FREE PALESTINE

Le Mouvement Citoyen Palestine est une association de fait, constituée de citoyens d’horizons divers et qui a pour objectif la promotion et la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer de son territoire et d’un Etat.

15 août 2007

Le chemin de la paix passe par Jérusalem

Le chemin de la paix passe par Jérusalem

mardi 14 août 2007 - Gideon Rachman - Financial Times

www.info-palestine.net

Le chemin de la paix entre Israël et la Palestine ne traverse pas Baghdad ou Téhéran. Il passe toujours par Jérusalem et la Cisjordanie. Et pour le moment ce chemin est bloqué - littéralement et métaphoriquement - par un mur massif.

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"On nous donnera un Etat à l’intérieur des frontières du mur israélien de sécurité... Les colonies israéliennes demeureront en place. Nos frontières seront contrôlées par Israël... Les Israéliens auront la mainmise effective sur Jérusalem."

Avant la guerre contre l’Irak, des néo-conservateurs optimistes avaient lancé un nouveau slogan censé définir le cadre du conflit Israélo-Palestinien : « Le chemin de Jérusalem passe par Baghdad. » La victoire américaine en Irak créerait les conditions politiques pour la paix entre les israéliens et les palestiniens.

Maintenant que les USA sont bien en voie d’échouer en Irak une nouvelle théorie circule. Cette fois, « le chemin de Jérusalem passe par Téhéran. » C’est la puissance montante de l’Iran - favorisée par la guerre en Irak - qui pourrait créer les conditions favorables pour la paix entre Israël et la Palestine.

Tandis que la théorie du chemin via Baghdad était basée sur une vision optimiste de la transformation démocratique du Moyen-Orient, la théorie du chemin via Téhéran est basée sur la crainte. Elle professe - principalement - que l’ascension de l’Iran est suffisamment effrayante pour motiver à nouveau toutes les parties engagées dans le conflit israélo-palestinien à trouver un règlement. Ceci serait devenu particulièrement pressant depuis que les militants islamistes du Hamas - soutenus par l’Iran - ont pris le pouvoir dans la bande de Gaza, suite à quoi le présumé Etat palestinien s’est scindé en deux.

Condoleezza Rice, la secrétaire d’Etat US, tente de tirer parti de la circonstance. Elle a promis qu’une réunion pour la paix sera convoquée cet automne. Les traditionnels suspects y figureront : israéliens, palestiniens, étatsuniens, égyptiens, jordaniens. Les Saoudiens pourraient également venir, ce qui serait considéré comme un développement important.

Les Saoudiens et autres Etats arabes pro-occidentaux savent qu’un accord de paix israélo-palestinien rendrait beaucoup plus difficile aux Iraniens de semer le trouble dans la région. Pour les israéliens, un accord de paix offrirait la tentante perspective d’un rapprochement avec les Etats arabes pro-occidentaux et serait du même coup un facteur pour organiser un front informel contre l’Iran. Il offrirait également le meilleur espoir de triompher de l’ascension du Hamas. Pour exactement la même raison, l’Autorité palestinienne et Mahmoud Abbas, son président, ont absolument besoin d’un accord. Et le président des Etats-Unis George W. Bush savourerait sûrement la chance de confondre ses critiques en devenant - ce qui est peu probable - le président américain qui aura enfin apporté la solution des deux Etats. Les vrais optimistes parlent de l’établissement d’un Etat palestinien dans un délai d’une année.

Ce serait beau si l’on pouvait y croire. Mais les forces poussant dans la direction opposée s’avèrent apparemment encore plus grandes.

La puissance croissante de l’Iran est certainement en train de remodeler l’état d’esprit dans le monde arabe. Mais la crainte de l’Iran semble toujours peu susceptible d’être assez puissante pour contraindre les Saoudiens à reconnaître Israël - surtout que les Israéliens semblent très peu enclins à céder sur des demandes arabes importantes telles que le « droit au retour » des réfugiés palestiniens. Comme un diplomate israélien le dit : « Dans cette région, l’ennemi de mon ennemi reste toujours mon ennemi. »

Même des membres du Fatah et de l’Autorité palestinienne pensent que M. Abbas se verra probablement offrir un accord qu’il ne pourra que refuser. Un membre éminent du Fatah présume amèrement : « On nous donnera un Etat à l’intérieur des frontières du mur israélien de sécurité, ce qui signifiera que d’énormes régions de la Cisjordanie seront encore perdues. Les colonies israéliennes demeureront en place. Nos frontières seront contrôlées par Israël. On ne nous autorisera pas à avoir une armée. Il n’y aura pas de droit au retour et les Israéliens auront la mainmise effective sur Jérusalem. Ceci sera présenté comme un arrangement provisoire. Mais le provisoire deviendra permanent. » Les alliés de M. Abbas disent que ce serait un suicide politique pour lui et pour le Fatah s’ils agréaient un tel accord. Le Hamas assumerait alors la cause palestinienne par défaut.

Quand j’ai soumis ce scénario à un fonctionnaire israélien de haut rang à Jérusalem, la semaine dernière, il m’a répondu : « Les Palestiniens ont l’optimisme excessif. Même cela, ils ne vont pas se le voir offrir. » L’armée israélienne - soutenue, semble-t-il, par l’opinion publique - est peu disposée à prendre le risque de céder à nouveau le contrôle de la Cisjordanie en matière de sécurité aux Palestiniens. L’immense barrière de sécurité que les Israéliens ont construite a aidé à neutraliser les attaques-suicide à la bombe. Mais des attaques de roquettes ont été lancées contre Israël à partir du Liban et de Gaza. De semblables attaques, menées à partir de la Cisjordanie pourraient atteindre les grandes villes d’Israël. Ainsi l’armée israélienne va vraisemblablement plaider pour le maintien, sur l’ensemble de la Cisjordanie, des centaines de points de contrôle qui rendent la vie quotidienne et le commerce impossibles pour les Palestiniens. Les déplacements d’une ville de Cisjordanie à l’autre - qui ne devraient prendre que quelques minutes - peuvent souvent durer des heures en raison des points de contrôle.

L’humeur en Israël semble aujourd’hui combiner la crainte et l’auto-satisfaction d’une manière qui sera probablement fatale aux chances d’un accord de paix. La crainte est un legs de la campagne de terreur palestinienne qui a tué près de 1 000 Israéliens. Les souvenirs des attaques-suicide à la bombe - ajoutés à l’ascension du Hamas - ont énormément miné toute disposition collective à prendre des risques en matière de sécurité.

Mais les attaques-suicide à la bombe ont cessé. Et en ce moment même, il fait bon vivre. La vie nocturne dans la partie occidentale de Jérusalem - qui était paralysée en 2002 - est à nouveau vibrante aujourd’hui. La semaine dernière, je suis allé au festival du vin de Jérusalem, où les Israéliens riches ont goûté les derniers Cabernet et Riesling en provenance des établissements vinicoles du cru. Les villes palestiniennes telles que Ramallah et Bethléhem étaient juste à quelques milles de distance. Mais se trouvant derrière le mur, elles sont hors deu champ de vision et hors de l’esprit de l’Israélien moyen. Gaza est encore plus efficacement isolée. Par contrecoup de tout le tapage fait autour de l’Iran et du Hamas, les Israéliens se sont rarement sentis plus en sécurité. Ils sentent peu le besoin de prendre des risques pour la paix.

Mais c’est un faux sentiment de sécurité. Comme un officiel israélien le reconnaît : « Dans les territoires occupés, nous sommes assis sur une bombe à retardement. » La rage des Palestiniens et leur sentiment de frustration a déjà provoqué deux soulèvements. Les mesures de sécurité imposées par Israël entraînent l’affaiblissement progressif et constant de l’économie palestinienne, en même temps, l’expansion des colonies israéliennes étouffe graduellement l’espoir d’un Etat palestinien viable. L’ascension du Hamas témoigne de la radicalisation croissante de la cause palestinienne. Et il y a davantage à venir.

Un leadership israélien véritablement déterminé tirerait parti de la force relative du pays à l’heure actuelle pour cautionner un accord de paix effectif - avant que les chances d’une solution de deux Etats ne disparaissent définitivement. Ceci signifierait qu’il faille faire des concessions généreuses et douloureuses sur les questions principales - Jérusalem, les colonies, les frontières.

Le chemin de la paix entre Israël et la Palestine ne traverse pas Baghdad ou Téhéran. Il passe toujours par Jérusalem et la Cisjordanie. Et pour le moment ce chemin est bloqué - littéralement et métaphoriquement - par un mur massif.

L’auteur écrit régulièrement pour Financial Times sur la politique étrangère américaine, l’Europe et la globalisation.

Il peut être contacté à l’adresse : gideon.rachman@ft.com.

6 août 2007 - "The road to peace runs through Jerusalem" - Financial Times
Traduit de l’anglais par M.A. pour la CCIPPP (Campagne civile pour la protection du peuple palestinien)

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Une route ségrégationniste dans une terre déjà divisée

Une route ségrégationniste dans une terre déjà divisée

mercredi 15 août 2007 - Steven Erlanger - NYT

www.info-palestine.net

Introduction de la traductrice, M.A.

Le New York Times du 11 août publiait en première page, sur une largeur de quatre colonnes, la photo d’une route actuellement construite par Israël en Cisjordanie, comportant « deux paires de voies » séparées par - une fois de plus - un « mur » ; cette route est qualifiée de « ségrégationniste » par le journaliste car les ingénieurs ont été jusqu’à diviser la chaussée et le trafic automobile pour isoler les Palestiniens des Israéliens. Conçue sous Sharon, elle doit « permettre à Israël de construire plus de colonies autour de Jérusalem-Est, coupant ainsi la ville du reste de la Cisjordanie ». Le reporter, Steven Erlanger, probablement alerté par l’action des Architectes et Urbanistes pour la Justice en Palestine - dont on pourra lire plus bas la pétition lancée en mai 2007 -, suit cet itinéraire de l’absurde.

L’article que la photo ci-dessous illustre est intitulé « Une route ségrégationniste dans une terre déjà divisée ». Il a été signalé et commenté le jour même de sa publication par Philip Weiss : « Je relate les faits en tant qu’Américain et pense aux dommages causés à la jeunesse Juive américaine, » écrit-il. « Les jeunes Juifs sont recrutés par un leadership juif pour être imiscés dans une campagne qui vise à justifier ce système d’oppression à l’autre bout du monde.. » Weiss compare l’état d’esprit des jeunes Juifs américains d’aujourd’hui en proie aux manipulations du lobby à « l’esprit ‘révolutionnaire’ » dont étaient animés, dans les années 60, « ceux qui avaient gagné le Sud du pays pour y briser l’esprit ségrégationniste. » « Cette initiative », saluée à l’époque par le Rabbin Arthur Levyled, poursuit-il, « ils l’avaient prise d’eux-mêmes. Ils n’ont pas écouté les justifications de ce système par les sudistes. Ils étaient mûs par l’horreur morale et ils ont agi. Aujourd’hui on inculque aux jeunes Juifs de ne pas réagir innocemment et prophétiquement à l’atrocité, mais de l’étudier et de l’accepter puis d’alléguer que le noir est blanc. »

Le 26 mai 2007, le site israélien Ynetnews du groupe Yedioth annonçait en même temps que d’autres journaux de la presse israélienne, que l’association des Architectes et Urbanistes pour la Justice en Palestine avait « fait signer à des dizaines d’éminents architectes britanniques une pétition condamnant ‘l’oppression des Palestiniens’ par Israël ; ce groupe accuse les architectes israéliens de complicité dans une ‘opération injuste’ au motif que les colonies illégales ‘ne peuvent pas être construites sans leur aide’ ».

La pétition qui dénonce et explique le rôle des colonies en Cisjordanie, expose plus particulièrement le rôle dévolu à Ma’ale Adumim et au secteur nommé E1, situé entre la colonie et Jérusalem-Est, dans l’expansion israélienne qui veut s’assurer elle, une continuité territoriale en Cisjordanie aux dépens de l’Etat palestinien présumé auquel il ne restera plus qu’un territoire en loques.

Le 25 mai, le magazine d’architecture anglais Building Design avait fait écho à cette pétition en publiant les noms des signataires les plus célèbres tout en dévoilant un aspect de la controverse soulevée par l’action des Architectes et Urbanistes pour la Justice en Palestine. M.A.

ROUTE

Une route ségrégationniste dans une terre déjà divisée

Par STEVEN ERLANGER
The New York Times
Publié le 11 août 2007

JÉRUSALEM, 10 août. - A l’est de Jérusalem, Israël construit une route traversant la Cisjordanie, qu’Israéliens et Palestiniens pourront emprunter - séparément.

Elle comporte deux paires de voies, une paire pour chaque tribu, séparées par un haut mur de béton façonné de manière à évoquer les pierres de taille de Jérusalem, un effort d’ornementation soulignant le dessein de pérennité. Le côté israélien comporte diverses bretelles de sortie ; du côté palestinien il y en a peu.

L’avantage de la route, selon ceux qui en ont fait les plans sous l’ancien Premier ministre Ariel Sharon, est de permettre à Israël de construire plus de colonies autour de Jérusalem-Est, coupant ainsi la ville du reste de la Cisjordanie, mais permettant aux Palestiniens de circuler librement, au nord comme au sud, à travers les terres sous contrôle israélien.

« Les Américains ont exigé de Sharon d’assurer une contiguïté pour un Etat palestinien, » dit Shaul Arieli, un colonel de réserve de l’armée qui a participé en 2000 aux négociations de Camp David et s’est spécialisé dans la cartographie. « Cette route était la réponse de Sharon ; construire une route pour les palestiniens reliant Ramallah à Bethléhem mais ne menant pas à Jérusalem. C’était établir la liaison de continuité en Cisjordanie tout en gardant Jérusalem unifiée sans donner aux Palestiniens le moindre prétexte à une autorisation d’accès à Jérusalem-Est. »

M. Sharon a parlé de « contiguïté du transport » pour les Palestiniens dans un futur Etat palestinien, signifiant que malgré les colonies israéliennes susceptibles de faire saillie dans la région, les voitures palestiniennes empruntant cette route pourraient traverser librement le territoire sous contrôle israélien et même passer par les secteurs ceinturés par la barrière israélienne de séparation.

La grande majorité des Palestiniens, à la différence des colons israéliens, ne pourra pas emprunter les issues menant dans les secteurs entourés par la barrière ou circuler dans Jérusalem, même dans la partie orientale de la ville, occupée par Israël en 1967.

La route assurera la continuité du trafic palestinien par des passages souterrains et des ponts, alors que le trafic israélien bénéficiera de voies de raccordement permettant d’y avoir accès directement. Les Palestiniens munis de cartes d’identité israéliennes ou de permis spéciaux pour Jérusalem pourront emprunter le côté israélien de la route.

Le gouvernement du Premier ministre Ehud Olmert a récemment fait des gestes conciliants en direction des Palestiniens et indiqué qu’il désirait faire son possible pour faciliter la création d’un Etat palestinien. Mais M. Olmert, à l’instar de M. Sharon, a dit qu’Israël avait l’intention de garder la terre à l’est de Jérusalem.

Pour Daniel Seidemann, avocat-conseil d’un groupe d’avoués israéliens dont la raison sociale est Ir Amim, travaillant pour la coopération israélo-palestinienne à Jérusalem, la route laisse présager un plan sinistre pour un futur dans lequel Israël garderait le contrôle quasiment de l’ensemble de Jérusalem-Est et de l’anneau de colonies israéliennes l’enserrant, établissant ainsi un cordon israélien entre Jérusalem-Est à large dominante arabe et le reste de la Cisjordanie qui fera partie d’un futur Etat palestinien.

A l’étape du règlement final, on s’attend à ce qu’Israël offre en compensation aux Palestiniens un troc avec des territoires situés ailleurs.

La route permettra aux colons israéliens vivant dans le nord, près de Ramallah, de gagner rapidement Jérusalem, en étant à l’abri des Palestiniens qui les entourent. Elle aidera également à garantir que la grande colonie de Maale Adumim - une banlieue comptant 32 000 personnes à l’est de Jérusalem où travaillent la plupart de ses résidents - demeurera sous contrôle israélien ainsi que la région de 4.6 milles carrés, actuellement vide, appelée E1 [Voir pétition plus bas, ndt], entre Maale Adumim et Jérusalem, sur laquelle Israël compte également maintenir sa mainmise.

Pour les Palestiniens, la route reliera les régions nord et sud de la Cisjordanie. A l’avenir, en cas d’une possible diminution des points de contrôle, ils pourraient voyager directement de Ramallah au nord de Jérusalem, jusqu’à Bethléhem située au sud de la ville sainte - mais sans être autorisés à pénétrer ni dans Jérusalem ni dans le bloc de Maale Adumim.

« Pour moi, cette route est un pas en diretion de la création de frontières afin de changer la donne relativement au statut final, » dit M. Seidemann, évoquant les questions non résolues concernant les frontières, les réfugiés et le statut de Jérusalem. « Elle est construite afin d’intégrer Maale Adumim et E1 à Jérusalem mais aussi pour pouvoir dir e : `Voyez, nous traitons bien les Palestiniens - il y a contiguïté géographique.’ »

« Mesurez par vous-même, » me dit-il. « La route palestinienne est de 16 mètres de large, » soit 52 pieds, a-t-il ajouté. « La théorie israélienne d’un Etat palestinien à continuité territoriale, cela correspond à 16 mètres de large. »

Khalil Tufakji, un géographe palestinien de renom, indique que la route « fait partie du plan Sharon : deux Etats dans un Etat, ainsi Israéliens et Palestiniens ont, les uns et les autres, leurs propres routes. » Les Palestiniens, dit M. Tufakji, « n’auront aucune connexion avec le Israéliens, mais emprunteront des tunnels et des ponts pour se déplacer, cependant que les Israéliens traverseront la terre palestinienne sans voir un seul arabe. »

Il dit en conclusion : « Il n’y aura pas d’Etat palestinien, même si les Israéliens en parlent. » Au lieu de cela poursuit-il « il y aura un Etat de colons et une zone palestinienne assimilable à un échafaudage, divisée en trois secteurs que séparent des langues de colonies israéliennes et reliés seulement par des routes étroites. »

Invité à commenter, David Baker, porte-parole du gouvernement israélien, dit : « Les arrangements de sécurité sur ces routes sont mis en place pour protéger les citoyens d’Israël. Et ils n’ont de rapport avec rien d’autre. »

Un porte-parole du département de l’administration civile dans l’armée israélienne a précisé que les Palestiniens détenant des permis d’entrée en Israël pourraient emprunter le côté israélien de la route, et que les Palestiniens ordinaires y verront un itinéraire nord-sud plus rapide et plus commode que n’importe quel autre itinéraire déjà existant.

Il y a de nombreuses routes que seuls les Israéliens et porteurs de permis israélien peuvent emprunter, mais aucune n’est ségréguée à la manière de celle-ci.

E1 a fait l’objet d’une bataille décisive dans la lutte pour le contrôle de Jérusalem. Certains, comme Martin S. Indyk, ex-ambassadeur américain en Israël, actuellement directeur du Centre Saban de la Brookings Institution, estime qu’Israël devrait céder E1 aux Palestiniens. « L’emplacement de E1 est décisif pour le maintien de l’intégrité et de la contiguïté territoriales de la Cisjordanie avec Jérusalem-Est - c’est le seul endroit où cela est possible, » a-t-il dit.

Israël a promis aux Etats-Unis que, pour le moment, il ne bâtirait pas d’habitations dans E1, gelant un plan pour la construction de 3 500 logements. Toutefois Israël est en train de terminer l’édification d’un vaste commissariat de police de quatre étages sur une colline qui surplombe E1, destiné à devenir le principal siège de police pour la Cisjordanie, comme il est en train d’installer un réseau de lignes électriques et de conduites d’eau pour un futur développement.

Et puis il construit cette route.

Ce qui en est presque terminé maintenant, en attendant l’installation de l’éclairage et la finition des tunnels et des passages souterrains, s’étend sur près de 2,4 milles. La route est actuellement ouverte vers la Cisjordanie, mais elle coupe à travers le parcours prévu pour la barrière israélienne de séparation qui n’a pas été encore construite autour de E1 ou de Maale Adumim.

En supposant que la barrière soit achevée, la route deviendrait une sorte de cordon ombilical qui couperait à travers le territoire sous contrôle israélien avec ses fortifications, pour relier les deux régions de la Cisjordanie.

« Il y a actuellement une grande trouée dans la barrière entre Azzariya et Shuafat, » d’environ 2,4 à 3 milles, « et Israël n’a pas commencé à construire la clôture autour de Maale Adumim, » indique M. Arieli, colonel de réserve. « Mais cette route sera la réponse à la question de savoir si et quand Israël va construire la barrière autour de Maale Adumim. Vous pouvez voir qu’Israël jette les bases pour l’avenir. Ils essaient de tirer avantage de la situation actuelle pour préparer l’infrastructure en attendant le moment propice pour commencer la construction de E1. »

M. Seidemann croit que M. Olmert, ayant actuellement à faire face à beaucoup de problèmes, ne commencera pas à bâtir dans E1, mais que le chef du Likud, Benjamin Netanyahu, pourrait le faire s’il était élu Premier ministre. En 2005, M. Netanyahu avait déclaré qu’il construirait dans E1 quoique Washington puisse en penser.

Micaela Schweitzer-Bluhm, porte-parole du consulat américain à Jérusalem, a réexposé la politique américaine considérant qu’il devrait être permis aux Palestiniens de voyager plus facilement à travers la Cisjordanie « de manière compatible avec l’exigence sécuritaire. » Interrogée sur le fait de savoir si cette route spécifiait les attributs du statut final, elle a répondu que « le gouvernement des États-Unis a exhorté les parties à éviter toutes sortes d’actions susceptibles de prédéterminer le statut permanent, » ajoutant qu’elle n’était pas autorisée à donner plus amples précisions.

M. Tufakji a exprimé son amertume devant le mode de construction adopté par Israël en raison de l’avenir qu’il laisse présager, et ce, en dépit des promesses faites à Washington. Il voit une Cisjordanie scindée en trois parts par les blocs de colonies israéliennes dont les plus importantes sont Maale Adumim et E1, entourant la capitale dont se réclament les deux peuples. « Si Israël établit une infrastructure c’est pour conserver E1, pour ceinturer Jérusalem, » a-t-il souligné. « Ils travaillent pour avoir une zone comprenant un minimum de Palestiniens et un maximum d’Israéliens. »

Traduit de l’anglais par M.A. pour la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP)

The New York Times : " A Segregated Road in an Already Divided Land", par Steven Erlanger, le 11 août 2007
Photo : Rina Castelnuovo pour The New York Times.

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Pétition des Architectes et Urbanistes pour la Justice en Palestine

E1 - Le maillon illégal qui consolide l’occupation Les colonies d’Israël sont illégales au regard de la loi internationale et des Conventions de Genève, et Ma’ale Adumim, la ville de colons la plus importante se distingue comme l’élément clé d’une expansion coloniale d’Israël le plus loin possible en direction de Jéricho depuis Jérusalem. La plus grande partie de Ma’ale Adumim (87%) s’est construite sur des terres qui appartiennent à des Palestiniens. Ma’ale Adumim a été planifiée par Thomas Leitrsdorf (diplômé AA) et conçue par Elioar Barzacchi (la Mère de Ma’ale Adumim) dans les années 1980 en tant qu’architecte en chef pour le district de Jérusalem au ministère de la Construction et du Logement. Celui-ci a créé et est toujours en train de créer une certaine réalité sur le terrain qui contrecarre toute négociation sur le futur de la cité, qui viole les droits des Palestiniens de Jérusalem-Est et met en œuvre une politique d’occupation et d’annexion, de confiscation de la terre, de discrimination et d’expulsions. Les collines « désertes » de Ma’ale Adumim n’étaient pas désertes, on a dit en réalité à « Mohammed » de se lever et de s’en aller, comme à tous les membres de la tribu Jahalin aujourd’hui obligés de vivre près du dépôt d’ordures d’Abu Dis, comme l’a révélé récemment le journaliste Gidéon Lévy.

E1 concerne le secteur vallonné entre Jérusalem-Est et Ma’ale Adumim qu’Israël a l’intention d’annexer pour assurer un développement urbain continu. Actuellement, Israël confisque des terres au nord et à l’ouest de la colonie de Ma’ale Adumim, juste à la limite de Jérusalem. Ces confiscations (sans indemnités) ont lieu dans les villages palestiniens d’Anata, Al-Izariyyah, Abu Dis et A’Zayim. Le but de cette opération est d’étendre le territoire municipal de Ma’ale Adumim vers l’ouest pour faire la jonction avec Jérusalem. Mais comme l’a publié « Ir-Amim » (http://www.ir-amim.org.il/), un site web israélien sur Jérusalem, E1 n’est pas Ma’ale Adumim et ne peut pas être considéré comme une extension de cette ville qui est en tout état de cause illégale. Actuellement, Ma’ale Adumim héberge quelque 30 000 colons. Dans le cadre du projet E1, une colonie supplémentaire de plus de 5 600 logements pour environ 25 000 nouveaux résidents viendra s’ajouter sur son territoire municipal. De plus, quelque 1 600 dunums (16 ha - ndt) de terres sont confisqués actuellement pour ériger le mur d’apartheid d’Israël à Ma’ale Adumim.

Le commissariat de police d’E1 est déjà construit bien que la terre ait été confisquée et qu’il soit illégal, le réseau routier et l’éclairage sont également construits et mis en place en prévision de nouveaux logements qui seront situés tout près.

Cette action ne s’opère pas seulement en violation de l’accord d’aménagement routier financé par les USA, elle anéantit également, dans les faits, toute possibilité future pour un Etat palestinien continu en séparant Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie, et la partie nord de la Cisjordanie de sa partie sud. C’est une altération délibérée de la Feuille de route, d’Oslo et de toute base pour négocier la terre contre la paix. Quand l’opération sera achevée, le territoire de Ma’ale Adhumin et d’E1 fera 65 000 dunums (650 ha), un territoire plus grand que Tel Aviv, au cœur de ce qui aurait dû être l’Etat palestinien.

Nous lançons un appel aux architectes et aux urbanistes israéliens pour qu’ils sortent de leur indifférence et de leur aveuglement devant les implications politiques de leurs travaux et morale professionnels. Ils doivent reconnaître qu’ils sont complices dans les injustices qui résultent de leur participation au renforcement de l’occupation, et dans les souffrances épouvantables infligées aux Palestiniens en Cisjordanie occupée. Nous lançons un appel à toutes les parties concernées pour qu’il soit mis fin à ce projet illégal sur-le-champ, comme exigé par la Cour internationale de Justice dans sa décision relative au mur en [2004].

Architects and Planners for Justice in Palestine - APJP

E1 - Lifta-Silwan : signataires de la pétition

Traduit de l’anglais par JPP

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Colonie Ma’ale Adumin, à l’est de Jérusalem, en Cisjordanie.

De grands noms exhortent les Israéliens à l’arrêt des travaux « oppressifs »

Par Helen Crump
Building Design
25 mai 2007

Alsop, Farrel et MacCormac répondent à l’appel pour l’arrêt des travaux sur les projets qui oppriment les Palestiniens. Une multitude d’architectes célèbres, dont Will Alsop, Terry Farrel, Richard MacCormac, Rick Mather et Ted Cullinan ont remis en cause la politique au Moyen-Orient en mettant devant leurs responsabilités leurs confrères d’Israël pour que prennent fin les travaux qui « excluent et oppriment » les Palestiniens.

Des architectes, dont également le président du RIBA, Jack Pringle et le président élu Sunand Prasad, ont signé une pétition lancée par Architectes et Urbanistes pour la Justice en Palestine (APJP) qui accuse les professionnels de la construction de participer à trois projets israéliens distincts, « l’oppression sociale, politique et économique ». déclare son porte-parole.

« L’APJP affirme que les actions de nos confrères travaillant à ces trois entreprises sont, sans ambiguïté, contraires à la déontologie, immorales, et enfreignent les codes de conduite professionnels universellement reconnus »

« Nous demandons à l’association israélienne des Architectes unis (IAUA) de se mettre en conformité avec leurs obligations professionnelles... d’exprimer leur opposition à cette occupation inhumaine. »

L’IAUA s’est refusée à tout commentaire, l’action a été condamnée comme idiote et préjudiciable par Michael Peters, fondateur et président de l’agence d’Identica qui travaille couramment avec les architectes en Israël.

« Les architectes britanniques sont en train de couper les ponts avec nombre de promoteurs - israéliens, britanniques et européens » dit-il.

L’année dernière, Richard Rogers a été confronté à des critiques blessantes de clients américains pour avoir accueilli une réunion de l’APJP (News, 10 mars 2006). La pétition, qui se concentre sur le village de Silwan dans Jérusalem-Est, sur le projet E1 pour l’extension de la colonie israélienne Ma’ale Adumim et sur l’ancien village palestinien Lifta, a été défendue avec force par Alsop. « Je pense que les Palestiniens vivent dans une prison et qu’ils méritent mieux que cela » dit-il. « Je voudrais que mes confrères en Israël prennent conscience d’une certaine responsabilité dans ce traitement mesquin. Les architectes forment un tout humanitaire à juste titre, et ils pourraient peut-être aider. »

Et d’ajouter : « Ce n’est pas contre Israël, c’est pour la Palestine ».

L’organisateur de la pétition, Abe Hayeem, architecte basé à Londres et président d’APJP, a qualifié ceux de ses confrères architectes qui la soutiennent de « vraiment courageux », et il a insisté pour que les architectes ne se laissent pas décourager dans leur soutien aux causes qu’ils défendent.

Mais selon Peters, les architectes britanniques n’ont pas bien saisi quelle était la situation en Israël. « S’impliquer dans un lobby ne peut que desservir la profession d’architecte toute entière ». « Accuser les architectes (israéliens) de complicité est une absurdité. »

Traduit de l’anglais par JPP

Building Design : " Big names urge Israelis to end ‘oppressive’ works", par Helen Crump, 25 mai 2007

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