuter des atrocités qui se poursuivent, et je ne suis même pas sûre qu’elle soit capable d’y porter un coup d’arrêt, et donc, à plus forte raison, d’instaurer un Etat ou la fin de l’occupation. Sur 15 ans, les Palestiniens ont reçu 10 milliards de dollars pour construire leur Etat. On nous a promis que la Palestine serait le Singapour du Moyen-Orient. Une part de cet argent est tombée entre les mains de types corrompus, odieux et opportunistes. Quand ils mettaient au point des projets de développement, c’était des projets du style du casino de Jéricho.

Les constructions modestes réalisées ont été démolies, sous les yeux du monde ; les donateurs internationaux regardaient, sans honte, consentants. Pendant ce temps, les territoires palestiniens se transformaient en ghettos où toute vie décente était bannie. Israël ne laisse pratiquement aux Palestiniens aucune liberté pour pouvoir prospérer ou promouvoir leur propre Etat. Les Israéliens ont fait sauter l’aéroport et la centrale électrique de Gaza, bombardé les infrastructures à Ramallah et à Bethléhem, ils ont fermé le port maritime, de même que la plupart des points de passages pour entrer et sortir. Le gouvernement israélien n’autorisera, en aucune façon, aucun projet qui pourrait profiter aux Palestiniens. La généralisation des fermetures, instaurée après le soulèvement palestinien de septembre 2000, a décimé l’économie palestinienne, liquidant les emplois et plongeant les trois quarts de la population dans la pauvreté. Nous avons vu les produits agricoles pourrir sur les bas-côtés des routes, pendant des jours, dans l’attente des autorisations des forces de sécurité israéliennes ; nous avons vu des moutons, dans Gaza, manger les fleurs prêtes à être exportées, mais Israël ne nous en donnait pas l’autorisation. L’aide internationale ne mettra pas fin au siège qui nous est imposé, ni aux tirs ni aux meurtres d’Israël contre nos hommes. L’aide est une ingérence flagrante dans nos affaires financières internes, elle vise à remettre en cause le choix démocratique du peuple palestinien. Que signifient ces milliards pour les bébés, les personnes âgées et les femmes qui meurent chaque jour, aux frontières de Gaza, cela parce qu’Israël leur refuse l’accès aux soins ou aux médicaments dont ils ont besoin ? que signifie cet argent pour tous ceux qui sont humiliés à chaque fois qu’ils passent un check-point ? uniquement des pots-de-vin, des pots-de-vin pour acheter le silence de ceux qui se sont octroyé le monopole de nous représenter.

Les incursions militaires routinières d’Israël dans la bande de Gaza n’arrivent pas à faire cesser les tirs de roquettes artisanales Qassem sur les colonies. Les Israéliens ne savent pas comment régler la situation face à ces roquettes lancées depuis la bande de Gaza, ils sont dans une véritable impasse. Ils se servent des pressions de la communauté internationale pour que celle-ci pousse l’Autorité palestinienne inconstitutionnelle à un conflit direct avec le Hamas à Gaza, tout en poursuivant leurs propres efforts pour s’emparer des meilleures terres palestiniennes et assurer leur contrôle sur Jérusalem ; c’est tout le sens des conférences d’Annapolis et de Paris. Tout ce que nous entendons n’est que rhétorique sur un soutien à un Etat palestinien. Il n’y a aucun signe qu’une politique internationale s’en prendrait à l’occupation elle-même, ni aucune pression sérieuse exercée sur Israël pour qu’il lève les restrictions de mouvements des personnes et des marchandises. Les requins de la politique et de l’économie qui sont liés à Israël commencent à parler de projets privés d’envergure qui nous rendraient encore plus dépendants d’Israël, alors que nous devons au contraire nous en libérer et nous rapprocher du monde arabe. Tout projet important de développement, sans unité politique et géographique, n’est qu’illusoire ; à l’inverse, un projet, le plus modeste soit-il, peut nous écarter d’Israël. La micro-économie et les mini projets qui emploient les ressources locales et visent à répondre aux besoins du marché local méritent de survivre. Tout développement doit impliquer le secteur public, lequel est composé d’une majorité pauvre qui élève notre combat national ; c’est cela qui nous conduira à la libération nationale, pas le commerce avec Israël.

Les « nécessités sécuritaires » d’Israël exigent toujours des restrictions physiques et administratives considérables contre le développement palestinien. Il y a 7 ans, Yasser Arafat nous annonçait avec enthousiasme que la découverte de gaz naturel dans la bande de Gaza allait nous apporter la prospérité économique. Pour un seul site, des experts avaient estimé la réserve de gaz à 4 milliards de dollars, laquelle génèrerait 100 millions de dollars par an pendant 15 ans et fournirait la base d’une croissance économique durable pour les Palestiniens. Il y a eu un projet pour la vente de ce gaz à l’Egypte, mais l’ex-Premier ministre Ariel Sharon a déclaré qu’en aucun cas, il n’autoriserait un projet qui augmenterait les rentrées d’argent de Yasser Arafat.

Alors, un fonds en fidéicommis a soudain été créé et il s’est assuré que l’argent international n’irait qu’au gouvernement palestinien désigné par Mahmoud Abbas ; Israël s’est porté acquéreur et propose de payer le gaz en marchandises et en services. Suite aux négociations avec British Gas, la société qui a acheté, pour un prix très bas, les droits de développer Gaza Marine, la Haute Cour a décidé de bloquer l’exploitation du site. Ainsi vont les projets de développement palestinien sous occupation. Les Palestiniens se sentent concernés par le progrès, mais Israël garde les recettes fiscales, gèle et surveille les comptes bancaires, bloque les mouvements de capitaux, de matériel et de main-d’œuvre, il est donc très difficile pour quelqu’un d’investir dans cette région, et de construire un Etat et une société qui fonctionnent. Les atrocités israéliennes sont systématiques et tolérées par la communauté internationale ; l’expansion de l’économie palestinienne, si l’occupation se poursuit, est un processus vain. Etant donné qu’aucune pression ne sera exercée sur Israël pour décoloniser, à l’instar des conférences antérieures, la conférence de Paris tombe, remarquablement, à côté de la question.

Je ne sous-estime pas la nécessité de sauver l’économie palestinienne, mais il est vain de s’y engager tant que dure l’occupation, et c’est exactement ce qui va se passer si le projet de faire cesser la résistance palestinienne est mené à bien. Il faut que la communauté internationale exerce des pressions sur Israël pour qu’il enlève ses barrages routiers en Cisjordanie et permette à Gaza d’ouvrir ses frontières, il faut qu’il se retire complètement de la proximité de nos frontières, qu’il cesse de bâtir des colonies de peuplement et, à l’inverse, qu’il les retire, ainsi que le mur qui transforme notre espoir pour un Etat en un rêve palestinien qui s’effondre. Sans cela, l’argent ne sera qu’une sucette lancée à l’opinion publique internationale, il créera chez nous une atmosphère de méfiance, montant les Palestiniens les uns contre les autres et retardant, par conséquent, le combat contre les Israéliens. Ainsi, les Palestiniens resteront toujours une nation ravagée, vivant de dons, et dirigée par des gens touchant des pots-de-vin et qui mendient.

Texte reçu de l’auteur le 4 janvier par les Amis de Jayyous - traduction : JPP

Samah Jabr

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Israël continuera ses opérations militaires "même pendant les négociations de paix."

Israël continuera ses opérations militaires

"même pendant les négociations de paix."

Israël poursuivra ses opérations militaires pour assurer la sécurité de ses citoyens "même durant les négociations de paix avec les Palestiniens", a affirmé, lundi, la ministre des affaires étrangères israélienne, Tzipi Livni, qui dirige l'équipe de négociateurs israéliens, après une rencontre avec le chef de l'équipe de négociateurs palestiniens, l'ancien premier ministre Ahmed Qoreï.

"Israël n'a nullement l'intention de laisser les clés à l'autre partie à la fin des négociations puis d'espérer que tout ira bien (...). C'est pourquoi il est nécessaire d'agir dès maintenant pour changer la situation sur le terrain, poursuivre la lutte contre le terrorisme, et mettre sur pied, côté palestinien, des forces de sécurité efficaces", a-t-elle poursuivi, avant d'ajouter qu'il était nécessaire d'agir pour la sécurité d'Israël, "même au prix de critiques internationales". (– avec AFP.)


Sources
Le Monde

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Intifada troisième partie ?

Intifada troisième partie ?
Par Khaled Amayreh


La semaine dernière, à Jérusalem Ouest, la réunion manifestement cordiale entre le Premier Ministre israélien Ehud Olmert et le Président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas, semblait commencer sous les meilleurs auspices. Sourires larges, atmosphère joyeuse, une aura d'optimisme planait sur eux. Le but de la rencontre, qui a eu lieu à la résidence officielle d'Olmert le 27 décembre, était de lancer les pourparlers de statut final entre les deux parties, dans l'espoir qu'ils conduiraient à une résolution finale du conflit palestino-israélien vieux de plusieurs décennies.

En plus de relancer et de ranimer les discussions, que nombre de critiques jugent déjà vouées à l'échec et futiles étant donné l'insolence et l'intransigeance d'Israël, la direction de l'Autorité Palestinienne espérait de cette rencontre qu'elle amène Olmert à annuler les projets annoncés récemment de construction de milliers d'unités d'habitation partout en Cisjordanie, en particulier à Jérusalem Est arabe occupée par les Israéliens.

Olmert et Abbas sont convenus de relancer les pourparlers de paix et d'éviter d'entreprendre toute démarche préjudiciable aux questions de statut final. Cependant, au sujet de l'expansion des colonies, question centrale du statut final, Olmert a dit clairement à Abbas qu'il ne pouvait ni ne voulait arrêter la construction, puisque une telle démarche signifierait l'effondrement de son gouvernement de coalition. Il est intéressant de noter que c'est le même prétexte et le même raisonnement que les premiers ministres israéliens successifs ont toujours mis en avant chaque fois qu'ils ont subi des pressions, même de la part des USA, pour stopper ou geler l'expansion des colonies.

Olmert n'a pas dit carrément à Abbas qu'Israël irait à l'encontre de l'esprit d'Annapolis et poursuivrait la construction de nouvelles unités de colonies partout en Cisjordanie. Au lieu de cela, il a eu recours à la prévarication et aux stratagèmes. Il a dit à Abbas qu'Israël ne créerait pas de nouvelles colonies en Cisjordanie mais n'a pas fait mention des projets d'extension des colonies existantes en construisant des milliers d'appartements sur la terre arabe récemment confisquée dans le voisinage de ces colonies.

L'étendue de la tromperie et de la propension au mensonge d'Olmert a été révélée peu après la séance de photo avec Abbas.
Cette semaine, les médias israéliens ont révélé que le gouvernement israélien avait récemment décidé de lancer deux appels d'offre à construction à Jérusalem Est, dont la construction de 440 appartements pour colons dans les banlieues arabes de Sur Baher et Jabal Al-Mukaber. Ceci en plus des 307 appartements qu'Israël projette de construire dans la colonie de Har Homa, ou Jabal Abu Ghneim, adjacente à la ville palestinienne chrétienne de Beit Sahur, dans la région de Bethléem.

La nouvelle campagne d'expansion des colonies dans et autour de Jérusalem Est occupée, qu'Israël ne considère pas comme faisant partie de la Cisjordanie, coïncide avec la construction de milliers d'appartements dans toute la Cisjordanie.

La dernière rencontre entre Abbas et Olmert a été considérée comme un fiasco même par les pontes pro-Fatah, avec Hani Al-Masri, éditorialiste éminent, accusant la direction de l'Autorité Palestinienne de laisser tomber Jérusalem Est dans les négociations. "Si le renforcement des activités de colonisation juive à Jérusalem, la future capitale de l'Etat palestinien dont tout le monde parle, ne porte pas préjudice au règlement de statut final, alors de quoi peuvent-ils bien parler ? ", s'est interrogé Masri.

Constamment rejetée par un refus israélien insolent et méprisant de geler l'expansion des colonies, la direction palestinienne frustrée et en réalité impuissante en a appelé à l'administration Bush, en particulier à la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, pour faire pression sur Israël pour un arrêt de la colonisation. Rice a demandé à Olmert d'être conscient des conséquences qu'aurait une expansion non contrôlée des colonies sur le processus de paix.
Olmert a assuré Rice qu'aucunes nouvelles colonies n'étaient prévues, qu'il était impuissant à stopper l'expansion naturelle, et que les colons étaient tous, après tout, des citoyens israéliens et qu'à ce titre ils étaient en droit d'avoir un toit sur leurs têtes.

Et le gouvernement israélien a trouvé l'occasion d'ajouter une blessure aux insultes lorsque les soldats israéliens ont ouvert le feu et tué le garde du corps personnel du chef négociateur palestinien Ahmed Qurei, au sud-ouest de Ramallah. Le meurtre de sang froid s'est produit à peine quelques heures après la réunion à Jérusalem Ouest, à laquelle Qorei participait lui aussi.

Obligés de répéter tous les jours les mêmes banalités sur l'illégalité des colonies israéliennes, les responsables palestiniens se retrouvent dans une situation peu enviable.

D'un côté ils réalisent, bien qu'ils ne le disent pas ouvertement, que les discussions avec Israël sont condamnées à l'échec, même si ces discussions devaient durer encore cent ans. Ils se rendent également compte que ni l'administration Bush ni aucune autre administration américaine n'a jamais eu la volonté ni le désir de faire pression sur Israël pour mettre un terme à l'occupation qui a commencé en 1967.

D'un autre côté, l'Autorité Palestinienne a conscience que l'afflux des milliards de dollars promis par les participants à la Conférence des Donateurs, à Paris à la mi-décembre, n'influera que très peu sur la continuation ou du moins le semblant de poursuite des efforts de paix, indépendamment des résultats que ces efforts produiront ou non.

Cette façon de penser est cependant problématique, pour employer un euphémisme, puisqu'elle ne prend pas en compte l'humeur en mouvement et l'indignation croissante des Palestiniens.

Cette semaine, l'armée israélienne a accru le massacre gratuit qu'elle perpètre contre les civils palestiniens, juste pour le plaisir, comme l'a dit un militant des droits de l'homme. Au carrefour frontalier de Beit Hanoun, au nord de la Bande de Gaza, les soldats israéliens, qui s'ennuyaient, ont ouvert le feu sur des pèlerins palestiniens rentrant de La Mecque, tuant une femme et blessant cinq autres personnes, dont une grièvement.

L'armée israélienne a publié quatre comptes-rendus différents du meurtre gratuit de cette femme, que ses enfants et petits-enfants attendaient à quelques centaines de mètres. D'abord, le porte-parole de l'armée israélienne a dit qu'il n'avait pas connaissance de l'incident. Cinq heures après, un autre porte-parole a prétendu qu'il était vraisemblable que la femme avait été touchée par des tirs palestiniens. Une troisième version de l'histoire a raconté que la femme avait été tuée dans un échange de tirs entre les soldats israéliens et le personnel palestinien de sécurité stationné au nord de Gaza. Finalement, l'armée a sorti une quatrième histoire, disant que les soldats, à la frontière d'Erez, s'étaient sentis menacés et avaient ouvert le feu.

Il est évident que la femme n'a pas été touchée par des tirs palestiniens, il n'y a pas eu d'échanges de feu entre les soldats israéliens et palestiniens dans le voisinage, et les soldats qui tenaient le passage d'Erez ne se sont pas sentis menacés par la présence de pèlerins épuisés, qui avaient été soumis à des fouilles méticuleuses menées, comme d'habitude, avec toutes les formes imaginables d'humiliation.

Un incident similaire s'est produit la semaine dernière près de Ramallah, lorsque les soldats israéliens à la gâchette facile ont tiré et tué un Palestinien, père de deux petits enfants, qui sortait de chez lui avec son frère et un ami. Les soldats ont prétendu que les trois palestiniens désarmés avaient un comportement suspect.

La rage froide accumulée suite aux attaques israéliennes meurtrières conjuguées avec la politique israélienne trompeuse, évidente dans la poursuite de l'expansion des colonies, augmente dans le cœur des Palestiniens. "Je pense que la plupart des gens est convaincue qu'Israël trompe la direction palestinienne et qu'il n'est pas sincère dans une recherche de paix avec les Palestiniens. Pour le dire en bref, la politique d'assassinats de Palestiniens et l'expansion des colonies n'est pas compatible avec un authentique désir de paix", a dit Ziad Abu Zayad, ancien négociateur palestinien.

Dans un article pour Al-Quds, journal basé à Jérusalem Est, Abu Zayad a accusé Israël de ruser pour construire encore plus de colonies, voler encore plus de terre arabe et tromper l'opinion publique internationale. C'est toujours le même film, les mêmes tromperies, les mêmes mensonges. Abu Zayad exhorte la direction palestinienne d'Abbas de dénoncer immédiatement la futilité des discussions avec Israël si l'Etat juif refuse de stopper l'activité d'extension des colonies en Cisjordanie.

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Un autre élément n'augure rien de bon pour Abbas et son Premier Ministre soutenu par l'Occident, Salam Fayyad (photo ci-dessus, avec C. Rice). Le mouvement Fatah est actuellement en ébullition à cause des politiques provocatrices du gouvernement de Ramallah, et essaie de transmettre un message clair à Fayyad, disant : soit vous êtes à nos ordres, soit vous démissionner. Cette semaine, les Brigades des Martyrs Al-Aqsa, la branche militaire du Fatah, maintenant presque totalement dissoute par le gouvernement Fayyad, a averti qu'ils assassineraient Fayyad s'il continuait à refuser au Fatah un traitement préférentiel.

Fayyad s'est récemment mis à dos beaucoup de membres du Fatah lorsqu'il a systématiquement arrêté de payer les salaires des milliers de cadres du Fatah qui étaient sur les listes du personnel depuis les années 1990.

Récemment, il a aussi exaspéré beaucoup de Palestiniens lorsqu'il a présenté publiquement ses condoléances aux familles des deux soldats israéliens qui n'étaient pas en service et qui ont été tués par la guérilla palestinienne à Hébron, au sud de la Cisjordanie. Israël a assassiné des centaines de Palestiniens en 2008, dont des douzaines d'enfants.

Selon quelques observateurs palestiniens, le scénario le plus prévisible dans le cas où le processus de paix s'effondrerait, ce que la plupart des Palestiniens considèrent comme couru d'avance, est un nouvel Intifada, cette fois et contre Israël, et contre le gouvernement de l'Autorité Palestinienne lui-même.

Source : Al-Ahram
Traduction : MR pour ISM

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La justice militaire israélienne accusée de bafouer les droits des Palestiniens

La justice militaire israélienne accusée de bafouer les droits des Palestiniens

LE MONDE | 07.01.08 | 15h12  •  Mis à jour le 07.01.08 | 15h12 JÉRUSALEM CORRESPONDANT

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-996528,0.html

epuis l'occupation de la Cisjordanie par Israël en 1967, les tribunaux militaires ont jugé plus de 150 000 Palestiniens en ignorant, la plupart du temps, les règles élémentaires de justice et des droits de l'homme, selon le rapport publié, dimanche 6 janvier, par l'organisation Yesh Din, intitulé "Poursuites d'arrière-cour". Pendant plus d'un an, des membres de cette ONG ont assisté à plus de 800 audiences. Ils ont dressé un bilan atterrant de la justice militaire dans les territoires occupés.

Selon les chiffres fournis par les autorités militaires, sur 9 123 cas examinés en 2006, seules 23 personnes déférées ont été reconnues innocentes, laissant planer le doute sur le respect du principe de la présomption d'innocence et sur les conditions d'examen des dossiers. Partant de 118 procédures, Yesh Din a établi que la décision de maintien en détention était acquise en moyenne au bout de 3,4 minutes et que la reconduction de l'emprisonnement était en moyenne expédiée en 1,54 minute. "Il faut en général deux minutes pour envoyer quelqu'un en prison avant que la procédure d'enquêté soit terminée", indique le rapport.

La justice militaire est directement mise en accusation. Les tribunaux militaires ne respectent pas la publicité requise pour toute procédure judiciaire. Et les personnes poursuivies ne sont souvent pas informées des charges qui pèsent contre elles car elles sont formulées en hébreu et ne sont pas traduites. Les avocats palestiniens doivent batailler pour accéder aux dossiers et voir leurs clients incarcérés en Israël, car ils ont besoin d'un permis pour se rendre dans l'Etat juif.

De plus, "la législation sécuritaire n'impose aucune restriction sur la durée de détention pendant le temps de l'enquête jusqu'à l'inculpation, et de l'inculpation jusqu'à la traduction en justice. La seule limite fixée à partir de l'inculpation est une durée de deux ans". Une personne appréhendée peut ainsi rester plusieurs années en prison avant d'être condamnée. "Fin 2006, 1 800 prisonniers environ étaient détenus jusqu'à un an et 189 depuis plus d'un an. Sur les 9 123 cas examinés en 2006, seuls 130 dossiers avaient été clos au bout d'un an". Dans 95 % des affaires, note le rapport, les affaires se terminent par un arrangement car "les prévenus préfèrent trouver un moyen terme plutôt que d'affronter des juges militaires". Pour les justiciables, les procès sont en effet tardifs et aléatoires. Dans 35 % des cas, la traduction est partielle et dans 5 %, il n'y en a pas du tout.

Les mineurs ne sont pas épargnés : selon les lois sur la sécurité, la majorité commence en effet à 16 ans. Yesh Din reproche à la justice militaire de condamner les adolescents comme des adultes en tenant compte de leur âge au moment de la condamnation et non des faits. Yesh Din estime qu'ils représentent entre 4 % et 6 % du total des détenus. Pour les auteurs de l'enquête, "la justice militaire ne respecte pas les principes fondamentaux des lois internationales". Les autorités militaires contestent, de leur côté, la méthodologie utilisée dans l'enquête, estimant qu'elle repose sur des erreurs d'interprétation et une méconnaissance du système judiciaire militaire qui observe "un équilibre judicieux entre les considérations de sécurité et les droits de l'homme".

Michel Bôle-Richard

Article paru dans l'édition du 08.01.08

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Une carte honorifique pour motiver les jeunes à servir leur pays

Arouts7 est proche des colons israéliens
dimanche 6 janvier 2008 Arouts7
Une carte honorifique pour motiver les jeunes à servir leur pays
par Yael Ancri
samedi 5 janvier 2008 - 23:02
http://a7fr.net/Article/46046.htm

L'État d'Israël va commencer à émettre des cartes honorifiques aux soldats qui auront réalisé au moins les 85 % de leur service militaire.
Cette initiative commencera le mois prochain. Elle s'inscrit dans le cadre d'une série de mesures prises par Tsahal pour essayer de renforcer la motivation des jeunes Israéliens à faire leur service militaire. En effet, les statistiques montrent que plus d'un quart des jeunes gens en âge de faire l'armée évitent de s'engager, soit parce qu'ils sont orthodoxes, soit pour des raisons physiques, psychologiques ou sociales
– véritables ou feintes.

Les analystes attribuent cette chute de la motivation aux facteurs
suivants :
1.Une hausse du matérialisme dans la société israélienne.
2.Le rôle de Tsahal dans l'expulsion de Juifs de leurs maisons pendant
le démantèlement du Goush Katif en 2005,
3.La deuxième guerre du Liban, qui aux yeux de la plupart des Israéliens
a porté un coup sévère au prestige de Tsahal.

La carte donnera droit à divers avantages, qui n'ont d'ailleurs pas encore été précisés. Il y aura trois sortes de cartes : une carte dorée pour les combattants, une carte argentée pour ceux qui ont un rôle soutenant les combattants et une carte cuivrée pour les autres. Certains soldats recevront une carte portant également une étoile : sont
concernés les officiers, les volontaires, les femmes qui auront servi trois ans (au lieu de deux), les soldats qui auront excellé et ceux qui auront reçu une médaille, ainsi que certains soldats non combattants, mais qui auront joué une rôle important, comme les programmateurs, les assistants médicaux et les formateurs des camps d'entraînement (pour les soldates).

« Le service militaire est un laissez-passer dans la société », a expliqué le colonel Tziki Sela, chef du département de planification et de l'administration des effectifs. Et d'ajouter : « Quiconque aura donné plus recevra plus. »

Les soldats qui n'auront pas complété au moins 85 % de leur service militaire recevront une carte ordinaire de sortie de l'armée, comme auparavant.

Les statistiques de Tsahal montrent qu'environ 7 000 jeunes gens par an échappent au service mitaire. En 2007, 27,7 % de l'ensemble des jeunes gens en âge de faire le service ne se sont pas engagés. En 1991, il n'y en avait que 18,2 %. En ce qui concerne les jeunes filles, 43,7 % des filles en âge de faire l'armée ne se sont pas engagées en 2007, par rapport à un pourcentage de 32,8 % en 1991. Pour les jeunes filles, il est relativement facile d'échapper à l'armée car il leur suffit de déclarer qu'elles sont religieuses. Les jeunes gens religieux sont appelés au service, mais peuvent le repousser tant qu'ils étudient la Torah. Les autres se font faire des dispenses par des médecins ou des psychologues

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