19 mai 2007
Des rapports à la place des actes
Des rapports à la place des actes
Amira Hass
Haaretz, 16 mai 2007
www.haaretz.co.il/hasite/spages/859970.html
Toutes les quelques semaines, un organisme international d’un genre ou d’un autre publie un rapport établissant un lien direct entre la politique de limitation des déplacements imposée par Israël et la dégradation économique dans les Territoires. Le rapport s’accompagne bien souvent de la mise en garde que cette situation ne peut pas durer. La semaine passée, c’était au tour de la « Banque mondiale » de publier sa mise en garde dans le cadre d’un rapport discutant les chances d’investissement et de développement dans le secteur privé palestinien.
Des dizaines d’inspecteurs internationaux secondés par des experts en économie s’affairent à examiner la dégradation de l’économie palestinienne, et des dizaines d’autres rapports semblables seront encore écrits, tant que les Etats qui les financent se contenteront de mots et ne prendront pas des mesures pour arrêter la destruction économique et sociale qu’Israël occasionne aux Palestiniens. Le nouveau rapport est parfaitement détaillé mais on n’y trouve rien de nouveau et il souligne ce qui a été dit et écrit depuis des années : qu’Israël cause un dommage terrible à l’économie palestinienne et à son secteur privé.
En 2002, lors de la publication de l’un des rapports sur les conséquences de la politique de blocus, le précédent délégué de la Banque mondiale dans les Territoires, Nigel Roberts, louait la stabilité de la société palestinienne et estimait que n’importe quelle société occidentale se désintégrerait si elle devait subir un désastre économique pareil. Aujourd’hui, cinq ans après les mises en garde et les objurgations d’alors, la crise sociale est à son comble : essentiellement dans la Bande de Gaza et à Naplouse, qui sont – et ce n’est pas un hasard – les régions soumises au blocus israélien le plus dur.
Pourquoi Israël prendrait-il en considération les avertissements de la Banque mondiale alors que ceux-ci n’ont pas de dents ? Il ne suffit pas d’évoquer les routes de l’apartheid parallèlement à l’expansion des colonies, ou le fait qu’environ 50% des territoires de la Cisjordanie ne sont pas accessibles aux Palestiniens. Il ne suffit pas de compter les camions qui n’entrent ni ne sortent au point de passage de Karni, ni de faire le compte des quelques jours où le terminal de Rafah est ouvert. Il ne suffit pas d’orner ces rapports de tableaux présentant les Territoires palestiniens comme une région frappée d’un désastre permanent.
Les Etats-Unis et l’Europe ont su parfaitement comment punir les Palestiniens quand ceux-ci ont élu, lors d’élections démocratiques et libres, un gouvernement Hamas : boycott politique et gel des fonds d’assistance destinés au développement et à la promotion de la production et du rétablissement d’une économie autonome. C’est vrai, les pays donateurs, occidentaux pour la plupart, ont quasiment triplé en 2006 le montant de leurs dons aux Palestiniens (900 millions de dollars contre 349 millions en 2005), mais ces fonds ont été transmis essentiellement sous forme de donations improductives à une population qui s’appauvrit – comme détaillé dans le rapport rédigé par l’économiste Karim Nashashibi, ancien membre du Fonds Monétaire International, pour le BCAH (Bureau de coordination des affaires humanitaires – structure du secrétariat des Nations Unies).
Ces généreuses donations éteignent certains des incendies humanitaires allumés par la politique israélienne mais en même temps, ils la subsidient. Ils encouragent Israël à continuer de piller les taxes et frais de douane qui constituent environ les deux tiers des revenus du Trésor palestinien. Le non transfert de ces taxes crée, bien entendu, un enchaînement d’autres reculs économiques et sociaux dans les secteurs privé et public.
Les pays qui lancent ces mises en garde continuent d’acheter des armes et autres productions israéliennes dans le domaine de la sécurité. Ils offrent l’hospitalité à des chefs militaires qui sont responsables de la mort de centaines de civils palestiniens et qui mettent en œuvre avec ferveur la politique de blocus ; ils invitent des ministres israéliens responsables de la dégradation économique et sociale d’un peuple entier. Les pays occidentaux ont choisi de punir par des moyens très concrets l’occupé, mais pas l’occupant qu’ils considèrent comme faisant partie de leur civilisation éclairée. Le signal qu’ils adressent à Israël est qu’il lui est permis de maintenir cette même politique dont les conséquences font l’objet des mises en garde de tous les rapports.
(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)
Al Qods
Al Qods
18-05-2007
Mon coeur ennuagé
tourne autour de ta maison
il s'incline
et pleure traque après cage
cet état de siège
où se fendent les collines
s'inverse l'horizon où du ciel ennemi pleut le feu
Nul enclin à la nostalgie des sédiments
il ne faiblit pas quand tonnent les gros insectes volants
et régurgitent les intentions de mort
il s'incline devant la citadelle à l'enceinte dorée
coupe d'azur
où il sera désaltéré du breuvage aux mille parfums fiers
et de l'essence du libre.
Toute la diplomatie européenne a boycotté l'invitation du gouvernement sioniste à fêter l'occupation de Jérusalem-Est qui dure depuis quarante années ce mercredi au Parlement de l'État occupant.
C'est l'Allemagne qui en tant qu'actuel président de l'Union a signifié que cet événement est pour le moins inapproprié, estimant que le futur de la ville Sainte pour les trois religions monothéistes doit se régler par négociations entre Palestiniens et leurs Occupants.
L'ambassadeur étasunien Richard Jones risque également de rejoindre la position européenne.
En réalité, le statut final de Jérusalem a été déterminé par la résolution 194 de l'Assemblée Générale de l'ONU prise le 11 décembre 1948 à la cent vingt sixième séance plénière. Du moins pour ceux qui estiment devoir accorder quelque foi au Droit International issu des destructions massives inter-européennes étendues à la planète des deux guerres mondiales du vingtième siècle.
Voici in extenso les alinéas 7, 8, 9, 10 et 11 qui l'explicitent.
Le droit des Palestiniens sur Al Qods est inaliénable.
Car comment un pays, le Royaume-Uni a-t-il pu disposer d'un pays qui n'est pas le sien, la Palestine, pour l'octroyer à un groupe d'individus tiers originaires d'ailleurs en excluant de cette terre ses occupants légitimes, par la déclaration Balfour ?
Comment par la suite reconnaître y compris la légitimité du partage de l'ONU en 1947 qui n'est qu'une proposition de partage et n'a aucune force de loi ?
Ici un groupement de pays décident de diviser un pays et d'en donner la plus grande partie à des émigrants récents par la force des baillonnettes. Les victimes de ce vol, leurs enfants, leurs petits-enfants sont aujourd'hui pour leur majeure partie réfugiés (six millions de réfugiés contre 3 millions de résidents sur leur terre ancestrale) et dépeints comme les agresseurs par la puissante propagande sioniste.
Aucune négociation, surtout celle menée au nom du Peuple Palestinien et sans lui, n'effacera cette vérité indestructible quelle que soit la science du mensonge employée pour la grimer, la Palestine est aux Palestiniens.
Alinéas:
7. Décide que les Lieux saints - notamment Nazareth - et les sites et édifices religieux de Palestine devraient être protégés et leur libre accès assuré, conformément aux droits en vigueur et à l’usage historique ; que les dispositions à cet effet devraient être soumises à la surveillance effective des Nations unies ; que, lorsque la Commission de conciliation des Nations unies présentera à l’Assemblée générale, pour sa quatrième session ordinaire, des propositions détaillées concernant un régime international permanent pour le territoire de Jérusalem, elle devra formuler des recommandations au sujet des Lieux saints se trouvant dans ce territoire ; qu’en ce qui concerne les Lieux saints situés dans les autres régions de Palestine, la Commission devra demander aux autorités politiques des régions intéressées de fournir des garanties formelles satisfaisantes en ce qui concerne la protection des Lieux saints et l’accès de ces Lieux ; et que ces engagements seront soumis à l’approbation de l’Assemblée générale ;
8. Décide qu’en raison des liens qu’elle a avec trois religions mondiales, la région de Jérusalem, y compris la municipalité actuelle de Jérusalem plus les villages et centres environnants, dont le plus oriental sera Abu Dis, le plus méridional Bethléem, le plus occidental Ein Karim (y compris l’agglomération de Motsa) et la plus septentrionale Shu’fat, devrait jouir d’un traitement particulier et distinct de celui des autres régions de Palestine et devrait être placée sous le contrôle effectif des Nations unies ;
Invite le Conseil de sécurité à prendre de nouvelles mesures en vue d’assurer la démilitarisation de Jérusalem dans le plus bref délai possible ;
Donne pour instruction à la Commission de conciliation de présenter à l’Assemblée générale, pour sa quatrième session ordinaire, des propositions détaillées concernant un régime international permanent pour la région Jérusalem assurant à chacun des groupes distincts le maximum d’autonomie locale compatible avec le statut international spécial de la région de Jérusalem ;
La Commission de conciliation est autorisée à nommer un représentant des Nations unies, qui collaborera avec les autorités locales en ce qui concerne l’administration provisoire de la région de Jérusalem ;
9. Décide qu’en attendant que les Gouvernements et autorités intéressés se mettent d’accord sur des dispositions plus détaillées, l’accès le plus libre possible à Jérusalem par route, voie ferrée et voie aérienne devrait être accordé à tous les habitants de la Palestine ;
Donne pour instructions à la Commission de conciliation de signaler immédiatement au Conseil de sécurité toute restriction de l’accès de la Ville que pourrait tenter d’imposer l’une quelconque des parties, pour que le Conseil prenne les mesures appropriées ;
10. Donne pour instructions à la Commission de conciliation de rechercher la conclusion, entre les gouvernements et autorités intéressées, d’accords propres à faciliter le développement économique du territoire, notamment d’accords concernant l’accès aux ports et aérodromes et l’utilisation de moyens de transport et de communication ;
11. Décide qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque, en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doit être réparé par les Gouvernements ou autorités responsables ;
Donne pour instructions à la Commission de conciliation de faciliter le rapatriement, la réinstallation et le relèvement économique et social des réfugiés, ainsi que le paiement des indemnités, et de se tenir en liaison étroite avec le Directeur de l’Aide des Nations unies aux réfugiés de Palestine, et, par l’intermédiaire de celui-ci, avec les organes et institutions appropriés de l’Organisation des Nations unies ;
Convergence des Causes
http://www.convergencedescauses.com/content/view/773/60/
18 mai 2007
On n'a rien à manger et on se tire dessus
" Tout cela est absurde.
On n'a rien à manger et on se tire dessus "
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=3869
Le ballet des ambulances à l'hôpital palestinien Chifa est incessant. Toutes sirènes hurlantes, elles déversent devant les portes du plus grand centre hospitalier de la ville de Gaza leurs brancards de morts et de blessés. Seules les détonations et le bruit des rafales d'armes automatiques couvrent, de temps à autre, ce tragique va-et-vient. Les familles se pressent devant la morgue dans la cohue et la confusion pour venir reconnaître et chercher leurs morts. Pleurs, cris de douleur et de colère, gestes de désespoir et de rage face à la disparition d'un être cher enlevé par la tourmente qui s'est emparée de la bande de Gaza depuis vendredi 11 mai.
Le corps de Maher Tahir, 35 ans, membre des services de sécurité du président Mahmoud Abbas, est emmené dans un linceul blanc. Un sniper du Mouvement de la résistance islamique, le Hamas, lui a logé une balle en plein coeur. Son cousin clame sa fureur. "On ne fait plus confiance aux leaders politiques. Ils n'ont plus aucun pouvoir. Le gouvernement d'union nationale est fini, il n'existe plus. C'est la jungle, alors nous allons venger nos morts. Ce sera la guerre civile, mais on n'a plus le choix." La mère de la victime tient à accompagner son fils pour son dernier voyage. Le cortège part en klaxonnant.
Dans la morgue, les casiers sont tous occupés. Sept corps défigurés n'ont pu être identifiés. Mais, déjà, d'autres ambulances arrivent. Les brancards sont déployés, six nouveaux morts sont chargés. Certains ont été mutilés par des éclats, les vêtements déchirés par les balles ; ils sont souillés de sang encore frais, les yeux toujours ouverts. La foule veut voir. Elle se précipite comme si les habitants de Gaza n'étaient pas encore habitués au spectacle de la mort. Les employés de la morgue les repoussent et tentent de fermer les portes. Certaines victimes de la Force exécutive du Hamas auraient été tuées par des tirs amis. D'autres, adversaires des islamistes, auraient été extirpés de leurs voitures et exécutés dans la rue parce qu'ils n'étaient pas du même camp.
Les récits sont confus. Personne ne sait vraiment. Ce qui est sûr, c'est que les "exécutions" à bout portant de frères ennemis armés sont de plus en plus nombreuses. Au total, au moins une quarantaine de personnes ont perdu la vie en quatre jours. On ne compte même plus les blessés. "C'est pire qu'en décembre et en février. La situation est devenue totalement incontrôlable. On essaie de tenir. C'est la lutte pour la survie", fait remarquer Abou Fayed, membre des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, groupe paramilitaire issu du Fatah. Un militant du Hamas refuse de parler à la presse.
Les civières souillées de sang sont rangées dans l'attente du prochain arrivage. A l'extérieur, le sang coule sous les portes de la morgue et se répand sur la chaussée. Le docteur Hazar Abed, directeur de l'hôpital, a déjà dénombré vingt-quatre morts. Combien d'autres ont été répertoriés à l'hôpital Al-Qods ? Personne ne le sait.
Les appels au don du sang, lancés à la radio et à la télévision, restent sans réponse. Les habitants ne peuvent pas se déplacer. Les équipes d'urgence et les ambulances circulent difficilement dans les rues barrées par des parpaings, des levées de sable ou des poubelles. Le personnel hospitalier hésite à se rendre au travail ou doit faire d'immenses détours pour éviter les carrefours dangereux et les quartiers névralgiques occupés par les forces de sécurité qui défendent leur territoire. Un militaire de la Sécurité nationale, le visage dissimulé par un passe-montagne, avoue qu'il a peur d'être tué. "Nous savons que nous pouvons être attaqués mais que faut-il faire ? Nous sommes là pour défendre l'Autorité palestinienne, car si tout s'écroule, ce sera le chaos."
Quatre hommes grièvement blessés, dont un en état de mort clinique, viennent d'arriver à la salle des urgences. Ils sont rapidement évacués vers les salles d'opération. Alors que les médecins fument une cigarette et boivent un café pour se détendre, des familles tentent de prendre des nouvelles. Le docteur Adel n'est pas du genre à faire du sentiment mais, cette fois, il trouve que cela suffit. "Tout cela est absurde. On n'a rien à manger et on se tire dessus alors que tout le monde sait que l'on ne peut pas diviser la ville, qu'un camp ne peut pas l'emporter sur l'autre, dit le docteur. Pourtant je sais que cela va continuer, que le pire est à venir. Les Arabes ne veulent pas de solution. Les Israéliens ne veulent pas la paix et se frottent les mains. Les Américains n'ont rien à offrir et attisent les braises. Dans ces conditions, je suis prêt à partir comme beaucoup de Palestiniens. Je suis prêt à aller au Darfour."
Pour les Gazaouis, le gouvernement d'union nationale a échoué. Il n'a pas réussi à empêcher le retour des violences. Ahmed Bahar, président par intérim du Conseil législatif palestinien (Parlement), pense que la responsabilité de ces confrontations "trouve son origine dans l'embargo imposé par les Israéliens et les Américains qui accroissent les tensions". Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, estime que "la situation s'aggrave d'heure en heure et que la réponse est entre les mains de Mahmoud Abbas, qui doit retirer ses forces des rues et arrêter le laisser-faire".
Un quatrième cessez-le-feu a été instauré dans la soirée de mercredi. A-t-il plus de chances de tenir que les précédents ? Pour le moment, la population reste terrée chez elle. Les écoles sont fermées. Les rideaux de fer des commerces tirés. Rares sont les voitures qui s'aventurent dans les rues où quelques habitants, malgré tout, discutent sur le pas de leur porte. Des enfants profitent des rues désertées pour jouer au football. Après une semaine de grève des éboueurs, les trottoirs sont transformés en tas d'immondices.
Gaza s'enfonce dans la misère et la terreur. Une énorme colonne de fumée s'échappe d'une tour sans doute touchée par un projectile. Des obus de mortiers sont tirés de temps à autre sur la zone qui abrite la présidence. Les détonations résonnent dans cette cité paralysée par la peur. Des hommes armés sont partout, cagoulés, sur le qui-vive, sans que l'on sache à quel camp ils appartiennent.
Dans la soirée, une quarantaine de journalistes se sont retrouvés bloqués pendant près de trois heures au neuvième étage d'un immeuble, dans les locaux de l'agence de presse Ramattan. Des membres des forces de sécurité du Fatah ayant pris position dans le dernier étage, le bâtiment a été la cible d'un feu roulant, pendant trois heures, entre ces combattants et les forces du Hamas.
Plusieurs projectiles sont venus se loger dans les fenêtres et les murs, alors que les cloisons vibraient sous le souffle des déflagrations de roquettes. Les journalistes se sont réfugiés dans la pièce jugée la plus sûre pour éviter d'être pris sous le feu croisé des miliciens. Les combats ont finalement cessé aussi soudainement qu'ils avaient commencé.
Michel Bôle-Richard - Le Monde du 18 mai 2007
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=3869
En quelques chiffres
Population : près de 1,5 million d'habitants (selon les projections du Bureau palestinien des statistiques). Les deux tiers sont enregistrés comme réfugiés.
Croissance démographique : 3,8 % par an.
Densité démographique : 3 808 habitants par km2.
Chômage : 34 %, selon la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI).
Part de l'emploi public dans l'emploi total : 40 % (BM, FMI).
Pauvreté : 75 % des familles (BM, FMI).
Municipalités : le Hamas contrôle la majorité des villes où des élections ont été organisées en 2005.
Elections législatives : le Hamas a remporté 15 des 24 sièges en jeu dans le cadre des élections de districts, contre seulement 6 au Fatah.

