04 janvier 2008
Lettre du curé de Gaza à Benoît XVI

Lettre du curé de Gaza à Benoît XVI
Un de nos (CAPJPO-EuroPalestine) lecteurs, diacre dans la région toulousaine, nous transmet le message du curé catholique de Gaza destiné au Pape Benoît XVI.
Appel urgent à Sa Sainteté, le Pape Benoît XVI
Du pays des prophètes, paix et bénédictions, et de Gaza assiégée, nous vous envoyons nos salutations les plus sincères aussi bien qu'à tous les Chrétiens de toute la Terre. Au nom des assiégés, pauvres et simples gens de la Bande de Gaza, nous transmettons nos salutations à l'occasion de Noël. Nous désirons fortement que notre Dieu unique apporte la sécurité et la paix à toutes les nations de ce monde.
A Sa Sainteté le Pape,
Nous nous adressons à Sa Sainteté en l'honneur de son rôle religieux vital, de ses actions effectives et de ses sermons qui résonnent. Au nom des Palestiniens, particulièrement des habitants assiégés de Gaza qui vivent sous un siège démoniaque imposé par les israéliens, nous nous adressons à Sa Sainteté et l'exhortons à intervenir sans délai. L'occupation israélienne impose un siège absolu par lequel tous les carrefours et les terminaux sont fermés, empêchant les gens de se déplacer que ce soit vers l'intérieur ou vers l'extérieur de la Bande de Gaza.
De sérieuses répercussions résultent de ce siège illégal, et des violations flagrantes des droits de l'Homme ont été commises. Les gens ne sont pas autorisés à obtenir des médicaments ou des déplacements à l'étranger pour des traitements ! Les dispositifs médicaux de base sont maintenant hors service et Israël interdit l'entrée de pièces de rechange dans Gaza, ce qui cause davantage de complications de santé pour les patients. A tel point que 51 sont morts à cause de la fermeture imposée par Israël et de la pénurie de médicaments. D'autre part, plus de 1500 sont sur le point de rencontrer une mort imminente pour les mêmes raisons et d'autres patients sont exposés à de plus graves détériorations de leur santé, y compris ceux qui souffrent de maladies chroniques, ou encore les nourrissons et les plus âgés.
Il faut rajouter à cela que tous les projets d'infrastructure, de construction et de développement ont été stoppés ! Toutes les matières premières nécessaires à ces projets sont empêchées d'entrer dans la Bande de Gaza. De plus, plus de 3900 usines et entreprises industrielles ont dû fermer, ce qui a mis au chômage plus de 140000 travailleurs ! Les taux de pauvreté atteignent des niveaux incroyables poussant toujours plus de personnes sous le seuil de pauvreté et vers la misère, et provoquant une crise humanitaire aggravée.
C'est pourquoi nous appelons Sa Sainteté à entendre et soulager nos douleurs, nos souffrances et nos épreuves, causées par l'occupation. Nous vous implorons d'intervenir par vos sermons pour toucher les coeurs et les consciences et appeler à la fin du siège. Ce siège est une violation indéniable des droits de l'Homme, de la convention de Genève et de toutes les chartes humaines internationales.
Nous espérons de Dieu et de Vous, une juste parole de sagesse, et le soutien de notre juste cause palestinienne.
Heureuse nouvelle année et joyeux Noël.
Avec tout notre respect,
Manuel Musallam, Pasteur de l'Eglise latine dans la Bande de Gaza,
Jamal N. El Khoudary, Président du Comité Populaire Contre le Siège, parlementaire indépendant de la bande de Gaza.
Publié par CAPJPO-EuroPalestine
« Guide rabbinique pour 40 ans d’occupation »

Le « Guide rabbinique pour 40 ans d’occupation »
du Brit Tzedek v’Shalom :
de la méthadone pour le peuple ?
Jeremiah (Jerry) Haber
The Magnes Zionist, 30 décembre 2007
Sam Bahour a fait circuler la brochure de Brit Tzedek v’Shalom, curieusement intitulée « Rabbinic Guide to 40 years of Occupation » (ils voulaient dire : « Un Guide à destination des Rabbins »). La brochure est « destinée à encourager des centaines de rabbins, à travers les Etats-Unis, à profiter du 40e anniversaire de la guerre des Six Jours pour amener leurs congrégations à réfléchir aux implications de l’occupation israélienne ».
J’ai parcouru le Guide rapidement et j’ai été, comme d’habitude, traversé de sentiments mêlés. D’un côté, on trouve l’habituel credo sioniste libéral selon lequel la disgrâce d’Israël aurait commencé en 1967 ou plus précisément, avec le début du mouvement de colonisation, le Péché originel. La nostalgie du « paradis » d’avant 1967 est palpable dans la brochure.
Le Guide présente des poèmes, des mémoires et des exposés de seize Juifs et deux Palestiniens. Sans surprise, les deux seules mentions de 1948 sont le fait des Palestiniens, l’un d’eux relevant, à juste titre, que la tragédie de 1967 est issue de celle de 1948. En fait, ces chiffres ne sont pas tout à fait corrects : un des Juifs mentionne 1948 en écrivant que « la période allant de 1948 à 1967 a établi Israël comme un fait ». Voilà pour la Naqba et l’éradication de la Palestine par l’Etat juif à l’intérieur des lignes de l’armistice.
Pourtant… il y a beaucoup à louer dans cet opuscule. Brit Tzedek v’Shalom se règle sur une large part de l’activisme à l’œuvre en Israël et fait joliment appel à leurs connaissances. La raison d’être de la brochure tient dans la liste qui est fournie d’organisations israéliennes parrainant des visites dans les Territoires occupées. (L’organisation « Encounter » n’est pas reprise. Pourquoi ?) Certes, le discours est tout entier sioniste libéral (le bref historique présenté par le Professeur Irwin Wall cite à l’occasion le point de vue palestinien, mais par sa sélectivité et son choix langagier, c’est clairement un document partisan). Toutefois, la communauté juive organisée est à ce point à droite que n’importe quoi se situant à sa gauche est digne de louange.
A parler franchement, je regarde des documents comme ceux-là – et autres prises de position de sionistes libéraux aux Etats-Unis – comme apparentés à la méthadone. Ils sont utiles pour sevrer les Juifs américains de la mythologie et de la confusion mentale israéliennes vraiment dangereuses. Mais ils sont aussi, par eux-mêmes, dangereux et source de dépendance. Si les auteurs se disent « Bon, eh bien, il nous faut paraître ‘impartiaux’ pour être entendus », je peux serrer les dents et soutenir l’effort. Libéral velléitaire de toujours (j’ai décidé de soutenir Obama plutôt qu’Hillary : vous voyez à quel point je suis à gauche), je peux encore nourrir l’espoir qu’en dépit de leurs quarante années d’échecs répétés, les sionistes libéraux feront une entaille dans l’occupation.
Mais si les auteurs croient vraiment que 1967 est la racine de tous les maux, et que 1947, ou 1917, ou même 1897, n’ont rien à voir avec 1967, alors ils sont eux-mêmes un élément du problème et non la solution. Et, comme si souvent dans le passé, la prochaine Intifada les assommera en les prenant au dépourvu, les décevra (vous souvenez-vous de la « gauche déçue », la dernière fois ?) et les renverra à la tente tribale – d’où ils ne réémergeront qu’après la prochaine période de calme.
Car rappelez-vous : vous pouvez être contre l’occupation, considérer que c’est un désastre pour Israël, vous sentir désolé pour les Palestiniens, et être néanmoins un faucon libéral, ou un néocon. Quelques-uns de mes pires ennemis sont opposés à l’occupation.
Vous, les sionistes libéraux, comptez-vous vous joindre à eux quand les choses tourneront au vinaigre, comme vous l’avez fait durant ces soixante dernières années (reflétant l’effondrement récurrent de la « gauche » israélienne à l’appui de la politique à courte vue et désastreuse du « centre chauviniste » d’Israël, pour reprendre la formule heureuse de Hayim Baram) ?
Ou bien vous joindrez-vous aux Palestiniens et aux Israéliens qui mettent tout sur la table, y compris le sionisme, et qui veulent une réconciliation historique basée sur 1897, et non pas 1967 ?
(Traduction de l’anglais : Michel Ghys)
Neuf Palestiniens tués dans de nouveaux raids israéliens à Gaza

04 janvier 2008 Tribune de Genève
Neuf Palestiniens tués dans de nouveaux raids israéliens à Gaza
http://www.tdg.ch/pages/home
Neuf Palestiniens, dont deux femmes, ont été tués et près de 50 blessés jeudi dans de nouveaux raids aériens et bombardements israéliens dans la bande de Gaza.
Pour la première fois depuis plusieurs mois, l'aviation israélienne a mis en oeuvre des avions de combat contre des cibles dans ce territoire palestinien, alors qu'en règle générale elle emploie des hélicoptères d'assaut ou des drones armés, qui font moins de victimes et dégâts.
"Ces actions font suite aux tirs continus de roquettes contre Israël et en particulier au tir d'une roquette au nord de la ville d'Ashkelon", a déclaré à l'AFP une porte-parole de l'armée israélienne.
La roquette de type Grad de calibre 122mm tirée depuis Gaza est tombée au nord d'Ashkelon, à environ 12 km plus loin, sans faire de victime.
C'est la première fois qu'une roquette tirée à partir du territoire palestinien s'abat si loin en territoire israélien.
Ce tir a été revendiqué à Gaza par le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), un groupe palestinien prosyrien dont le chef, Ahmed Jibril, est basé à Damas.
L'armée a fait état de 25 roquettes ou obus de mortier tirés dans la journée en direction d'Israël, sans faire état de victime.
La plupart des raids aériens israéliens ont été menés dans la localité de Bani Souheila, près de Khan Younès, en même temps qu'une opération terrestre de l'armée dans ce secteur du sud de la bande de Gaza.
Deux combattants du mouvement radical Jihad islamique, deux frères, ont été tués dans une attaque contre leur maison avec leur mère âgée de 50 ans et leur soeur Asma, 20 ans.
L'armée a affirmé que des activistes s'étaient retranchés dans la maison d'où ils ont ouvert le feu et tiré des roquettes anti-char sur la force israélienne. Elle a fait porter aux activistes la responsabilité de la mort des femmes "pour avoir délibérément opéré dans un milieu civil".
Deux membres du groupe islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza ont été tués dans d'autres raids aériens et deux corps ont été trouvés sous les décombres de deux maisons détruites dans les attaques aériennes, selon les sources médicales.
Un membre du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, a été tué dans une attaque aérienne contre une position du Hamas dans laquelle il était détenu à Rafah, plus au sud, selon des témoins.
Quarante-huit Palestiniens ont été blessés par les tirs israéliens, selon les sources médicales.
Les derniers décès portent à 6 030 le nombre de personnes tuées dans les violences israélo-palestiniennes depuis 2000, en grande majorité des Palestiniens, selon un bilan établi par l'AFP.
La veille, sept Palestiniens ont été tués dans des raids aériens et bombardements israéliens à Gaza.
Selon des sources militaires citées par la télévision publique, l'escalade de la violence risque de se poursuivre durant la visite du président américain George W. Bush, prévue la semaine prochaine.
"Israël ne peut rester les bras croisés alors que près d'un quart de million de ses citoyens vivent sous la menace d'attaques terroristes à la roquette", a indiqué le porte-parole du Premier ministre israélien Ehud Olmert, Marc Regev.
En Cisjordanie, quelque 70 jeeps de l'armée israélienne ont pénétré à Naplouse où les soldats ont effectué des perquisitions dans des maisons et occupé les toits de plusieurs bâtiments, selon des sources de sécurité.
Le porte-parole de la présidence palestinienne Nabil Abou Roudeina a condamné "l'escalade" israélienne. "Ces actes sapent le processus de paix et érodent la confiance des deux parties", a-t-il déclaré. Israël et les Palestiniens ont repris les négociations en novembre après sept ans d'impasse.

