dimanche 17 décembre 2006, par Alain Gresh

http://blog.mondediplo.net/2006-12-17-Carter-Israel-et-l-apartheid

Carter, Israël et l’apartheid

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J’avais évoqué il y a quelques semaines le livre de l’ancien président américain Carter. Dans une tribune publiée le 8 décembre par le Los Angeles Times, « Speaking frankly about Israel and Palestine », l’ancien président James Carter répond aux attaques qui ont suivi la publication de son livre Palestine : Peace Not Apartheid. Il rappelle d’abord la difficulté à débattre sereinement des problèmes israélo-palestiniens aux Etats-Unis, notamment du fait du poids du lobby pro-israélien.

« Les diverses questions controversées concernant la Palestine et la voie vers la paix sont intensément discutées par les Israéliens et dans toutes les autres nations à l’exception des Etats-Unis. Depuis trente ans, j’ai été témoin et j’ai fait l’expérience des sévères restrictions qui pèsent sur toute discussion libre et équilibrée des faits. La réticence à critiquer n’importe quelle politique du gouvernement israélien est due à l’effort extraordinaire de lobbying réalisé par l’American-Israel Political Action Committee (AIPAC) et l’absence de toute voix de poids contraire à ce point de vue. »

« Ce serait presque un suicide pour les membres du Congrès d’épouser une vision équlibrée entre Israël et la Palestine, de suggérer qu’Israël se conforme au droit international, ou de parler en faveur de la justice et des droits de la personne pour les Palestiniens. Peu d’entre eux daigneraient même visiter les villes palestiniennes de Ramallah, Naplouse, Hébron, Gaza ou même Bethlehem et de parler à leurs habitants sous siège. Il est encore plus difficile de comprendre pourquoi les pages éditoriales des principaux journaux et magazines des Etats-Unis exercent les mêmes restrictions, en contradiction avec les opinions privées exprimées avec force par leurs correspondants en Terre sainte. »

Dénonçant les critiques de son livre écrites le plus souvent par des représentants des organisations juives, il conclut ainsi :

« Le livre décrit l’oppression et la persécution abominable dans les territoires palestiniens occupés, avec un système rigide de permis de circulation (passes) et de stricte ségrégation entre les citoyens palestiniens et les colons juifs en Cisjordanie. Un énorme mur d’emprisonnement est maintenant en construction, qui serpente à travers ce qui reste de la Palestine, pour mettre de plus en plus de terres aux mains des colons israéliens. En de nombreux sens, la situation des Palestiniens est plus oppressante que celle que les Noirs ont vécue durant l’apartheid en Afrique du Sud. J’ai clairement indiqué que la motivation n’était pas le racisme, mais le désir d’une minorité d’Israéliens de confisquer et de coloniser des sites choisis en Palestine et de supprimer par la force toute objection des citoyens palestiniens déplacés. Bien sûr, je condamne tous les actes de terrorisme ou de violence contre des civils innocents et je présente des informations sur les pertes terribles des deux côtés. »

Hugh Sansom, dans une lettre ouverte au New York Times, « Smearing Jimmy Carter » dénonce la campagne de calomnies lancées contre Carter par le quotidien.

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