16 septembre 2007
Vérité en Israël, mensonge au-delà.

Vérité en Israël, mensonge au-delà.
En paraphrasant Pascal, le grand penseur français du XVIIième
siècle, je tenais à rappeler la
relativité de toute vérité, bien entendu, mais je voulais aussi et surtout
dénoncer la manipulation médiatique de l’information…
Au gré des patrons des medias, l’information
est « travaillée » pour atteindre des objectifs bien définis à
l’avance. Pour ne parler que de la problématique palestinienne qui nous occupe
ici, il est bien clair que la « vérité » d’Israël est souvent
présentée au dessus de tout soupçon. Rares sont les journalistes qui osent dire ce qu’ils constatent réellement sur
le terrain.
Dés qu’il s’agit des crimes commis par Israël, l’observateur est tenu à
surveiller ses mots et à bien tenir sa langue et/ou sa plume en laisse. Il est
strictement interdit de comparer certains crimes sionistes à certains crimes
nazis même lorsque les faits sont très semblables ou pires encore. Autrement On
risque d’être accusé de négationniste et/ou d’antisémite. Le fait que les
victimes sont aussi des sémites n’y changera
rien.
Or, œuvrer pour une paix dans cette région du monde, comme
ailleurs, doit d’abord passer par un constat des faits réels et dire un certain
nombre de vérités. Que les Juifs ont été victimes des pires atrocités nazis est
un fait établi et reconnu par la communauté internationale. Cependant, il faut
aussi avoir le courage de dire que ce statut de victime ne leur donnait
nullement le droit d’aller se venger sur un autre peuple faible et paisible et
totalement innocent.
Pour être aussi justes
que conséquents, ceux qui voulaient consoler les juifs, en leur donnant un
foyer, devaient leur créer Israël sur le territoire allemand et non pas en Palestine. Continuer à
raconter n’importe quoi et emballer des contres vérités dans un style aussi
pathétiques que légendaires ne peut justifier l’entreprise et encore moins faire
oublier les crimes sionistes contre le peuple palestinien. Le mythe de la terre
promise pour le peuple élu des Juifs, le mensonge de la terre sans peuple pour
un peuple sans terre ou que sais-je encore comme âneries, ne trompent plus
personne.
Mes
propos ici ne visent, bien évidemment, pas à refaire l’histoire mais juste une
reconnaissance de cette histoire tel qu’elle a été faite. Les Palestiniens ont fait
d’énormes concessions. Ils ont fini par accepter l’inacceptable et partager leur
pays avec des gens venus d’ailleurs bien soutenus et armées jusqu’au dents par
les grandes puissances coloniales.
Cependant le
sionisme se trouve actuellement
face à deux grandes problématiques à l’intérieur comme à l’extérieur. Il y a
aujourd'hui plus de 10 millions de Palestiniens dans le monde dont la moitié vit
sous l'occupation et l'autre moitié se trouve en exil dans les
pays voisins. Ces millions d’êtres humains entassés dans des camps de fortune
depuis 1948 ne cessent de
revendiquer leur doit au retour et agitent les clefs de leur maison dont ils
étaient injustement expulsés. Privés de leurs droits fondamentaux, ils
développent une résistance active et passive face à l'Etat d'Israël qui a tout
fait, sans parvenir, à écraser totalement cette
résistance.
Par ailleurs
les Palestiniens d’Israël ou les arabes d’Israël comme les appellent officiellement Tel-Aviv, ceux qui vivaient
et qui sont restés sur le territoire devenu celui de l’État d’Israël après la
guerre de 1948, étaient environ 160 000. Tous les autres, contraints de partir
pour nulle part, sont devenus des réfugiés au Liban, en Syrie, en Cisjordanie, à
Gaza, en Égypte et ailleurs. Les Palestiniens d’Israël sont aujourd’hui environ
un million, soit 18 à 20 % de la population totale du pays. Ils
revendiquent aussi leurs droits spécifiques et mènent toute une lutte contre
tout un système d’inégalités et discriminations dont ils font l’objet.
La situation extrême de ces inégalités se manifeste, entre autre,
dans le problème récurrent des
villages arabes qui ne sont pas reconnus par l’administration israélienne. Cela
touche une population évaluée à près de cent mille personnes dont soixante-dix
mille dans le Néguev chez les bédouins et trente mille dans le nord du
pays.
Bref, dans ce domaine crucial, les discriminations entre les
citoyens juifs et les citoyens arabes sont particulièrement graves. Il n’est pas
vrai de prétendre, comme on l’entend souvent dans le discours officiel
israélien, que les discriminations entre ces deux catégories de citoyens
n’existent plus. Les citoyens palestiniens ne sont pas considérés comme des
citoyens à part entière. Pour s’en convaincre, outre la persécution des militants syndicaux
et politiques tels que le cas le plus récent du parlementaire Azmi BICHARA, il
suffirait de rappeler le traumatisme particulièrement révélateur subi le 28
septembre 2000 à la suite de la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des
Mosquées à Jérusalem.
Dans un pays censé être démocratique, « Les Citoyens israéliens d’origine arabe » ont voulu manifester leur réprobation en protestant pacifiquement contre ce qu’ils considéraient comme une provocation. La police israélienne a aussitôt réprimé très brutalement ces manifestations ; plusieurs Palestiniens ont été tués par balles et de très nombreux autres ont été blessés dont certains très grièvement. Ce commentaire du journal israélien Haaretz, au lendemain de ces événements, se suffit à lui-même : « Les pogroms de cette semaine ont renforcé le sentiment que notre police est devenue une police raciste engagée seulement dans la défense des Juifs. Elle n’a tiré que sur les émeutiers arabes …».
Sur le plan social, Israël expérimente actuellement depuis juillet 2005 un programme néfaste appelé « Le Plan Wisconsin ». Ce plan importé des USA et géré par des firmes privées a pour objectif déclaré l’activation des demandeurs d’emploi. Sur le terrain il représente tout simplement une véritable machine d’exclusion. L’Etat fait des économies et les firmes privées font des profits sur le dos des chômeurs. Le programme permet aussi (privatisation et globalisation oblige) la mise en place d’un mécanisme infernal de pression sur les salaires des travailleurs. Comme par hasard ce plan est appliqué uniquement dans des zones à forte population arabe, notamment à Nazareth…
Le 10 novembre 1975, l’assemblée générale de l’ONU avait voté la résolution 3379 qui considérait que le Sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. 16 ans plus tard, en décembre 1991, cette résolution a été abrogée mais les pratiques discriminatoires d’Israël à l’égard des Palestiniens ainsi que ses attitudes quant à leurs droits les plus légitimes, n’ont nullement changé …
Les Arabes ont accepté de
composer avec le fait accompli imposé injustement par les armes. Mais
l’occupant ne semble pas vouloir se contenter du « peu ». Il se croit
le plus fort et donc en droit de tout avoir: la terre, l’argent et l’Arabe comme
esclave. Dans ces conditions on peut parler de paix. Une paix durable n’est
possible que si la communauté internationale se décide enfin d’être un peu plus
juste et d’amener Tel-Aviv à reconnaître et à respecter les résolutions de
l’ONU, y compris le droit au retour
des réfugies sur leur terre natale et le démantèlement des colonies. Aucun
gouvernement israélien ne le fera de lui-même.
Pour finir, le même Pascal, paraphrasé dans le titre de cet article, m’inspire la conclusion : « Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu’à la relever d’avantage. »
Article écrit pour « Rencontres pour la paix »
Bruxelles le 08 juin 2007
Ahmed Bakkali
le docteur Aziz Al-Dweik jette un œil sur la scène palestinienne
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De sa cellule israélienne,
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10/09/2007 - 23:55 ]
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Al-Nassira – CPI Aziz Al-Duwik, président du Conseil législatif palestinien élu, parle de sa cellule israélienne à l'envoyé de notre Centre Palestinien d’Information (CPI) de la scène palestinienne actuelle. Il nous parle de l'actuel président de l'autorité palestinienne Abbas et de ses agissements, du rôle du Conseil législatif palestinien et de toutes ces transgressions commises à son encontre, dans l'interview ci-après, traduite de l'arabe et résumée par nos soins. CPI : Comment sortir de la crise actuelle ? Duwik : Par l'unité nationale qui représente un souhait aussi bien palestinien qu'arabe et islamique. CPI : L'équipe de Ramallah coupe l'électricité de Gaza ! Duwik : La situation actuelle est très spéciale. Il est important de travailler pour la traiter à bon escient. Quant à ceux qui jouent avec la vie du peuple, ils en payeront le prix cher, tôt ou tard. CPI : Le travail du Conseil législatif étant entravé, les décrets d'Abbas peuvent remplacer ses décisions ? Duwik : Selon l'institution palestinienne de 2003 et le règlement interne du Conseil législatif palestinien, c'est ce dernier qui aura le pouvoir quant aux affaires des territoires palestiniens occupés. Toute mesure émanant d'une autre institution ne sera légale qu'après l'approbation des deux tiers du Conseil législatif. Cette approbation n'est pas encore acquise. CPI : Est-ce que l'exigence de reconnaître le programme de l'OLP avant toutes nouvelles élections présidentielles ou législatives est acceptable ? Duwik : Avant de parler de cette affaire, il y en a d'autres plus urgentes. Il y a l'accord du Caire, le document d'entente nationale, l'accord de la Mecque, parmi d'autres, acceptés par toutes les factions palestiniennes. Il ne faut pas les négliger, en aucun cas. CPI : Comment voyez-vous les arrestations politiques arbitraires effectuées en Cisjordanie par les appareils d'Abbas ? Duwik : Nous avons toujours condamné toute arrestation politique, sous quelque prétexte que ce soit. CPI : Avez-vous un appel à adresser au président de l'autorité palestinienne, à Ismaël Haniyeh, le premier ministre, et aux services de sécurité de Gaza et de Cisjordanie ? Duwik : Nous vivons actuellement un virage bien sensible de notre histoire. Il exige que tout un chacun assume ses responsabilités ; à savoir que l'Histoire n'excuse personne. Et la conscience du peuple enregistre les positions des groupes, des personnes, des leaders, des conduites… CPI : Concernant la conférence relatif à la question palestinienne et dirigée par Rice que le président américain Bush a appelé à organiser en automne prochain, croyez-vous qu'elle aura une chance de réussir ? Duwik : Cette conférence ne pourra donner naissance à aucune décision positive au profit du peuple palestinien. Toute la presse internationale croit qu'elle n'aura pour objet que de donner l'illusion que tout va bien par l'actuelle administration américaine qui se trouve dans ses derniers jours. CPI : Qu'avez-vous à dire à l'occasion de la rentrée scolaire et de l'arrivée du mois béni de Ramadan ? Duwik : J'adresse toutes mes félicitations à notre peuple palestinien en implorant Allah (le Tout Puissant) pour qu'IL conserve la ville d'Al-Quds et la sainte mosquée d’Al-Aqsa. Et puis j'appelle les responsables de l'éducation nationale pour qu'ils prennent en considération les conditions dans lesquelles vivent les enfants de notre peuple. Qu'ils distribuent des cartables à tous les élèves sous les slogans "la liberté pour les captifs" et "l'unité pour la patrie". CPI : Regrettez-vous de vous être présenté aux élections du Conseil législatif palestinien, car c'était la raison principale de votre arrestation par les autorités de l'occupation israélienne ? Duwik : Absolument pas. Servir le peuple et atteindre les objectifs et intérêts nationaux suprêmes sont le but de tout être vivant. Celui qui vit uniquement pour sa personne est loin de toute réussite. "Nous mourrons pour la grandeur de l'Islam". |
Appel aux citoyens qui ont un reste d’humanité.

Gaza soumise au blocus de Mahmoud Abbas.
Appel aux citoyens qui ont un reste d’humanité.
Par Silvia Cattori > silviacattori@bluewin.ch
Aussi incompréhensible et immoral que cela puisse être, le président
Mahmoud Abbas, et son parti Fatah, ont demandé à Israël de maintenir
Gaza totalement coupée du monde pour en finir avec le Hamas.
Samah, 34 ans, mère de 6 enfants, vit dans cette grande prison appelée
"Bande de Gaza". Elle appelle les citoyens du monde à venir protester à
Erez et Rafah, sur les lieux mêmes où M. Abbas et Israël empêchent les
gens de sortir et de rentrer à Gaza.

Photo Associated Press : Un enfant de Gaza a écrit : "J'ai faim" sur son ventre lors d'une manifestation devant le bureau des Nations-Unies à Gaza pour protester contre le manque de nourriture, la suppression de l'aide occidentale et la fermeture des passages pour le transport des marchandises.
Silvia Cattori : Comment la population vit-elle cette situation de blocus qui s’éternise ?
Samah : C’est une catastrophe ! Quel peuple pourrait supporter
la punition que le monde entier nous fait subir ? La liste des maux qui
pèsent sur nous s’allonge de jour en jour. La pauvreté nous écrase.
Nous sommes de plus en plus désespérés.
Nous demandons à Dieu de nous aider à passer ce Ramadan. Nos enfants
souffrent. Nous souffrons des avions israéliens qui nous survolent en
permanence et vivons dans la terreur du prochain bombardement.
Tout est devenu un problème. Nous sommes écrasés par les problèmes.
Même le peu d’eau que nous avons encore et l’air que nous respirons
sont un problème. Nous sommes très affaiblis physiquement et
moralement. Il ne faudra pas vous étonner si, demain, nous commençons à
nous entre-tuer.
Nous manquons de farine, de riz, d’huile, de lait. Israël ne laisse
entrer que 30 camions de farine par jour. Cela ne couvre de loin pas
les besoins réels de toute la population. Alors les prix grimpent. Un
sac de farine de 50 kg coûte 120 shequels (30 US §).
Pour nourrir mes 6 enfants, j’ai besoin de 75 kg de farine par mois.
Mon mari n’a pas de salaire depuis deux ans. Avec les coupons de
l’UNWRA, ma famille ne reçoit que 90 kg de farine tous les deux mois.
Je n’ai pas l’argent pour acheter la quantité de farine qui nous manque.
Nous n’achetons jamais de viande. Il y a assez de légumes car on ne peut pas les exporter mais ils sont hors de prix pour nous.
Bientôt il n’y aura plus assez de légumes car, ces derniers mois, la
majorité des agriculteurs ont cessé de cultiver parce que ce qu’ils en
tirent ne leur suffit plus à payer les engrais et l’eau.
Les jeunes souffrent beaucoup. Ils sont sans espoir de trouver un
travail et sans moyens pour fonder une famille. Ils ne pensent qu’à une
chose : partir à l’étranger, s’enfuir de cet enfer. Nous nous sentons
complètement abandonnés.
Silvia Cattori : Quand vous entendez M. Abbas dénigrer les autorités
du Hamas, les accuser, entre autres, de brimer les femmes et de vous
priver de liberté, que ressentez-vous ?
Samah : Mais c’est exactement le contraire ! Je ne suis pas
affiliée au Hamas mais je suis croyante ; je ne suis pas d’accord avec
ce que notre président affirme.
Il y a des femmes dans le mouvement Hamas qui sont membres du Conseil
législatif, qui ont des positions de pouvoir ! Les femmes sont sacrées
pour tout croyant musulman !
Mes filles, ne sont pas moins respectées par leur père que mes garçons.
Jamais je n’ai été maltraitée par mon mari qui est croyant.
Silvia Cattori : Les femmes ne portent pas le voile sous la contrainte des époux ou des familles?
Samah : Il n’y a aucune femme à Gaza qui est forcée de porter le
voile. Il y a des femmes qui ne le portent pas. Si une femme porte le
voile, c’est qu’elle a un sentiment religieux et qu’elle adhère
pleinement à la foi musulmane, que c’est son choix.
Silvia Cattori : Comment réagissez-vous aux annonces incessantes d’offensive militaire israélienne ?
Samah : Nous vivons tout le temps dans la peur. Israël parle
d’une attaque générale pour en finir avec le Hamas. On est bien sûr
très effrayés à l’idée d’une nouvelle invasion car on s’attend à ce
qu’elle soit plus terrible que les précédentes. Nous ne pouvons rien
faire pour empêcher leurs chars d’avancer et de nous tuer.
Nous savons qu’ils sont prêts à intervenir depuis que les soldats basés
à Bersheva –où ils ont construit une base qui ressemble à Gaza pour
s’exercer à nous envahir- ont terminé leurs exercices d’entraînement
militaire.
Ces derniers temps, les Israéliens ont multiplié les tentatives
d’invasion, à Kahn-Younes, à Rafah, à Beit Hanoun. Sont-ils en train de
tester les capacités de défense de la résistance avant de lancer un
assaut général ?
Si Dieu ne nous protège pas nous allons mourir. Il n’y a pas d’autre solution.
Nous savons tout le mal qu’ils peuvent encore faire subir à nos
enfants. Mais, quoiqu’ils fassent, à la fin, ils seront obligés de
trouver une entente avec le Hamas. Car le Hamas est la force politique
majoritaire.
Abbas et le Fatah ne représentent pas grande chose. Abbas ne représente
qu’une petite partie des Palestiniens ; à terme il sera mis de côté. Il
n’obtiendra rien d’Israël en échange des concessions qu’il se prépare à
faire.
Silvia Cattori : Espérez-vous encore que des Etats européens vous viennent en aide ?
Samah : Nous n’attendons plus rien de l’Europe ni de l’ONU.
Toute notre histoire nous a montré qu’elles n’ont jamais rien fait pour
nous et que c’est à cause de leur parti pris en faveur d’Israël que
celui-ci a les mains libres pour nous massacrer.
Par contre, nous continuons d’espérer que les populations, en Europe et
dans les pays arabes, se mettent à réagir. Qu’elles viennent protester
contre le blocus aux passages de Rafah et d’Erez. Il y a des malades
qui meurent faute de pouvoir aller se faire soigner en Egypte. J’en
appelle aux peuples qui ont reste d’humanité afin qu’ils se mobilisent,
notamment en Europe.
Nous sommes au plus mal. Les journalistes qui viennent à Gaza ne
parlent jamais de ce dont nous souffrons dans notre chaire. Ils vont
toujours interroger des gens du Fatah, qui ne représentent rien ici,
car ils veulent accréditer l’idée que le Hamas est quelque chose de
mauvais pour la société.
Ils nous font tant de mal quand ils disent que, chez nous, les jeunes et les femmes sont brimés par les autorités du Hamas.
Ils veulent distiller peu à peu l’idée que c’est le Hamas qui est un
problème. Alors que, pour nous qui vivons ici, le problème c’est Abbas
et ses notables corrompus qui s’emploient, en collaboration avec
Israël, à nous intimider et à nous affamer par des mesures
d’enfermement.
Ils nous contraignent à vivre enfermés, à la merci d’Israël qui ferme,
quand il le veut, le robinet de l’eau, du mazout, de la nourriture.
Une nuit sur deux, Israël nous coupe l’électricité et nous plonge dans le noir.
Pendant que les résistants meurent, les collabos prospèrent.

Pendant que les résistants meurent, les collabos prospèrent.
Comment des militants honnêtes et ayant participé sans ambiguïté à la résistance à l'occupation en arrivent-ils, parfois, à renoncer à la lutte ?
Par Pierre Yves Salingue
Akram Abu Sba' est mort le 05 septembre à Jénine « dans un affrontement inter palestinien » nous apprennent les communiqués de presse.
Une déclaration de l'ISM confirme qu'il a été tué « alors
qu'il faisait son devoir et qu'il essayait de faire baisser les
tensions entre des membres des services de sécurité et des membres du
Jihad islamique
Au-delà de celles et ceux qui l'avaient rencontré au camp de Jénine,
témoin infatigable de la lutte menée par les réfugiés du camp contre
les incursions quasi quotidiennes de l'armée israélienne et défenseur
acharné des droits des résistants emprisonnés dans les geôles
israéliennes, Akram était connu pour son apparition dans le film de
Bakri, « Jénine Jénine ».
Je l'ai rencontré pour la première fois en juillet 2006, chez lui, au camp de Jénine.
Il se remettait d'une blessure dont il avait été victime lors d'une
récente attaque israélienne. Ce jour là l'armée israélienne avait
effectué une opération visant apparemment à atteindre Zacharia Zubeidi, un dirigeant charismatique des brigades des martyrs Al Aksa à Jénine.
Une fois de plus, et assez miraculeusement, Zubeidi en avait réchappé
et Akram était intarissable sur la capacité tout à fait extraordinaire
de Zubeidi à survivre à toutes les tentatives d'assassinat israéliennes.
Nous avons enregistré cet entretien et Akram est l'un des témoins importants du film Samidoun, où il s'exprime notamment sur la question des prisonniers palestiniens.
Akram était membre de l'ISM et je peux comprendre que ses camarades
aient fait le choix de rester évasifs sur les circonstances qui ont
entouré sa mort.
Mais je crois que le soutien à la lutte du Peuple palestinien et la
défense de la mémoire de tous ceux qui ont été directement ou
indirectement victimes de l'occupation coloniale sioniste de la
Palestine nous imposent un devoir de vérité et de clarté, au service de
la poursuite de la lutte et de la solidarité avec cette lutte.
Peu de temps avant sa mort Akram a été directement impliqué dans une
affaire qui a suscité beaucoup de réactions en Palestine mais assez peu
de commentaires ici.
Le 27 août, un officier israélien en uniforme s'est introduit avec son
véhicule privé dans les rues de Jénine. Il a été repéré et un groupe du
Jihad s'apprêtait à l'emmener (l'enlever ?) quand des forces de
sécurité palestiniennes sont intervenues, l'ont pris en charge et l'ont
ensuite remis à l'armée israélienne après coordination. Des dizaines de
Palestiniens en colère ont alors brûlé la voiture restée dans Jénine.
Akram a participé à ce « sauvetage » en sa qualité d'officier de la garde présidentielle.
Dans ce contexte, l'incident dans lequel Akram a été tué prend une autre dimension.
Des militants abandonnés et trahis
Sur le fond, je partage totalement l'appréciation suivant laquelle ce
comportement des forces de sécurité palestiniennes « fidèles au
Président Abbas » est de « la collaboration pure et simple ».
Mais ce qui m'intéresse ici, c'est de tenter de répondre à une question
: Comment un militant comme Akram a-t-il pu en arriver là ?
Et au-delà, comment des militants honnêtes et ayant participé
sans ambiguïté à la résistance à l'occupation en arrivent-ils à
participer ou à cautionner de telles actions et pour certains, parfois,
à renoncer à la lutte ?
Une réponse facile est évidemment de dire que toute situation
d'occupation durable d'un territoire par une force armée étrangère
génère non seulement la résistance d'une partie de la population mais
aussi la collaboration d'une autre partie.
Mais ce constat n'est guère opérationnel s'agissant de résistants
aguerris, militants politiques engagés de longue date et dont la
réalité de l'engagement passé dans la lutte est indiscutable.
La collaboration plonge ses racines dans l'accord politique signé par la direction palestinienne avec l'Etat d'Israël dit « accords d'Oslo ».
On trouve dans ces accords, passés avec la force occupante, un
engagement palestinien à renoncer à la résistance alors que
l'occupation coloniale se poursuit !
Abbas, qui a condamné les « attentats suicide » et qui vient de prendre une série de décrets déclarant « illégale » toute action de résistance, a signé en mai 1994 un accord qui précisait :
"…la partie palestinienne prendra toutes les mesures nécessaires
pour empêcher tout acte d'hostilité à l'encontre des implantations, des
infrastructures les desservant et de la zone d'installation militaire…"
On ne dira jamais trop l'incroyable capitulation de la direction
palestinienne, de Arafat et d'Abbas en particulier, consistant à
accepter une « autonomie provisoire » en échange d'un engagement à
protéger les forces occupantes et les colonies israéliennes.
Le peuple palestinien en général et les militants qui on renoué avec
différentes formes de résistance armée, notamment après octobre 2000,
paient le prix de cette capitulation et de cette tromperie, victimes du
piège de l'autonomie qui devait mener à l'état indépendant palestinien.
En fait de conquêtes de droits et de conditions de vie meilleures,
l'immense majorité de la population a trouvé plus de répression, plus
de colonisations détruisant les terres, moins d'emplois (sauf à devenir
fonctionnaire, dépendant de l'Autorité et affilié à la faction
politique et/ou au clan qui contrôlait l'accès à ces emploi «
privilégiés »), plus de corruption etc.
L'échec programmé de la « deuxième Intifada », inévitable dès lors que
les dirigeants de l'Autorité et de tous les partis palestiniens ont
renoncé à construire une mobilisation populaire sur la base d'une
remise en cause explicite des accords d'Oslo, a laissé les militants de
la lutte armée de plus en plus isolés et exposés à la répression féroce
de l'armée d'occupation.
En Cisjordanie notamment, de par l'omniprésence de l'armée à proximité
des zones habitées et le quadrillage policier de tous les axes de
circulation, toute action de résistance exposait ses auteurs à la mort
ou à l'arrestation et leur faisait endosser la responsabilité de
mesures répressives exercées à l'encontre de leurs proches :
destruction des maisons familiales, arrestations de pères et frères,
mises en danger de quiconque se proposait de les cacher ou de les
héberger etc.
Dans un entretien accordé en juillet 2007 et qui suivait de peu
l'annonce de son ralliement à l'accord signé par Abbas avec Olmert qui
acceptait d'amnistier ( !) 178 combattants recherchés par les
Israéliens à condition que ceux-ci renoncent à la lutte armée contre
Israël et intègrent les forces régulières sous l'autorité d'Abbas, Zaccharia Zubeidi déclarait « pour l'instant ce que j'espère le plus, c'est de réussir au moins dans mon travail ou ma carrière ».
Peu de temps après , il expliquait qu'il était las et qu'il souhaitait tout simplement pouvoir vivre, étudier etc.
On imagine ici difficilement ce que signifie vivre pourchassé, sachant
qu'on figure sur une liste de militants recherchés, avec pour seule
perspective la mort ou l'emprisonnement…
Surtout quand la conviction de servir les intérêts de son peuple et
de bénéficier de sa pleine sympathie se heurte aux hésitations bien
légitimes d'une population qui entend ses propres dirigeants condamner
les attaques contre l'armée israélienne !
En juillet Abbas a multiplié les déclarations condamnant les actes de
résistance, il a signé un décret déclarant illégales les actions des
groupes armés et Fayyad a présenté un programme de gouvernement qui ne
mentionnait même pas le droit de résister à l'occupation coloniale.
Pour celles et ceux qui ont vu ou verront le film Samidoun,
je veux dire ici que les militants des brigades des martyrs al Aqsa
partent dormir à la Muqata de Naplouse, non seulement parce qu'ils ne
veulent plus mettre en danger les gens qui les hébergent (ce que dit le
commentaire), mais aussi parce que de moins en moins d'habitants le
leur proposent …
On était alors en juillet 2006 et ce processus de désagrégation
politique s'est approfondi et a désormais gagné les dernières zones de
résistance qui tenaient encore en Cisjordanie, notamment à Naplouse et
à Jénine.
Une victoire électorale illusoire
En votant majoritairement pour le Hamas en janvier 2006, la population
de Cisjordanie et de Gaza a fait une nouvelle tentative de sortir du
piège d'Oslo, une « intifada électorale »
vouée hélas à un échec similaire à celui du soulèvement de 2000, dès
lors que l'élection d'une majorité différente ne pouvait pas prétendre
inverser la logique infernale d'un dispositif qui livre les
Palestiniens pieds et poings liés à l'occupant et accroît sa dépendance
à l'égard de la manne financière de l'impérialisme
La prétention du Hamas à faire jouer en faveur de la population « un appareil d'état sans état »
dont la mission est de favoriser la liquidation de la cause nationale
palestinienne, a fait long feu face à la réalité du blocus imposé par
les puissances occidentales bien décidées à infliger une leçon à ces
Palestiniens qui refusaient d'abdiquer et tentaient de détourner un
processus électoral destiné à normaliser la situation d'occupation
coloniale.
A son tour, tout en maintenant son refus des compromissions et son
refus d'abandonner les revendications nationales, le Hamas n'a pu que
prendre ses distances à l'égard des actions de résistance menées par
d'autres forces politiques et par des groupes assez peu contrôlés par
le niveau politique.
La vie quotidienne de la population a continué de se dégrader, à ses
yeux les clivages politiques sont apparus n'être que des batailles pour
le pouvoir et pour le contrôle de l'argent venu de l'extérieur.
Cet échec inévitable a suscité une nouvelle vague de frustration dans
la population palestinienne qui s'est ajoutée à la désastreuse
expérience de la déliquescence de l'OLP et notamment de la corruption
du Fatah au cours des années Oslo.
Si on ajoute à ce tableau déjà sombre la faillite totale de la gauche
palestinienne à proposer la refondation d'un projet politique de combat
unifiant, collectivement discuté au sein de l'ensemble du Peuple
palestinien, on
a tous les éléments permettant de comprendre que de nombreuses
hésitations et dérives individuelles sont avant tout le résultat des
trahisons ou des faillites collectives des différents courants
politiques palestiniens.
S'agissant de combattants armés, des questions lancinantes ont peu à
peu émergé chez la plupart de ces militants jeunes et sincères :
Pourquoi continuer à risquer la prison ou la vie si tous ces sacrifices
ne mènent à rien ? Pourquoi mettre ma famille et mes proches en danger
par mes actions de résistance si celles-ci sont désormais
systématiquement condamnées par les dirigeants politiques ? Pourquoi
devrais-je être en permanence une cible menacée ou même un clandestin
incapable de nourrir sa famille quand je vois mes anciens amis
reconvertis en « professionnels » d'ONG régulièrement payés et d'autres
amasser en peu de temps quelques jolies sommes à l'occasion de
campagnes électorales en faveur de tel ou tel dirigeant ? Pourquoi ne
pas accepter de devenir un membre des forces de sécurité « régulières »
si ça me permet de survivre ?
Et plus généralement pourquoi combattre, quand mes représentants
adoubés par les puissances occidentales et soutenus par les
institutions internationales déclarent qu'aujourd'hui, « résister, c'est d'abord négocier » ?
Déjà en 2005 on pouvait, dans un spot tournant sur les télés israéliennes, voir Erekat déclarant aux spectateurs israéliens « aidez-nous à vaincre les extrémistes palestiniens » !
Suite à l'éviction, par le Hamas, des milices du Fatah liées à Dahlan,
Abbas a réaffirmé son engagement, auprès d'Israël et des pays
impérialistes, à mettre tous les moyens en son pouvoir pour neutraliser
toute résistance en Cisjordanie. La principale conséquence de cet
engagement suivi d'effets est le renforcement de la contradiction, pour
de nombreux militants du Fatah, entre la fidélité à la direction
historique de l'OLP et la poursuite du combat contre l'occupation.
C'est ainsi que des militants authentiques se retrouvent à participer
ou à cautionner des agissements qui participent de l'affaiblissement de
la lutte du peuple palestinien et renforcent les divisions entre ceux
qui ont combattu ensemble l'ennemi israélien.
Pas de connivence avec les liquidateurs de la cause palestinienne !
Cette semaine, en France et dans d'autres pays européens, des
organisations politiques qui se disent solidaires des revendications du
Peuple palestinien et des associations du mouvement de solidarité vont
rencontrer Abdallah Al Frangi, responsable des relations extérieures du Fatah.
Au-delà de la trajectoire assez controversée de l'intéressé qui fait
partie de ceux qui ont opportunément quitté la bande de Gaza avant «
les évènements de l'été », il
est clair que Al Frangi est envoyé en Europe par Abbas pour redorer le
blason du Fatah et légitimer l'ensemble des mesures anti-démocratiques
du gouvernement de Fayyad.
Rencontrer cet individu, même pour simplement « échanger avec lui »,
c'est ni plus ni moins légitimer le coup d'état rampant de Abbas et de
la direction du Fatah : une direction de plus en plus sous la coupe du
courant des collaborateurs, à l'image de Dahlan ou de Al Frangi.
Cette semaine aussi, Kouchner est au Moyen-Orient. Son programme ne prévoit pas d'aller à Gaza. Abbas cautionne expressément ce boycott.
Dans le même temps, en France, des militants s'apprêtent à rencontrer le représentant d'Abbas !
Les mouvements de solidarité avec les luttes des peuples pour leur
indépendance n'avaient pas pour habitude de rencontrer les
représentants des régimes fantoches, inféodés à l'occupant et soumis
aux plans de l'Impérialisme.
Ceux qui, comme Akram, sont morts ces derniers mois dans « des
affrontements inter palestiniens », ceux qui sont morts en allant se
faire exploser en Israël ou près des colonies, ceux qui par milliers
croupissent dans les prisons israéliennes pendant qu'Abbas, Fayyad,
Abed Rabbo et Erekat trinquent avec Olmert et autres assassins du
Peuple palestinien, ceux qui hésitent à rendre les armes et ceux qui
refusent encore, tous
ceux là sont les victimes de la soumission de la clique capitularde
d'Oslo, dont la corruption et le clientélisme ont défiguré la lutte de
libération et détruit la perspective et la volonté de combat collectif.
A tout le moins, l'affirmation d'une solidarité réelle avec le combat
palestinien exige de se tenir à distance des représentants de cette
maffia.
».
Dimanche 16 Septembre 2007
Pierre Yves Salingue
http://www.alterinfo.net
Pour ou Contre la collaboration ?

La Diaspora Palestinienne :
Pour ou Contre la collaboration ?
Ces derniers mois, les Palestiniens de la Diaspora ont observé avec
horreur les derniers développements qui se sont déroulés dans leur
patrie. Il y a eu une avalanche d'articles sur ce qu'il fallait faire,
mais globalement, il y a un sentiment qu'ils ne pouvaient rien faire
qui puisse avoir une incidence sur la situation sur le terrain.
Mais les Palestiniens dans la Diaspora n'ont pas compris
qu'ils devaient entreprendre une claire évaluation de leur propre
situation s'ils voulaient avoir le moindre impact.
Par Laith Marouf
Laith Marouf est le coordinateur d'une branche du SPHR, le plus grand
réseau d'étudiants travaillant sur les droits de l'homme des
Palestiniens en Amérique du Nord. Il peut être joint à l'adresse
suivante laith@sphr.org ou visitez le site www.sphr.org pour plus
d'informations
Photo Luay Sababa/MaanImages : Un jeune Palestinien participe aux
prières de midi organisées par le parti d'Abbas, le Fatah dans la ville
de Bethléem, en Cisjordanie. Le Fatah a organisé dans l'ensemble de la
Cisjordanie des prières pour montrer son soutien
Les récent événements ont permis d'en savoir plus sur des faits obscurs : la collaboration entre Mahmoud Abbas et ses complices comme Mohamed Dahlan d'une part, et Israel de l'autre ; le transfert d'armes et l'entrainement par les Etats-Unis et d'autres pays de certaines milices palestiniennes dont la mission était de renverser le résultat de l'élection de janvier 2006.
Les Palestiniens reconnaissent clairement qu'Abbas -- qui embrasse les
responsables israéliens tout en refusant de parler aux autres factions
palestiniennes -- était l'auteur des Accords d'Oslo qui n'ont même
jamais mentionné le mot "occupation" et parle maintenant d'un nouvel "Accord de principes" qui annulera le droit au retour, légitimera les colonies israéliennes et menacera d'autres droits fondamentaux.
En bref, ce que nous avons maintenant est une clique des collaborateurs
qui contrôle le Fatah et la "présidence" de l'Autorité Palestinienne et
une grande partie de ce qui reste de l'OLP.
En revanche, ces dix dernières années, dans la Diaspora occidentale --
au Canada, aux Etats-Unis et en Europe -- les Palestiniens ont subi une
certaine forme de renaissance. Ils ont développé leur nombre, leurs
institutions et leurs activités. Pour la plupart, cela a été grâce
jeunes.
Par exemple, les réseaux d'étudiants comme Solidarity for Palestinian Human Rights (SPHR) au Canada et Palestinian Solidarity Committee (PSC) aux Etats-Unis avec Al-Awda sont tous principalement composés de personnes de moins de 35 ans.
Ces réseaux sont nés après l'effondrement des institutions
palestiniennes dans la Diaspora suite à la signature des Accords d'Oslo
en 1993.
À cette époque-là, les institutions de l'OLP ont été mises de côté par
la direction d'Oslo en échange de la création de l'Autorité
Palestinienne (ressuscitée seulement récemment pour entériner la
collaboration d'Abbas avec Israel le mois dernier), privant en fait la
Diaspora du droit de vote.
De nombreux groupes palestiniens locaux établis depuis longtemps, en
particulier ceux qui se sont associés aux factions dominantes, n'ont
pas pu s'adapter aux nouvelles réalités. Ils n'ont pas fourni les
services de base, l'aide et la représentation que tout centre
communautaire d'immigrés doit fournir à son collège électoral.
Mais ils ont également laissé tomber la communauté au niveau politique,
en ne prenant pas des positions publiques fortes remettant en cause les
défauts d'Oslo, ou en mettant en place une organisation qui fonctionne
bien.
Cela a mené à une baisse du nombre de ses adhérents dans de nombreux
centres de communautés, faisant chuter le nombre de milliers à quelques
dizaines.
En l'absence des structures alternatives pour une représentation, et
avec l'apparition d'internet, des groupes comme SPHR et Al-Awda entre
autres, et des médias indépendants comme Electronic Intifada ont
commencé à apparaître en Amérique du Nord au milieu des années 90 et
début 2000.
Quand le deuxième Intifada a éclaté, ils sont devenus les forces les
qui ont été les plus visibles et qui se sont fait le plus entendre face
à la propagande israélienne et sioniste, en fournissant un outil pour
de jeunes Palestiniens de la Diaspora leur permettant de parler entre
eux et de s'organiser.
Ainsi, ils ont également fourni un service d'une valeur inestimable à la communauté : une auto-éducation et une commémoration.
Les institutions sionistes ont accepté à contrecoeur ces projets qui
défiaient le monopole qu'elles avaient sur le récit des médias
occidentaux, rendant la propagande pro-israélienne plus difficile à
faire passer sans réponse auprès d'un nombre croissant d'individus
distincts.
Naturellement ces succès n'ont pas été sans difficultés. Il y a eu des
périodes noires après 2001 quand des groupes pro-israéliens se sont
attaqués aux partisans les plus manifestes des droits des Palestiniens.
Au Canada, des étudiants activistes ont fait l'objet d'expulsions et
d'accusations criminelles et aux Etats-Unis, des professeurs qui
étaient considérés comme trop critiques ont fait l'objet d'intenses
campagnes de dénigrement et d'intimidation.
En même temps, les autorités américaines ont tenté d'envoyer un message
par des poursuites motivées politiquement contre des individus comme le
professeur Sami Al-Arian. En dépit de tous ces efforts, la communauté dans son ensemble n'a pas été effrayée.
La bataille qui a attiré le moins d'attention a été celle au sein de la
communauté. Les responsables de la communauté et les associations
auto-proclamées de la vieille garde ont évité, en grande partie, de
soutenir publiquement beaucoup de ceux qui se trouvaient en première
ligne ou même ils ont travaillé secrètement pour les fragiliser.
Dans certains cas, c'était des avertissements innocents de parents effrayés à leurs enfants, "Ne va pas au SPHR !"
Dans d'autres, c'était des tentatives pour avoir des groupes de
"dialogue", présentant l'Arabe "civilisé" comme une alternative.
Par exemple, juste après la "révolte du Concordia" en 2002 quand Benjamin Netanyahu n'a
pas eu le droit de prêcher son discours haineux, l'administration du
Concordia a organisé une discussion avec certains individus sionistes
et arabes triés sur le volet.
L'un d'eux a déclaré : "Nous pouvons être civilisés ; Vous voyez, nous pouvons accepter d'être en désaccord !"
Pourtant ces obstacles n'ont jamais été plus que des distractions
mineures pour le mouvement palestinien en Occident, jusqu'à ce que le
mouvement commence vraiment à décoller. Les paratonnerres visés par les
organisations Sionistes ont survécu. Cela n'a fait qu'encourager
d'autres personnes à s'impliquer, et à leur donner du courage.
Toutes les remarquables réussites du mouvement des syndicats de
travailleurs et d'étudiants et du mouvement anti-guerre, ont créé une
quantité sans précédent de marge de manoeuvres pour les Palestiniens.
Et voilà quand les problèmes ont commencé. Soudain, tous ces individus
"libéraux" et "civilisés" ont compris que le train partait sans eux.
Ayant échoué à arrêter le mouvement, certains essayent désespérément de
regagner une légitimité afin de prendre le contrôle de ce nouvel espace.
Aux Etats-Unis et au Canada, des appels ont été lancés pour des
réunions nationales afin d'élaborer des organisations qui en
regrouperaient plusieurs et qui parleraient au nom de tous les
Palestiniens vivant dans ces pays.
Mais pourquoi maintenant, et qui est impliqué ?
Deux choses doivent être précisées avant que nous répondions à ces questions.
D'abord, la plupart des organisations en première ligne comme SPHR et
Al-Awda sont définis comme des "groupes de solidarité" bien qu'ils
soient financés et dirigés par des Palestiniens et même la majorité de
leurs adhérents sont des Palestiniens.
En second lieu, ces groupes ne sont pas affiliés à l'une des groupes ou
des factions de "la mère patrie" parce que leurs adhérents sont
majoritairement jeunes et n'ont jamais appartenu à ces factions
Cela est utile parce que certains acteurs ont insisté sur le fait que
ces organisations nationales naissantes soient centrées sur ces
vieilles identités factieuses et en grande partie non pertinentes.
D'autres insistent sur le fait que seuls des Palestiniens soient
autorisés à y participer, ce qui a ouvert la discussion sur qui est un
Palestinien.
Ces questions sont exagérées délibérémment afin d'exclure les groupes de solidarité et/ou donner plus de pouvoir de vote aux "groupes de la communauté à la traine".
Le débat constant sur le quantum du sang ("seule votre mère est
palestinienne !") est également conçu en tant que pression
psychologique à l'égard des jeunes étudiants pour qu'ils soient mal à
l'aise lors de ces réunions.
Pourquoi cela se produit-il maintenant ?
Alors que s'approche le jour où Abbas va s'engager -- à abandonner les
droits des Palestiniens -- il a besoin de dirigeants dans la Diaspora
qui soient alignés sur ses décisions.
Au Canada, presque tous les partisans des Palestiniens et les groupes
de la communauté ont été impliqués dans ces efforts, mais notre "élite"
éprouvée, testée et à la traine essayent très fortement de prendre à
nouveau la barre : s'ils n'y arrivent pas par la démocratie, alors ils
essayent par tous les autres moyens possibles.
Depuis que ces discussions ont commencé l'année dernière, certains des individus loyaux ont reçu des menaces physiques et même des menaces de mort. Et les choses ne sont pas encore devenues sérieuses.
Ces deux dernières années en Europe, les Palestiniens ont pu constituer
un groupe mère qui a réellement remis en cause la ligne d'Abbas, et a
tenté de contester l'interdiction faite au gouvernement élu du Hamas.
Ce ne peut être une coïncidence si maintenant la vieille "élite" au
Canada reçoit le soutien d'Abbas et de son entourage.
Depuis l'année dernière, il y a eu une vague de visites du Fatah au
Canada et aux Etats-Unis dont le principal objectif était de rencontrer
des alliés éventuels ici pour les préparer à des sièges dans l'OLP
ressuscité (mais contrôlé par Abbas).
Ces derniers mois, le Fatah a envoyé des hauts responsables pour
chercher le soutien des Palestiniens au Canada en fin d'année dernière
et cet été suite aux événements à Gaza et promettre des récompenses aux
alliés potentiels.
Les Palestiniens dans la Diaspora doivent apprendre les leçons de Gaza
et du Liban. Bien que tous les Palestiniens désirent l'unité, cela est
impossible avec ceux qui collaborent activement avec l'agenda israélien
et cherchent à fragiliser le mouvement de libération palestinien.
Nous ne pouvons pas permettre à ceux qui ont détourné les
institutions palestiniennes en Palestine pour servir Israel de faire la
même chose dans la Diaspora.
Beaucoup ont argué du fait que nous devons rétablir et démocratiser
l'OLP, mais la question est comment. Il est clair que ceux qui
contrôlent toujours les structures de l'OLP ne le permettront jamais de
façon volontaire. Il doit y avoir une pression de la base pour y
arriver.
Si l'OLP n'est pas ouvert à la démocratisation, nous devrions demander
des conférences nationales et internationales pour que toutes les
communautés palestiniennes forment une nouvelle organisation
démocratique qui représente toutes les franges de notre société.
Ce sera un énorme défi, mais nous devons le faire pour établir
clairement qu'Abbas ou tout autre potentiel collaborateur n'a aucun
mandat et aucune possibilité de signer un abandon des droits des
Palestiniens.
D'après l'ordre du jour émergeant de la "conférence de paix" prévue par les Américains en novembre, c'est maintenant ou jamais que nous devons agir.
Source : http://electronicintifada.net/
Traduction : MG pour [ISM]url:
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=7447&type=analyse&lesujet=R%E9sistances
Dimanche 16 Septembre 2007
Laith Marouf
Source :


